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06 août 2007

Le sang d'une nuit d'été - L'arrivée de Cécile

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« Le sang d'une nuit d'été »
Chapitre 6 : L'arrivée de Cécile

Un bruit de klaxon troubla le silence qui régnait dans le village depuis le matin. Un énorme 4x4 aux vitres teintées se trouvait bloqué par la voiture des policiers en faction devant le portail de la maison de Jean-Philippe. Une belle femme en descendit furieuse. Elle commença à prendre à parti la femme policier. Alors que l'altercation risquait de dégénérer, Jean-Philippe sortit, et demanda poliment aux forces de l'ordre de laisser passer sa fille.

Cécile avait sauté dans le premier avion à destination de l'aéroport le plus proche, où elle y avait loué le véhicule le plus puissant. Deux jours plus tôt, elle n'avait pas prêté attention au message de son père sur son répondeur. Mais rentrant chez elle la veille au soir, elle s'était inquiétée en allumant la radio. Après les passages de son père dans tous les journaux télévisés, son entreprise lui avait naturellement accordé un congé.

Elle trouva son père fatigué et le regard vide. Elle reconnut l'homme traumatisé lors du décès de sa femme. Jean-Philippe se réjouit de l'arrivée de sa fille. Son fort caractère de battante allait lui changer les idées. Cécile était sa fierté : elle avait réussi dans la vie, faisait un métier qui lui plaisait. Il respectait sa liberté et son indépendance.

Cécile partit se rafraîchir sous la douche, et se maquiller dans la salle de bain. Elle revint vêtue d'un chic tailleur Channel noir. Ses chaussures Louboutin auraient pu prêter à la raillerie en d'autres circonstances. Ses cheveux noirs tombaient parfaitement sur ses épaules légèrement musclées par les heures de natation. Son visage discrètement maquillé donnait à son regard vert un éclat perçant. Elle ressemblait à une panthère prête à bondir sur quiconque tenterait de l'approcher.

Elle décida de prendre son père en main. Elle l'entraîna vers sa voiture. Alors que la femme policier rétorqua qu'il fut préférable de rester sur place, Cécile répliqua que son père était libre de ses mouvements. Les journalistes encore présents s'engouffrèrent dans leur véhicule, commençant à pourchasser la voiture de Cécile quand elle démarra. Seulement, Cécile entreprit de prendre les petits chemins cabossés pour les en dissuader. Le 4x4 de location roula à vive allure dans les ornières. Cécile finit par semer les journalistes.

Jean-Philippe se demandait comment sa fille réussissait à conduire aussi vite tout en tenant des conversations téléphoniques. Elle invectivait ses subordonnés pour qu'ils s'occupent des dossiers en cours. Jean-Philippe était dépassé par les termes techniques anglo-saxons utilisés à chaque phrase. Au premier magasin, Cécile s'arrêta acheter une casquette et des lunettes de soleil pour son père : elle voulait préserver son anonymat.

Arrivés dans le centre-ville, Cécile et son père flanèrent sur le marché. Cécile en profita pour acheter quelques mets fins. Son train de vie lui interdisait les aliments industriels bon marchés. Les marchands d'ailleurs s'amusaient du passage de cet ouragan : une cliente pendue à son portable dernier cri commandant sèchement ce qui existait de plus cher. Mais tous se délectaient avec envie de sa longue silouette sexy.

Deux nouveaux inspecteurs attendaient le retour de Jean-Philippe. Ils souhaitaient l'interroger une nouvelle fois. Le regard de Cécile, par dessus ses lunettes noires Vuarnet, leur envoya une désapprobation méprisante. Son père encore sous le choc devait se remettre de ses émotions. Mais les policiers avaient un mandat pour perquisitionner le domicile.

Alors que les policiers fouillaient de fond en comble chaque pièce, Cécile joignit un de ses amis, associé dans un cabinet d'avocat renommé. Celui-ci lui transmit les coordonnées de son meilleur confrère de la région ; Maître Choron accepta de s'occuper de Jean-Philippe. Aussitôt informés, les policiers firent une moue d'agacement. Cécile leur décrocha un sourire hargneux de victoire. Les enquêteurs savaient désormais à quoi s'en tenir avec elle.

Deux heures plus tard, et n'ayant rien trouvé, les policiers disparurent de la maison, mais poursuivirent leurs recherches aux alentours. On les voyait déambulant dans vignes et champs de maïs. Bientôt, ils s'attroupèrent près d'un fourré. Précautionneusement, l'un deux brandit une tronçonneuse couverte de sang. Ils venaient de retrouver l'arme des crimes.

Jean-Philippe frissonna. Il avait reconnu l'objet comme lui appartenant. Il en informa sa fille : elle lui fit promettre de se taire, et de mentir si les enquêteurs le questionnaient à ce sujet. Ce qu'ils ne tardèrent pas à faire. Jean-Philippe suivit les conseils de sa fille.

Le dîner, aussi raffiné fut-il, s'avèra plutôt glacial. Jean-Philippe et sa fille n'osaient s'adresser la parole. Cécile entreprit de détendre l'atmosphère et brancha son i-pod sur la chaîne stéréo de son père. La voix suave de Jimmy Scott les accompagna pendant le reste du repas. Des larmes coulèrent sur les joues de Jean-Philippe au milieu de la reprise par le jazzman de « Nothing compares 2 U ». Cécile déplaça sa chaise vers son père et posa sa tête contre le torse de Jean-Philippe. Il lui caressa les cheveux avec amour et tendresse. Elle se mit à sangloter à son tour. L'absence de Francesca se faisait durement ressentir.

Au moment de se coucher, Cécile s'assura que son père prenait bien ses somnifères. La boîte était vide.
(A suivre ...)

2 Commentaires:

Anonymous jeunemodem31 dit ...

J'ai trouvé comment ranger ma liste de blogs : je vais mettre moi aussi "les gentils": de Paris, du Nord... :-)

06 août, 2007 21:23  
Anonymous Anonyme dit ...

c'est beaucoup trop long...

08 août, 2007 23:57  

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