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05 juillet 2009

François Bayrou : 3 ans pour gagner !

Le Mouvement Démocrate tenait hier son Conseil National au cours duquel 9 décisions ont été adoptées. Ainsi soit-il.

Depuis la défaite des élections européennes, je ne m'étais pas exprimé sur le parti dont je suis encore militant. J'avais exprimé mon désarroi - auquel François Bayrou avait répondu directement en commentaire sur ce blog - face à la stratégie de communication politique menée sur internet par le MoDem. Je m'étais mis en retrait lors de la campagne des européennes, n'appréciant pas la tournure de cette campagne, m'incitant même à ne pas aller voter le jour du scrutin, alors que je n'avais cessé d'écrire sur ce thème. Une grosse déception, sans aucun doute. J'ai même enlevé mon bracelet orange qui ornait mon poignet depuis maintenant plus de 2 ans.

J'ai un énorme défaut (en politique) : j'oublie vite. Alors je passe. A autre chose. Aux présidentielles de 2012. Il faut gagner, il ne faut pas que Nicolas Sarkozy et son clan renouvellent leur mandat de 5 ans. Sur le fond, je ne pourrais jamais être meilleur que Juan pour exprimer tout mon dégoût de la politique sarkozyste.

Malgré toutes mes critiques, je continue à croire en ce parti qu'est le MoDem. Il est jeune, il lui reste tant à apprendre, à construire. Il présente quand même de multiples avantages à ne pas négliger, au-delà des idées bien entendu. Tout d'abord la force d'avoir un leader incontesté dans l'opinion publique, contrairement aux autres partis d'opposition, le Mouvement Démocrate sait pour qui il devra se battre. Mais aussi la chance de ne pas avoir de courants, chapelles ou groupuscules se tirant dans les pattes pour des luttes de pouvoirs et d'égos. Le parti de François Bayrou a tout d'une machine de guerre.

Il reste désormais deux choses à construire au Mouvement Démocrate pour avoir toutes les chances de gagner : communiquer et communiquer. Avoir du fond à communiquer, une élection se gagner sur un message, sur une idée forte, il faudra la trouver, et axer toutes les prises de paroles, tout le projet autour de cette vision globale. Apprendre à communiquer sur la forme : pour emporter les élections, les électeurs doivent être touchés, ciblés, contactés, convaincus. Le web est un medium, il n'est pas le seul. Une bonne communication politique impliquera une véritable professionnalisation du pôle communication du Mouvement Démocrate, une équipe dévouée ne suffit pas, des regards extérieurs et avisés seront indispensables pour structurer le tout.

Dans 3 ans, un nouveau Président de la République aura été élu. Ou Nicolas Sarkozy aura été réélu si les choses continuent telles quelles. Aujourd'hui, je pense que des primaires sur le candidat alternatif à Sarkozy s'impose. Il faudra résoudre rapidement les problèmes de financement des partis politiques si l'idée des primaires devaient être retenues. Mais des primaires élargies, de la gauche de gouvernement au centre droit anti-sarkozyste, seraient la meilleure solution pour afficher un front commun contre le Président actuel. Dans ces primaires, je ne peux qu'y voir des partis et personnalités de gouvernement, prêts à assumer la victoire et à travailler ensemble. Pas des opposants systémiques qui hurlent dans l'opposition mais refusent les responsabilités.

Je crois que François Bayrou serait le plus à même pour être le vainqueur de telles primaires. Le pari serait osé, courageux et un signal fort pour cette France qui refuse la France de Sarkozy. Je pense que François Bayrou (le candidat Condorcet) pourrait permettre de tourner la page du sarkozysme. Mais si une Ségolène Royal ou un Dominique de Villepin venait à emporter de telles primaires, ils auront mon soutien.

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04 juillet 2009

L'appel du 3 Juillet de Dany Boon en exil à Los Angeles

Qui le plus ridicule de la famille Le Pen, ou de Dany Boon ? Qui est le plus drôle de Jean-Marie Le Pen ou de Dany Boon ? Qui est le plus démagogue de Marine Le Pen ou de Dany Boon ?

Sur les idées, no comment, bien entendu je combats celles du Front National. En revanche, ce que vient faire Dany Boon dans la campagne des élections municipales, je ne comprends pas, et le communiqué du comique réalisateur frise le grotesque. Je rejoins Authueil lors qu'il écrit que la classe politique fait "tout pour que le FN gagne Hénin-Beaumont", je le rejoins lorsqu'il affirme que "
Dany Boon ferait mieux de la fermer. Il n'habite pas Hénin-Beaumont, il ne connait rien des motivations du vote des habitants, et pourtant, il vient en donneur de leçons. Pour braquer des électeurs, il n'y a pas mieux !".

Admirons le pathétique de la démarche de Dany Boon : un communiqué de presse envoyé via via "son bureau de presse" (sic). Dans le genre déconnecté de la réalité, la forme égale le fond : "le Front national véhicule des idées à l'opposé de notre identité régionale. Le Nord–Pas-de-Calais a toujours été une terre d'accueil, de tolérance, de respect de l'autre et de ses différences". Il est mignon, Dany Boon. Et c'est du bain béni pour la candidate FN aux élections municipales d'Hénin Beaumont, Marine Le Pen, qui réplique aussitôt en rappelant que Dany Boon ne connaît pas la situation des habitants de la commune car il est millionnaire et habite à Los Angeles.

Mais peut-être la sortie de Dany Boon trouve-t-elle ses origines ailleurs. Souvenons-nous de la déclaration en Avril dernier de Jean-Marie Le Pen pour expliquer le succès de Bienvenue chez les Ch'tis : "comment imaginer qu'une telle foucade médiocre ait pu rassembler 20 millions de téléspectateurs? Je crains que ce ne soit un signe de la décadence de l'esprit français". Ambiance, l'on se demande qui est le comique des deux.

Si demain le Front National échoue à la Mairie d'Hénin Beaumont, il est fort peu probable que ce soit grâce à l'appel de Dany Boon. Depuis bien longtemps les people n'amènent personne aux urnes, et encore moins pour des élections locales.

