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21 août 2006

Frangy en Berne

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Hier, ma première fois à Frangy. La fête de la Rose. Je suis rentré très énervé et j'ai pas arrêté de parler pendant une heure et demie avec L. tellement j'étais furibond de ce que j'ai vu.

Une fois passé le trajet au départ de Paris, le déjeuner saucisses-lentilles, les serrages de louches, les discussions plus ou moins intéressantes, je préfère vous parler de ce que j'ai ressenti.

Ségolène Royal ne sera jamais présidente de la République. Elle est juste très mauvaise. Mauvaise en communication, pas charismatique, trop froide et antipathique, pas rigoureuse, mal entourée. Petit inventaire :

Ségolène arrive, provoquant la bousculade que l'on sait. Elle se dirige vers la table VIP (oui, oui, ça existe !) pour serrer deux-trois mains. Première erreur : elle est l'invitée d'honneur de la Fête de la Rose. Elle se devait de faire le tout des tables, d'aller au contact des militants rassemblés en partie pour elle. Au lieu de ça, elle les méprise en ne les cotoyant pas.

Ensuite, Ségolène ne mange pas avec nous (
juste méprisant) et se retire très rapidement dans sa "loge" pour potasser son discours. Pas très peuple la dame aux caméras ...

Arrive le moment des discours. Deux à trois mille personnes sur la pelouse du stade de Frangy. Les deux "stars" arrivent, escortés par des gendarmes. Une arrivée à l'américaine pour Arnaud, serrant des mains, faisant des saluts amicaux. Une arrivée en princesse pour Ségolène, faisant des petits signes de la main (comme la reine d'Angleterre avec ses ouailles). Je ne la sens pas très à l'aise dans son tailleur très BCBG, les talons dans la boue bourguignonne. Souriante à son habitude - comme si des fils tiraient sa bouche vers le haut - mais pas chaleureuse.

Après les présentations, Arnaud Montebourg prend le micro pour faire son discours. Discours manuscrit, raturé, personnel. Arnaud chaud (quelques verres de vin en trop), bon orateur, enthousiaste, rassembleur. Il prend les journalistes à partie pour leur annoncer la menace pesant sur leur indépendance si Sarkozy devait prendre le pouvoir. Petit bémol : il enterre la 6è République pour défendre la "Nouvelle République". Les compromis ont commencé.

Puis Ségolène se rend à la tribune. Elle lira son discours de plus d'une heure. Discours dactylographié, long et fade. Je ne reviendrai pas sur le contenu, tellement analysé. Ou alors juste pour constater qu'elle reprend également l'expression de "Nouvelle République". Voix monocorde sans entrain. Aucun charisme. Pas de présence. On voit même des participants partir du stade. Je parle avec un militant du coin, très déçu par la prestation. Je me réfugie au stand des gaufres avec B. (mon chauffeur ;-)) qui m'annonce à l'avance ce qui va être repris par les medias : l'héritage Mitterrandien, les "si je suis en situation". Une heure de discours pour ça ...

Je vais revenir sur le discours. J'ai réussi -
grâce à B. - à me le procurer. 23 pages en gros caractères. Une rhétorique de techno sans goût. Le pire : page 9, une série de huit questions, à laquelle elle répond : "C'est la droite". Genre : "Qui accepte que la liberté s'arrête là où commence le Code du Travail ? C'est la droite". Autant dire qu'un brillant orateur aurait enflammé la foule, les faisant répèter en criant avec elle : "C'est la droite". Malheureusement, Ségolène était seule pour les première question, accompagnée de 20 personnes au maximum sur les dernières. Un bide.

Je suis éberlué en parcourant la page 17. Lisez donc cet extrait : "[...], après que nous aillons laisser [...]". Je veux bien croire que les conseillers de Ségolène soient pressés, mais jusqu'à faire des fautes de français aussi ridicules, je suis éberlué ! Et elle l'a laissée passer. A sa place (de Ségolène), autant dire que le rédacteur de ce discours se verrait obligé de corriger sa copie, avant qu'elle ne soit distribuée à la presse, dans le meilleur des cas, se retrouverait à la porte pour oser communiquer un discours avec des fautes, dans le pire.

