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04 novembre 2010

Fin de ce blog (et suite)

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Je ferme boutique. Un mois sans publication, et toujours pas d'inspiration, ou plutôt pas l'envie de prendre le temps pour accoucher des publications qui ressemblent à quelque chose et collent à la ligne éditoriale de ce blog. Je ferme boutique, après une histoire de 5 ans ici, 1593 notes et 11 612 commentaires.

Je quitte cet espace pour revenir, ailleurs ou ici. Ailleurs sur le web assurément et très bientôt, sous un pseudonyme, pour parler différemment et de façon plus conceptuelle. Revenir ici sur ce blog, peut-être mais assurément pas avant 2011, le temps de me reposer plusieurs semaines puis de me poser plusieurs autres semaines.

Rendez-vous ailleurs si vous me reconnaissez, ou ici si vous patientez.
Et pour garder le contact, un lien avec toute mon identité numérique (officielle) : http://flavors.me/lucmandret

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05 octobre 2010

Les questions que je ne poserai pas à Jean-Luc Mélenchon et Luc Ferry

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Fin de semaine dernière, un journaliste me contacte "pour participer en qualité de bloggeur politique" à l'émission Face aux français qui se déroule ce soir en direct sur France 2. Émission animé par Guillaume Durand, accompagné de Frédéric Bonnaud et d'Olivia Andrez. Face aux français, un magazine qui donne la parole notamment à cinq Français présents sur le plateau.

J'ai passé le premier filtre, pas le second, mon égo y survivra. Recalé, au matin du direct, après moults préparatifs, rendez-vous et réunions de cadrage. Ayant cependant préparé mes questions durant mon dimanche après-midi, voici donc les points que je souhaitais aborder avec Jean-Luc Mélenchon et Luc Ferry, les deux invités de Face aux français ce soir.


Mes questions à Jean-Luc Mélenchon / Face aux Français (mais pas à moi)

1/ Monsieur Mélenchon, on se souvient de vos propos sur les journalistes, une "sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier", et de votre désir de "parler de choses intelligentes". Vous participez ce soir à un magazine qui se présente comme une "émission chorale innovante, faite de dialogues et de rencontres, pour surprendre et émouvoir", pour "faire découvrir aux téléspectateurs des aspects peu connus de leur vie". Intégrez-vous donc dans les "choses intelligentes" le fait d'émouvoir le public en parlant des aspects peu connus de votre vie ?

2/ Monsieur Mélenchon, on vous sait plutôt proche de la gauche au pouvoir dans certains pays d'Amérique du Sud, notamment Hugo Chavez, s'opposant à l'impérialisme américain. Je vous positionne donc plutôt dans la famille dans anti-atlantistes. De part cette idéologie, vous engagez-vous à retirer les forces françaises présentes en Afghanistan ? Si vous revenez au pouvoir, désengagerez-vous la France de l'OTAN ?

3/ Je sais que vous ne répondrez pas à la question de savoir si vous accepteriez de participer à un gouvernement sous la Présidence de DSK. Mais, en admettant que vous deveniez Président de la République, pourriez-vous donner un poste ministériel à Dominique Strauss-Kahn pour que la gauche soit au pouvoir par le jeu des alliances ?

4/ Vous avez un style rugueux, vous incarnez pour moi la gauche décomplexée, une certaine forme de gauche virile. Vous dites ce que vous pensez, vous pensez ce que vous dites. Avec un langage direct, un style populaire et un goût pour la confrontation, votre image renvoie de vous celle d'un homme proche du peuple. Dans un certain sens, votre style se rapproche de celui du Président Sarkozy : pensez-vous que ce style soit adapté à la fonction présidentielle ?


Mes questions à Luc Ferry / Face aux Français (mais pas à moi)

1/ Monsieur Ferry, en 1968 les mœurs se libéraient, la société vivait la libération sexuelle notamment. En 2006, 38 ans après, vous rejoigniez une mission de réflexion de l'UMP sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité. Depuis rien n'a évolué. Pourquoi avez-vous quitté cette mission de réflexion ? Êtes-vous favorable au mariage homosexuel et à l'adoption par des parents du même sexe ?

2/ L'arrivée du prochain remaniement ministériel à l'automne est connu depuis plusieurs mois. Vous sortez un ouvrage en ce moment, accompagné d'un plan média non négligeable, et vous avez assurément des idées à défendre : n'avez-vous pas envie de les promouvoir dans le prochain gouvernement. Êtes-vous disponible ?

3/ Il existe le Luc Ferry intellectuel et philosophe, et le Ferry Luc homme politique. Vous avez été ministre de l'Éducation Nationale de mai 2002 à mars 2004. Vous intervenez fréquemment dans les médias, vous semblez aimer ça. Mais finalement, au contraire de Monsieur Mélenchon, vous n'entrez jamais en contact direct avec les Français : avez-vous peur du suffrage universel ?

4/ Luc Ferry, président délégué du "Conseil d'Analyse de la Société", le CAS, nommé par Jean-Pierre Raffarin. Luc Ferry, membre du Conseil économique et social (CESE). Luc Ferry, membre du Comité consultatif national d'éthique, le CCNE, nommé en 2009 par Nicolas Sarkozy. Luc Ferry, membre du comité prospectif de Vivendi Universal. Vous recevez 1800 euros par mois du CAS, 3750 euros par mois du CESE. Difficile de trouver les autres chiffres. Monsieur Ferry, savez-vous combien vous gagnez par mois ? Pour quel travail effectif ? Comment vivez-vous le mélange public-privé ?

