]]>

01 août 2007

Le sang d'une nuit d'été - La solitude

Partager
« Le sang d'une nuit d'été »

Chapitre 1 : La solitude

Micheline saluait le réveil de son maître chaque matin du même cérémonial ; un aboiement creva le silence de la maison. Jean-Philippe apparut dans l'instant, ouvrant la porte de la cuisine où était enfermée la vieille chienne. La tête des mauvaises nuits, celles agitées, le corps suait. Bien souvent Micheline pouvait être la seule à le remarquer : Jean-Philippe aimait sa solitude.

A peine retraité de la SNCF, il avait choisi le prix de son indépendance deux années auparavant en acquérant cette bâtisse sans charme aucun. Il l'avait transformée à son image, sobre. Discrètement décorée à l'ancienne. La plus belle pièce exposait sa collection de vinyles dont il s'enorgueillissait, plus de cinq mille oeuvres de rockeurs américains jalousées.

Le vendredi traditionnellement étaient le jour des courses. Jean-Philippe faisait perdurer cette habitude prise alors qu'il travaillait. Depuis le décès de sa femme dix ans auparavant, il s'occupait seul des tâches ménagères. Les achats à l'hypermarché Auchan de la région pouvaient être certaines semaines sa seule sortie. En dehors du hameau il perdait ses repères. Ce vendredi matin de juillet, le magasin était plus fréquenté qu'à l'habitude. Des touristes s'y arrêtaient sur leur trajet de vacances. Jean-Philippe expédia cette rengaine hebdomadaire. Il n'échangea aucun mot en dehors des Bonjour – Au revoir adressés à la caissière.

De retour au village en fin de matinée, il s'étonna de ne croiser personne dans son village. Aucun habitant ne semblait réveillé. Les volets clos et les voitures garées dans les allées. Rien n'avait changé depuis son départ. Jean-Philippe n'y prêta attention, supposant du départ de certains en vacances.

Le début d'après-midi de Jean-Philippe fut occupé à classer une fois de plus ses vinyles, à les dépoussiérer. A échanger sur un forum internet avec d'autres collectionneurs. Il tenait une base de données sur un site spécialisé, et recevait par ce biais régulièrement des offres financières alléchantes pour des pièces rares. Mais l'argent n'intéressait pas Jean-Philippe. Il voulait léguer ses disques à sa fille, Cécile s'en moquait. Pas de place pour entasser des vieilleries, le taquinait-elle. Moderne trentenaire urbaine, cette fille unique avait récupérer la solitude de son père, la beauté de sa mère. Juriste dans un groupe bancaire, elle rendait visite à son père une fois l'an, pendant les périodes creuses de son entreprise, en général lors des fêtes de Noël.

Un grand terrain entourait la maison. L'épagneul de Jean-Philippe aimait y courser les lapins. Et 18 heures sonnant, la chienne promenait tout de même son maître dans les champs et forêt avoisinants. Une promenade quotidienne d'une heure qui faisait garder à Jean-Philippe un physique élancé. Pour se rendre à la Fontaine des Tourelles, dans laquelle Micheline aimait se rafraîchir, ils traversèrent le hameau. Une dizaine de maisons, pour une moitié de fermes occupées d'agriculteurs retraités, pour l'autre de familles en quête de sécurité et de calme. Etonnamment toujours aucun signe de vie. Seuls les chiens aboyaient à leur passage. Pourtant les débuts de soirées estivales, les habitants appréciaient généralement l'abaissement de la température pour se baigner dans leur piscine ou prendre un apéritif en terrasse. Nul enfant jouant sur leur balançoire.

Au retour, toujours aucune âme qui vive. Micheline grognait contrairement à ses habitudes. Jean-Philippe interprèta ce comportement par l'âge de sa fidèle amie. Et le soir venant, la chienne à son habitude se coucha à ses pieds en regardant la série policière de France 2. Le film achevé, Jean-Philippe monta à l'étage se coucher. Espérant une nuit moins agitée, à la fermeture des volets, il observa la vallée du haut de sa maison surplombant le village. Outre les quelques lampadaires de la voirie, aucune maison n'était éclairée. Et étrangement, l'ensemble des fenêtres des voisins fermées, alors même que la douceur de la soirée devait permettre de rafraîchir les pièces des maisons. Jean-Philippe se coucha. Micheline lui souhaita bonne nuit d'un aboiement de sa cuisine.

(A suivre ...)

4 Commentaires:

Anonymous Anonyme dit ...

c'est super! vivement demain!
Simon

02 août, 2007 17:11  
Anonymous fouquet dit ...

C'est aujourd'hui, demain ! Je suis impatient...

02 août, 2007 20:05  
Anonymous isarmel dit ...

Euh, on peut se permettre des critiques ? C'est assez bourré de fautes d'orthographe... Ca manque un peu de ponctuation... Il y a quelques erreurs grammaticales... Après tout, tu mets ces textes en ligne pour avoir un retour, pas seulement pour des bravos, non ?

06 août, 2007 01:14  
Blogger Lancelot dit ...

Evidemment, je suis ouvert aux critiques, et si il y a des fautes je préfère qu'on me les pointe plutôt qu'on ne fasse que le remarquer ;-)

06 août, 2007 14:16  

Enregistrer un commentaire

Liens pour ce post:

Créer un lien

<< Home