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07 juin 2007

CIA et disparitions

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Voici les citations de responables d'ONG suite à un communiqué de presse concernant la "disparition" de 39 personnes détenues secrètement par la CIA. A lire le rapport "Off the record" (en anglais). Dans lequel on apprend que des femmes et des enfants (dont certains âgés de 7 ans) de personnes suspectées de terrorisme, ont été placés en détention secrète pendant plusieurs mois.
Trouvé sur le site d'Amnesty International.


Clive Stafford Smith
, directeur juridique de Reprieve : «Il est temps que le gouvernement des États-Unis rende des comptes : ces 39 personnes sont portées disparues depuis des années, et des éléments montrent qu'elles ont été détenues par les États-Unis à un certain moment. Où sont-elles et que leur a-t-il été fait ?»

Joanne Mariner, directrice du programme Terrorisme et contre-terrorisme à Human Rights Watch : «Ce que nous demandons, c'est : où sont à présent ces 39 personnes, et que leur est-il arrivé depuis leur ‘disparition' ? C'est déjà une grave atteinte aux droits humains de les détenir dans des prisons secrètes de la CIA. Nous craignons à présent que ces personnes aient été transférées vers des pays où elles risquent de nouveau d'être détenues secrètement et de subir des violences.»

Meg Satterthwaite, directrice du Center for Human Rights and Global Justice à la faculté de droit de l'Université de New York : «Depuis la fin des guerres sales en Amérique latine, le monde a rejeté le recours aux ‘disparitions' comme étant une violation fondamentale du droit international. Malgré cette condamnation universelle, nos recherches montrent que les États-Unis ont essayé de faire disparaître aussi bien les personnes sur cette liste que l'état de droit. Les États-Unis ne peuvent ignorer les droits humains en cachant des détenus dans des sites noirs ou fantômes. Les disparitions forcées sont illégales, quel qu'en soit le responsable.»

Vincent Warren, directeur exécutif du Center for Constitutional Rights : «Pendant trois ans, notre client Majid Khan a été soumis à la torture et d'autres violences lors de sa détention secrète par la CIA. Sa famille ignorait s'il était en vie, et bien sûr où il se trouvait. La seule raison de faire disparaître quelqu'un, c'est de pouvoir opérer en dehors du droit, loin des yeux du public. La détention fantôme est incompatible avec le respect élémentaire des droits humains et l'état de droit. Le gouvernement des États-Unis doit immédiatement cesser cette pratique honteuse.»

Moazzam Begg, porte-parole de Cageprisoners et ancien détenu à Guantánamo : «Représenter des personnes détenues par la démocratie la plus puissante du monde consiste désormais davantage à poursuivre des fantômes qu'à rendre justice. Des concepts comme l'habeas corpus n'ont aucun sens pour les personnes détenues dans les sites noirs, ou des culs de basse-fosse encore plus sinistres. Pour de nombreuses personnes détenues, le simple fait de gagner le droit de dire la vérité, sans être gêné par l'obligation d'éviter la signature de faux aveux, a plus d'importance que le fait d'avoir été détenu.»

Claudio Cordone, directeur de recherche à Amnesty International : «Le devoir des gouvernements de protéger les populations contre les actes de terrorisme n'est pas en cause. Ce qui l'est, absolument, c'est le fait d'arrêter des hommes, des femmes et même des enfants, et de détenir les gens dans des endroits secrets, démunis des garanties les plus élémentaires octroyées à tout détenu. Le gouvernement des États-Unis doit mettre un terme à cette pratique illégale et moralement exécrable une bonne fois pour toutes.»

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