Passons à la comm' pure. Je ne sais pas qui conseille la primprenelle du Poitou, mais Raffarin n'a rien à lui envier. A mois que ce ne soit Jacques Pilhan, mort. Sur le look. Sur le discours. Un peu de training pour les discours lui ferait également du bien. Lui apprendre à apprivoiser la foule, à la canaliser, à la séduire. A élever la voix pour ne pas endormir son auditoire. Prévoir une distribution (ou au pire une vente) de roses pour les participants (ça passe mieux à l'image, ça fait plus de gauche). Prévoir un petit panneau avec une baseline purement destinée aux caméras en-dessous le pupitre, afin de marteler l'élément fort de son intervention. Faire des bises, serrer des mains. Aimer les gens.

Ecrire de vrais discours. Apprendre à s'exprimer en public. Avoir une présence, une prestance en tribune, dans la foule. Il manque tout pour que Ségolène soit présidente un jour.

Alors, me direz-vous, nous n'avons pas eu cette impression en regardant la TV, en lisant la presse. LCI parlait de "triomphe", BFM encensait le discours (ils n'ont pas du voir les fautes), Le Monde se complait à rapporter la bousculade, France Info ne retenait que ce dont B. me parlait. Alors, sans tomber dans la théorie du complot, je pense que les médias nous mentent volontairement, à moins que les journalistes soient vraiment tous si mauvais. Ségolène Royal n'est qu'un phénomène médiatique. Les lecteurs, téléspectateurs, auditeurs ne se rendent pas compte quel point Ségolène manque de charisme et d'envergure. Alors je m'interroge. Ségolène apparaît pour moi comme le pire des candidats à l'investiture du PS. C'est dire. Qui aurait intérêt à la propulser en haut des sondages ? Et si Sarkozy se réjouissait de se retrouver face à elle au second tour, étant persuadé que ses failles seraient alors révélées au grand jour ? Ou sinon de la bousculer en face-à-face de second tour ...

Alors, je ne voterai pas Ségolène, c'est décidé. A moins qu'elle ne potasse ses dossiers, qu'elle lise des tonnes de notes sur tous les sujets qu'elle ne maitrise nullement. Qu'elle change, véritablement. J'en doute.

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30 Commentaires:

Anonymous Anthony PILET dit ...

L'énervement et la violence de propos sont toujours des signes de faiblesse et de fébrilité.Tu te trompes dans tes analyses politiciennes et tu manques d'objectivité.
Tu ne peux pas porter refuser de constater l'engouement qu'elle provoque (chez une majorité de militants et de francais) et sa capacité de rassemblement.

21 août, 2006 14:01  
Blogger Alcibiade dit ...

Que je manque d'obectivité, c'est normal: qui peut se prétendre objectif en parlant de politique ?

Quant à l'engouement, je le constate, soit, mais je persiste à penser que c'est une bulle médiatique, basé sur le mensonge.

Ca reste mon avis, peut-être que je me trompe. Mais c'est mon constat suite à La Fête de la Rose à laquelle j'ai du assister (toi aussi ?) ...

21 août, 2006 17:14  
Anonymous Anonyme dit ...

J'ai lu ta réaction avec intérêt;
j'étais aussi à Frangy.J'ai très apprécié le discours d'Arnaud dans lequel je me suis tout à fait retrouvé.C'est aussi normal faisant partie de RM. J'ai constaté un décalage avec celui de Ségolène, Je reste perplexe. Je ne sais pas...
Jean-Henri

21 août, 2006 18:23  
Anonymous Anthony PILET dit ...

J'ai écouté son discours sur LCI :
il ne s'agissait pas pour elle d'étaler une série de propositions toutes faites car elle-comme tous les autres candidats à l'investiture socialiste- devra respecter le Projet socialiste qui a été voté par les militants.Cela a été rappelé par le premier secrétaire,Francois Hollande.
Si tu veux me faire dire qu'elle n'est pas aussi charismatique que Francois Mitterrand? Je te répondrai : oui,certainement.Et d'ailleurs qui peut prétendre égaler aujourd'hui au PS le talent oratoire de F.Mitterrand?
Elle s'exprime très simplement, son vocabulaire n'est pas soutenue.C'est un discours abordable pour tous, ce qui rend son message audible.C'est aussi une façon de montrer qu'on peut faire de la politique modestement en excluant les "beaux" et "grands" discours.Que cela fasse rigoler les "crânes d'oeufs", peut être... mais je pense qu'elle s'en moque, car elle s'adresse d'abord aux classes populaires.
J'ai bien senti-comme toi- le manque d'enthousiasme- de son auditoire. Le public qui était à Frangy-en-Bresse n'était pas forcément acquis à sa cause.Il s'agissait essentiellement des militants de RM décus que leur poulain,Arnaud Montebourg ne puisse obtenir les 30 signatures au sein du Conseil Nationale du Ps nécessaires pour etre candidat à l'investiture.Mais, ce dernier a pris un choix courageux : celui de penser d'abord à l'intérêt du Parti Socialiste et de la gauche plutôt qu'à ses intérêts personnelles et son propre courant.C'est en étant aux responsabilités au pouvoir qu'il pourra changer les choses et non pas rester indéfiniement tout seul dans la marginalité du PS.Quant à elle, elle a le souci de RASSEMBLER l'ensemblement des socialistes... et non pas se cantonner à des querelles politiciennes et à des campagnes de dénigrement de tel ou tel candidat.Car,tous les militants ont tous le même objectif : battre la droite.Et ce n'est pas en affaiblissant tel ou tel candidat, qu'on y arrivera.