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28 septembre 2010

La fin de Cambodge Soir

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Cambodge Soir s'arrête : le dernier numéro du magazine, le n°152, sera publié le 30 Septembre. Cambodge Soir Hebdo (Cambodge Soir tout simplement pour les intimes) était financé par Beatrix Latham et tirait à 1500 exemplaires. A plusieurs reprises j'ai parlé de Cambodge Soir ici : pour parler des krous et des homos, ou rapporter la politique de communication autour de l'industrie minière, et encore très récemment d'un reportage sur les sans-abris de Phnom Penh. Et il y a 3 ans, alors que Cambodge Soir était déjà menacé de fermeture.

Tristesse. La fin du seul journal francophone du Cambodge : mais à quoi donc sert l'Organisation de la Francophonie - qui soutenait déjà le journal ? Alors même que le journaliste Ung Chansophea avait remporté le prix francophone de la liberté de la presse (pour un article sur les femmes battues au Cambodge).

Nostalgie. Lire Cambodge Soir, sous les ventilos d'un café du Quai Sisowath à Phnom Penh, la chronique du Barang de Frédéric Amat, les éditos de Pen Bona, les tribunes de Jean-Michel Philippi, et tous les autres ...

Toutes les larmes du Mékong ne feront très certainement pas revenir Cambodge Soir. Rendons lui cependant un dernier hommage ô combien mérité.

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26 septembre 2010

La stratégie de Villepin pour 2012

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Villepin 2012, peu sont ceux à parier sur une victoire de Dominique de Villepin aux élections présidentielles de 2010. Encore faudrait-il que l'homme politique soit candidat. Le positionnement stratégique de Dominique de Villepin est simple, car tout s'explique en deux mots : "emmerder Sarkozy".

Villepin membre de l'UMP, Villepin principal opposant de droite à Sarkozy. Contradictoire sur le papier, très logique quand on sait que Villepin croit que le Président de la République serait potentiellement dans l'incapacité de se représenter en 2012. Deux options.

Sarkozy candidat en 2012. Villepin se présentera aux élections présidentielles si les sondages montrent un climat positif, et ou si Sarkozy ne lui promet pas un poste suffisamment large pour l'ego, la rancœur et les chevilles de l'ancien Premier Ministre.

Sarkozy, incapable de se présenter en 2012, à cause d'affaires politico-judiciaires, à cause de pépins de santé (ils sont nombreux à le penser à droite). En ayant gardé sa carte à l'UMP, Dominique de Villepin ne peut imaginer qu'un autre que lui ne porte mieux le flambeau de la droite réunie.

Avec cette stratégie, Dominique de Villepin joue serré, il a l'agenda contre lui, ne pas le maîtriser et dépendre de Sarkozy - pro de la maîtrise de l'agenda médiatique - est une faiblesse difficilement surmontable.

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08 septembre 2010

sans abri à Phnom Penh

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Un reportage dans la capitale du Cambodge, signé par (l'excellent) magazine Cambodge Soir : Sans abri à Phnom Penh.
Sans commentaire.

Pour moi le Cambodge : des souvenirs et des envies, des larmes et des rires. Parfois, il sont des coïncidences qui surgissent tellement violemment, que ma croyance en un certain destin redouble de violence envers ce-dit destin.

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01 septembre 2010

cinq

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cinq ans.
1587 articles.
11604 commentaires.
des visiteurs par milliers.
de magnifiques rencontres dans la vraie vie.
merci.

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31 août 2010

Du suivi des outils politiques

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Bien souvent les hommes et femmes politiques, ô combien trop déconnectés de la technologie, rebutent à utiliser des outils innovants pour soutenir leur communication politique. Mais certains savent sentir l'air du temps, ils arrivent à déléguer une partie de leur stratégie des moyens : pour le web considéré comme souvent secondaire, on ne rechigne pas à faire une confiance aveugle en un communicant ou un (auto-)proclamé "geek" qui développera un projet tout seul. Les projets se lancent, plus ou moins bons et intéressants, et ils trépassent.

Mettre en place pour/par un élu, une bonne communication via un blog politique ? Pourquoi pas. Que les partis décident de développer des réseaux sociaux politiques ? Pourquoi pas. Ou plus récemment encore, certains se lancent dans le mobile, une très bonne idée en soit pour un homme politique d'avoir sa propre application iPhone. Encore faut-il suivre ...

Pour sa campagne des élections régionales, la candidate UMP en Ile-de-France Valérie Pécresse avait réalisé un joli coup en devançant - non pas dans les urnes - ses concurrents avec cette innovation technologique. L'application iPhone de Valérie Pécresse était efficace, pour sa campagne des régionales. Mais déjà on pouvait s'interroger sur la durabilité de cet outil. Également très bon en community management politique, l'équipe de campagne de Valérie Pécresse assurait que cet outil était développé pour pouvoir durer après la campagne des régionales.

Résultat, quelques mois après la défaite de l'UMP, l'application iPhone de Pécresse est à l'abandon. Dans la rubrique "actus" le grand désert. Dans la rubrique "Twitter", un silence de 3 mois et demi, pour annoncer un "retour sur twitter" à l'occasion du lancement du site du groupe UMP en Ile-de-France. Depuis, Valérie Pécresse est muette, son application iPhone perdue dans les limbes du web mobile.

En observant la qualité et la richesse des applications mobiles de certaines collectivités locales, on peut être assuré de la force du mobile appuyer une bonne communication publique.