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03 juillet 2009

marketing politique versus communication politique

Depuis le 1er Juillet de cette année s'applique une TVA à 5,5% dans les restaurants de France et de Navarre. Une mesure à plus de 2 milliards d'euros par an. Dans une France en déficit, le fond de cette mesure nécessiterait que l'on se pose des questions. Si cette mesure profite sans conteste aux restaurateurs, à l'autre bout de la chaîne le bénéfice de cette mesure semble plus pernicieux : qui va au restaurant sinon les plus favorisés (et les touristes) ? En résumé, une mesure destinée à une corporation et aux plus aisés des Français. Était-ce la priorité ?

Mais conjointement à cette baisse de la TVA, l'UMP en a profiter pour envoyer un tract aux restaurateurs. Dans une lettre que vous pouvez lire sur le site de France Info, l'UMP s'auto-congratule auprès des restaurateurs, et envoie aux 120000 concernés un bulletin d'adhésion à l'UMP. Mauvaise communication politique doublée d'un mauvais marketing politique.

Une mauvaise communication politique en double temps : il est fort à craindre que les restaurateurs n'apprécient guère cette démarche, avec l'impression de se faire acheter au travers d'un deal presque transparent de Xavier Bertrand, le président de l'UMP qui se traduit par un : "
je baisse ta TVA, soutiens Nicolas". On trouve plus subtile. D'autre part, une communication politique catastrophique dans le fondement de cette démarche, l'UMP prouvant que le gouvernement ne s'adresse pas à l'ensemble des Français, mais seulement à certaines castes qu'elles veut draguer pour mieux obtenir leurs bulletins.

Un mauvais marketing, il suffit de regarder les chiffres. A peine deux ou trois centaines de retours (officiels) avec bulletins d'adhésion à l'UMP retournés pour plus de 120 000 lettres envoyées. Soit moins de 0,5% de taux de retour, une catastrophe dans une démarche de marketing. Sans connaître le prix de ce coup politique (l'envoi du courrier coûte cher), il semble assez évident que cette opération ne sera pas rentable d'un point de vue uniquement pécunier et militant.

Certes on aura parlé de cette mesure, on retient la TVA à 5,5%, le message sera finalement passé. Et Nicolas Sarkozy fait sienne cet adage : "que l'on parle de moi en mal ou en bien, peu important tant qu'on parle de moi". Mais des points de vue marketing et communication politiques, en résumé, l'on assiste à une démarche purement clientéliste et électoraliste. 2 milliards d'euros pour 500 nouveaux militants UMP, Nicolas Sarkozy achète ses militants aux tarifs d'escorts de luxe. Voici venus les militants bling-bling. On pourrait comprendre une mauvaise communication politique pour faire du marketing politique efficace, et inversement. Mais se louper sur les deux niveaux, l'UMP nous avait habitué à plus de professionalisme ...

NB : pour poursuivre et élargir la discussion, je vous invite et incite à lire la note de l'ami Citizen L.

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30 juin 2009

Alastair Campbell : "Ségolène Royal est une candidate et un personnage très attirant mais son parti n'a pas résolu les grandes questions stratégiques"

Luc Mandret : Internet a bouleversé la façon de "discuter" avec les électeurs et les citoyens, la stratégie de Barack Obama le prouve aisément. Quels sont pour vous les principaux avantages et les principales difficultés de la communication online des hommes politiques ?

Alastair Campbell : Barack Obama et son équipe ont eu un succès énorme de ce point de vue. Mais à mon avis, ils se sont servi d'Internet et de tout ce qui est nouveau pour créer une campagne électorale assez 'old-fashioned'. C'est-à-dire avec une structure d'équipe très claire, des messages très clairs, souvent répétés, avec beaucoup d'organisation sur le terrain. J'ai un collègue qui travaillait comme bénévole pour Obama et qui m'a dit qu'en un seul samedi dans l'état de Caroline du nord, ils ont frappé à plus de 500,000 portes - avec une armée d'assistants organisée grâce à Internet, inspiré par son message. Obama a montré, et continue de montrer que même avec ces médias de plus en plus difficiles et chaotiques, les leaders peuvent occuper l'espace stratégique de leur choix. Internet en fait partie, mais c'est moins important que ce qu'il fait, ce qu'il dit, la manière dont il le fait, le dit, qui il est.


Luc Mandret : Avec votre regard de professionnel, comment analysez-vous les communications des hommes politiques français ? Quels conseils pourriez-vous leur donner ? Notamment à des personnalités comme Ségolène Royal, François Bayrou ou Nicolas Sarkozy ?

Alastair Campbell : Alors là je n'ai pas trop envie de répondre. Eux, ils le font. Moi, je n'ai pas envie de commenter. Je ne suis pas Français. Je ne suis pas dans la politique française. Pendant les élections présidentielles, j’ai dit que j'avais l'impression que Sarkozy savait 'faire l'agenda'. Vous, vous appelez cela l'hyper-activité. Moi, je dirais qu'il essaie d'occuper un terrain plus on moins stratégique. Je dirais de Ségolène Royal qu'elle est une candidate et un personnage très attirant mais que son parti n'a pas résolu les grandes questions stratégiques. C’est toujours plus important que les questions de communication.


Luc Mandret : On parle de l'intérêt que porte Tony Blair pour devenir "Président de l'Europe". Est-ce le mandat de trop ? Seriez-vous prêt à vous remettre à ses côtés dans cette bataille ?

Alastair Campbell : Je ne sais si cela va arriver. Je sais que je n'ai aucun intérêt à retourner à un poste de premier plan en politique. J'ai été très fier de ce que j'ai pu faire pour lui et pour le Labour, d'abord dans l'opposition, ensuite au gouvernement, mais j'ai fait dix ans et c'est assez.


Luc Mandret : L'avenir d'Alastair Campbell, quel est-il ? Quels rêves vous reste-t-il à accomplir ?