21 août, 2006 18:29  
Blogger Alcibiade dit ...

@ Jean-Henri : tu seras à Fouras ? je pense que tout se décidera là-bas ...

@ Anthony : je te réponds rapidement:
- le Projet: tu es trop naïf, personne n'est déjà d'accord sur le prix du Projet, alors de là à l'appliquer, je me marre !

- le charisme: ce n'est pas parqu'ils sont tous mauvais qu'on doit choisir le/la pire ! DSK est un bien meilleur orateur, Arnaud sait lever les foules, Delanoë se demmerde bien sans notes, Fabius arrive à faire bouger ses mains de son pupitre : Ségolène, rien de tout cela !

- le vocabulaire: tu me fais l'apologie de la démagogie ou quoi ? employons de moins en moins de mots, soyons tout sauf précis et rigoureux, on prend les gens pour des cons. arrête stp, c'est ridicule ... Ségo est énarque et avocate, alors je préfère ceux qui assument leur amour de la langue française que ceux qui l'oublient pour faire "peuple". Vive l'imparfait du subjonctif !

- le public : tu te trompes, la grand partie était des "locaux", les électeurs d'Arnaud certes, mais pas des RMiens purs et durs ...

Le reste, c'est du blabla, le rassemblement elle s'en moque, ce qu'elle veut, comme tous les autres, c'est le pouvoir. Après faut l'assumer, c'est plus compliqué ;-)

21 août, 2006 18:48  
Anonymous Eric Mainville dit ...

Intéressant. C'est un point de vue d'un individu qui a vécu l'événement. Vous retranscrivez bien ce que vous avez ressenti.

21 août, 2006 19:03  
Anonymous Anthony PILET dit ...

Je te trouve un peu négatif.LOL
Dominique Strauss-Kahn a certes un vocabulaire très soutenue.Peut être que dans certaines réunions publiques, grâce à quelques envolées lyriques, 2 ou 3 militants en sont tombés hystériques.Peut être...Mais les hommes politiques qui ont la prétention de détenir les solutions à tous les problèmes( car pensent-ils sont plus intelligents que l'ensemble des citoyens ) ont souvent le même défaut : celui de tenir un discours INAUDIBLE ( car trop technique,trop compliqué et abordable uniquement à une certaine élite) teinté d'ARROGANCE.
DSK, c'est notre "Michel Rocard" actuel... Ce dernier était peut etre le plus intelligent de tous les socialistes de l'époque... dommage que les militants l'ont toujours rejeté,dommage qu'il ait perdu les législatives,dommage qu'il ait humilié les socialistes lors des européennes en 1994, dommage... peut être qu'il était trop parfait et que les francais ne le méritaient pas.
Plus sérieusement : EXPERTISE CITOYENNE,DEMOCRATIE PARTICIPATIVE et SIMPLICITE.

21 août, 2006 19:26  
Anonymous Anonyme dit ...

Les beaux parleurs sont réputés pour nous faire avaler n'importe quoi. Berlusconi est un excellent orateur, or c'est pas pour autant qu'il a des idées que je partage.
Si le discours et l'action de Ségolène Royal séduisent sans rhétorique et sans grandiloquence, c'est un excellent point pour la démocratie et la politique.

21 août, 2006 19:27  
Blogger Alcibiade dit ...

@ Eric : merci ;-)

@ Anthony : j'aime quand la politique se résume à des expressions ;-)

@ Anonyme : qui parle de beau parleur ? Je parle de prestance, de charisme, de fond également: les éléments nécessaires pour être président. Rien de plus ...