Pour les blogs hier, aujourd'hui pour Twitter et Facebook, demain pour le mobile, les femmes et hommes politiques se complaisent à ouvrir des jouets inutiles. Eux qui savent qu'une victoire électorale se joue sur une proximité avec les citoyens construite dans la durée "in real life", ils devront intégrer que leur présence "online" ne doit pas vivre l'espace d'une campagne puis mourir. Dans la colonne des don't du guide du parfait communicant politique, ajouter une ligne "gestion des projets" avec le suivi des outils, leur alimentation en contenus, etc.

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29 août 2010

ce que veulent savoir les internautes des hommes politiques

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Google Suggest (Google Suggestions en français) est une fonctionnalité du géant américain qui nous "propose des termes de recherche similaires à ceux que vous saisissez". Grâce au Suggest, Google "renvoie des termes de recherche fondés sur les activités de recherche des autres utilisateurs" sur la base "d'un certain nombre de facteurs purement objectifs, tels que la popularité des termes de recherche". Une sorte de : je te propose ce que je pense que tu recherches. Plus Google constate que les internautes associent une requête à certains mots clés, plus Google va automatiquement proposer ces certains mots clés comme suggestions dans les futures recherches des autres internautes.

En politique, avec la force de Google, les mots suggérés révèlent à un temps donné une véritable image des associations que se font les internautes curieux (ceux qui utilisent le search) avec leurs hommes et femmes politiques. Alors que l'on se soucie - à juste titre - de plus en plus de réputation et de e-réputation, l'étude et l'analyse de ces mots suggérés devraient intéresser les élus et leurs communicants. Et une question : comment faire pour modifier des suggestions peu favorables ?

Ci-dessous une liste de 14 femmes et hommes politiques français, et les mots clés suggérés associés à leurs noms. Édifiant, presque terrifiant tant les recherches sont éloignées de la vision que l'on aimerait avoir de la curiosité politique. Au menu : vie privée, vie privée, vie privée et (un peu) de polémiques chaudes. Savoir si untel est juif, trouver les photos (parfois nues) d'une-telle, retrouver un passage à la télévision de tel autre, côtoient les simples requêtes informatives sur la biographie ou associées au statut.

Finalement, Google se rapproche de la presse people : les grosses audiences ne s'attardent pas sur les micro-polémiques éphémères de Twitter, ou sur les discussions stériles du microcosme politico-médiatique. Une expérience serait intéressante à faire : qu'un homme politique "engage" un nombre conséquent de militants qui écriraient tous la même requête pour la faire remonter par Google. Un nouveau pendant du cyber-militantisme, assurément plus efficace que les centaines de blogs partisans, en complément d'une stratégie de référencement naturel sur les médias sociaux.


Les détails.
- Brice Hortefeux : condamné, raciste, injure racial, biographie, et sa femme, grenoblre, ministre, wikipedia, amende
- Christine Lagarde : lesbienne, wiki, biographie, wikipedia, cv, vie privée, ministre, daily show, juive
- Dominique de Villepin : site officiel, biographie, juif, parti, onu, 19 juin, wikipedia, avocat, wiki
- Dominique Strauss-Kahn : cassandre, juif, biographie, est un ogre, 2012, wikipedia, france 2, salaire, israel
- Eric Woerth : juif, wiki, tf1, ministre, hué, bettencourt, démission, tour de france, hué à l'arrivée du tour
- Eva Joly : blog, woerth, wiki, bettencourt, wikipedia, eric woerth, biographie, douillet, le monde
- François Bayrou : facebook, biographie, modem, franc maçon, assemblée nationale, bayous, député, blog, 2012
- François Fillon : blog, en ardeche, juif, epinal, premier ministre, à epinal, niches fiscales, entre dans les ordres, argenteuil
- Jacques Chirac : biographie, wikipedia, nu maintenant, facebook, taille, président, discours, bourré
- Marine Le Pen : equipe de france, 2012, nu, sondage, ribery, blog, les bleus, et les bleus, biographie
- Martine Aubry : mari, broche, care, blog, madoff, mariage, wiki, wikipedia, retraite
- Michèle Alliot-Marie : enchaîne trois erreurs à l'assemblée nationale, photos, garde des sceaux, photo, biographie, en maillot de bain, nu, juive
- Nicolas Sarkozy : facebook, taille, wikipedia, wiki, biographie, france 2, nu, juif, thierry henry
- Ségolène Royal : royale, 2012, facebook, actualité, tf1, photos, le post, nu, poitou charents



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28 août 2010

Le costume sécuritaire de Ségolène Royal

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Qu'on le veuille ou non, Ségolène Royal est une star, une people qui fait de la politique. Alors quand Ségolène Royal fait sa rentrée politique à La Rochelle en conviant les autres militants du Parti Socialiste, on ne voit qu'elle, même si on parle également (un peu) des autres. Le plan média de la Présidente de la région Poitou-Charentes a été bien préparé, jusque dans le moindre détail. Le choix même des vêtements trahit une communication politique longuement réfléchie.


Au premier jour des Universités d'Été du PS, hier vendredi à La Rochelle, le fossé vestimentaire entre Martine Aubry et Ségolène Royal explique (en partie) le pouvoir d'attraction des médias pour l'ancienne candidate présidentielle. Ségolène Royal a compris la force médiatique du moindre des détails. Les deux femmes habillées en pantalon, c'est le tailleur pantalon de Royal que l'on analyse.

Le choc des photos, Ségolène Royal a appris à "orienter" les médias pour faire parler d'elle. Le poids des mots, Libération s'en occupe : la Une du quotidien au vendredi 27 Septembre titre "La sécurité n'est pas un thème de droite", en parfaite harmonie avec la tenue de gendarmette stylée de Royal. Quand on veut parler de sécurité, il faut une couverture de Rocky-Royal qui entre sur le ring : "on dirait que Ségolène vient de coller une grosse droite à un mutant bionique - idéalement Xavier Bertrand - et qu'elle se masse les phalanges avant de passer à Frédéric Lefebvre".

