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03 août 2007

Le sang d'une nuit d'été - Les secours

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« Le sang d'une nuit d'été »

Chapitre 3 : Les secours

Jean-Philippe se souvenait du Père Denis. Ils s'étaient rencontrés une première fois lors du mariage des Dubois, un couple du village. L'ensemble des habitants avait assistés à la cérémonie religieuse célébrée par le prêtre du canton. Le Père Denis, Patrick Denis de son vrai nom, se chargeait des offices dans cinq églises, baisse de la fréquentation oblige. Ainsi il tournait chaque semaine, au rythme de deux messes chaque dimanche. A 9 heures 30, deux touristes anglais s'étaient joints aux fidèles d'un village avoisinant. Puis le prêtre s'était rendu dans le village de Jean-Philippe pour porter la parole de Dieu à ses ouailles. Surprise !, l'église était déserte. Le Père Denis patienta quelques minutes puis repartit.

Sur le chemin, il s'arrêta chez Jean-Philippe. Il espèrait obtenir quelques explications sur cette soudaine désertification. Rose et quatre autres personnes âgées ne manquaient jamais le culte dominical. Et le Père Denis se souvenait de la sympathie entre Jean-Philippe et sa voisine, remarquée lors du mariage des Dubois. Jean-Philippe n'eut malheureusement aucune réponse à apporter aux interrogations du prêtre. Ils se rendirent tous deux au domicile de Rose, et trouvèrent porte close. Ils frappèrent au carreau de la cuisine, appellèrent la vieille femme, sans apercevoir le moindre signe de vie.

Jean-Philippe rapporta sa visite déjà infructueuse de la veille. Deux jours sans réponse, cela ne ressemblait pas à Rose. Le Père Denis lui conseilla de se renseigner, savoir si elle avait de la famille dans la région. Puis s'en retourna à son presbytère.

Jean-Philippe fit une recherche dans l'annuaire et trouva deux personnes portant un patronyme identique à celui de Rose. Ni l'un, ni l'autre n'était un parent de Rose. L'anxiété de Jean-Philippe s'accentuait d'heure en heure. Il décida de contacter les hôpitaux des environs. Aucune présence de Rose. Il appela ensuite la morgue. Aucune trace de Rose. Il joignit la gendarmerie du canton. On lui expliqua que Rose n'étant pas de sa famille, il ne pouvait rien faire.

Il prit donc sa voiture, et se rendit à la gendarmerie, espèrant qu'il serait mieux écouté s'il se rendait sur place. Le poste se situait à sept kilomètres de son domicile. Il manqua à deux reprises de chuter dans le fossé des routes sinueuses. Il trouva le brigadier au téléphone. Et son adjoint lui demanda d'attendre la fin de l'appel pour éviter d'avoir à répèter ses aventures.

Jean-Philippe commençait à perdre patience : le brigadier parlait depuis plus de dix minutes avec son épouse du choix de leur destination de vacances. Il préféra garder son calme. Ne jamais froisser un représentant de l'ordre. Enfin, le gendarme raccrocha et Jean-Philippe put raconter le motif de sa venue. Le brigadier répèta qu'il lui était compliqué de lancer une enquête pour disparition. Jean-Philippe insista, le brigadier l'encouragea à se renseigner auprès de la famille de Rose. Seulement la Poste était fermée, Jean-Philippe n'était pas équipé d'Internet, et il n'avait en sa possession que l'annuaire du département. On l'autorisa alors à utiliser le vieux Minitel de la gendarmerie.

Jean-Philippe nota la quarantaine de numéros de téléphone dont le nom était identique à celui de Rose. Il ne fit guère attention aux limitations de vitesse pour rentrer chez lui, et fonça sur son combiné téléphonique. Trois heures plus tard, la totalité des personnes contactées - pour certaines un message laissé sur le répondeur – toujours dans une impasse, Jean-Philippe sombra dans une inquiétude profonde.

Il rappela le brigadier. Celui-ci promit de passer le lendemain matin chez Rose. De faire le maximum. Jean-Philippe ne put rien avaler à son dîner. Il prit deux somnifères puis se coucha.

(A suivre ...)

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