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20 juin 2007

Rupture : ministre en examen

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Nicolas Sarkozy nous promettait la rupture. En voila un bel exemple.

En 1992 Piere Bérégovoy, alors permier ministre, demande à l'un de ses ministres, Bernard Tapie, de démissionner de son ministère de la ville suite à sa mise en examen. Edouard Balladur reprendra cette jurisprudence en appliquant la même règle pour les ministres Michel Roussin, Alain Carignon et Gérard Longuet. Lionel Jospin ne s'en démarquera pas, et vaudra à Dominique Strauss-Kahn la perte de son poste de ministre de l'économie et des finances, bien que blanchi par la suite pour son implication dans l'affaire de la MNEF. Jean-Pierre Raffarin perdra de son premier gouernement son ministre délégué aux affaires européennes, Renaud Donnedieu de Vabres, et de son second gouvernement le secrétaire d'état chargé des prisons, Pierre Bédier.

Mais voila, avec Nicolas Sarkozy comme président de la république et François Fillon comme premier ministre, oublions cette morale, à mes yeux importante pour évacuer l'image des politiciens véreux aux yeux de nos concitoyens. Entre donc au gouvernement le fumeux André Santini comme secrétaire d'état chargé de la fonction publique. Alors que ledit Monsieur Santini a été mis en examen en 2006 pour "complicité de détournement de fonds publics" dans l'affaire dite "Affaire Hamon". Certes André Santini est présumé innocent, jusqu'à la tenue de procès et une éventuelle condamnation ou relaxe. Cependant on peut se poser des questions quant à la possiblité de cumuler un tel secrétariat d'état et une telle mise en examen. L'indépendance de la justice risque de battre de l'aile. Et cette nomination ne fait rien pour redorer l'image de la politique et de leurs acteurs. Le renouvellement. La rupture. La morale. De bien belles paroles. De bien beaux mensonges.

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4 Commentaires:

Anonymous Avocat de la morale en politique dit ...

Mais c'est que tu as foutrement raison, Luc. J'avais fini par oublier ce détail... Enfin, un détail pas si anecdotique que ça. Nous sommes entré dans une nouvelle ère. Il y a bien des ruptures mais pas forcément celles que nous souhaitions. Autre rupture: Le Pen à l'Elysée. Il a pu y développer ses idées sur l'Europe. Cocasse, isn't it?

20 juin, 2007 17:30  
Blogger Lancelot dit ...

Autant nous sommes d'accord sur Santini, autant je trouve normal que Sarkozy reçoive Le Pen à l'Elysée ...

Sarkozy est le président de tous les français, et également des électeurs du FN. Si Sarkozy reçoit les chefs de partis politiques, il est donc normal qu'il reçoive Le Pen.

Ou alors, si tu considères le FN comme à part ou anti-démocratique, bats-toi pour l'interdire ! Mais ce n'est pas mon opinion.

20 juin, 2007 17:34  
Anonymous L'avocat du cordon de sécurité dit ...

Tu ne peux quand même pas nier qu'il s'agit d'une rupture par rapport aux pratiques politiques qui avaient cours jusque là. C'est sur ce terme de rupture que je réagissais.
Ensuite il y a loin de l'interdiction à la mise en quarantaine. Le cordon sanitaire a déjà été brisé une fois par M. Sarkozy pendant les élections présidentielles et je ne suis pas de ceux, béats, qui se sont réjouis du fait que Sarkozy ait piqué les voix du FN. Là, il récidive, conforté qu'il est dans l'idée que sa stratégie est la meilleure. Il tend à nouveau la main ou les bras au FN en invitant le vieux Le Pen à l'Elysée. Il aggrave encore la banalisation de ce mouvement et de ses idées.
On a trop vite fait, je trouve, d'oublier ce qu'est le Fn et ce que sont ses idées. Le vrai problème serait que tout le monde se mette à considérer comme anodin de recevoir Le Pen, de lui dérouler le tapis rouge...

20 juin, 2007 19:54  
Blogger Lancelot dit ...

Oui il s'agit d'une rupture par rapport à Chirac. Mais n'oublie pas non plus que Mitterrand a fait entrer le FN à l'Assemblée, et que c'est lui qui a fait percer Le Pen. Mais c'est du passé.

Pour moi ce n'est pas banaliser les idées du front que d'inviter Le Pen à l'Elysée, c'est au contraire en lui enlevant son statut de martyr que tu lui nuis le plus. Le Pen a fait toute sa carrrière sur son ostracisation. Le traiter comme un homme politique à part entière, recevant le scrutin d'électeurs, est au contraire la meilleure façon de le combattre. Pour ensuite combattre ses idées si il le faut, et il le faut !

20 juin, 2007 22:44  

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