Un message donc : la gauche peut parler de sécurité, doit parler de sécurité. A l'exception de Chevènement et de Valls également identifié à gauche sur ce créneau, le territoire est vierge, un vrai boulevard pour Ségolène Royal, elle le sait. En voulant choisir le thème des prises de parole de la gauche, Royal veut (ré)ajuster sa posture présidentielle. Alors elle met le paquet : montrons une femme autoritaire, à la fois travestie en homme sérieux et crédible en costume et pantalon sombres, à la fois lookée sobrement avec des pointes de rappels féminins au travers des escarpins à talons et des boucles d'oreille.

Une image calculée. Avec les ratés qui vont avec. Personne n'imagine Ségolène Royal ne pas se changer d'un jour à l'autre. Et pourtant :
la photographie dans Libération a très certainement été shootée la veille de sa publication. Résultat : Royal porte le même uniforme à l'ouverture de l'Université d'été de La Rochelle ce vendredi (Le jour J du plan média) que dans le numéro de Libération (J-1). Ses communicants et elle-même ont volontairement calculé : Ségolène Royal devra revêtir le même costume sécuritaire pour les caméras et flashes au premier jour de La Rochelle, que dans les trois premières pages du Libé. Pour véhiculer inconsciemment un message politique, travaillons le contenant ; le contenu suivra-t-il ?

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27 août 2010

5 questions à ... Thierry Saussez

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Thierry Saussez est Délégué interministériel à la communication,
et Directeur du Service d’information du Gouvernement (SIG)


Au-delà de la polémique sur le lancement du site France.fr, quel premier bilan tirez-vous de vos deux années passées à la tête du SIG (Service d'Information du Gouvernement) ?

Thierry Saussez : La critique est salutaire, la polémique est rarement productive. Je pense que parfois on pourrait arrêter la machine à dénigrer, à se réjouir des mauvaises nouvelles, à taper sur tout ce qui bouge, une véritable entreprise de démoralisation générale. C’est en particulier vrai quand il s’agit de la France ou du site destiné à la promouvoir.

Pourquoi tous les grands pays ont un site monde et que la France n’en avait pas ?

Comment mieux répondre aux 124 millions de requêtes, chaque mois, sur Google, sur le mot France (premier pays devant les Etats-Unis et la Chine), si ce n’est par un portail mondial d’informations et de services en plusieurs langues ?

J’ai ouvert ce chantier en arrivant avec beaucoup d’autres, notamment : le planning stratégique des campagnes de communication (des priorités, des séquences cohérentes), une amélioration de la visibilité, une meilleure évaluation des performances, la réactivité (possibilité par exemple sur des mesures d’urgence face à la crise de réaliser des campagnes d’information en quelques jours), la communication de proximité avec l’implication plus forte des préfets, l’action web (plate-forme vidéo mutualisée de tous les ministères et opérateurs publics, rationalisation des sites publics en cours, plate-forme jeunes avec Skyrock, France.fr, etc...)

L’Etat a encore des progrès considérables à faire pour mieux allier action et communication, notamment sur le net et c’est bien pourquoi toutes les suggestions et critiques sont indispensables.

C’est pourquoi j’ai aussi largement réorganisé le Service d’information du Gouvernement, en créant un nouveau département de communication externe intégrant les actions sur le web afin de mettre en cohérence nos campagnes d’information dans les médias traditionnels et sur le net.


Pour promouvoir la France, on entend parler souvent d'une stratégie de communication de marque. Que voulez-vous vendre sous cette marque ? Quels sont les attributs et différences de cette marque France ?

Thierry Saussez : Il y a deux niveaux évidemment complémentaires entre la stratégie de marque abordée en particulier dans le très bon rapport d’Yves Jégo qui vise à la promotion des produits et la stratégie d’image de la France. A ce niveau, beaucoup d’efforts sont faits pour la promotion du tourisme, des investissements internationaux, de la culture, du développement. Il faut créer un cadre global et des outils de cohérence comme France.fr.


Après avoir été le conseiller en communication politique de Nicolas Sarkozy durant la campagne des présidentielles de 2007, pour quel homme ou femme politique pourriez-vous travailler si le Président de la République actuel ne se représentait pas en 2012 ?

Thierry Saussez : Mon engagement politique, à ce niveau, est devenu exclusif depuis longtemps...


Vous avez 61 ans : avec la nouvelle proposition de loi sur la réforme des retraites, vous pourriez envisager de bientôt vous retirer. Que pensez-vous encore avoir à apporter à la communication du gouvernement ?

Thierry Saussez : Je vais vous faire une confidence, comme j’ai commencé à travailler jeune, j’y ai droit depuis deux ans déjà. D’une façon ou d’une autre, je resterai actif encore pas mal de temps avec une activité de conseil, de spécialiste de la stratégie et une activité intellectuelle, livres, conférences, débats, etc... Il faut mener plusieurs vies. A la fin, cela finit par en faire une. Et pour répondre plus précisément à votre question, nous sommes peu nombreux à avoir une expérience de la communication à haut niveau, à la fois dans le privé et dans le public.


Vous avez ou avez eu de multiples casquettes : Thierry Saussez communicant, Thierry Saussez publicitaire, Thierry Saussez élu de la République, Thierry Saussez spindoctor. Comment vous définissez-vous ?