Alastair Campbell : Un de mes rêves vient d'être réalisé : la qualification en Première Ligue de foot de mon équipe, Burnley, après 33 ans. J'adore le sport. Je fais pas mal d'événements : j'ai un triathlon la semaine prochaine pour mon association caritative, leukaemia research. J'aimerais bien les aider à trouver les fonds nécessaires pour continuer la lutte et guérir cette maladie affreuse qui a emporté mon meilleur ami et sa fille. J'ai aussi envie d'aider la campagne contre la discrimination à l’égard de ceux qui ont des problèmes de santé mentale. C'est pour ça que j'ai toujours été transparent sur mes propres problèmes, pour essayer de monter que même si on a des problèmes de santé mentale on peut faire des choses. J'ai été touché par l’accueil du roman. J’ai été très content de le voir traduit en français. J'ai envie d'écrire d'autres romans. Je viens de finir le second qui sera publié chez nous en février. J'aimerais que mes romans soient adaptés en films. Peut-être j'ai encore un ou deux grands jobs devant moi mais je ne vois pas ce qu'ils sont. Je suis assez content d’avoir une vie très différente. J'ai beaucoup de liberté. Je passe beaucoup de temps avec ma famille. Je n'ai pas le même sentiment de mission que j'avais dans ma vie politique mais cette liberté m'est devenue très importante.

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Alastair Campbell : "la seule communication qui compte et qui est efficace est l'authenticité"

Luc Mandret : On peut lire à travers les lignes de votre roman "Tout est dans la tête" (Éditions Albin Michel) la dureté du retour à une vie normale après 10 années passées à accompagner Tony Blair. L'écriture, et ce roman en particulier, étaient-ils les seules échappatoires pour faire le deuil du pouvoir ?

Alastair Campbell : L'idée de ce roman m'est venue un jour où je passais en vélo devant une église. J'ai vu un événement qui m'a fait penser à certaines choses… De retour chez moi, j'avais trois personnages (dont le psychiatre qui est le personnage principal), une idée centrale, et la fin. Puis j'ai commencé à écrire et j'ai fini la première version assez vite. Je crois que j'ai voulu donner une expression plus créative à des expériences assez dures dans ma vie - la dépression, la lutte avec l'alcool, ma dépression nerveuse assez sérieuse en 1986. Je ne crois pas que c'était une réponse à ma vie politique mais il est vrai qu'après avoir quitté mon poste en 2003 j'ai souffert de dépressions assez profondes.


Luc Mandret : Vous avez vécu au coeur du pouvoir la seconde guerre d'Irak. Avec le recul, ne regrettez-vous pas les prises de position du gouvernement travailliste de l'époque, au regard notamment de l'absence d'armes de destruction massive à l'origine de l'invasion de l'Irak ?

Alastair Campbell : La politique ne se fait pas à postériori. Tout ce qu'on a présenté sur ces questions d'armes, nous le croyions selon les conseils qu'avaient alors le premier ministre et le jugement qu'il avait du régime de Saddam. Le fait que l'on n'ai pas trouvé ces armes après la chute de Saddam nous a donné, aux Américains et à nous, d'énormes difficultés politiques bien sûr. De plus, les divisions causées par la guerre sont toujours là. Mais nous avons cru sincèrement ce que le gouvernement a présenté ; et je suis toujours de l'avis que l'Irak sans Saddam est meilleur pour les Irakiens et pour la région.


Luc Mandret : Vous n'avez jamais été élu, et vous avez toujours abordé la politique sous l'aspect communication politique, en étant le spindoctor de Tony Blair. On pourrait s'interroger sur l'importance des idées dans la communication politique. Selon vous, la communication en politique doit-elle avoir la même approche que la communication d'une entreprise ou d'une marque ?

Alastair Campbell : Il y a certains principes de communication qu'on peut appliquer à n'importe quelle organisation : l'importance de la stratégie, le besoin de comprendre la manière dont les médias ont changé, leurs effets sur l'opinion publique, l'importance de créer un espace stratégique et d'essayer de 'faire l'agenda' selon vos propres objectifs. Mais je ne pourrais pas faire ce que j'ai fait avec Tony Blair pour n'importe quel leader, ni n'importe quel parti. Je ne pourrais pas le faire pour n'importe quelle entreprise ou n’importe quelle marque parce que pour moi la politique c'est surtout une question de valeurs, de ce que l'on croit au fond. En disant cela, je ne dis pas que les entreprises sont sans valeurs mais que dans le monde politique, à mon avis, il faut vraiment croire en ce que l'on fait.


Luc Mandret : Le fossé entre communication politique et manipulation des citoyens est faible, notamment quand il s'agit d'établir une stratégie de marketing politique. Où se trouvent selon vous les limites et l'éthique de cette profession ?

Alastair Campbell : La seule communication qui compte et qui est efficace est l'authenticité. Surtout aujourd'hui. Il faut toujours essayer d'être authentique. Il y a eu tant de débat sur ces questions médiatiques et média-politique que je pense que l'on a un peu oublié que, dans les démocraties, les leaders et les politiques ne peuvent pas se cacher du public. Bien sûr ils veulent bien présenter, créer une bonne impression... Mais ils ont aussi un devoir de communication. Et dans cet âge des médias, c'est plus dur qu'avant. Surtout chez nous où les médias sont beaucoup plus difficiles que lorsque j'étais journaliste. Ils ne se regardent plus comme spectateurs. Ce sont des acteurs aussi. Il faut essayer de rester toujours stratégique.

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29 juin 2009

Interview d'Alastair Campbell, ex-spindoctor de Tony Blair

Alastair Campbell fait partie de mes maîtres en communication politique, j'en parlais il y a maintenant plus d'un an quand j'avais lancé une rubrique "si j'étais le spindoctor de". Et aujourd'hui mon blog m'apporte une satisfaction démesurée.

Il y a quelques jours, je commentais une interview d'Alastair Campbell trouvée sur le site internet de Courrier International. Et depuis cette note, tout s'est accéléré. Une personne que je ne remercierai jamais assez, Bruno, m'a tout simplement demandé si cela m'intéressait de faire ma propre interview de l'ancien spindoctor de Tony Blair. Je crois n'avoir jamais répondu aussi rapidement à un message : oui, oui, et mille fois oui ! Quelques échanges de mails, des questions, des réponses, des corrections, une relecture et l'interview est finalisée désormais. Un vrai boulot de journaliste.

