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08 janvier 2006

Lord of War

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Vous voulez un chef d'oeuvre ? Vous l'avez en ce moment au cinéma : Lord of War, le dernier film du réalisateur Andrew Niccol. Après la réalisation et l'écriture des Gattaca en 1997 et Simone en 2002, plus l'écriture de The Truman Show en 1998, le jeune réalisateur (41 ans) new-zélandais revient avec cet ovni cinématographique: Lord of War.

Tellement de (bonnes) choses à dire, que j'ai peur d'en oublier mais je vais essayer d'être concis. Tout d'abord la réalisation. Pour moi, c'est probablement un des metteurs en scène les plus doués, qui cherchent le plus et qui trouvent le mieux, des plans sublimes, des travellings hors de l'ordinaire, une maitrise du cadre éblouissante, des champs-contre champs sublimes. Notamment un des premiers plans avec Nicolas Cage debout sur un ponton portuaire en forme de croix, tellement biblique et décalé. Notamment le travelling du début qui se termine de façon tellement trash que l'on est scotché au bout de la première minute. Bref, un génie !

Ensuite les acteurs. Cage est fidèle à lui-même et rien d'étonnant de retrouver cet acteur génial. Personnellement j'ai été subjugué par le jeu d'acteur de Jared Leto, officiant le frère défoncé à la coke, looser inconditionnellement pommé. Cet acteur peu connu accuse tout de même dans sa filmographie quelques très bons films, dont, excusez du peu : La ligne rouge, Requiem for a dream et Fight Club ... Je ne vais pas parler du casting en entier; tellement il est malin; tellement on est peu être content que Niccol ait préféré Bridget Moynahan à Monica Bellucci pour le rôle de la femme actrice-peintre-mannequin ratée; tellement on est content de retrouver un Ethan Hawke au summum de sa forme. Cependant, j'aimerais parler de cet acteur que je ne connaissais pas du tout : Eamonn Walker, jouant le rôle du dictateur africain sanguinaire, est terriblement effrayant et son jeu m'a donné des frissons terribles.

En outre d'être un metteur en scène talentueux, Niccol agace par la qualité de son scénario. Alors que le sujet semble lourd (la vente d'arme pseudo-illégale pour les pires de toutes les dictatures), avec des images parfois très violentes et bouleversantes, Niccol arrive à donner une pointe d'humour (souvent noire sur la guerre, les enfants-soldats, les dictaures, les meurtres gratuits, le SIDA, ...) très réussie. Les dialogues sont toujours totalement juste et réfléchi, l'humour pas vulgaire, et celà n'empêche jamais le discours politique d'arriver à son but, et la condamnation souhaitée par ce film est totalement réussie. Et c'est probablement là où le génie excelle, quand le film arrive, par une fiction, à passer un message politique tout en faisant un film (et non en documentaire, donc l'ambition est encore plus casse-gueule) sans rentrer dans l'idéologisme primaire.

Je terminerai avec une partie des dessous, et principalement sur le financement, de cette oeuvre. Autant dire que la recherche des 50 millions de dollars nécessaires due être une tâche compliquée, et alors que Hollywood se médiatise comme plutôt une industrie de gauche, les grandes major ont refusé d'investir dans ce sujet polémique, ce qui explique que les fonds sont principalement européens.

Chapeau bas, Andrew Niccol ! Vivement le prochain film ...

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