Thierry Saussez : Comme quelqu’un qui aura eu la chance d’exercer des missions passionnantes, de conseiller de grands leaders, d’agir pour sa commune, de tracer aussi un sillon pour les autres par l’enseignement, les livres, la présence dans les médias. La chance aussi d’être resté fidèle à mes convictions de jeunesse et enfin, d’être passé de l’autre côté du miroir pour servir l’Etat. Chamfort disait « les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu ». Un communicant doit être passionnément raisonnable.

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24 août 2010

les blogs que j'emporterais sur une île déserte

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On se pose souvent des questions débiles, du genre "si vous deviez partir sur une île déserte, quel objet emporteriez-vous ?". Je me suis (enfin) décidé à mettre à jour la blogroll de mon blog, en me demandant : si ce blog devait faire partie d'un bel atoll, autour de quels autres blogs j'aimerais le voir. Ça donne une liste de 35 blogs, en vrac. Évidemment de beaux ilots ou de grands continent ont été oubliés, ça arrive. J'ai seulement voulu dresser une sorte d'écosystème d'inspiration qui est celle qui me guide dans la rédaction de mes notes, les blogs que j'aimerais avoir avec moi sur une île déserte, si je ne devais en choisir qu'un nombre restreint

(J'ai exclu volontairement les blogs autour du Cambodge, ayant déjà récemment dressé la liste de mes 12 blogs cambodgiens préférés)

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08 août 2010

Politique et SMO (Social Media Optimization)

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Le SMO, aka Social Media Optimization, devient avec la puissance accordée au web un nouvel élément incontournable de toute bonne stratégie d'influence et de réputation. Tout comme les marketeux et communicants ont compris l'importance du SEO (aka Search Engine Optimization) il y a quelques années pour promouvoir et gérer l'image de leurs produits ou entreprises, les plus en avance ont compris que les médias sociaux nécessitaient une approche professionnelle et ont succombé à la nécessité du SMO.

Alors que la notion de e-réputation commence à devenir un sujet pris au sérieux, y compris par les plus hauts dirigeants des entreprises, il est encore bien complexe de faire entendre l'importance d'un bon référencement sur les médias sociaux. Pourtant il existe d'excellentes présentations pour comprendre le sujet. Ou alors, on fait mal, on fait précipité, on fait sans moyen, on fait vite, tout l'inverse de ce que nécessite une bonne approche stratégique du SMO.

Dans le milieu politique, où la grande majorité des (vrais) décideurs brille par son retard technologique, surtout ne parlons pas de SMO. On est resté au bon vieux buzz, c'est déjà un exploit. A moins de deux ans des élections présidentielles de 2012 pourtant, c'est aujourd'hui que se joueront les résultats de la guerre du référencement sur internet, le temps est compté.

Un exemple, un seul média : Youtube, dont les chiffres ahurissants montrent la domination mondiale du machin, un Youtube négligé par les partis politiques français. Tapez UMP dans le moteur de recherche de YouTube, vous ne trouverez aucune vidéo officielle dans la première page de résultats, tous plus critiques les uns que les autres envers le parti majoritaire. Le Parti Socialiste fait un peu mieux, une vidéo de la chaîne officielle ressort en 9ème position, mais cette vidéo date de plus de 3 ans !

Naviguez de médias sociaux en médias sociaux, on ne peut que constater l'amateurisme et/ou le manque de moyens des partis politiques. Il y a pourtant, au-delà de la seule e-réputation des partis et des hommes politiques, un boulevard de communication et de "propagande" autour des thématiques politiques médiatiques. Des présidentiables aux élus locaux, les politiques découvriront certainement trop tard la force des médias sociaux dans leur globalit ; la place à une certaine forme d'ochlocratie ?

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02 août 2010

Dénonçons Brice Hortefeux !

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Le saviez-vous ? Il existe un "portail officiel de signalement des contenus illicites de l'Internet" aka internet-signalement.gouv.fr. C'est beau comme un site de dénonciation, on peut même le faire de façon anonyme, vive la délation.

Il m'est donc venu à l'esprit d'utiliser cet outil pour dénoncer un dangereux criminel de l'Internet : Brice Hortefeux. J'aurais pu choisir de dénoncer le compte Twitter de son Ministère qui n'arriver à dissocier communication politique de communication publique, mais soyons fou et passons à l'étage internet supérieur : le site du ministère de l'Intérieur. Derrière chaque page de ce site se cache un récidiviste, le Ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux condamné à 750 euros pour "injure raciale".

J'y suis donc allé de ma dénonciation sur le fameux site, et ô hasard une catégorie semble avoir été créé tout spécialement pour Brice Hortefeux, je cite : "
Incitation à la haine raciale ou provocation à la discrimination de personnes en raison de leurs origines, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap".

Oyé oyé brave citoyen, toi aussi, fais ta bonne action et dénonce donc not' bon ministre de l'intérieur. Clique ici et laisse-toi guider, c'est aussi simple que de renvoyer un étranger sans papier (ou avec, s'il te dérange on s'arrangera toujours avec une loi) dans son pays.

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29 juillet 2010

Les gens du voyage s'en vont en fumée

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Il fallait oublier la descente sans fin aux enfers du gouvernement Fillon, il fallait redonner un petit coup de booster à Nicolas Sarkozy pour qu'il passe un bon été en se délectant d'être au centre des discussions, il fallait que le bon peuple (de droite surtout) oublie que nos dirigeants n'arrivent pas à combattre la crise économique.