Demain donc, vous pourrez lire ici l'interview que j'ai pu mener pour Alastair Campbell, en deux parties. Un grand merci à lui pour avoir répondu à mes questions sans censure et avec une grande franchise, pour la simplicité de nos échanges. Et je tiens à signaler qu'il a répondu directement en français.

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27 juin 2009

La schizophrénie de Jean-Marc Morandini

Je l'avoue, je déteste ce que fait Jean-Marc Morandini, que je surnomme J6M (Jean-Marc Morandini Moi-Même Maître des Médias), le journaliste Morandini qui m'a un jour pris pour un journaliste (à son habitude il avait fait un véritable travail d'investigation), et encore le Morandini qui s'essaye au journalisme politique (effrayant !).

Jean-Marc Morandini représente à mes yeux l'exemple parfait de tout ce que je déteste dans le journalisme : le populisme allié au donneur de leçon. Et son traitement journalistique de la mort de Michael Jackson en est une nouvelle preuve flagrante.

L'once d'un instant j'ai cru en Jean-Morandini, en lisant un article sur son blog, Faut-il diffuser la photo de Jackson dans l'ambulance ? affirmant notamment que cette "photo de l'artiste que jeanmarcmorandini.com a choisi de ne pas publier depuis hier soir, mais que toutes les chaînes d'informations Françaises ont, par exemple, montrée dès ce matin en boucle". Ou de l'art de créer du clic sur une photo que Morandini s'interdirait de vouloir diffuser, tout en se positionnant en Père la Morale fustigeant ses confrères requins de la course au glauque.

Problème : la photo est bel et bien sur le site jeanmarcmorandini.com, la preuve en est cette capture d'écran (cliquez si vous souhaitez vraiment l'agrandir). Il suffit d'ailleurs de se rendre dans la rubrique "People" du site de Jean-Marc Morandini. En cliquant sur la news "Michael Jackson: la photo choc !" présente sur le site jeanmarcmorandini.com avec une miniature de la photo, on arrive sur le site Scoop People qui lui diffuse en grand cette photo.

Et il n'est pas nécessaire d'être un grand journaliste d'investigation à la hauteur de Jean-Morandini pour observer le même copyright des sites
jeanmarcmorandini.com et scooppeople.fr : "Copyright © 2009 The People Family SARL". SARL gérée par un proche de Jean-Marc Morandini dans laquelle il s'implique financièrement.

Jean-Marc Morandini surfe sur les ambiguïtés de ses mulitples activités, et n'hésite pas à piétiner une certaine idée que l'on pourrait se faire de l'honnêteté intellectuelle et de la déontologie journalistique. A moins que Jean-Marc Morandini ne sache même pas ce qui est réellement publié sur ses différents sites. Un grand professionnel, dans tous les cas.

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25 juin 2009

Pourquoi Michel Rocard est-il so trendy ?

Vous ne vous êtes probablement jamais posé cette question : Pourquoi Michel Rocard est-il so trendy ? Et je vous comprends. Mais lorsque Capucine de Menstyle.fr m'a proposé de participer à leur projet de laisser la parole à un blogueur par jour sur leur site, j'ai de suite choisi ce sujet.

Pour lire le résultat de cette rude réflexion, ça se passe sur le site de Menstyle.fr. Et il y a également une interview de moi.

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23 juin 2009

L'annuaire politique de Twitter

En lisant la note sur Vendeesign des 100 comptes Twitter qu'il faudrait suivre, puis la note de réaction du camarade Damien des oubliés de ce classement, une idée a germé en moi : un annuaire des comptes Twitter francophones parlant de politique.

S'il existe déjà un classement des hommes et femmes politiques sur Twitter réalisé par Spintank, il me semble intéressant d'élargir à double titre cette approche. Tout d'abord en évitant le principe du classement (je crois plus à la qualité qu'à la quantité, et les classements de blogs fleurent bon l'ego-blogowar) pour avoir un véritable annuaire du Twitter politique. Mais aussi en recensant les profils de simples internautes, et citoyens, au delà des politiciens.

Alors, partants ? Si cela vous tente, si vous voulez vous aussi pouvoir suivre et être suivi par les autres personnes inscrites sur Twitter s'intéressant à la politique, postez un petit commentaire (avec le @username), ou faites un @LucMandret sur Twitter, et je mettrai à jour cette note avec l'ensemble des inscrit(e)s.

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22 juin 2009

Preah Vihear : un temple nommé conflit

A plusieurs reprises, j'ai évoqué la situation conflictuelle entre le Cambodge et la Thaïlande, exacerbé autour d'un mince territoire de moins de 10 kilomètres carrés. J'ai rappelé qu'une décision de la Cour Internationale de Justice de La Haye a établi en 1962 que ce territoire relève de la souveraineté du Cambodge, je me suis étonné il y a quelques mois - au plus fort du conflit - de la proximité des élections législatives au Cambodge.

La raison pour laquelle je reparle aujourd'hui de ce conflit (que l'on aurait pu croire naïvement être enterré) se trouve dans la publication d'une brève sur le site de Courrier International
(*), en voici un extrait : "le Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, a en effet annoncé que son gouvernement demanderait à l’organisation internationale de retirer le temple de sa liste du patrimoine mondial de l’humanité". Une véritable offense au peuple khmer qui vénère le temple de Preah Vihear ; lequel, traduit du khmer, signifie "sanctuaire sacré".

Si le Cambodge connaît une relative stabilité depuis la large réélection du leader du Parti du Peuple Cambodgien, Hun Sen, il s'en retourne différemment de la Thaïlande. Une situation économique catastrophique, un pays officiellement en récession, un chômage de plus en plus élevé. Une image politique catastrophique entre coups d'État, attentat à réputation, ou encore montée des intégrisme.

Il n'est jamais bon de se fier à son instinct, en revanche il est certain que le Premier Ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva se doit de réagir vite, s'il ne veut subir le même sort que ses prédécesseurs et se voir confisquer le pouvoir par l'armée ou l'opposition. Et quoi de mieux, pour aseptiser et mobiliser un peuple en pleine déprime, que de raviver le sentiment nationaliste autour d'un même combat ? Et peu importe le sort du temple de Preah Vihear, ni celui des cambodgiens.

