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04 août 2007

Le sang d'une nuit d'été - Les cadavres

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« Le sang d'une nuit d'été »
Chapitre 4 : Les cadavres

Jean-Philippe fut réveillé à 10 heures par un bruit de moteur dans l'allée de son jardin. Les graviers bruissaient sous les roues de la camionnette de la gendarmerie. Le brigadier tenait sa promesse de la veille. Jean-Philippe accueilla le gendarme et son adjoint sur sa terrasse, ils prirent un café, pendant qu'il leur relatait ses recherches infrutueuses de la veille. Rose semblait ne pas avoir de famille. Ils se dirigèrent tous trois vers la maison de la voisine. Les gendarmes frappèrent à de nombreuses reprises à la porte et aux carreaux, sans réponse. Ils firent le tour de la maison pour essayer d'apercevoir l'intérieur de la demeure. Rien ne bougeait. Arrivant devant la porte de la buanderie, ils trouvèrent celle-ci entre-ouverte. Les gendarmes demandèrent à Jean-Philippe de rester à l'extérieur pendant qu'ils entrèrent dans la maison.

Cinq longues minutes. Puis un volet à l'étage s'ouvrit et la tête du brigadier se montra. Son visage pâli transpirait. Jean-Philippe l'interpella mais n'obtint aucune réponse. L'adjoint redescendit et se dirigea directement vers la fourgonnette sans une parole. Il passa alors un appel à la gendarmerie. Il demandait des renforts. Un homicide violent. Jean-Philippe n'écouta pas la suite et courut dans la maison. Il monta quatre-à-quatre les marches et se retrouva face au brigadier qui lui refusa l'accès à la chambre de la vieille femme. Jean-Philippe était bouleversé. Il ne pouvait que retourner chez lui.

Les minutes passaient et les gendarmes étaient de plus en plus nombreux. Fait étrange, l'agitation n'attirait aucun curieux. Rapidement, Jean-Philippe reçut la visite d'un enquêteur qui l'interrogea. Il n'avait pas vu sa voisine depuis trois jours. Il n'avait rien entendu. Rien vu. Non, il ne savait pas qui prévenir du décès de Rose. Le gendarme refusait de lui en dire plus sur les circonstances de la mort de la voisine. Jean-Philippe savait seulement que Rose avait été assassinée.

Jean-Philippe tournait en rond dans sa maison, ne savant que faire. Ce meurtre rendait toute activité impossible. Il ne cessait de ressasser ses derniers instants avec Rose. Il essayait de se souvenir de choses anormales. Cet évènement le faisait replonger dix ans plus tôt. Le décès de son épouse. Il essaya de joindre sans succès sa fille. Il n'avait personne à qui se confier. Rose était sa seule amie depuis son installation au village.

Dans l'après-midi, un mouvement de voitures de la gendarmerie le tira de son cauchemar éveillé. Les voitures fonçait en direction du bas du village, toute sirène hurlante. Un gendarme devant sa maison lui déconseilla de sortir de chez lui. Une heure plus tard, les forces de l'ordre envahissait le hameau. Partout des gendarmes, des policiers, un hélicoptère, et même des militaires. Il vit de la fenêtre de sa chambre, à l'étage, chaque maison être visitée par des hommes tout de blanc vêtu. Il alla chercher ses jumelles qu'il gardait dans une armoire. Il observa au dos des combinaisons l'inscription « police scientifique ». Jean-Philippe ne comprit plus rien. Tout autour du village, les gendarmes interdisait l'accès aux voitures. Le village était coupé du monde extérieur. Jean-Philippe était seul avec des hommes et femmes en uniforme.

Enfin, il reçut la visite de deux inspecteurs en civil. Il les reçut en son salon autour d'un café. Le plus jeune des policiers affirmait n'avoir encore jamais vu un tel carnage. On l'informa enfin des raisons de tout cet agitement. Le corps de Rose et celui de dix-huit autres habitants du village avaient été découverts. Tous assassinés. Attrappés pendant leur sommeil pour la plupart. Manquaient toutes les têtes. Les dix-neuf victimes étaient mortes décapitées, vraisemblablement au moyen d'une tronçonneuse électrique. Les corps baignaient dans le sang. Tous les cadavres avaient été découverts dans leur lit, certains semble-t-il y avaient été placés après coup. L'annonce du carnage assomma Jean-Philippe. Il était le seul survivant. Des vingt habitants du village, il ne restait plus que lui.

Les inspecteurs l'interrogèrent pendant plus d'une heure. Le questionnèrent sur ses activités des jours précédents. Sur sa vie familiale, son ancienne activité professionnelle, les raisons de son emménagement dans le village. Jean-Philippe eut l'impression d'être inutile. Mais se soumettait à leur interrogatoire. Toutes ces questions l'empêchait de penser.

Les sirènes et les girophares ne s'arrêtèrent pas de la nuit. Jean-Philippe ne put fermer l'oeil de la nuit, malgré les somnifères.
(A suivre ...)

1 Commentaires:

Blogger FalconHill dit ...

Sympa de prendre le café devant ton blog le matin, en ce moment.

Bonnes vacances

05 août, 2007 11:10  

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