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16 août 2006

Soie

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On m'a prêté un livre : Soie d'Alessandro Baricco. J'avais adoré Sans sang du même auteur. Mais là, je viens de finir le roman, et je n'en suis pas encore sorti. Je suis encore émerveillé par la beauté de ce texte. Ce chef d'oeuvre est comme son titre : sensuel, doux, léger. L'histoire d'un négociant en oeufs de vers à soie. Un livre de voyages entre le sud de la France et le Japon. Un livre d'amours. Un auteur brillant utilisant un style d'écriture sublime. De la poèsie romancée. Juste grandiose.

Alors courrez acheter ce joyau : il est en vente pour moins de 5€ sur le site de la FNAC. Et plutôt que de continuer de mal en parler, je préfère en retranscrire un passage.

Bonne lecture.

La France, les voyages en mer, le parfum des mûriers dans Lavilledieu, les trains à vapeur, la voix d'Hélène. Hervé Joncour continua à raconter sa vie comme jamais, de sa vie, il ne l'avait racontée. La jeune fille continuait de la fixer, avec une violence qui arrachait à chacune de ses paroles l'obligation de sonner comme mémorable. La pièce semblait désormais avoir glissé dans une immobilité sans retour, quand, tout à coup, et de façon absolument silencieuse, la jeune fille glissa une main hors de son vêtement, et la fit avancer sur la natte, devant elle. Hervé Joncour vit arriver cette tache claire en marge de son champ de vision, il la vit effleurer la tasse de thé d'Hara Kei puis, absurdement, continuer sa progression pour aller s'amparer sans hésitation de l'autre tasse, celle dans laquelle il avait bu, la soulever avec légèreté et l'emporter. Hara Kei n'avait pas un seul instant cessé de fixer, sans expression aucune, les lèvres d'Hervé Joncour.
La jeune fille souleva légèrement la tête.
Pour la première fois, elle détacha son regard d'Hervé Joncou, et le posa sur la tasse.
Lentement, elle la tourna jusqu'à avoir sous ses lèvres l'endroit exact où il avait bu.

En fermant à demi les yeux, elle but une gorgée de thé.

Elle écarta la tasse de ses lèvres.

La replaça doucement là où elle l'avait prise.

Fit disparaître sa main sous son vêtement.
Reposa sa tête sur les genoux d'Hara Kei.

Les yeux ouverts, fixés dans ceux d'Hervé Joncour.

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2 Commentaires:

Anonymous BBlack dit ...

Pas mon preferé, c'est même celui que j'aime le moins de Barrico, le style est trop voyant, un peu facile je trouve. A lire : Chateaux de la colère.

18 août, 2006 17:33  
Blogger Alcibiade dit ...

Merci pour le conseil. Je vais me le procurer.
Quant au style, je ne suis pas d'accord, mais chacun ses goûts !

19 août, 2006 18:38  

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