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23 juin 2007

Presse en danger

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Je vous invite à apporter votre soutien au Collectif Cambodge Soir, menacé de fermeture, alors qu'il est l'un des organes indépendants d'information au Cambodge.

Voici le communiqué de Reporters sans frontières.


Reporters sans frontières en appelle à Abdou Diouf après la brutale fermeture de Cambodge Soir

Reporters sans frontières est indignée par la décision des administrateurs du quotidien Cambodge Soir de fermer le journal. Celle-ci intervient après le licenciement abusif d'un journaliste qui avait publié de longs extraits d'un rapport gênant pour les autorités cambodgiennes sur le trafic de bois. L'organisation exprime sa solidarité avec les 14 journalistes et 16 autres employés qui risquent de perdre leur travail.

"Monsieur le Secrétaire général Abdou Diouf, la Francophonie soutient depuis des années Cambodge Soir, devenu une référence pour la presse francophone en Asie et une pépinière de journalistes français et cambodgiens de talent. Alors même que votre organisation vient de débloquer de nouveaux fonds pour soutenir ce journal, la direction met fin à une aventure de plus de dix ans sous le prétexte de difficultés économiques. Nous vous demandons d'intervenir pour que ce quotidien francophone exemplaire ne disparaisse pas", a affirmé l'organisation.

Le 12 juin 2007, les propriétaires de Cambodge Soir, et notamment l'un de ses actionnaires minoritaires, Philippe Monin, ont annoncé aux membres de la rédaction que la liquidation du journal et de sa société éditrice, Société des Editions du Mékong, était engagée. La veille, les journalistes avaient entamé une grève suite au licenciement brutal de l'un d'eux, Soren Seelow. Ce dernier avait publié un article très détaillé sur le rapport de l'organisation environnementaliste Global Witness qui implique des proches du Premier ministre Hun Sen dans un trafic de bois. La publication de cet article a provoqué la colère de Philippe Monin et de la directrice du journal qui ont convoqué le journaliste, le 10 juin, pour lui signifier son licenciement.

Philippe Monin, par ailleurs conseiller de l'Agence française de développement (AFD) auprès du ministère cambodgien de l'Agriculture, avait expliqué à Soren Seelow que son article allait provoquer la colère des autorités et le plaçait en porte-à-faux.

Le gouvernement cambodgien a interdit la diffusion d'extraits de ce rapport, tandis que le frère du chef du gouvernement, Hun Neng, aurait déclaré que si une personne de Global Witness venait au Cambodge, il lui "taperait la tête jusqu'à la lui casser".

Dans un communiqué de presse en date du 13 juin, la rédaction du journal, en grève depuis deux jours, a dénoncé le licenciement sans préavis de Soren Seelow, les interventions sur la ligne éditoriale et le manque de perspective pour le titre.

Joint par Reporters sans frontières, Philippe Monin, actionnaire fondateur du journal, a refusé de faire des commentaires.

Depuis septembre 2006, une nouvelle directrice a été engagée par les administrateurs pour mener, selon les mots d'un journaliste basé au Cambodge qui a souhaité garder l'anonymat, une "entreprise de sabotage". Alors que la rédaction a récemment lancé, notamment avec le soutien de l'ambassade de France, de nouveaux projets tels qu'un site Internet (aujourd'hui mis hors service) et des pages spéciales pour couvrir le procès des Khmers rouges, la directrice aurait préféré affaiblir Cambodge Soir. Ainsi, le travail avec une régie publicitaire a été brutalement interrompu en décembre dernier.

Créé en 1995, ce journal franco-khmer était connu pour son indépendance de ton, par rapport à ses homologues lao et vietnamien. Malgré une circulation limitée (environ 2000 exemplaires) et des difficultés financières récurrentes, il a fortement marqué le paysage médiatique cambodgien et certaines de ses informations étaient reprises dans la presse en khmer.

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