21 août, 2006 19:36  
Blogger brigetoun dit ...

je l'écoute, c'est navrant. Si jamais elle est désignée il faudra éviter les discours - catastrophique. Même en dehors des idées "oui cela nous faite honte.." un ton plat, on a l'impression qu'elle a du mal à lie, qu'elle ne sait pas quand il va ya avoir un point, que peut-être elle n'y croit pas. Et en cs d'un vis à vis avec Sarkozy !

21 août, 2006 22:30  
Blogger brigetoun dit ...

bon moi je suis très mauvaise sur la frappe. Et en dehors de la forme, un vide total masqué de flou. On n'est pas très loin d'une caricature de langue de bois. Si on doit la soutenir espérons qu'elle acceptera des conseils (elle a plaidé ?)

21 août, 2006 22:35  
Blogger Jérôme dit ...

Ségolène vient chez nous à Quimperlé (29) pour la fête de la rose début septembre. Dans cette fédération historiquement rocardienne, DSK est bien evidemment le candidat naturel.
Mais comme, partout, Ségolène a marqué des points et obtenu des soutiens. Il est grand temps de dégonfler la bulle. J'avoue être assez impatient d'assister au show royaliste qui sera, je n'en doute pas, ultra médiatisé!
Tes commentaires alcibiade, sans langue de bois, sont un moment de vérité, ta vérité.
J'avoue que les commentaires sur les forums et blogs abondent dans ton sens et je trouve que les médias m'inquiètent au plus haut point. Heureusement qu'il y a le web.
A qui profite donc tout ce tapage?

21 août, 2006 23:09  
Anonymous abadinte dit ...

Bonsoir,
J'ai lu ton intervention avec intérêt ce que tu as dit me montre bien ce que j'avais entrevu à la télé: des applaudissements complaisants, elle n'a pas soulevé les foules.

21 août, 2006 23:25  
Anonymous Anonyme dit ...

Je comprends votre deception et votre ecoeurement envers "le phénomène Ségolène Royal" pour un militant qui soutien un autre candidat à l'investiture socialiste.La question que je vous pose : en menant une campagne de dénigrement, ne renforcez-vous pas sa popularité (en la victimisant)? Cette popularité chez les militants et les francais ne se construit-t-elle pas sur le rejet des Elephants socialistes (DSK,Lang,Jospin,Fabius)?
Aujourd'hui, on ne peut plus parler de bulle médiatique pour la simple raison que quoiqu'il se passe au PS,en France,dans le monde, quoiqu'elle dise,quoiqu'elle fasse, sa popularité est toujours stable.Hors, une bulle, ça grossit progressivement puis dés que cette dernière touche quelque chose, elle éclate immédiatement.

21 août, 2006 23:56  
Anonymous Arnaud dit ...

Finalement, on comprend pourquoi elle admire tant Mitterrand !

22 août, 2006 01:21  
Anonymous passant là dit ...

Un orateur bien populiste
qui enflamme les foules comme Le Pen
mais c'est bien sur
Il nous faut

Mélanchon, candidat !

22 août, 2006 10:32  
Anonymous comm' de masse dit ...

Puisqu'il est ici plus question de la forme que du fond ...

Je peux t'assurer que le discours de Ségolène Royal est extrêmement bien passé dans les médias (comme tu l'as toi même noté ). Lorsqu'on regarde les deux trois minutes consacrées à ce sujet on note que des choses positives et celà n'est pas dû à une quelconque orientation politique des journalistes mais plutôt au fait que Ségolène a parfaitement maîtrisé sa com' vis à vis de la presse et des médias.

Bien sûr on peut regretter son manque de charisme (en amélioration quand même ), sa froideur (elle ne va quand même pas nous faire le coup de Balladur dans le métro ça se voit trop ) ... mais le temps des grands orateurs qui enflammaient les meetings est fini, place à la communication de masse.
En ce qui concerne l'image, à l'heure actuelle, mieux vaut être télégénique que bon orateur.
Quant à Mitterand, je ne suis pas sûr qu'en son temps il faisait volontier des bains de foule et était "proche du peuple ".

Peut être a t'elle laissé une piètre image aux personnes ayant assisté au discours en "live " mais pour les 99,99 % de la population l'image est plutôt positive.

Encore une fois je ne parle que de la forme et pas du fond.

