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09 novembre 2006

Message de Karine Berger

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A tous mes camarades rénovateurs, à tous ceux avec qui j’ai eu le bonheur de faire un bout de chemin politique depuis Dijon,

J'étais bien décidée à ne pas intervenir dans un débat si enflammé, par souci de ne pas ajouter à la confusion, par certitude de ne pas être audible dans un tel brouhaha de prises de position écrites et orales de plus en plus intolérantes, par souci de ne pas affaiblir une cause que nous avons tant à cœur en politique et qui se porte si mal ces derniers temps. Un peu aussi par peur d'être instrumentalisée à l'encontre d'un vote majoritaire. Il ne me paraissait pas constructif de rentrer dans une querelle que je croyais porter sur des personnes et non sur des fondamentaux. Mon silence depuis Fouras, et le fait que j'aie donné mon parrainage à Ségolène Royal m'ont dès lors été reprochés par de nombreux camarades.

Las… en politique, on finit toujours par avoir la main forcée. Si je ne m'explique toujours pas les excès et les dérapages - également regrettables - de chaque camp de supporters (pro Royal ou pro Fabius) ces derniers temps au sein de RM - et tout particulièrement l’escalade de ces dernières heures - je crois qu'il est désormais indispensable de faire signe à tous ceux dans les deux camps, démissionnés d'office, légitimistes silencieux ou partisans décomplexés, qui ont eu l'impression de partager à un moment la même aventure politique.

Je m'exprime donc ici non pas à titre personnel mais en tant que membre fondatrice de la C6R, quatrième membre « noniste » de la Commission des résolutions du Mans, membre fondatrice de RM, et responsable jusqu'en août de la synthèse des orientations politiques de Rénover Maintenant. (je suis curieuse de savoir si l'on va me demander ma démission de tout ça …).

Il est incontestable que le choix du courant RM est - à la majorité des associations locales - de soutenir Ségolène Royal pour la désignation interne. Mais pour autant ce vote n'est évidemment pas justifié par la ligne politique du courant.

D'ailleurs, il est rarement nécessaire de tordre ou de trahir ses idées pour apporter son soutien dans notre Parti… Prenons donc l’exemple de Ségolène (et je laisse à d’autres le plaisir de faire l’exercice pour Laurent ou Dominique). On peut appeler à voter pour elle pour de multiples raisons : sincèrement parce que l'on croit qu'elle porte le renouvellement du Parti et des pratiques que nous appelons de nos vœux ; raisonnablement parce que l'on croit qu'elle seule peut faire gagner la gauche l'an prochain (comme d'ailleurs tous ceux qui militent pour un candidat pensent sincèrement et raisonnablement qu'il est le seul qui nous fera gagner) ; constructivement parce qu'on juge qu'elle ouvre certains tiroirs de discussion qui étaient jusqu'à présent verrouillés au PS et dont nous demandions depuis toujours la réouverture ; courageusement parce que l'on pense qu'il vaut mieux être à l'intérieur qu'à l'extérieur pour peser sur la ligne (c'est d'ailleurs le pari qu'avaient fait nos camarades de NPS optant pour la synthèse) ; soldatesquement parce que le courant ou le chef en ont décidé ainsi et que l’on obéit à cette décision quelles qu'en soient les raisons… Plus prosaïquement, on peut appeler à voter pour elle parce qu'elle est une femme ou parce que c'est une très jolie brune ; hypocritement par fidélité à quelqu'un ou égoïstement par envie d'un maroquin ou d'une petite place en cabinet ministériel ; lâchement par peur de se retrouver minoritaire ou par peur d'être terrorisée par quelques gros bras de la Cannebière ; cyniquement par haine de l'un des autres candidats ou habilement par calcul stratégique … on peut appeler à voter pour elle pour tant d'autres raisons… Mais la seule raison pour laquelle on ne peut certainement pas appeler à voter pour elle, c'est qu'elle porterait la ligne et les orientations politiques issues des textes de RM.

Permettez-moi, chers camarades, de revenir au fond, à ce qui a fait notre ciment depuis toujours.
Pourquoi ? d'abord par respect pour tous ceux qui se sont fait malmener dans leur fédération lorsqu'ils sont revenus, il y a presque un an, solitaires du Mans, avec le refus de la synthèse dans leur balluchon ; par respect pour les mots et le sens des mots - ce qui n’est pas rien lorsque l’on fait sans cesse appel à la « morale » - ; par respect pour l'engagement politique de ceux qui sont dans le Parti depuis si longtemps et qui sont blessés par les violations incessantes de leur ligne politique depuis deux mois ; par respect aussi de tout le travail qui nous reste à accomplir pour obtenir ce que nous croyons nécessaire pour la gauche et le pays.
Surtout et avant tout, pour préserver l'avenir et rendre d'ores et déjà possible le travail de ceux, issus de nos rangs, de RM comme de NPS, ceux venus d'ailleurs, ou nouveaux militants, qui reprendront les batailles inachevées.