(Je profite également de cette note pour inviter les amoureux du Cambodge à consulter l'excellent blog Les carnets de Phnom Penh écrit à quatre mains par Arnaud Dubus et Arnaud Vaulerin, hébergé sur le site de Libération.)

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International.

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21 juin 2009

Attentat de Karachi : une affaire d'Etats déjà enterrée ?

Retour sur le passé : le 8 mai 2002, onze Français de la Direction des chantiers navals (DNC) de Cherbourg meurent dans un attentat à Karachi. Ces attentats arrivant quelques mois à peine après ceux du 11 Septembre perpétrés aux Etats-Unis, Al-Qaida semblait tout droit désignée comme responsable.

Plus de 7 ans après, Marc Trévidic et Yves Jannier, les deux juges d'instruction chargés du dossier, ont déclaré avoir abandonner la piste d'Al-Qaida, pour se tourner vers une sombre histoire politico-financière. Une note nommée "Nautilus" vient tout remettre en question. Que trouve-t-on notamment dans cette fameuse "Nautilus" ? Que "
l'attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l'armée (pakistanaise) et au sein des bureaux de soutien aux guérillas islamistes" et que "les personnalités ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l'action poursuivaient un but financier. Il s'agissait d'obtenir le versement de commissions non honorées" (source Le Monde).

Arrive alors en compte la système de rétro-commissions à la française. De 1993 à 1995, Edouard Balladur est alors Premier Ministre, et Nicolas Sarkozy est alors ministre du Budget et porte-parole de ce gouvernement. C'est durant ce mandat que sont signés des contrats d'achat de sous-marins français par le Pakistan. Désormais les juges suspectent que des commissions auraient été versées à des responsables pakistanais afin de faciliter la signature de ces contrats. Et en retour, un système de rétro-commissions pour aider des responsables politiques français. Est donc clairement visé Edouard Balladur, candidat aux élections présidentielles de 1995.

Et l'attentat de tout cela ? Jacques Chirac est élu en 1995 Président de la République. L'ennemi juré d'Edouard Balladur à cette époque aurait purement et simplement annulé tout le système de commissions. Les Pakistanais alors furieux pourraient avoir donc commandité ces attentats en représailles.

Tout cela n'est pour le moment que suppositions et présomptions. Mais l'identité de l'auteur de la note Nautilus donne un fort impact à sa crédibilité : Claude Thévenet est en effet un ancien membre des services secrets français. Mais au-delà des faits, trois réflexions me viennent à l'esprit.

Un complot anti-Sarkozy. Jacques Chirac, qui depuis maintenant plusieurs longues années voue une haine indestructible à Nicolas Sarkozy, pourrait avoir décidé de passer à l'offensive. Jacques Chirac, maître ès barbouzeries, pourrait ainsi trouver sa vengeance contre son successeur. A moins qu'il n'envoie un signal au pouvoir actuellement en place : il vaut mieux laisser El Chi finir tranquillement sa retraite, et laisser ses proches (je pense notamment au procès Clearstream de Dominique de Villepin qui se tiendra après l'été) en paix, au risque de lancer des œufs pourris et de commencer le grand déballage de la droite française.

Deux affaires séparées. Je m'étonne que les médias lient aussi facilement ces deux affaires et n'arrivent à les dissocier. Car si la piste des commissions et rétro-commission s'avéraient être la vérité, nous nous trouverions alors bel et bien face à deux affaires : l'une sur l'attentat de Karachi et dans ce cas je souhaite bien du courage aux juges Trévidic et Jannier pour aller enquêter dans les plus hautes sphères de l'Etat pakistanais. La seconde franco-française de financement occulte de partis politiques, mettant directement en cause un ancien Premier Ministre (Edouard Balladure) et indirectement deux Présidents de la République (Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac).

Le silence des médias. Souvenez-vous de l'affaire Julien Dray, et du ramdam médiatique autour des révélations judiciaires. Pour finalement un "simple député". Et aujourd'hui, alors que les plus hauts représentants politiques français sont clairement nommés et visés, les médias se taisent. Aux Etats-Unis, quelques uns menaceraient déjà d'impeachment leur Président. En France, tout le monde se tait. Cette affaire a à peine été abordé quelques secondes dans les JT des chaînes de télévisions. Personne n'ose demander à Nicolas Sarkozy de s'expliquer. Tout ressemble à l'étouffement d'une sombre affaire de gros sous. Mais silence, les Français préfèrent qu'on leur parle d'enlèvement de fillettes et d'accident d'hélicoptère. Mais bien sûr.

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20 juin 2009

get well soon : Konstantin Gropper pour votre bonheur !

Hier invité par l'ami Laurent Enzo à la soirée Oui Love MySpace, cette soirée annonçait le départ d'un week-end qui sera musical. Outre l'occasion de croiser des congénères blogueurs forts sympathiques lors de cette soirée (j'ai nommé Jade, Thien, Cristian, Victor, Grégory), et outre la dangerosité d'un open bar auquel Arthur était accompagné à son bras de ... (oups, cessons de suite les Gossip), cette soirée clôturant une semaine riche et crevante m'a permis d'écouter les groupes se produisant en live, et de parler musique avec ma chère Kollegin Stéph. Est alors venu un conseil de cette dernière : me faire découvrir et écouter get well soon.

Get well soon, c'est un jeune berlinois nommé Konstantin Gropper, un vrai génie. C'est notamment un album à découvrir de toute urgence : "Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon", un album qui s'écoute comme un roman qui nous prend par la main de son Prelude à la chanson de conclusion Cosa en passant par le morceau selon moi le plus fort People magazine front cover. Dans cet album, get well soon berce nos rêves d'un voyage que Konstantin Gropper a du vivre et revivre des centaines de fois avant de le composer.

Un album riche de multiples inspirations, du folk à la pop, en passant par des couleurs de rock indie et des Balkans, un mélange de baroque et de symphonique. Et des choeurs vibrant d'émotions, une musicalité et des arrangements de perfectionniste névrosé. Des mélodies envoûtantes à la voix de Konstantin Gropper, get well soon apporte tout ce que l'on attend d'un musicien, d'un réel génie. Tellement Konstantin Gropper offre une pureté et un aboutissement digne des plus grands, que l'on vient à se demander s'il n'a pas déjà atteint son apogée.

