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31 mai 2007

Appel contre la franchise Sarkozy

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Ci-dessous le texte de la pétition à l'initiative du Docteur Christian Lehmann (son blog), déjà signée par plus de 36000 personnes. Allez signer la pétition ici. Et faites circuler !


« FRANCHISE » SUR LES SOINS : L’ASSURANCE MALADIE SOLIDAIRE EN DANGER

En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les « responsabiliser », c’est à dire les pénaliser financièrement pour « qu’ils consomment moins », ou, au minimum, pour que « la Sécu rembourse de moins en moins ».

Déremboursements incohérents, augmentation du « ticket modérateur » sur des soins courants, généralisation des dépassements tarifaires pour les médecins spécialistes, invention du forfait de 1€ par acte de soins ou de biologie, du forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91€, l’actuelle majorité a multiplié les atteintes à la prise en charge solidaire des soins. Mais si elle a augmenté le reste à la charge des patients, le déficit de l’assurance maladie n’en a pas été comblé pour autant.

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy va plus loin, beaucoup plus loin, en annonçant que s’il est élu il mettra en place une « FRANCHISE » c'est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout. Franchise qui, pour mieux jouer son rôle de dissuasion de la consommation, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires, au moins dans un premier temps.

Nous, professionnels de santé, acteurs du monde associatif ou médico-social, universitaires, représentants des usagers et/ou usagers du système de santé dénonçons les RISQUES MAJEURS D’UNE TELLE FRANCHISE :

Franchise = Régression sociale : Dans son principe même une franchise d’un montant identique pour tous « pèsera » différemment selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins des plus modestes : Dans une France où vivent plus de 3 millions de chômeurs et 7 millions de « travailleurs pauvres », 100 € de soins de santé non remboursés ce n’est pas rien… Et ce sont eux qui seront les premières victimes de la franchise si jamais elle voit le jour. La franchise, c’est la remise en cause de ce progrès social et sanitaire évident qu’avait été la création de la CMU.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins primaires et la santé publique : Pour les « gros consommateurs », c'est-à-dire les patients atteints de maladies lourdes, il n’y aura pas le choix : il faudra payer. Mais au-dessus du montant de la franchise, ce sera sinon gratuit du moins « comme avant ».
La cible de cette mesure ce sont surtout les petits ou moyens consommateurs qu’il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

Franchise = Remise en cause du « tiers payant » : Les professionnels de santé ne pouvant savoir si le montant de la franchise a, ou non, déjà été acquitté, les patients devront systématiquement faire intégralement « l’avance de frais ». Ce qui constituerait un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins des plus modestes.

Franchise = Porte ouverte à l’escalade : Nicolas Sarkozy ne s’en est pas caché, cette franchise sera « modulable » c'est-à-dire que « si les dépenses augmentent et si le déficit augmente on pourrait augmenter le montant », et comme les dépenses augmenteront, inéluctablement, la franchise augmentera, non moins inéluctablement, et avec elle augmentera la gravité de ses effets pervers.

Nous refusons l’instauration d’une telle « FRANCHISE», socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique.

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7 Commentaires:

Anonymous Rodrigo dit ...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

31 mai, 2007 11:27  
Anonymous Albane dit ...

Je ne pense pas que l'idee de Franchise soit forcement mauvaise. Il serait effectivement necessaire de l'adapter en fonction des revenus de chacun. Cependant il y a un abus incontestable des soins en France, du au fait qu'ils soient aussi accessibles. Pour vivre et avoir vecue dans plusieurs pays europeens, ceci m'est apparu encore plus flagrant! Je pense que chacun doit se responsabiliser. Alors pourquoi ne pas en discuter pour l'ameliorer plutot que de s'y opposer radicalement? Sinon, que proposes-tu?

31 mai, 2007 12:47  
Blogger Lancelot dit ...

Albane, sais-tu que presque 70% des dépenses de santé en France provienntent des extrême de la vie (la naissance et la mort).

Autrement dit : la franchise ne concernera que 30% de ces dépenses.