22 août, 2006 15:10  
Anonymous enzo d'aviolo dit ...

au delà de la forme et du comportement que tu dénonces très justement et efficacement, sur le fond c'est également affligeant:

Tout ce complot médiatico libéral se retrouve en elle:

http://www.etiennefillol.org/blog/index.php?2006/08/22/140-la-methode-tire-du-mediatique-discours-de-frangy-en-bresse-du-21-aout-2006-royal-ou-le-mimetisme-sarkozy-relayes-par-la-pensee-unique-des-medias

pauvres gauche aveugle qui courre à une nouvelle catastrophe....

22 août, 2006 18:32  
Anonymous les marques du plaisir dit ...

je reste pensif , comme toi sur les médias ... il suffit de se remémorer les liens intimes des proprios de la majorité des médias avec le petit nicolas pour , effectivement , s'interroger ....
Sur le contenu du discours de la dame, s'il est du même tonneau que les deux premiers tomes de sa pub pour le "copier coller" sur son site web, il devait falloir une sacrée dose de masochisme ...
faire des constats , c'est bien ...
et aprés ?
Quand aux ralliements, ils sont juste le fait de ceux qui espèrent un portefeuille ... et qui ne croient qu'aux médias ... et aux sondages ...

22 août, 2006 19:07  
Anonymous Olivier Bonnet dit ...

A la télé, elle passe très bien, en général, quand elle est sur le plateau. J'ignorais ce déficit de charisme, dont on ne parlait jamais avant Frangy (en tout cas ça m'avait échappé).

22 août, 2006 19:49  
Blogger Jérôme dit ...

Et pour couronner le tout, sans subtil jeu de mot, Mme ROYAL vient de refuser de débattre avec le MJS ce WE lors de l'université d'été du PS. Tous les autres candidats possibles ou probables ont bien évidemment accepté...
Olivier BONNET, tu as sans doute vu l'émission d'Alain DUHAMEL sur France 2, un jeudi soir, avec Ségolène ROYAL. Le hic c'est qu'exceptionnellement le très mièvre Gilles LECLERC a remplacé A. DUHAMEL lors de cette entrevue!
Et puis bon, le bloc-note à BONDY, les petites fiches...
Maintenant j'ai aussi remarqué que Ségolène lisait un prompteur lors d'un direct sur TF1. Elle répondait aux questions depuis un studio et portait toujours son regard en haut à droite, elle lisait quelques chose. J'ai regardé à plusieurs reprises sur le site de TF1 cette interview et bon je suis presque sûr de mon affaire. Mais là il s'agit d'une intime conviction qui n'engage que moi.
Bref, c'est bien gentil d'être populaire mais Sarko n'en fera qu'une bouchée en débat...

22 août, 2006 23:29  
Anonymous Sylvain dit ...

Espérons que nous aurons le droit à de vrais débats, candidats contre candidats pour le vote de novembre

22 août, 2006 23:46  
Blogger Alcibiade dit ...

Désolé de ne pas prendre le temps de répondre à chacun, mais je file me coucher pour un départ à 5h du matin pour Fouras ...

Continuez à donner votre avis sur l'alliance Ségolène-Arnaud, les idées de Ségolène, le reniement de la 6è République, les qualités et défauts de Ségolène, la statègie à adopter pour battre la droite ...

A bientôt
Luc

23 août, 2006 00:21  
Anonymous Nathanael dit ...

Nous avons donc lu et entendu le discours de Ségolène Royal, qui devait convaincre tout un chacun du bien fondé du ralliement à la madonne des sondages. Quelques réactions après lecture du dit texte.

Force est de constater que, hors une approche compassionnelle, aucune garantie n'est donnée sur les orientations qui, selon les termes de Thierry Mandon dans sa tribune du 15 août dernier, auraient permis de "transformer les attentes en confiance". A titre très personnel, j'estime qu'il s'agit là d'un empilement de voeux pieux et de plans tirés sur la comète.

Même sur les questions institutionnelles, il faut être de mauvaise foi pour dire que la présidente de la Région Poitou-Charentes a avancé. Elle note même : "Arnaud a eu le tact de ne pas prononcer le mot de VIe République". Ce qui montre bien la tiédeur de la députée des Deux-Sèvres sur cette question. Elle ne reprend pas même à son compte le coeur de la "République nouvelle", pourtant écrit dans le marbre du projet des socialistes.