Radiohead peut sérieusement commencer à sinquièter, get well soon offre en un album un niveau musical au moins aussi magique. Reste à voir ce que Konstantin Gropper donnera sur la durée, mais au final peu importe, il est déjà entré dans le Panthéon des rares génies de la musique.

Pour aller plus loin :
- le site de get well soon
- l'album Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon sur Deezer
- la page MySpace de get well soon

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18 juin 2009

La grande bouffe (avec Nathalie Kosciusko-Morizet)

Comme je l'écrivais précédemment, la secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique invitait mardi soir quelques blogueurs à dîner. Trois tables, la Ministre passant de table en table au cours du repas, pour une douzaine de blogueurs au total.

Bien entouré à ma gauche de la passionnante Isabelle Germain, à ma droite du passionné Maître Eolas, se trouvaient également à ma table les respectables Meilcour ex-Versac et Jules. Bien évidemment nous n'abordâmes point les sujets prévus par Nathalie Kosciusko-Morizet. Au menu plutôt, en vrac, j'ai donc parlé de la loi HADOPI et de la LOPSI, de journalisme et des médias, de OrelSan et de la violence faite aux femmes, de droit et de Jacques Vergès, et de bien d'autres sujets.

Lorsque Nathalie Kosciusko-Morizet nous a rejoint à notre table, j'ai donc pu discuter avec elle. J'ai notamment pu lui demander sa conception de la communication politique qu'elle mène, en l'interrogeant de ses présences sur Facebook et Twitter. Je lui ai fait part de mes doutes quant à l'annonce de sa grossesse via ces média, et l'interroger sur la frontière qu'elle se fixe entre vie publique et vie privée. J'avoue que ses réponses - je résume : "
de toute façon je suis un personnage public et si je n'utilise pas Facebook, j'aurais du le faire autrement" - ne m'ont pas véritablement convaincu. L'occasion également pour moi de revenir sur la polémique entre NKM et Martin Rogard.

Au cours de ce dîner, j'ai pu apprécier la répartie de Nathalie Kosciusko-Morizet, une femme finalement plutôt libre, intelligente et drôle (sa blague sur Benoît XVI ayant fait mouche, Koz n'a toujours pas du s'en remettre), ouverte et accessible.

Mais au final, je m'interroge toujours quelque peu sur la façon dont Nathalie Kosciusko-Morizet conçoit sa communication politique, et aussi sur l'intérêt de ce genre de rencontre. Pour moi personnellement, ce dîner entre parfaitement dans ma conception de réseau nécessaire à l'influence des blogs politiques. Mais plus qu'une opération de communication auprès de blogueurs, je ne peux qu'espérer que Nathalie Kosciusko-Morizet viendra ici poster un commentaire - comme a pu le faire François Bayrou sur ce blog - pour nous dire si elle souhaite réellement entamer un débat avec les blogueurs, et nous expliquer ses réelles ambitions quant à ce genre de rencontres.

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15 juin 2009

Lâche tes comm' à NKM

Je suis invité demain mardi à un dîner avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique (un des avantages et plaisirs du statut de blogueur, à défaut d'avoir une influence réelle).

Au menu de cette rencontre : "
Y a-t-il une conscience politique numérique ? Quel est le véritable impact d’Internet sur une élection, sur une décision politique ? Quelle est la frontière entre le journaliste et le blogueur ? Le citoyen de demain sera-t-il forcément connecté? A quoi ressemblera l'élu 2.0 ?"

SI vous avez des remarques, commentaires, questions, suggestions, n'hésitez pas, j'essaierai de faire remonter tout cela à
Nathalie Kosciusko-Morizet.

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14 juin 2009

Remaniement : nomination d'un ministre des gens qui pleurent ?

Connaissez-vous Pierre-Jean Vandoorne ? Sur proposition du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, Pierre-Jean Vandoorne a été nommé, par le Premier Ministre François Fillon, "ambassadeur chargé des relations avec les familles des passagers" du vol AF447, cet Airbus reliant Rio à Paris disparu dans l'Atlantique.

Cet inspecteur général adjoint des affaires étrangères sera chargé d'aider les familles des 228 passager de ce vol d'Air France et s'occupera de faciliter les relation entre Air France et les administrations d'une part, et les relations entre autorités françaises et étrangères d'autre part.

Un ambassadeur pour 228 victimes. Si les familles des disparus du vol AF447 doivent se réjouir de la création de ce poste (et je les comprends), il reste sain de s'interroger sur cette nomination. Autour de ce drame, une forte émotion s'est emparée naturellement du pays : le principe du
kilomètre-mort : plus les victimes sont proches de nous, moins leur nombre importe dans l'émotion. Un mort dans un voisinage proche importe autant que 200 morts au niveau national, que 2000 morts dans un pays du Tiers-Monde.

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy ont donc souhaité marquer le coup, et prouver qu'il prenait en main le sort des familles des victimes. Et sans être manichéen, on peut y voir un coup politique. Surfer sur la sur-médiatisation de cette catastrophe pour montrer le visage d'un gouvernement proche de la souffrance de ces concitoyens.

Mais les familles des disparus du vol AF447 ont-elles réellement d'un ambassadeur ? De quoi ces familles auront-elles réellement besoin ? D'un soutien psychologique, naturellement : Pierre-Jean Vandoorne a-t-il la formation nécessaire pour accompagner des familles dans leur deuil ? D'un soutien judiciaire, certainement : Pierre-Jean Vandoorne aidera-t-il les familles à trouver les meilleurs avocats pour connaître toute la vérité, même si cette vérité doit salir l'image d'Airbus et d'Air France, deux entreprises françaises ô combien puissantes ?

La politique de l'émotion (tout comme la politique sécuritaire) renvoie une image de proximité, agit sur les stimuli des individus pour véhiculer un regroupement autour d'une même souffrance (ou d'un même combat). Cette politique s'apparente à une forme de populisme démagogique, du "toujours plus d'émotions" pour aseptiser des citoyens tous touchés d'une façon ou d'une autre par des drames.