Alors on a trouvé les Roms, les gens du voyage, peu importe la distinction, le bon Français blanc de souche s'en moque. Alors on s'est emparé d'un bon fait divers (comme il y en a des dizaines par semaine) pour le faire monter. Et voici donc les mesures de la marionnette Brice Hortefeux pour «sanctionner des comportements illégaux".

Au programme des mesures donc : démantèlement des camps illégaux, reconduites à la frontière, contrôles fiscaux accrus. Du bon programme sécuritaire comme l'aime le Nicolas Sarkozy avec ses bons gros sabots de Père fouettard.

Démantèlement des camps illégaux.
Surtout ne pénalisons pas les communes en totale illégalité avec la loi de 1990 imposant des aires de stationnement dans les villes de plus de 5000 habitants. Et les gens du voyage installés sur des camps illégaux, une fois partis, en admettant qu'ils soient délinquants : le deviendront-ils moins (délinquants) en étant en mouvement sur les routes de France ?

Reconduite à la frontière.
Le plus répugnant certainement : Brice Hortefeux a clairement indiqué vouloir une réforme de la loi sur l'immigration qui vise à procéder «à la reconduite quasi-immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l'ordre public ou à des fraudes en direction de la Bulgarie ou de la Roumanie». Le gouvernement propose donc de changer la loi de la République française, suite et uniquement suite à un fait divers, qui cible une certaine partie de la population française, uniquement les Roms. Comment nommer une politique qui traite différemment des humains en fonction de leurs origines ?

Contrôles fiscaux.
Surtout stigmatisons bien la population des gens du voyage, voici du Hortefeux dans le texte qui surfe sur des préjugés bien populistes pour argumenter le détachement de 10 inspecteurs du fisc : "beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes". Sont-ce vraiment des propos que l'on attend d'un Ministre de la République ?

Plus c'est gros, plus ça passe. Sarkozy et Hortefeux se moquent des hurlements des associations, des robinets d'eau tiède de l'opposition indignée : les roms, les gens du voyage, les gitans, on ne les aime pas. Et puis, c'est moins sensible politiquement de pointer du doigt les roms que les arabes, les noirs ou les musulmans. Combattre les méchants délinquants roms avec un bon discours raciste et populiste ne dérangera pas les quelques bonnes âmes de la droite qui n'aime pas les excès verbaux du sarkozysme.

L'UMP doit reconquérir son électorat de droite. Sans le traumatiser avec ce que l'opinion publique déteste dans la méthode de Sarkozy. Tous les observateurs ont compris que l'artillerie lourde a été lancée pour élever un monstrueux nuage de fumée autour des mesures sécuritaires combattant les gens du voyage. Un monstrueux nuage de fumée pour oublier la crise, pour oublier surtout les affaires (au premier plan desquelles l'affaire Woerth-Bettencourt). Alors, la sécurité ça marche toujours, notamment auprès des séniors, et Sarkozy doit garder le vote des vieux, les moins soumis aux problèmes d'insécurité étant toujours les plus demandeurs de discours ultra-sécuritaires.

On voit donc le nuage de fumée. Il monte, il envahit les recoins de tous les médias amis du pouvoir, il se vomit de la bouche de tous les sarkozystes. On voit le nuage de fumée s'élever. Et l'on voit des mesures que l'on ne peut pas ne pas condamner, combattre, rejeter. Alors on parle, on parle du nuage de fumée, ou bien des mesures, ou bien des deux. Et on ne parle pas de la crise, ni des affaires politiques. La fumée dans le nuage de fumée.

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23 juillet 2010

Communication politique versus communication publique

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Très certainement, le "Bonjour, je suis Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, vous venez d'appeler le standard de la Région ouvert du lundi au vendredi de 8h à 19h" en messagerie du répondeur de la Région Poitou-Charentes deviendra culte. Pendant quelques heures ou jours au maximum. On rigolera, on critiquera, on défendra, on commentera. Et on oubliera.

Tout comme on a (presque) oublié le ramdam autour du compte Twitter du Ministère de l'Intérieur. Une très mauvaise utilisation de l'outil, très certainement sans véritable réflexion ni stratégie en amont, on imagine un petit nouveau chargé de communication au Ministère, qui (auto-)proclamé geek a réussi à vendre l'ouverture du compte Twitter ; et la réponse de ses supérieurs : "vas-y coco c'est à la mode le Twitter". Pauvre petit jeune qui, voulant bien faire en citant Brice Hortefeux, a oublié de le préciser et d'utiliser les guillemets. Bronca sur Twitter, moqueries autant politiques qu'automatiques.

Derrière ces deux exemples, le même constat du mélange des genres : communication publique versus communication politique. Ségolène Royal qui utilise les moyens de la Région dont elle est Présidente pour faire parler d'elle, Brice Hortefeux qui utilise un outil de son Ministère pour médiatiser ses interventions. Comme le résume Élu Local sur Twitter : "
Quand on tweet les résultats des élections et qu'on fait son job: Ok. La propagande politique en revanche: marre".

Les ministres défilent, les ministères restent. Alors que les programmes et les actions des hommes politiques s'enchaînent, se font et se défont, dans les Ministères les fonctionnaires restent, et portent avec eux, en eux, les politiques publiques, la République Française tatouée en leur sein. Idem dans les régions, les villes, et toutes les institutions publiques.

Il serait tellement simple pourtant d'avoir, en prenant l'exemple de Twitter, un compte pour le Ministère (l'institution) et un pour le Ministre (le politicien), le premier géré par un fonctionnaire du service de communication et financé par l'administration, le second par un membre de l'UMP et financé par le parti. Que ce soit "pour faire du buzz" comme ils disent, par amateurisme bien souvent dans la communication digitale, ou volontairement pour utiliser le denier public et non celui des partis politiques jamais assez important, l'utilisation des outils de communication de la République pour porter la voix des élus entraîne forcément un mélange des genre malsain.

