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14 avril 2006

De la musique

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5h du matin : impossible de dormir. Clopes à la chaine. La musique, mon anti-dépresseur.
Au programme : Homogenic de Björk. Un pur chef d'oeuvre. Une pureté vocale. Une puissance musicale. Un moment de libération, d'échappatoire. L'idéal pour la réflexion.
Une pensée pour Laetitia qui m'a fait découvrir cet album : ma femme, le bon goût assuré, tu me manques.

Casque sur les oreilles et musique au maximum détruisant les tympans, nécessaire pour ne pas perturber les dormeurs.
Un regret justement : ne pas pouvoir écouter Bachelorette sans casque. La jouissance totale de musique passe pour moi par remplir une pièce de son. Où que l'on soit dans la pièce, celle-ci est totalement immergée. La sensation de se trouver dans une bulle musicale, seul avec un artiste, totalement entouré et imprégné de l'âme artistique. Un bonheur simple, une jouissance extraordinaire.

Cet énervement de ne pas avoir les moyens d'apprécier un morceau à la hauteur de son génie. De même l'énervement de ne pas pouvoir se réaliser à la hauteur de ses capacités. Toujours être frustré par des éléments extérieurs empêchant la jouissance ultime. Ne pas avoir la possibilité de faire ses preuvres sans combattre. Même si le combat est parfois aussi intéressant que l'aboutissement. Un idéal, un rêve : pourvoir se réaliser sans perte de temps, sans les inhibitions humaines alentoures. Quelle perte de temps ...

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10 Commentaires:

Blogger brigetoun dit ...

j'allais dire un moyen : diminuer ses intentions et croire que l'on remplit tout l'espace qui vous est destiné, mais c'est une ineptie : tu es trop jeune et trop talentueux encore pour ça. Alors y aller mais en regardant un peu pour éviter d'écraser. C'est beau la musique la nuit. Et avec un casque on s'immerge. C'est drôle l'illustration : je viens de refermer un livre de Karabata

14 avril, 2006 18:36  
Blogger Alcibiade dit ...

Merci pour les compliments ma ptite dame, tu es trop gentille. Je n'aime pas écraser les gens, j'ai plutôt tendance à les oublier ...

14 avril, 2006 18:44  
Anonymous Jack McDonnell dit ...

«Ne pas avoir la possibilité de faire ses preuves sans combattre.»

Il y a cette phrase de Kafka, dont je n'ai jamais vraiment compris le sens, mais qui me semble fort à propos: «Dans ton combat avec le monde, seconde le monde».

14 avril, 2006 20:00  
Anonymous Jojo dit ...

Bon, c'est vrai que t'es parti dans des pensées élevées mais moi j'ai envie d'être assez terre à terre et de te dire que si tu veux écouter la musique dans toute sa beauté et sa plénitude il ne faut pas hésiter à t'offrir un casque "audiophile" (donc cher) qui sera sans doute meilleur que de simples hauts-parleurs et saura t'offrir toute la jouissance de la musique de Björk...

15 avril, 2006 00:00  
Blogger Alcibiade dit ...

Jack, je suis tellement d'accord avec Franz ... Terriblement mégalo, mais tellement vrai ! Il a dit une phrase sur l'art en parfaite adéquation avec mon état d'esprit : "L'art est, comme la prière, une main tendue dans l'obscurité, qui veut saisir une part de grâce pour se muer en une main qui donne."

Jojo : je suis pauvre en ce moment ! Mais si tu pouvais me renvoyer les sublimes remixes de Björk que tu m'avais donné une fois, je t'adorerais encore plus que ce n'est le cas ...

15 avril, 2006 00:32  
Anonymous Jojo dit ...

Mais bien entendu que je peux te fournir toutes mes "archives" musicales de la demoiselle Björk... L prochaine fois sans faute !

15 avril, 2006 00:47  
Blogger Alcibiade dit ...

T'es un amour !

15 avril, 2006 01:17  
Anonymous Jack McDonnell dit ...

Je ne suis pas certain que ton analyse de la phrase de Kafka soit la bonne.

Mégalo, Kafka? Ça reste à prouver. Ou alors il faut appeler mégalomanie le fait de se terrer dans son petit bureau des assurances, n'osant publier ses livres qu'on ne trouve pas à la hauteur, et craignant le regard de son père sur la (les) femme(s) qu'on aimerait épouser.

Quant à la phrase, il faut l'entendre de façon beaucoup plus pessimiste: «seconde le monde», ça veut dire, range-toi aux côtés du monde contre ta propre personne. C'est-à-dire: donne au monde des armes contre toi. Ça c'est du Kafka.

15 avril, 2006 12:08  
Blogger Alcibiade dit ...

Je ne connais pas assez bien Kafka (oups!) pour en faire l'explication de texte. Je préfère Gogol ou Nabokov ;-)

15 avril, 2006 17:51  
Blogger L'Anonyme de Chateau Rouge dit ...

Alcibiade :
"Un idéal, un rêve : pourvoir se réaliser sans perte de temps, sans les inhibitions humaines alentoures. Quelle perte de temps ..."
Quelle perte de temps...oui, oui, oui...C'est ce même paradoxe qui me ronge...

Jack McDonnell:
"Dans ton combat avec le monde, seconde le monde»."
Oh my god !! Avec des hommes comme Kafka, nous n'avons plus besoin d'honorer des dieux !
Merci Monsieur Mcdonnell pour nous avoir fait connaitre cet aphorisme... (et puis effectivement Alcibiade est passé à côté du masochisme réaliste de Kafka).

Et puis puisque le sujet était Björk, je vous invite à passer de temps en temps sur les barricades, car il se pourrait que je me penche serieusement sur son cas...(mais avant il faudra que je finisse mes chroniques sur toutes ces soirées passées, présentes et futures -ces dernieres le seront sans doute plus-)

15 avril, 2006 20:41  

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