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13 juin 2009

Alastair Campbell conseille les politiques français

Alastair Campbell fait partie des maîtres de la communication politique. Au service de Tony Blair dix années durant, il s'est aujourd'hui retiré de son rôle de spindoctor pour se consacrer à l'écriture.

Dans une interview que vous pouvez lire sur le site de Courrier International(*), il explique pourquoi il a décidé de cesser de faire du conseil en communication politique : "avec Tony Blair, je savais que je le comprenais mieux que les autres. Aujourd'hui, je m'adapte, je tiens un blog, j'utilise Twitter, mais je ne suis pas sûr de comprendre complètement tout dans ce qui a changé. Lorsque j'étais à Downing Street, je n'ai jamais envoyé un courriel moi-même. Il faut saisir le monde tel qu'il est, on ne peut plus contrôler le message comme avant" pour en tirer une conclusion que devraient lire les femmes et hommes politiques français : "Regardez Obama : il a été très fort pour mener une campagne traditionnelle, mais il a aussi été très fort pour mener une campagne moderne. Je veux laisser la place à des plus jeunes que moi, qui comprennent mieux les arcanes de la communication".

En effet, Alastair Campbell est présent sur Twitter, et sur Facebook, mais également sur d'autres sites comme YouTube et Flickr. Certes son blog n'est pas vraiment ergonomique et pratique, mais son site est plutôt bien construit et designé.

Mais pour revenir aux propos d'Alastair Campbell dans cette interview, je trouve dommage de se retirer totalement sous prétexte que de jeunes communicants comprendraient mieux que lui la nouvelle communication, cette communication politique digitale. Déjà car il existe des aînés qui comprennent aussi bien le communication online que de jeunes communicants. Ensuite car l'ancienne génération a forcément une expérience à communiquer à leurs successeurs. Mais à lire un Alastair Campbell, qui à seulement 52 ans fait preuve d'une telle sagesse en se mettant en recul, je me mets à rêver de binômes fracassants et pense que cette direction bicéphale devrait être la tête de toute équipe de communication politique qui souhaite se donner les chances de gagner une élection : un senior apportant son savoir-faire de spindoctor et de diplomatie, un junior développant ce savoir-faire dans une communication digitale.

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International.

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12 juin 2009

De l'influence des blogs politiques ...

Si les blogueurs et blogueuses politiques se voient moins sollicités par les femmes et hommes politiques, à comparer avec la période des élections présidentielles où les invitations ne cessaient de pleuvoir, il est amusant de constater l'impact nul de ces médias aux lendemains du scrutin des élections présidentielles.

En effet, si l'on peut dire que les blogs politiques ont été plus bavards sur l'Europe que les médias traditionnels, leur poids dans le choix de nos eurodéputés s'avère inexistants. A regarder les blogs les plus "influents" du classement wikio, la grande majorité peut être qualifiée "de gauche" : Nicolas, Juan, Ronald, Marc et Marie-Laure pour en citer que les cinq premiers se positionnent clairement à la gauche de l'échiquier politique. On pourrait même gentiment les qualifier - même s'ils ne se résument pas à cela - d'anti-sarkozystes.

Les élections européennes ont vu clairement l'UMP arriver grande gagnante. Mais du côté des blogs politiques, toujours selon wikio le premier blog "de droite" arrive seulement en neuvième position, celui de Samuel, et encore ce dernier ne fait guère partie des fanatiques de Nicolas Sarkozy.

Regardez les blogs "écolos" : pas un ne vient chatouiller le haut du classement (il en existe de très bons pourtant). Regardez les blogs soutenant ouvertement la politique du gouvernement de François Fillon : pas un seul n'apparaît (il est vrai qu'il en existe que très peu).

Un constat donc : le blog politique n'influencerait nullement l'issue des scrutins. De quoi dégonfler les égos de nombre de blogueurs politiques. Si bloguer garder un intérêt pour informer, pour s'exprimer, pour discuter, pour partager, le blog ne semble pas réussir à percer au-delà d'un écosystème bien fermé.

Une raison pour n'en citer qu'une : l'électorat "de droite" est vieux. Vieux et fidèle, les vieux votent, s'abstiennent moins, et votent majoritairement à droite. Et ceux-là sont moins enclins à se rendre sur internet et les blogs pour lire les avis postés sur les blogs politiques, et donc encore moins à être influencés, ne parlons donc pas de changer leur bulletin.

Alors peine perdue ? Si les blogs politiques veulent compter lors des prochains scrutins, il leur faudra avoir un accès aux médias dits traditionnels. Et pas seulement à la version online des quotidiens nationaux ni aux nouveaux sites d'information, mais bel et bien aux grosses machines, aux journaux télévisés, aux radios et aux magazines papier. Ceux-là qui ont parlé notamment du clash entre Bayrou et Cohn-Bendit (l'un des facteurs du résultat des européennes). Une fois que les blogueurs politiques arriveront à faire remonter leurs informations, leurs opinions à ces médias, alors peut-être pourront-ils avoir un tel pouvoir qu'ils pourront se passer des médias classiques.

Pour percer, pour compter dans l'opinion publique, nulle autre solution que de se regrouper, que de faire du
bombing d'une même information, à grande échelle. Plusieurs centaines de blogs qui décident de voler des premières places dans Google sur des mots-clés stratégiques. Il faudra faire du réseau, aussi. Être identifié par les journalistes qui comptent, tout simplement faire du réseau.

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10 juin 2009

Sur la défaite du MoDem aux élections européennes ...

S'il ne fallait lire qu'une seule analyse, ce serait sans hésiter celle de Quindi. Il n'y a pas à dire, Arnaud (l'auteur de ce blog) représente à mes yeux le must de ce qui s'écrit sur le web. Non pas qu'il me cite entre Christophe Ginisty et Jean-François Khan, mais en posant pierre après pierre une vraie cathédrale constructive et riche en enseignements, Arnaud apporte ici un éclairage argumenté et construit sur les origines du mauvais score du Mouvement Démocrate aux élections européennes.

