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12 septembre 2005

Tsunami, un an et demi après ...

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Tsunami dans le Sud-ouest asiatique : prêt de 300 000 morts le 26 décembre dernier. Nombre de décès dus au SIDA par an : plus de 2 500 000. Paludisme, entre 1,5 et 2,4 millions par an. 2,5 millions d’enfants décèdent par an de malnutrition. Où se trouvent les priorités ?

Les principaux media aiment l’évènement. TF1 et France 2 nous ont rabâché des appels aux dons. Ils ont même programmé des émissions spéciales. Quel beau spectacle ! Quel humanisme ! Heureusement que des encarts publicitaires nous informaient régulièrement que les animateurs faisaient ce soir-là du bénévolat. Tout le monde avait une mine grave et était ému par le sort des victimes du raz-de-marée. Tout le monde semble l’avoir oublié maintenant, excepté les JT énumérant, de temps à autre, le nombre de victimes françaises identifiées.


Nous aurons bientôt droit au souvenir : un reportage pour le premier anniversaire de la catastrophe, un flash pour le second, puis l’oubli. Une fois de plus, les télévisions et la presse écrite profitent de la misère pour se faire du fric. Egalement pour redorer leur image et paraître plus humains, au moment où Patrick Le Lay proclame que « le métier de TF1, c’est d’aider Coca-cola à vendre son produit ». Nous entraîne-t-on vers la commercialisation du misérabilisme humain ?

Les politiques aussi se sont invités à ce grand jeu de la récupération humanitaire. Notre ministre de la santé le premier. Que penser de cet aller-retour de Philippe Douste-Blazy à Colombo au Sri Lanka, sous les caméras de télévision ? Son utilité était-elle vraiment sur place, monopolisant du personnel pour l’accueillir ? Alors que l’aide financière de la France ne la place qu’en quatorzième position mondiale, les Etats-Unis ont joué les gros bras. Une force expéditionnaire de l'US Navy, comprenant 7 navires chargés d'eau potable, un porte-avions et 25 hélicoptères, six avions Hercules C 130, chargés de 21 tonnes de vivres et de matériel, ont été dépêchés. Les moyens mis en places semblent lourds, mais si peu comparés à la guerre de Bush en Irak. 14 000 militaires en Asie pour secourir des victimes, prêt de 150 000 en Irak. 350 millions de dollars de dons dans un cas, 230 milliards de dollars dans le second.

Bush espère tirer profit de cet engagement « conséquent » en Asie. Proposer une nouvelle image des Etats-Unis à l’ensemble des musulmans… En soutenant l’Indonésie, le plus grand pays musulman au monde.

De son côté, l’Etat français a promis 45 millions d’euros ; la grand messe médiatico-politique a beaucoup capitalisée sur l’importance des sommes levées pour les victimes du tsunami. En réalité, elles semblent bien minimes si l’on rappelle simplement quelques chiffres. Souvenons-nous du scandale du Crédit Lyonnais au milieu des années 90 : plus de 40 milliards d’euros à la charge du contribuable français ! Signalons aussi le budget réel de l’Elysée : 77 millions d’euros par an.
Nous ne pouvons qu’être émus par l’ampleur de cette catastrophe.

Mais au final, tout le monde s’en fout, sauf les personnes directement touchées. Aurions-nous autant parlé de cette catastrophe si cette région n’était pas si touristique ? L’hypocrisie des politiques n’est-elle pas ici à son paroxysme, alors que personne n’agit pour tous les morts silencieux du tiers-monde ? Allons-nous vers un humanitaire spectacle orchestré par des media en quête de sensationnel ?

On nous parle maintenant de mettre en place un pôle de surveillance des tsunamis. Il n’est jamais trop tard pour bien agir. Mais l’important n’est-il pas d’accompagner (enfin !) les habitants de l’hémisphère sud à sortir de leur absence d’avenir ?

Il est peut-être temps de lever des fonds conséquents pour aider à financer des politiques éducatives, médicales et sociales. C’est simplement une question de volonté. Il est temps de supprimer totalement la dette du Tiers Monde. Quand aurons-nous le courage d’instaurer une taxe Tobin sur les flux financiers afin de limiter la spéculation et créer une véritable redistribution au niveau mondial ? Quand cessera le néo-colonialisme industriel des pays occidentaux ? Pourquoi autant de mauvaise volonté pour ne pas permettre la production de médicaments contre le SIDA en Afrique ?
L’aide au développement des pays pauvres n’est pas de l’assistanat si on leur permet d’utiliser leurs ressources : avec une aide technique et logistique, ces pays pourraient subvenir à leur besoin en nourriture.

Il faut que le président Chirac cesse son double langage, étant tiers-mondiste en présence de Lula, alors que la France reste parmi les derniers de la classe en Europe quant au versement de l’Aide Public au Développement. Il a été évalué qu’avec 40 milliards de dollars par an, les besoins essentiels de l’ensemble des pays en développement (nourriture, eau potable, santé et éducation !) pourraient être satisfaits …

Trouvez-les, Monsieur le Président !

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