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07 août 2007

Le sang d'une nuit d'été - La fuite

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« Le sang d'une nuit d'été »
Chapitre 7 : La fuite

Cécile se réveilla en sursaut en pleine nuit. Une porte de la maison claquant l'avait extirpée de son sommeil. Elle enfila un tee-shirt et se dirigea vers la chambre de son père. La porte ouverte. Le lit vide. Le pyjama de Jean-Philippe posé par terre. Cécile partit à sa recherche. Elle le trouva tout habillé dans la cuisine, le regard fixe, un couteau de cuisine à la main. Jean-Philippe ne prononçait alternativement que deux mots : « Francesca » et « vengeance ».

Cécile tenta de lui parler, mais Jean-Philippe ne l'entendait pas. Elle voulut le réveiller en lui secouant le bras, mais il se mit à hurler. Bien que son père se fit de plus en plus menaçant, Cécile gardait son calme. Ce comportement ne semblait pas la surprendre.

La lumière ne réveillait toujours pas son père. Les aboiements de Micheline non plus. Cécile l'imaginait, déambulant une tronçonneuse à la main, se rendant dans chaque maison de village. Tranchant la tête de chaque habitant les uns après les autres. Rentrant chez lui une fois ses crimes commis. Et se réveillant le lendemain matin sans en garder le moindre souvenir.

Après le décès de sa femme, Jean-Philippe eut de graves problèmes de sommeil. De longues périodes d'insomnies. Et quand il dormait, Cécile le trouvait parfois au beau milieu du salon, en pleine crise de somnambulisme. Le petit ami de Cécile de l'époque, étudiant en chirurgie, lui avait prescrit de puissants somnifères.

Jean-Philippe prenait la direction de la porte d'entrée de la maison. Il était inconcevable pour Cécile que son père sortât dans cet état. Elle s'approcha de lui.

Cécile s'adressa à son père en se faisant passer pour sa mère. Jean-Philippe se réveilla en sursaut. Il mit du temps à comprendre la situation. Qu'il était tout habillé. Qu'il avait une arme à la main.

Cécile rapporta les paroles menaçantes qu'il proférait. Jean-Philippe eut du mal à concevoir qu'il pouvait être l'auteur du massacre. Il s'effondra.

Cécile prit une fois de plus la situation en main. Elle si soucieuse de son apparence ne passa pas par la salle de bain. Elle boucla aussitôt sa valise. En fit une pour son père. Elle ne pouvait accepter de le voir aller en prison. Elle avait déjà perdu sa mère. Il fallait fuir. En cinq minutes, elle avait établi un plan.

Elle rassembla les valises dans le coffre de son 4x4 de location. Elle salua les policiers assoupis dans leur voiture, leur annonça son départ, son travail l'appelait. Son père pendant ce temps traversa le jardin, à l'arrière de la maison, en compagnie de Micheline. Il enjamba la clotûre et coupa à travers champs pour retrouver la route sur laquelle l'attendait Cécile. Elle démarra en trombe.

Une heure de route plus tard, Cécile s'arrêta dans un hôtel Formule 1 et ouvrit une chambre avec sa carte bleue. Ils prirent chacun une douche et se changèrent. Cécile enfila sa tenue de combat : un tailleur-pantalon treillis Yves Saint Laurent et des bottes Prada. Jean-Philippe s'habilla d'un costume bleu marine.

Ils repartirent aussitôt et ne firent halte qu'une fois pour déjeûner dans une cafétéria au bord de l'autoute. Ce genre d'établissement leur assurait une discrétion absolue. Cécile préféra ensuite les petites routes de campagne, elle savait que les autoroutes étaient équipés de caméras de vidéosurveillance.

A la radio, Jean-Philippe était désormais l'ennemi public numéro un. Des barrages étaient installés. Des forces de police conséquentes se mettaient en place pour le retrouver. Les analyses d'empreintes avaient en effet révélé que les traces sur la tronçonneuse étaient celles de Jean-Philippe. On avait également retrouvé son ADN au domicile de plusieurs victimes.

Cécile questionna son père sur la nuit du crime. Son père se souvint n'avoir pas pris de somnifère le soir précédent. Il était errinté par une longue promenade en montagne, et pensait ne pas en avoir le besoin. A aucun moment, Cécile ne le jugea.

La voiture s'engageait sur une route sinueuse, en direction de l'Espagne. Ils n'eurent aucun mal à traverser la frontière.

Ils roulèrent encore de longues heures. Cécile passa plusieurs appels dans une cabine téléphonique. Elle avait pris soin de couper son portable. La voiture s'enfonça dans une forêt fouillue. Ils se retrouvèrent face à un monastère médiéval.

Ici vivaient des moines en totale autarcie. Ici les téléphones ne captaient aucun réseau. Ici les résidents vivaient totalement coupés de l'humanité. Pas de journaux, pas de radios, ni de télévisions. Des personnes extérieures étaient autorisées à séjourner, à condition de payer une modeste somme et de respecter les usages du lieu.

Jean-Philippe et sa fille furent accueilli sans un mot. Cécile paya un an de résidence. Plus un supplément pour Micheline. Jean-Philippe fut ensuite conduit seul dans une cellule de cinq mètres carrés pour y déposer ses affaires. Il retrouva ensuite Cécile dans le jardin. Les adieux furent douloureux. Cécile promit de lui rendre visite aussi souvent que possible, et de trouver rapidement une solution moins contraignante.

Cécile reprit la route. Le soir venu, un moine ferma de l'extérieur, une à une, chacune des cellules. Les somnifères n'étaient plus d'aucune utilité pour Jean-Philippe.

2 Commentaires:

Anonymous Anonyme dit ...

Super, beaucoup de suspense, je guettais les posts

07 août, 2007 20:53  
Anonymous jeunemodem31 dit ...

Mon lien s'appelle revient lol

08 août, 2007 16:05  

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