Et puis, ne faudrait-il, avant de responsabiliser le patient, plutôt responsabiliser le praticien ? N'est-ce pas lui qui prescrit les médicaments, les analyses, les examens ? Pourquoi faire porter aux malades les gapegies des médecins ? Pourquoi l'Etat ne rend-il par l'argent de l'Assurance Maladie ?

Pour le reste, entre nous, je vais te dire : je serais partant pour une franchise, si elle était indexée sur le revenu ! Pas de franchise pour les chômeurs, les RMIstes, les étudiants, les travailleurs pauvres, etc. Et une grosse franchise pour les personnes les plus aisées ! Malheureusement telle n'est pas la politique du gouvernement, pour qui cette unique franchise au final nuit aux classes moyennes et populaires.

Et tu auras remarquer l'absence de dialogue lors de la décision de ces mesures. Aucune concertation. Rien. Le fait du prince. OK pour le dialogue, encore faut-il y être ouvert ...

31 mai, 2007 18:48  
Anonymous Anonyme dit ...

Sur le thème de la franchise, je vous recommande l'article du collectif "J'ai pas voté Sarko", à l'adresse http://jaipasvotesarko.over-blog.fr

31 mai, 2007 20:21  
Anonymous Miguel dit ...

Entièrement d'accord avec toi, Lancelot : on est dans un système ou le praticien est complètement déresponsabilisé. Il peut prescrite les examens qu'il veut, parfois les redemander plusieurs fois. On ne lui demande jamais de compte, c'est la collectivité qui paie sans rien vérifier. Pas étonnant que l'on arrive pas à maitriser les dépenses.

J'en parle ici : http://www.coteboulevard.com/2007/05/responsabiliser.html

Le problème, c'est que les médecins votent Sarkozy alors leur demander quoi que ce soit, c'est un peu compliqué. Le courage politique n'a de valeur que quand on s'attaque à ceux qui ne votent pas pour vous :)

01 juin, 2007 00:41  
Anonymous Albane dit ...

Luc, je suis d'accord avec toi quant au fait que les medecins prescrivent des ordonnances a tout va. Mais sur ce point, la question serait de savoir comment les patients reagiraient si on ne leur donnait rien au cours de leur visite medicale! Je ne suis pas convaincue que les patients seraient ravis...

D'autre part, il n'est absolument pas dans l'interet des medecins generalistes que cette franchise soit signee. Non pas par esprit solidaire comme le precise Mr Lehmann (cela me fait franchement sourire), mais bien parce que leur clientele se verrait amoindrie... d'ou la question, est-on sur que les medecins votent Sarko? Pas si simple!

Sur ton dernier point, il est en effet regrettable si le gouvernement ne propose pas de dialogue. Il est essentiel d'obtenir un compromis sur ce sujet. Je souhaitais juste souligner le fait que la solution n'est pas forcement dans l'opposition a cette idee. Je suis donc prete a soutenir ceux qui auront le courage d'engager le dialogue!

01 juin, 2007 14:18  
Blogger Lancelot dit ...

Albane, au final nous sommes d'accord : il faut dialoguer. Connaissant un peu Lehmann notamment par ses ouvrages, je ne pense pas qu'ils voient la perte de sa clientèle comme un danger à venir. Pour la simple et bonne raison que la population vieillit, et que les consultations sont de plus en plus nombreuses, avec le nombre de veieux malades, et le nombre déclinant de médecins.

Et je doute que Lehmann aie voté Sarkozy ,-)

Sur le fond, peu importe que les patients ne soient pas contents si on leur délivre moins de médicaments. Aux médecins de savoir dire non. Parfois, nous avons l'impression que le praticien ne sert qu'à signer l'ordonnance établie par le malade. Ce n'est pas normal.

Et n'oublions pas non plus la pression des laboratires pharmaceutiques (je connais bien le sujet) pour que les médecins prescrivent leurs médicaments, à coup de séminaires au soleil, et de cadeaux sympas. Il faut faire le ménage là-dedans également, et je suis très pesssimiste !

Donc dialoguons, mais écoutons toutes les voix, mais je n'y crois peu, malheureusement !

01 juin, 2007 14:25  

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