Si François Bayrou devait s'entourer de vrais conseillers utiles, si François Bayrou veut véritablement gagner les présidentielles de 2012, il faut qu'il lise cette note, et qu'il embauche de suite Arnaud comme homme de l'ombre.

A lire donc : La Campagne électorale permanente et la maîtrise des cycles électoraux.

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07 juin 2009

élections européennes 2009 : l'abstention de la télévision française

On pourra toujours regretter l'abstention, hurler au désintérêt des Françaises et des Français pour ce scrutin des élections européennes, critiquer ces mauvais citoyens qui manquent à leurs devoirs, rappeler que ne pas voter favorise le parti majoritaire ou que certains se sont battus pour le droit de vote, blablabla ...

Mais que nous propose-t-on ce soir à la télévision française ? Sur TF1, des épisodes de séries policières américaines. Pour les européennes, seulement un "flash élections européennes 2009" présenté par Claire Chazal et François Bachy entre 22h35 et 22h45. 10 minutes d'Europe puis les cerveaux disponibles retrouvent Les Experts.

Sur le service public guère mieux (mais un peu quand même) : on débute par Cold Case sur France 2 et par Troie sur France 3. A 21h45 seulement, Elise Lucet et David Pujadas proposeront une émission spéciale sur France 2. Mais n'abusons pas, à 23h15 on reprend les programmes normaux avec Stade 2. Et France 3 reprend le flambeau à 23h15.

Les trois autres grandes chaînes du PAF, à savoir Canal+, Arte et M6 n'ont strictement rien programmé sur leur antenne sur soir pour assurer une couverture des élections européennes. Et ne comptons pas non plus sur les chaînes de la TNT : outre les chaînes d'information, aucune n'a décidé de bouleverser leurs programmation.

Le serpent qui se mord la queue : si les femmes et hommes politiques ne donnent pas envie de se rendre dans les isoloirs pour voter aux scrutins européens, les médias n'ont pas envie de perdre leur audience en couvrant cet événement. Et si les médias n'en parlent pas, les citoyens ne risquent pas non plus de s'y intéresser ...

Bien heureusement, vous pouvez suivre cette soirée électorale sur internet, Palpitt vous indique comment suivre les résultats des élections européennes sur la Toile.

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élections européennes 2009 : sondage sortie des urnes

Une simple note appelant à commentaires (si vous le voulez bien). Une curiosité également : pour qui votent mes lecteurs. Alors, en attendant les résultats officiels du scrutin des élections européennes à 22h et les premiers sondages de sortie des urnes vers 20h, postez un simple commentaire : pour qui avez-vous voté ? Si vous voulez développer les choix de votre vote, n'hésitez pas.

Une façon en quelque sorte de faire un sondage à la sortie des isoloirs des lecteurs de ce blog, absolument pas représentatif.

Me concernant, aucune surprise, comme prévu je n'ai pas voté.

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06 juin 2009

Rachida Dati et Nadine Morano privées de blog

De la difficulté de la communication politique sur Internet. La ministre de la justice Rachida Dati devrait s'entourer d'un autre spindoctor en plus d'Anne Méaux. Si la présidente de la société de conseil en communication Image 7 se révèle une excellente communicante pour faire du storytelling dans les médias traditionnels, Anne Méaux se révèle être bien médiocre pour la communication politique de Rachida Dati sur le web.

Souvenez-vous : il y a un peu moins d'un an, la Garde des Sceaux lançait son blog. En allant faire un petit tour sur ce blog, force est de constater que le blog de Rachida Dati a été déserté. Aucune publication depuis le 8 Décembre, et pourtant le blog existe encore. Et pourtant ce blog figure encore dans les liens sur le site officiel du Ministère de la Justice. Un joujou jetable dont la future ex ministre de la justice se sera probablement lassée.

Nadine Morano, qui fait en ce moment bien parler d'elle après la convocation par la police d'une internaute pour un “hou la menteuse” qui lui était adressé, apprend à ses dépends la force d'internet et des blogs. Mais saviez-vous que Nadine Morano possédait elle aussi un blog ? Ah non, en fait, tout porte à croire que Nadine Morano voit son identité être
cybersquatté. Allez sur www.nadinemorano.fr, et vous pourrez y lire seulement : "Not Found. Sorry, but you are looking for something that isn't here". Au premier abord, l'on pourrait penser que Nadine Morano, tout comme Rachida Dati, a abandonné son blog. [Mais en regardant les liens, il semblerait que ce blog soit la propriété de Tristan Mendès-France. Figurent en effet des liens vers le profil Facebook, le compte Twitter ainsi que les flux RSS de son propre blog.**]

Mais en continuant en peu les recherches, on peut constater que Nadine Morano est bien en possession d'un blog : www.nadinemorano.com. Et ici aussi un joli "Not Found" accueille les internautes. En fouillant dans le whois de ce blog, on peut apprendre que ce nom de domaine a été déposé par "MORANO Nadine - 1 RUE SAINT-VAAST- TOUL, 54200" le 8 Mars 2007. Probablement un outil de communication au moment de sa campagne des élections législatives de Juin 2007, abandonné.

A travers ces deux exemples de Nadine Morano et de Rachida Dati, ces exemples de cybersquatting et d'abandon de blog, les politiques prouvent leur désintérêt total pour la communication internet. Un beau jouet qu'il faut arborer au moment des campagnes électorales. Et puis après, on le met de côté, on l'abandonne, on se moque finalement de savoir ce qui se véhicule autour de leur identité politique numérique. Les femmes et hommes politiques ne se préoccupent du web que lors d'attaques perçant dans les médias traditionnels. Seuls les buzz les intéressent et les effrayent. Ils commandes des outils, ils poursuivent leurs détracteurs, sans jamais se pencher sur une construction à long terme de leur communication digitale.

[**Après contact avec Tristan Mendès-France, il m'indique ne pas être le créateur de ce blog, et que le code de son propre blog a été copié-collé sans modification des liens]

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05 juin 2009

Nadine Morano : "Hou la menteuse !"

Hou la menteuse ! (elle est amoureuse ?)
Please, retweet, reblog ...

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