Sur l'Europe, domaine sur lequel - au vu des ses déclarations tonitruantes sur la nécessité voter "Oui" au traité constitutionnel européen (avec la menace d'une privatisation des cantines scolaires de Poitou-Charentes au cas où le "non" au Traité constitutionnel européen devait passer, ce qui est advenu) -, elle aurait eu tout loisir d'avancer des pistes innovantes, elle reste encore absente. La revendication d'une République européenne, formulée de longue date par "Rénover Maintenant", ne trouve aucun écho auprès de la compagne du Premier secrétaire du Parti socialiste.

Enfin, pour la bonne bouche, je relève avec une certaine ironie que, devant celui qui évoque la Mitterrandie comme un frein à la rénovation, la candidate malheureuse à la mairie de Niort se réclame de la "lignée mitterrandienne".

Malheureusement donc, le chèque tiré par Thierry Mandon et Arnaud est bel et bien en blanc.

23 août, 2006 17:34  
Anonymous Anonyme dit ...

bonsoir

moi je fais comme si les sondages n'existaient pas et je me fais ma propre opinion quand le moment sera venu de voter je voterai et puis je serai derriere le candidat elu democratiquement par les militants socialistes en novembre.
je suis fier que dans mon parti il y ait des candidats de valeur car devant les taches a accomplir on aura besoin de tout le monde.
les adversaires ne manquent pas ,et nous devrons etres les meilleurs afin d'ameliorer le sort des plus demunis et tout ceux qui comptent sur nous et sur l'ideal socialiste.
d'ailleurs moi je pense qu'il faudrait en finir avec un seul etre humain qui represente 63 millions d'autres mais cela c'est une autre histoire, et nous en sommes encore a savoir quel individu va nous representer et comment trouver la perle rare?
Il faut qu'elle parle bien,qu'elle ait su charisme, qu'elle ait de la memoire,qu'elle ait une bonne vue etc.etc.etc.

26 août, 2006 01:24  
Anonymous michel moine dit ...

D'accord avec toi pour souligner la marge de progrès (soyons positif !) dont dispose Ségo dans l'expression orale de tribune...

Mais ne disions-nous pas que notre candidat, c'est le projet ? Je suis étonné que les questions de forme soient à ce point mises en avant dans nos propres rangs...

Ce discours mérite d'être ré-écouté ou relu. On y trouve les points de convergence nécéssaires à notre alliance avec elle.

Amicalement

26 août, 2006 15:00  
Anonymous abadinte dit ...

Michel,

Je ne connais pas vraiment les points de compatibilité et où tu les vois avec Ségolène Royal. Pour le peu que je connais de Rénover Maintenant, je sais que la question centrale est le changement d'Institution et le passage même symbolique au numéro VI. Je comprend tout à fait que les personnes de RM soient réticents au raliement à un quelquonque candidat ne pronant pas la VIème République. N'était-ce pas là le point de discorde entre Vincent Peillon et Arnaud Montebourg?
Michel, je suppose que tu es un vieux briscard de la politique et tu sais très bien que si Rocard (un autre Michel) n'est jamais devenu président c'est bien pour son manque de l'aura que dégageait son rival (un François).

Ségolène Royal a clamé son amour pour Mitterrand. Pour ma part, celà me suffit à ne pas la vouloir comme candidate, Mitterrand étant pour moi le pire que je connaisse du socialisme autoritariste. Mais quand je lis du Royal (enfin ses nègres puisqu'elle a du mal à écrire ses livres), je ne retrouve pas la patte mitterrandienne. Là où je la retrouve en fait, c'est dans son autoritarisme. Voulons-nous de tata ségo? Point n'en faut. Je ne reprendrai pas de ce dessert là.

27 août, 2006 04:30  
Anonymous Anonyme dit ...