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22 juillet 2010

Communication politique sur Linkedin

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A chaque outil son intérêt. Trop de groupes sur Facebook, au final on ne s'y intéresse plus. Le blog ne se prête guère aux échanges rapides et simplifiés. Et pour une thématique aussi spécifique et ciblée que la communication politique, j'ai trouvé que Linkedin (réseau social professionnel) requérait tous les avantages pour discuter et échanger sur ce sujet : un lieu modéré, un lieu où l'on parle entre passionnés et professionnels. J'ai donc créé le groupe "communication politique" sur Linkedin.

Dans ce groupe, déjà plus d'une cinquantaine de personnes, de tous horizons. Des hommes et des femmes, des militants et des observateurs, des communicants et des critiques, des gens de gauche ou de droite ou d'ailleurs, des étudiants et des vieux de la vieille, des journalistes et des blogueurs. Un peu d'animation est d'ores et déjà prévu pour faire vivre ce groupe.

Dans un premier temps, chaque vendredi le "sujet de la semaine" pour recueillir les avis des membres du groupe sur une personne, sur un outil, sur une stratégie, sur un événement historique, etc. Le premier sujet a été proposé par Baptiste : "
Est-ce Facebook va jouer un rôle important dans les campagnes sachant qu'il y a plus de 15 millions de Français de plus de 18 ans inscrits sur Facebook ?". Rendez-vous ce vendredi pour y participer.

Dans un second temps, une rencontre dans la "vraie vie", un apéritif à la rentrée en Septembre à Paris. Pour se connaître, pour échanger de vive voix, pour faire connaissance.

Si vous êtes intéressé(e), on vous accueillera avec plaisir.

20 juillet 2010

Vive les vieux !

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Le saviez-vous ? En 2007, Nicolas Sarkozy a obtenu 68% des suffrages des Français de 70 ans et plus et 61% des votes des 60-69 ans (source Ipsos). En France en 2007, la classe d'âge des 60 ans et plus rassemblait plus de 13 millions de personnes, soit environ 27% de la population en âge de voter (source Insee).

Quand on sait que les vieux votent plus que les autres tranches de la population, on peut en conclure que sans les vieux, Nicolas Sarkozy n'aurait pas été élu Président de la République. Ou alors, il aurait malin et aurait adapté son discours aux bonnes populations. Les enjeux des vieux ont été décortiqués moult fois, et n'évoluent que très peu, nos séniors sont moins sensibles aux rapides mouvements d'opinion.

On pourrait ajouter encore plein de vérités déjà connues : la déconnexion entre les lubies des communicants en mal d'innovations derniers cris quand nos vieux dans leur globalité mourront sans avoir jamais consulté un blog, un réseau social ou même un site d'information en ligne. Je pense (et j'espère) que toutes les décideurs des partis politiques savent l'importance des vieux lors des prochaines élections présidentielles de 2012.

Mais alors que font-ils ? Pourquoi le PS ne dresse-t-il pas un plan d'action spécial papys et mamies ? Pourquoi le Modem ne nous harcèle-t-il pas avec les 5 idées qui changeront la vie des séniors ? Pourquoi l'UMP ne lance-t-il pas une tournée des sages dans les maisons de retraites pendant l'été ?

Le premier candidat qui attaquera la cible vieux, prendra position, se placera comme le porte-parole des vieux deviendra leur héraut médiatique, et obligera de fait les autres à répondre, à controverser, à se positionner. Le premier qui dégaine gagne toujours, les autres récupèrent les balles perdues. Pour le moment, avantage à l'UMP, traditionnellement plus conservateur. Les autres partis politiques pourraient profiter que la droite française patauge dans les affaires politico-financières pour rattraper leur retard. Mais le veulent-ils vraiment ?

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15 juillet 2010

La censure comme outil de communication politique

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Les médias vont devoir s'y habituer : de plus en plus, ils devront affronter le cas d'annonceurs publicitaires qui cherchent à faire parler d'eux à tout prix. En allant toujours dans le plus trash, le plus provocateur et le plus racoleur, certains peuvent ainsi espérer une campagne de communication au prix le plus minime. En se faisant refuser leur campagne de publicité, certaines personnes peuvent ainsi hurler à la censure et de fait bénéficier d'un véritable focus sans dépenser le moindre euros d'achat d'espace.

En France, souvenez-vous de la campagne anti-tabac de l'association Droits des non-fumeurs (DNF), elle montrait des jeunes hommes et jeunes femmes en train de faire une fellation à un adulte, mais avec une cigarette à la bouche. Publicité rejetée, scandale des hommes politiques dont la Secrétaire d'Etat Nadine Morano, on ne parle que ce ça pendant 48h sur internet, et dans les médias. La polémique plus forte que la publicité, en visibilité bien évidemment, mais aussi en discussion, à la différence que l'on parle plus de la polémique que de la lutte anti-tabac.

Aux Etats-Unis, on passe un cran au-dessus. Les chaînes de télévision CBS et NBC ont réfusé de diffuser un spot publicitaire, publicité du National Republican Trust PAC qui incite les Américains à s'élever contre la construction à deux pas de Ground Zero d’un centre culturel musulman. Ce projet de mosquée financée par l'Association américaine pour la promotion de l'islam (American Society for Muslim Advancement) est soutenue par le maire de New-York Michael Bloomberg. Voici la vidéo en question.



