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30 juin 2007

Libéralisation de l'énergie : les soldes ?

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Sortir de l'impasse est un blog que j'apprécie beaucoup. Je vous encourage à le lire. Dans leur article d'aujourd'hui, les auteurs reviennent sur la libéralisation du marché de l'énergie en France. Vrai ou fausse bonne idée pour le consommateur ? Voici leur avis éclairé.


Demain 1er juillet : les soldes de l’énergie ? Les Français n’y croient plus


Nous y voilà, à ce fameux 1er juillet qui doit ouvrir le cycle de la libéralisation du marché de l’énergie en France.

Grosso modo, nous allons pouvoir choisir notre fournisseur d’électricité et de gaz. C’était déjà le cas pour les entreprises et les professionnels, cela va le devenir pour les particuliers.

Mais attention, celles et ceux qui décideront d’opter pour le marché dit « libre » ne pourront plus faire marche arrière, et retourner dans le giron du marché réglementé. Pis, celles et ceux qui emménageront dans un appartement dont le précédent occupant aura fait le choix du marché « libre » ne pourront pas non plus revenir en arrière… sauf qu’évidemment il n’existe aucune obligation de les en informer. Selon un sondage Unilog TNS Sofres, seuls 3% des ménages français déclarent vouloir basculer dès le 1er juillet vers le secteur libre.


On nous martèle depuis des années que l’ouverture à la concurrence va faire baisser les prix. Dans un précédent post, nous avions vu, sur la base de l’exemple anglais dont le marché a été libéralisé depuis 1986, que ce n’était pas le cas (cf. lien).


Si on s’appuie sur la dernière étude d’Eurostat, l’institut européen de la statistique (cf. lien), qui a comparé, à la fois en prix réel et en standard de pouvoir d’achat (afin de pouvoir mener des comparaisons pertinentes) les prix de l’électricité dans les 27 pays de l’Union Européenne au 1er janvier 2007, on voit que la France fait partie des 3 pays affichant les tarifs les plus bas, et des 6 pays ayant eu la plus faible augmentation des prix entre le 1er janvier 2006 et le 1er janvier 2007.

Dans le graphe ci-dessus, les tarifs de la France sont ceux en rouge.

Du coup, nous avons quelque difficulté à imaginer comment l’ouverture à la concurrence pourrait faire baisser les tarifs qui sont déjà parmi les plus bas en Europe ! Les Français ne semblent d’ailleurs pas dupent : ils étaient 63% l’an dernier à s’attendre à une baisse des tarifs du fait de l’ouverture à la concurrence, ils ne sont plus que 22%. Pire la moitié d’entre eux pensent que les prix vont augmenter.

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2 Commentaires:

Anonymous Hervé dit ...

"Interesting", mais en poussant la lecture de ce graphe, le Royaume Uni a les 4eme plus bas tarifs, RU qui comme l'on sait est un pays qui a liberalisé ce marché depuis bien longtemps. N'est ce donc pas la le contre exemple. Le marché du gaz est excessivement complexe, je ne suis pas un specialiste mais cet etat de fait etait peut etre du aussi au fait que EDF / GDF beneficiait d'un marche interne tres large, qui lui a permis de financer sa politique d'expansion (dont en UK) et donc par la meme de beneficier d'un "bargaining power" avec les vendeurs en raison des larges quantités achetées pour tout les marché que cet operateur sert. Une fois de plus, je ne suis pas un specialiste, juste une supputation.

Il est par contre absurde de restraindre le "churn" ou changement de fournisseurs si les utilisateurs le decident. Incroyable, que font les associations de consommateurs?

01 juillet, 2007 22:56  
Anonymous ouinon dit ...

« Incroyable, que font les associations de consommateurs? »

Elles informent ;-)
Mais pour essayer répondre au fond de ta question (sans être un spécialiste non plus), depuis le 1er juillet, si tu fais construire un logement neuf, lors du raccordement au gaz tu es OBLIGÉ de l'abonner aux tarifs du marché. Et à partir de 2010, ce sera pareil pour l'électricité… Si l'on ajoute à cela le fait que EDF et GDF proposent également des abonnements aux prix du marché et cette mesure de non-retour vers les tarifs régulés, on comprend qu’en réalité le but de la manœuvre est, à terme, de faire passer tous les foyer aux prix du marché. Contrairement à ce que dit le gouvernement, il ne s'agit pas seulement de « donner le choix aux consommateurs » mais de les pousser doucement mais surement vers les tarifs libres, mine de rien.

Après, concernant l'énergie électrique, il faut noter que la France est en position de force par rapport à la plupart de ses voisins européens, notamment ceux chez qui elle exporte. Géographiquement, EDF a aussi l'avantage d'occuper une position centrale (l'électricité de se stocke pas et se perd proportionnellement à la longueur de son transport), elle a des billes placées un peu partout en Europe, un capital fort qui lui permet d'investir de manière significative et un partenariat avec Poweo en ce qui concerne le territoire national. Bref, il y a du pour et du contre et je pense qu'il ne faut pas se fier qu'aux chiffres du marché pro et de l'étranger. D'autant plus que si les prix du marché augmentent en France, il y a de grandes chances pour que les prix régulés les suivent de près, il ne faut pas rêver…

Cela-dit, perso, je ne bougerai pas avant quelques années ;-)

03 juillet, 2007 22:57  

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