bon quelques remarques sur le "phénomène"... pr être clair, je suis adhérent du parti socialiste dps maintenant 5 ans mais JAMAIS je dis bien JAMAIS je ne pourrais voter pr Madame Royal! et je voudrais dire à Anthony Pilet qu'il me suffit de lire ses messages pr en être définitivement convaincu!! donc pr te répondre...
1/ la violence des propos: si on est virulent, c'est qu'on est très préoccupé. Je suis en effet très inquiet car il me parait qu'elle est un véritable DANGER pr le PS, pr la Gauche et pr la France... je ne voudrais pas que les Francais se réveillent au lendemain de l'élection AVEC LA GUEULE DE BOIS!
2/ tu parles de sa capacité de rassemblement. Je crois au contraire qu'elle ne peut rasembler ni les socialistes, ni a fortiori la Gauche! et il suffit de lire les réactions sur ce blog pr en être convaincu!! et puis au delà de ses soutiens c'est la seule à inspirer un tel rejet. Je dirais même qu'elle risque de FAIRE IMPLOSER le PS!! la preuve en est: des militants socialistes comme moi, malgré notre objectif légitime de battre la Droite, ne pourront voter pour elle et donc pour le candidat PS aux prochaines élections...
2/ sur la forme, car pr le moment il s'agit bien de juger le forme tant que de grands débats entre nos candidats n'auront pas eu lieu, je trouve que SEGOLENE ET SARKOZY MEME COMBAT: ce sont les mêmes! Même technique de communication, même utilisation des médias... elle donne aussi l'image dynamique de quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux; comme lui, elle répète haut et fort vouloir s'adresser aux Français qui souffrent et redressser la France! Tu dis qu'elle parle humblement ac un vocabulaire simple... je ne trouve pas ca très crédible de la part d'une avocate et ENARQUE! et puis je ne savais pas que le but suprême en politique c'était de faire "peuple". Je pensais au contraire que le POPULISME qu'il soit de droite ou de gauche est ce qu'il y avait de plus DANGEREUX!! enfin à regarder son intervention sur tf1 samedi soir dernier où elle fut bien mauvaise, son HYPOCRISIE et MANQUE DE SINCERITE crevaient l'écran. tu parles du rejet des "éléphants" du PS mais je me permets de te rappeler qu'elle l'est tout autant que les autres: elle est entrée ds la Mitterrandie dès 1981... au mpins les autres l'assument!! Finalement, Ségolène Royal, c'est un MASQUE
3/ sur le fond, encore faudrait il qu'il y en ait un, elle me fait très peur car on ne sait pas où pn va! de plus, je la trouve CONSERVATRICE, MORALISTE ET REACTIONNAIRE!! Tous ses concepts d'expertise citoyenne, de politique par la preuve et d'ordre juste sonnent creux. Surtout votre principal argument, c'est l'engouement qu'elle provoque... et bien je trouve qd même navrant que nous socialistes nous devrions nous décider uniquement en fonction de la popularité de tel ou de tel! quand j'irai voter en novembre ce n'est certainement pas en fonction du dernier sondage sorti que je me déciderai!! Ainsi et pour conclure, j'ai envie de dire: ATTENTION AUX DANGERS DE LA DEMOCRATIE D'OPINION
vangélis

29 août, 2006 17:46  
Anonymous Anonyme dit ...

PS: je vous conseille de lire l'article d'Alexis DALEM (politologue), que j'ai trouvé très bon, sur "Le péril Royal" dans le Monde daté du samedi 26 août... val

29 août, 2006 17:51  
Anonymous Anonyme dit ...

Au casino Royal, à tous les coups on perd !
Lettre ouverte d’un militant socialiste à ses camarades