Évidemment les amalgames sont choquants. Évidemment on comprend la censure par NBC et CBS de cette publicité. D'ailleurs la provocation du National Republican Trust PAC n'est pas une surprise, déjà le mouvement du journaliste Scott Wheeler avait lancé durant la campagne des présidentielles américaines une publicité affirmant que Barack Obama avait financé un permis de conduire au pirate de l'air des attentats du 11 septembre. Et le mouvement se sert donc bien évidemment de cette censure pour promouvoir son action et cette vidéo, avec succès quand on voit les plus de 100 000 visionnages.

En France, les petits partis politiques ne pourront que s'inspirer de ces opérations de communication politique. Peu importe d'avoir les (monstrueux) budgets pour faire de l'achat d'espace, il suffira d'être encore et toujours plus polémiques. Pour faire parler de soi à tout prix, on devrait assister (si leurs communicants sont un minimum malins) à une recrudescence de campagnes publicitaires virales. Se faire censurer pour exister dans le paysage médiatique politiques. Créer la controverse pour exister durant 48 heures de l'agenda médiatique. Il va falloir s'accrocher.

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14 juillet 2010

Mes tweets politiques du jour

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Parfois je regrette de ne pas avoir le temps de développer ce dont je peux parler (brièvement) sur Twitter. Et c'est là tout l'attrait de Twitter : une info, un lien, ça prend 30 secondes à publier, on clique et on zappe. Seulement je sais que beaucoup lisent ce blog, mais pas mes updates sur Twitter. L'occasion donc de vous encourager à m'ajouter dans vos followers.

Aujourd'hui par exemple, trois statuts en lien avec la politique. Les voici.

"ma participation à la Fête Nationale : http://bit.ly/bRan97 (je ne m'en lasse pas)"

"voici le nouveau clip de François Bayrou : http://www.youtube.com/watch?v=Qf3-mX5pH4M&feature=related"

"http://www.france.fr/ est (déjà) HS, je n'arrive pas à croire qu'on ne prévoit pas a priori une capacité suffisante, ça fait "so amateur""



PS : au sujet de France.fr, je me souviens avoir écrit une lettre à France.fr il y a maintenant plus de deux ans !

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13 juillet 2010

Les plateaux (de TV) ont un sens

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Hier soir donc, Nicolas Sarkozy a passé les plats au journaliste David Pujadas à qui l'on avait transmis les questions auxquelles le Président de la République daignerait bien vouloir répondre. Le clan Sarkozy ce matin a découvert les chiffres d'audience : moins d'un téléspectateur sur trois a regardé Nicolas Sarkozy, moins d'un Français sur 10 a savouré le Sarkoshow. Nous pouvons cependant lui faire confiance, la Cour de l'Élysée saura rassurer le Petit Nicolas, déjà certains se sont étalés en flagorneries sur Twitter.

Sur le fond, l'analyse est plutôt simple : Sarkozy a été nul, un Sarkozy tendu et parano. Sur la forme, les allocutions présidentielles sont toujours passionnantes, notamment dans la mise en scène, un véritable spectacle. Comme disait celui qui allait chercher les stars du milieu pour mettre en valeur Mitterrand lors de chacune de ses prises de paroles télévisuelles, Jacques Pilhan : "le décor, la mise en scène sont tout aussi importants que le fond". Observons donc le plateau de l'interview d'hier soir.

Crédit photo : Présidence de la République - L. Blevennec


Déjà on a vu pour la première fois un Sarkozy grisonnant, un Sarkozy moins maquillé qu'à son habitude, les traits tirés, toutes cernes et rides en illumination. On se demande si le coiffeur du Chef de l'État n'a pas fait la teinture hebdomadaire de la coiffe présidentielle, où pire si une coloration "homme sage" a été appliquée pour montrer la nouvelle posture de Sarkozy.

Une nouvelle posture donc : être au-dessus des partis, au-dessus des polémiques. Un plateau trop sobre et parfaitement immaculé, pour montrer un Président clean. La simplicité pour véhiculer la transparence, sauf qu'à ne rien montrer du tout, on doute de la sincérité, on cherche ce qu'on a bien voulu cacher dans les placards pour faire le grand ménage. Inconsciemment faire une interview sans aucune paperasse, c'est montrer un Président sans ses dossiers : sans "les dossiers" comme affaires politico-financières, mais aussi sans "les dossiers" de celui qui est censé travailler pour la France. A double tranchant.

Une table sobre, des chaises simples, aucune décoration, aucune note, pas de chichis ni de fioritures : le Président s'est donc montré hier soir à nu, ce devait être le brief des conseillers en communication de Sarkozy. Et la terrasse s'est probablement imposée d'elle-même : faisons genre "Le Président reçoit sous sa pergola". Sauf que le plan de fin avec le luxe des jardins de l'Élysée rappelait le luxe de la fonction, et à chaque plan de coupe on s'attendait à voir surgir un majordome en livrée servir ces messieurs d'une tasse de thé raffiné.

En choisissant d'installer le Président de la République sur la terrasse de l'Élysée, les communicants du Château extirpait Nicolas Sarkozy de son bureau, le lieu du pouvoir et du travail, et donc symboliquement "hors" de l'Élysée. Presque un signe d'abandon des responsabilités, de vacances du pouvoir. Avec le son, en écoutant un Sarkozy récitant ses fiches invisibles tel un mauvais élève qui sait avoir mal appris sa leçon, on assistait au spectacle d'un comédien répétant sur une scène nue un rôle trop grand pour lui, incarnant un personnage sans ses attributs.

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