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17 décembre 2005

Narcisse poujadiste

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Je tiens à vous rassurer, mon élan de poujadisme risque de n'être que passagé. Mais mes frasques avec l'administration française m'ont fait entrevoir pourquoi nombre de commerçants et artisans étaient très remontés contre les fonctionnaires et expliquent en partie la haine qu'ils leur vouent.

Avant de relater mes mésaventures, je tiens naturellement à préciser que je ne compte pas généraliser ma sale expérience avec le Tribunal de Commerce de Paris à l'ensemble de la fonction publique. Je suis persuadé que nombre de fonctionnaires sont (probablement) très compétents et chaleureux.

Donc hier, je me suis rendu au Tribunal de Commerce de Paris pour des formalités administratives (le dépôt de statuts). J'arrive à 14h30, sûr de moi, ayant conscience que j'allais sûrement attendre (un peu) mais que l'enregistrement allait être une formalité. Ô combien suis-je naïf ! J'arrive donc et me rends dans le bureau adequat. Là une file d'attente énorme m'attend. Je prends ma patience à deux mains ainsi que mon Canard Enchainé, puis mon Parisien, journaux que j'ai eu le temps de lire en entier. Effectivement 2h30 d'attente vous permettent de vous tenir à jour de l'actualité.

Arrive mon tour de passer (à 16h55 environ) au guichet afin de récupérer mon formulaire, après avoir observé ces gentilles dames (désolé mais aucun monsieur ne travaillait ce jour là) boire des cafés avec les "bodyguard" (le joli nom des messieurs de la sécurité), fumer des cigarettes dans le local fumeur et papoter avec leurs gosses au téléphone (si si !!). De temps à autres ces charmantes dames sortent la tête de leur cage pour hurler : "numéro 278 au guicher G !" lorsqu'un "client" n'a pas vu son tour arriver ...

J'arrive donc au guichet et une charmante
(juste physiquement) demoiselle m'informe, sur un ton proche de celui d'un tueur en série russe, que je devrai me presser car ils ferment à 17h. Je me retrouve donc à remplir ce merveilleux formulaire (que l'on peut dire incompréhensible si l'on n'est pas juriste). Je requiers donc l'aide d'une dame d'un âge certain dont le métier est d'aider les pauvres citoyens de mon genre. A ce moment il est 17h05 et madame me fait comprendre qu'elle est en week-end depuis 5 minutes. Je lui dis donc que j'attends depuis 2h30 et que j'aimerais en finir rapidement, ce qui nous arrangerait tous deux.

Nous voilà donc avec le formulaire correctement rempli et la dame aigrie qui vérifie mes documents. Et là, ô malheur j'ai tout faux ! Pas les bons documents, pas les bonnes formulations, etc. Je vous passe les détails de toutes mes fautes dramatiques, mais je me permets de notifier à Cruela que je suis allé sur leur site internet afin d'éviter ce genre d'inconvénients. La voilà qui me répond avec le plus grand sérieux :
elle : "mais monsieur le site internet n'est pas à jour et je ne peux pas enregistrer votre dossier si il me manque ce document".
moi : "pas à jour ?"
elle : "oui la mise à jour des documents nécessaires a été effectué le mois dernier"
moi : "comment je pouvais le savoir?"
elle : "ce n'est pas mon problème. revenez lundi avec les bons documents"
moi : "est-ce possible de s'arranger et d'enregistrer le dossier et je vous apporte la feuille nécessaire lundi?"
elle : "non"
moi : "vous comprenez que j'ai attendu 2h30"
elle : "oui c'est pour tout le monde pareil. je n'y peux rien. et je dois partir, maintenant nous allons fermer"
moi : "ce serait trop de vous demander de continuer la vérification de mon dossier afin que je ne vienne pas tous les jours de la semaine prochaine"
elle : "pfffff. bon alors rapidement"

Bref, me voilà donc à 17h15, presque seul dans les locaux, désespéré de la liste de subtilités stupides à corriger ... A ce moment, je me dis : "putain, je vais devoir me retaper ce calvaire la semaine prochaine". Rien que d'y penser, je retombe dans la déprime.

Mais terminons... Las, je me redirige vers la créature du guicher d'accueil m'ayant fourni le formulaire. Je lui fais part de mon souhait d'en obtenir un nouveau afin de le remplir en paix chez moi. Et là, je comprends dans le regard de la tueuse russe du tribunal que je l'emmerde royalement; d'ailleurs me rugit-elle: "vous savez, je ne suis plus en service maintenant. Et les formulaires sont enfermés à clé dans le placard". Précisons que le placard en question se trouve à 2 mètres d'elle. Et la clé dans ses mains sanguinaires. Je lui demande donc avec mon plus charmant sourire glacial de bien vouloir me les donner car cela lui eviterait de me recroiser la semaine prochaine, vu qu'elle n'avait guère l'air de m'apprécier. Après moults grognements, elle a daigné me fournir le-dit document, ce qui lui vaudra de ma part des remerciements très chaleureux (en en faisant des tonnes : "vous êtes trop aimable" "j'apprécie sincèrement votre geste alors que vous être pressée de partir").

L'histoire est terminée, du moins le premier épisode, car j'y retourne la semaine prochaine. Pire que le RDV chez le dentiste, pire que l'arrivée de la feuille d'impôts, pire que (tout?): le rendez-vous au TC de Paris !

Je m'en vais noyer mon chagrin, ma haine, ma rage !
Ayez pitié de moi, pauvres fonctionnaires ...

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2 Commentaires:

Anonymous Rose dit ...

Au moins t'as eu le temps de lire les journeaux en entier.
Moi j'y arrive jamais !

Bon courage pour tes prochaines visites à ces sympathiques madames...

19 décembre, 2005 16:55  
Blogger Alcibiade dit ...

Oui oui, il faut voir le bon côté de chaque chose, mais bon ...

Demain, je vous raconte le tome II de "Luc et les fonctionnaires".

Histoire d'apaiser certains fonctionnaires énervés pas mes propos, j'ai eu affaire ce matin aux ASSEDIC à une dame très gentille, très souriante, très professionnelle, bref: parfaite !

19 décembre, 2005 16:59  

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