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13 août 2007

2007 aura tenu ses promesses

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Presque un an de campagne, sur le terrain, sur la toile, dans nos familles, pour convaincre qu'elles ou ils étaient les meilleur-e-s. Un débat direct avec les électeurs, pour le meilleur et pour le pire. Bayrou, comme Giscard autrefois, voulait regarder la France au fond des yeux. Une chose est certaine, les trois principaux candidats l'ont fait, à leur manière.

Et nous? Ne nous oubliez pas, nous les militants, les besogneux, en porte-à-porte, en tractage, en collage, en réunions publiques, porte-parole de celle ou celui que nous soutenions. Nous avons véritablement fait cette campagne. Vous nous avez sans doute croisé au moins une fois, souvent vêtus de t-shirts colorés.

Luc me demande comment j'ai vécu cette campagne. Le premier mot qui me vient à l'esprit est: fatigue. Je viens d'une fédération du MJS très active, où la campagne commençait à 7h du matin devant la gare pour finir à plus de 23h en collage, du moins en pleine campagne, c'est-à-dire pendant environ quatre mois. Fatigue physique, mais aussi fatigue intellectuelle, quand vous devez expliquer, électeur après électeur, les dernières déclarations de Ségolène Royal, ses dernières bourdes souvent, son programme, parfois. La campagne s'est-elle faite sur un projet, comme nous le disions? Pas sûr. La victoire de Nicolas Sarkozy, la percée de François Bayrou et l'incarnation de Ségolène Royal tiennent plus à une démarche, qu'elle soit communicationnelle ou autre. A Bayrou le rassemblement, à Royal l'espoir, à Sarkozy l'autorité. Les Français ont choisi.

La campagne, c'est aussi les montagnes russes: espoir et déception, souvent en même temps. Espoir, quand 58% des jeunes ont voté pour la gauche, déception, quand le résultat de Nicolas Sarkozy est aussi élevé, et lorsqu'on entend Ségolène Royal trahir ses propres militants, en disant qu'elle n'y croyait pas. L'amertume de mai-juin laisse place à une phase nouvelle, celle de la reconstruction.

La politique française a-t-elle tant changé dans ses pratiques? Oui, diront les partisans de Sarkozy. Je ne suis pas de cet avis. Les avancées institutionnelles sont minces (mandat unique?), et les pratiques du Président sont les mêmes qu'avant: voyages exubérants, affaires, autorité, etc. On dit que Sarkozy est autoritaire. Mitterrand ne l'était-il pas aussi, à sa manière? Je ne défends pas Nicolas Sarkozy, au contraire! Sa pratique politique est la même que vingt ans auparavant. Quelle rupture!

Ma vision de la future politique française? Vous vous en doutez, pour moi elle ne peut pas changer avec le Président que nous avons. L'hyperprésidentialisation du régime n'est pas là pour me rassurer, moi qui suis partisan d'une République parlementaire. Notre démocratie, déjà peu représentative (et cela ne s'arrangera pas) se doit d'être plus directe. Les pratiques doivent changer: mandat unique, transparence des comptes, train de vie de l'Etat, impartialité, autant de points qui ne sont, hélas! pas respectés. Je suis favorable à l'émergence d'un multipartisme, mais la méthode de François Bayrou, qui se voulait dans ce sens, a plutôt fait émerger un tripartisme, une Troisième Force qui ne suffit pas.

La droite a réussi à faire muter son logiciel. Le véritable enjeu des prochaines années sera la renaissance de la gauche, en particulier du Parti socialiste, qui s'est perdu en portant une ligne plus à droite que jamais. En suivant les thématiques de Sarkozy, en oubliant ses thématiques de prédilection, le PS est devenu un MRC-bis (plus puissant, certes), et a perdu son âme. Quitte à ce que ce soit dur au début, ayons le courage d'un socialisme rénové. Les courants rénovateurs du PS doivent faire entendre leur voix, et le prochain congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes, à la fin de cette année, pourrait bien, une fois n'est pas coutume, donner l'exemple.

Quelques lignes, enfin, pour évoquer des blogs qui ont incarné, et tentent d'incarner encore, cette nouvelle vision de la politique française, tout d'abord sur la méthode. Bien sûr, celui de notre hôte, qui a eu le courage de changer radicalement de ligne, tout en gardant son intégrité et sa cohérence. Je vous conseille également, plus à gauche, celui du Comité de Salut Public, qui rompt avec toute langue de bois, et est à bien des égards une leçon quotidienne pour le socialiste que je suis. Evidemment, je ne pouvais pas oublier le blog du MJS 54, d'où je viens (et parce que j'ai contribué à la maquette ;)), une fédé hyperdynamique qui est à la pointe de cette renaissance socialiste. Deux blogs pour finir: celui de politic_delux, pour vous montrer ce qu'il ne faut pas faire, et le mien, parce qu'un peu de pub ne fait jamais de mal.

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3 Commentaires:

Blogger comité-de-salut-public dit ...

Et bien, merci pour le lien! C'est d'autant plus flatteur que je sais qu'il faut être courageux pour me lire, quand on est au PS...
Du coup, ça donne envie, ton histoire, Luc: je peux participer? Promis, je ferai un billet sans un seul gros mot. Ce sera dur, mais j'y arriverai.Juré.

13 août, 2007 22:29  
Blogger Lancelot dit ...

Pas de soucis mon Titi, j'attends ton texte ;-)

13 août, 2007 23:14  
Blogger Dagrouik dit ...

@CSP: mais non ce n'est pas dur de te lire, la juste colère ça se partage.

15 août, 2007 14:12  

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