]]>

20 mars 2007

Paris

Partager
Pour L.



Paris n'a de beauté qu'en son histoire,
Mais cette histoire est belle tellement !
La Seine est encaissée absurdement,

Mais son vert clair à lui seul vaut la gloire.


Paris n'a de gaîté que son bagout,

Mais ce bagout, encor qu'assez immonde,

Il fait le tour des langages du monde,

Salant un peu ce trop fade ragoût.

Paris n'a de sagesse que le sombre
Flux de son peuple et de ses factions,

Alors qu'il fait des révolutions

Avec l'Ordre embusqué dans la pénombre.


Paris n'a que sa Fille de charmant

Laquelle n'est au prix de l'Exotique

Que torts gentils et vice peu pratique

Et ce quasi désintéressement.


Paris n'a de bonté que sa légère

Ivresse de désir et de plaisir,

Sans rien de trop que le vague désir

De voir son plaisir égayer son frère.


Paris n'a rien de triste et de cruel

Que le poëte annuel ou chronique,

Crevant d'ennui sous l'oeil d'une clinique

Non loin du vieil ouvrier fraternel.


Vive Paris quand même et son histoire

Et son bagout et sa Fille, naïf

Produit d'un art pervers et primitif,

Et meure son poëte expiatoire !


Paul Verlaine (1844 - 1896)

Libellés :

6 Commentaires:

Anonymous daspacemonkey.bloxode.com dit ...

Voilà ce qu'en disent une nouvelle génération de poètes maudits:

LA RUMEUR - "Paris nous nourrit, Paris nous affame"

[Ekoué]
Bienvenue dans ce monde ivre, au milieu des rondes de nuit, sa race,
Qui aiment me suivre à la trace,
Repérable parmi cent quand la musique de mes semblables
S'entasse dans la boîte à gants.
Quelques rayures sur mon fer ne m'empêcheront pas de rouler
Toi qui n'a rien trouvé de plus intelligent à faire.
Bienvenue dans ce monde ivre, là où il va falloir me suivre, en stress j'en conviens,
Ici les feux de détresse ne sont jamais éteints.
Etonnamment serein malgré le cheminement des douilles et des embrouilles d'un autre degré.
25 plaques sur jantes rutilantes cousin,
Je ne jurerai pas ce que tu claques et où tu te planques
Pour remonter la pente sans les moindres pépins.
Paris aussi me nourrit de ce qui brille et m'affame,
Moi et ma famille avec ce que je crame à brûler des toxines parfois en bitumant
Puis recracher la nicotine des pots d'échappement.

[Philippe]
Bienvenue dans ce monde ivre, respire et fais ton testament,
Dis à cette connasse de vie, vas-y on reste amants.
Devant la faux du squelette, y'a plus de place pour les désistements
Et les fossoyeurs creusent constamment.
Paris pollué avec du pue dans les artères,
J'ai vu son putain de cancer évoluer,
Et dans ses poches trouées Durex et Subutex.
Cherche pas à trouver d'où vient la saleté du texte,
Inspirée du contexte qui pue l'hostilité, la criminalité.
Bienvenue dans ce monde ivre, paris nous gave et nous prive sur chacune de ses rives,
Soit tu restes une épave, soit tu vis sur le qui-vive.
Sais-tu à quoi on se livre
Pour essayer de survivre
Jusqu'au signal quand résonnent les tambours et les cuivres ?
Puisque ici dans la zone tous les jours ça arrive,
Et malgré tous nos chromosomes récidivent.

Refrain :
Tout à portée de mains, rien entre les mains,
Paris nous nourrit, paris nous affame, paris nous tient.
Et si tes neurones peuvent suivre, bienvenue dans ce monde ivre.

[Mourad]
Et si paris nous nourrit jusqu'à la gueule, je ne suis pas le seul,
Les bouches pleines se retiennent ou bien dégueulent.
Et à l'accueil, les serpillières se dévoilent faibles,
En quête de quoi rassasier leur soif du bout des lèvres.
Paris crève, paris affame aussi, paris rejette les affamés de la nuit.
Remontrance musclée, remettre les ecchymoses droites,
Les balafres sont retaillées et les genoux se déboîtent.
Au bout de dix marques, un gain de vie en en retour,
On te charcle les côtes, une cicatrice fait le tour.
Tout le monde court et peu de perspectives,
Une clef de bras et bienvenue dans ce monde ivre.

[Hamé]
De ce côté-ci paris regorge de cages pleines,
Sales comme cet énorme égout qu'on appelle la Seine.
Faire son trou en se palpant le pouls sous les jupons de laine de cette putain mondaine,
Sans même lui bouffer la couenne.
Que du bon engrais pour ma graine de schizophrène,
Paris me bout sous le crâne, Panam nous affame,
Nous épluche des poches à l'os, des couilles à l'âme.
Dans l'urine ou l'urée
Et le chômage de longue durée,
Ses rejets de fumée n'oublient jamais de parfumer les vies au rabais
A dégager vers ces couronnes,
En 3, 4, 5ème, 6ème zone.
C'est comme ça qu'elle traite son arthrose et ses névroses,
Qu'elle se paye son Bottom, son crack, son valium.
Paris me colle au cul, me coule au cœur comme un cholestérol fumeur,
Et pourtant j'en ai pincé à ces rares heures où cette salope fut comme une sœur.

SpaceMonk

21 mars, 2007 11:31  
Blogger comité-de-salut-public dit ...

J'ai répondu à ton mail, chenapan.

21 mars, 2007 14:36  
Blogger Lancelot dit ...

SpaceMonk, à chacun sa vision, mais je ne suis pas sûr le Paris de Verlaine était plus accueillant que le Paris de maintenant, du moins au premier abord ! Après chacun ses goûts, personnellement je préfère Verlaine à La Rumeur ...

21 mars, 2007 15:23  
Anonymous antoine dit ...

C'est marrant je m'apprétais à dire que cela me fait penser à ce morceau de la rumeur.. Les grands esprits se rencontrent (mais j'aime bien aussi verlaine)

21 mars, 2007 23:49  
Blogger FredTheFrenchy dit ...

Paris est belle, magnifique mais quand on vient de la province (Lyon, pourtant c'est grand !) , on est surpris par le stress, le bruit, les odeurs, les gens qui courent, les flics de partout (et pourtant, on ne se sent pas en sécurité !). Paris, je t'ai aimé, Lyon tu m'as conquis.
C'est ce que je ressens quand je retourne à Paris.

22 mars, 2007 12:21  
Blogger FalconHill dit ...

Je passe sur Paris une fois par an maintenant (avant, pour mon boulot, j'y étais toute les semaines). Mais chaque fois que j'y suis, je me sens bien à me "perdre" sans but dans ses rues.

Pourtant, je suis un pauvre "plouc" rural et provencal... Mais j'aime Paris.

Bel hommage petit Lancelot de Paname

22 mars, 2007 14:37  

Enregistrer un commentaire

Liens pour ce post:

Créer un lien

<< Home