Ebranlé par le choc du 21 avril 2002, déboussolé depuis faute de leadership, incapable d’adopter une ligne politique en phase avec son électorat « naturel » et ses préoccupations, le PS est en danger.
Ayant perdu les deux dernières consultations nationales, il ne se relèverait probablement pas d’une troisième défaite.
Pourtant, certains de ses responsables et surtout de ses élus locaux, aveuglés par leur intérêt personnel, préfèrent tabler sur une nouvelle défaite - tel ou telle pour s’assurer une réélection dans sa baronnie, tel ou telle autre pour prendre date en 2012 et sacrifier l’actuelle génération de leaders.
Il faut en avoir conscience : tous les socialistes ne veulent pas gagner les élections présidentielles en 2007. C’est un premier danger.
L’autre danger, plus grave encore, c’est le risque d’accentuer le décalage entre le PS et son électorat « naturel ». Ce décalage s’est creusé entre le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005, pour devenir béant, et rien ne dit qu’il a été comblé par la vague d’adhésions par internet et à prix cassé.
Pour retrouver ses électeurs, le Parti socialiste doit retrouver une ligne politique en phase avec son électorat, et choisir celui qui portera cette ligne, car l’un ne va pas sans l’autre.
La difficulté de l’exercice n’est pas qu’il se déroule sous le regard des médias, car les socialistes ont depuis toujours l’habitude des débats démocratiques et maîtrisent « l’art de la synthèse », c’est-à-dire la capacité à se réconcilier au terme de débats qui peuvent être vifs. A condition que ces débats aient lieu.
La difficulté vient du fait que les médias, loin de jouer leur rôle d’observateurs neutres, jouent de plus en plus le rôle de prescripteurs d’opinion et entendent choisir le candidat socialiste, notamment grâce à cet outil anti-démocratique par excellence que constituent les sondages, mais aussi en surexposant médiatiquement la personnalité qu’ils ont choisie. Celle-ci se laissant d’ailleurs complaisamment faire, y compris lorsque l’emballement médiatique devient vulgaire et scabreux : en refusant d’engager un procès contre les journaux qui ont publié des photos d’elle en bikini, Mme Royal leur envoie un signal clair : continuez !
Ainsi, MM Dassault, Lagardère, Pinault, Bouygues - tous propriétaires ou actionnaires des principaux médias et bien connus pour leur sympathie socialiste - ont-ils délibérément choisi Mme Royal comme adversaire de leur candidat, à savoir Nicolas Sarkozy. Les journalistes mettent en scène, au sens propre, cet affrontement, comme ils avaient mis en scène celui de Jacques Chirac et Lionel Jospin, oubliant de garder une place pour Le Pen.
Cette logique est forte, très forte, elle intimide même certains ténors socialistes. C’est cette logique qui a eu raison d’Arnaud Montebourg, pourtant prompt à dénoncer, jusqu’alors, le fonctionnement de la machine médiatique.
Pour le moment, les médias facilitent évidemment et outrageusement celle qui aura le privilège d’affronter leur « poulain » au second tour. Mais évidemment, c’est avec la certitude que cette adversaire sera battue par Nicolas Sarkozy. Au pire, se disent-ils, même si elle l’emportait, nous ne perdrions pas beaucoup au change.
Ils ont raison ! Mme Royal n’a de cesse de singer les positions du président de l’UMP, sur les 35 heures, la délinquance ou, plus récemment, l’éducation.
Or le seul argument des partisans de Mme Royal, en dehors du fait que c’est une femme, ce qui est incontestable, c’est qu’elle peut battre Nicolas Sarkozy car elle est la championne des sondages (quand bien même les sondages se trompent tout le temps lorsqu’ils prétendent donner le résultat d’une élection).
Cet « argument » séduit forcément les militants et sympathisants, qui ont de l’affection pour leur parti, sont affligés de voir qu’il a subi deux cruelles défaites et rechignent à accabler leur sympathique premier secrétaire. Mais l’électorat de gauche n’est pas animé par de tels sentiments.
D’autant que cet « argument » disparaîtra dès l’éventuelle désignation de Mme Royal. Car on peut en être certain : le lendemain d’une éventuelle désignation par les socialistes, Mme Royal ferait l’objet - de la part de ceux qui l’encensent actuellement - d’une campagne médiatique aussi violemment hostile qu’elle est aujourd’hui outrageusement favorable. La logique économique (celle des milieux d’affaires proches de Nicolas Sarkozy) rejoindrait alors la logique médiatique (on adore brûler les idoles, demandez à Raffarin et Villepin, concurrents de Sarkozy, ce qu’ils en pensent…).
Qu’ils ne se bercent pas d’illusions, les socialistes ne pourront pas compter sur les médias pour cette élection.
Ne resterait alors, chez Mme Royal, que le discours et la ligne politique.
Et là, stupeur ! Avec Mme Royal, quand on n’est pas dans un vide sidéral (en matière internationale par exemple), on s’écarte franchement du projet socialiste (voir par exemple sa dernière proposition phare concernant la suppression de la carte scolaire, quand le projet socialiste propose de mieux l’appliquer…) et on navigue, en matière économique et sociale, quelque part entre M. Blair et M. Raffarin, souvent d’ailleurs plus près de M. Raffarin.
Qui peut sérieusement prétendre que les tempêtes qui ont emporté le PS le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005 vont être surmontées par une telle ligne politique ?
Pour que le PS ne s’égare pas et pour qu’une troisième défaite consécutive ne lui soit pas fatale, il est temps d’appeler les militants au sursaut. Sinon, le peuple de gauche se fera à nouveau voler sa victoire. Car au casino Royal, à tous les coups on perd !

11 septembre, 2006 09:43  

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