J’ai compris une chose depuis la Commission des résolutions du Mans : on ne prend pas la décision de défier son Parti par fidélité à quelqu'un ou par suivisme ; on prend individuellement cette décision parce qu'on ne peut pas faire autrement par respect de ses idées. Ceux des camarades de NPS qui n'ont pas eu la même appréciation que moi jugeaient que le fond était suffisant… aucun n'a, toutefois, jamais prétendu que la ligne politique de NPS était entièrement respectée par la synthèse ; car par définition dans une alliance, on n'a jamais tout ce qu'on demande, sinon on n'aurait pas besoin de passer par un rapport de force pour en obtenir un bout. Or c'est justement le degré de propagande dans lequel se meurt une partie de RM en soutien à la candidature de sa candidate…

Est-il ici besoin de rappeler, mes camarades, qu'aucun des candidats à la présidentielles n'a demandé la carte de ce courant ? Illustration un peu amusante : j'entendais un représentant de la candidate dans ma fédération – plutôt issu du réseau de Julien Dray - affirmer que faire la synthèse du Mans s'imposait il y a un an exactement comme la candidature de la candidate s'impose aujourd'hui… et que quand on avait fait l'un, on devait faire l'autre… autant dire que je ne me suis pas totalement sentie enlevée par cet argument-là.

Pour avoir admiré depuis 5 ans les efforts démesurés de ceux qui ont décidé d'imposer la rénovation à gauche comme axe socialiste, je n'accepte pas que l'on passe outre des décisions prises à la majorité notamment lorsque l’on ne propose aucune alternative constructive ; j’accepte encore moins que ceux qui ont jeté toute leur énergie et toutes leurs convictions dans cette bataille soient trainés dans la boue parce que l’on n’est plus d’accord entre nous.

Mais pour avoir eu la chance de participer un peu à cette construction, de peser depuis 5 ans sur les orientations économiques de nos courants, pour avoir eu la charge de la cohérence politique de nos 10 chantiers jusqu’en août, je ne laisserai pas affirmer que les paroles de Ségolène Royal – par ailleurs tout à fait respectables et socialistes - rejoignent actuellement nos orientations, celles de RM comme celles qui structuraient le NPS - en matière d'institutions, en matière d'économie, en matière d'immigration, etc… Pour seule preuve, je voudrais rappeler simplement qu’aucun des amendements émanant de nos 10 chantiers n’a été retenu par la Commission du projet dont nos 3 camarades-candidats étaient pourtant membres ; aucun de nos axes identitaires - 6ème République, République Européenne, big bang de l’emploi ou encore maîtrise de la mondialisation et du capitalisme financier - et qui furent les raisons du Mans - n’est aujourd’hui défendu dans le sens que nous leur avons donné depuis 5 ans.

A gauche en politique, on doit avoir le respect du vote majoritaire, on doit avoir le respect de la camaraderie et on doit aussi avoir le respect des idées. La propagande actuelle, et les méthodes afférentes, pourraient affaiblir pour longtemps des idées et des lignes politiques auxquelles plusieurs d'entre nous consacrons nos forces depuis des années… sans bien sûr que ces idées ne nous appartiennent. Aux supporters et aux inconditionnels des deux camps qui ont fracturé RM, je veux dire que cette destruction là, celle des idées, est plus dangereuse que toute autre. Car pour tous ceux qui ont eu ou auront un jour l'audace de se dire que l'on peut vraiment faire bouger les lignes politiques au sein de ce Parti, ces idées doivent continuer d'être respectées. Elles ne sont en aucun cas l'ennemi de la victoire de la gauche l'an prochain. Elles en seront évidemment le terreau. Chers camarades, quel que soit le véhicule politique que chacun choisira de rejoindre ou de construire dans les mois et années à venir, et sans nul doute il sera désormais différent, retrouvons notre sang froid, ne saccageons ni notre camaraderie ni notre ligne politique au service d'intérêts passagers et essayons, s'il vous plaît, un jour de nous retrouver sur nos axes de Dijon et du Mans... et pas sur les axes d'un autre, qu'il s'appelle Laurent, Ségolène ou Dominique.

Karine Berger

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2 Commentaires:

Anonymous vincy dit ...

sego sure de sa victoire?
en tout cas elle s'invite vendredi 17 au 20h de TF1...

10 novembre, 2006 21:17  
Blogger FalconHill dit ...

Elle est trés charmante cette jeune dame...

Ah pardon, sur le fond du texte ? je sais pas, j'ai pas lu... (hi hi hi ^_____^)

Bonne soirée à tous

13 novembre, 2006 20:10  

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