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27 août 2007

Université d'été des Gracques

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Hier se tenait la première université d'été des Gracques. Souvenez-vous : cette poignée de hauts fonctionnaires pour la plupart, anciens membres de cabinets ministériels socialistes, avaient appelé à une alliance, pendant la campagne des présidentielles, entre le PS et l'UDF. Voici un petit récit de cette journée parmi eux.

Arrivée matinale, en retard, en Vélib, après avoir tourné pendant plusieurs dizaines de minutes pour trouver un point d'attache pour mon vélo, je rate donc l'intervention d'Anthony Giddens. Il est professeur à la London School of Economics, et l'un des penseurs de la 3ème Voie, influançant fortement la politique économique de Tony Blair.

Sur le scène du Théâtre de la Villette se tient donc la première table ronde lorsque j'arrive. Animée par Bernard Spitz, membre des Gracques, le thème est "les raisons sociologiques de la défaite". Ce sera la meilleure table ronde, la plus intéressante, celle où l'on apprend beaucoup. Pour débattre et échanger, notamment Brice Teinturier de la TNS-Sofres : il nous commente un sondage montrant le souhait des "français", du moins ceux de l'échantillon, d'un rapprochement entre le centre et la gauche. L'intervention d'Hervé Le Bras, directeur d'étude à l'EHESS, portera sur une analyse voulant prouver que les raisons de la défaite de Ségolène Royal sont plus historiques et géographiques. Très intéressante intervention d'Hakim El Karoui, président du club XXIème siècle, passé par le cabinet de Jean-Pierre Raffarin, mais ayant appelé à soutenir la candidate du Parti Socialiste. Alain Bergounioux, secrétaire national du PS et Yolande Briand de la CFDT, attireront moins mon attention. Mais Olivier Duhamel (prof à Sciences Po) fera du Duhamel, et prononcera notamment une petite phrase drôlissime : "Les Verts, comme parti c'est ce qu'il y a de pire, comme courant ce qu'il y a de mieux".

Pause déjeuner, puis deux nouvelles tables rondes l'après-midi. Le journaliste au Monde, Eric Le Boucher, l'historien Jean-Noël Jeanneney et l'ancien ministre Jorge Semprun n'arriveront pas à me faire véritablement intéresser à leurs propos sur "les raisons programmatiques de la défaite". Table animée par Guillaume Hannezo. Je trouve l'écrivain Erik Orsenna arrogant et suffisant. Seule Julie Coudry saura attirer mon attention : je découvre une très bonne oratrice en la présidente de la Confédération Etudiante. Elle nous narrera des anecdotes sur la campagne, notamment une rencontre avec Ségolène Royal, durant laquelle cette dernière leur annoncera des propositions en totale contradiction avec le projet du Parti Socialiste. Selon Julie Coudry, très symptomatique de la campagne socialiste. Mais le pire sera sans nul doute l'intervention de Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo : il ne fera que lire un pamphlet anti-Royal. Ce n'est pas que j'affectionne la candidate PS, mais je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de constructif à dire que Ségolène Royal est de droite ou encore "ce qu'il y a de pire à gauche", pour les propos les plus sympathiques. Ce genre d'intervention, pseudo-lyrique et faussement proustienne, mais totalement lue, selon moi nuit plus qu'autre chose à la crédibilité des Gracques : du pain bénit pour la presse.

Dernière table ronde sur "les raisons politique de la défaite et les voies de la refondation". Stéphane Boujnah anime. Les intervenants sont les stars de la journée : Peter Mandelson, très brittish, commissaire européen, un proche de Tony Blair : il essaiera de dresser les raisons de la victoire du New Labour et les exemples que les français pourraient en tirer. Puis Walter Veltroni, maire de Rome, et futur probable président du grand parti social-démocrate italien. Enfin Michel Rocard s'exprime à cette table ronde. On n'y aura pas appris grand chose de passionnant, sinon ce que l'on sait déjà sur l'acceptation indispensable selon eux de l'économie de marché pour le bénéfice de tous. Je caricature.

Pour terminer, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque me surprendra : je le prenais pour un "pataud", ils s'avère être un diesel. Mou au départ, très bon sur le long de son discours. Je retiendrai deux choses de son intervention : il faut que le PS cesse de faire des synthèses et qu'elle passe enfin à l'action. Mais aussi, il faut que les politiques, la gauche en général, laisse les syndicats faire leur boulot. Un grand cri du coeur. Pour lui il faut que les femmes et hommes politiques cessent d'être via leur parti les courroies de transmission du syndicalisme : les syndicats servent des intérêts corporatistes, particuliers ; aux partis de s'occuper des intérêts généraux.

Voila sur les débats et le fond de la journée. Pour les anecdotes, on a pu noter la présence de deux invités assez particuliers : tout d'abord le député européen Henri Weber, un fabiusien ; mais aussi celle de Jean-Louis Gergorin, ancien président d'EADS mis en cause dans l'affaire Clearstream.

Je n'ai cessé d'observer la forme (comme toujours). Le lieu d'abord : le théâtre de la Villette est sublime, tout de pierres froides et grises, avec des piliers et des voutes. Ajouté à cela une table sur la scène recouverte d'un drap noir, et j'avais l'impression d'assister à une réunion secrète de templiers. L'assistance également : je m'étais habillé classement, un pantalon velours noir et une chemise bleue ciel. Je ne dénotais pas, mon feeling était bon. L'assistance essentiellement masculine se caractérisait par une prédisposition à s'habiller le week-end comme la semaine en allant à leurs bureaux, la cravate exceptée. Une ambiance très "banquiers" quinquas clairs de peau ultra-BCBG.

Lors de cette journée, j'ai retrouvé trois camarades du MoDem (eh oui !), notamment ma rayonnante Quitterie Delmas, rentrée fraichement de vacances, et remontée à bloc, ce dont je me réjouis ! Je salue également deux bloggeurs : le sympatiquissime Abadinte (le seul en tee-shirt) et le discret Christophe Grébert.

Je me souviens, il y a un an, j'étais à Frangy-en-Bresse, à la Fête de la rose organisée par mon ex-camarade Arnaud Montebourg. Que de chemin en une année. Un ami avec qui j'ai échangé quelques SMS hier m'a communiqué ce petit message : "Frangy ... panne".

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5 Commentaires:

Anonymous toli dit ...

ça semblait, le seul évènement intéressant du week-end, et tu y étais... Loin de Melle, de Frangy. Joli le Sms ! Merci pour ce ptit compte-rendu.

27 août, 2007 13:04  
Anonymous Jeune MoDem 31 dit ...

je viens sur invitation de ledru-rollin et je ne regrette pas: très intéressant !

PS: sans invitation, je serai quand même venu ;-)

27 août, 2007 13:48  
Blogger Lancelot dit ...

Toli : ce n'était pas si passionnant que ça ;-)

Jeune MoDem : il est gentil ledru-rollin !

27 août, 2007 20:12  
Anonymous Photine dit ...

"Il faut que les politiques, la gauche en général, laisse les syndicats faire leur boulot."

Malheureusement, on leur laisse trop faire le boulot... et ça donne de bons résultats : ils étaient où, les syndicats, lors de l'adoption de la loi CNE ?
S'il y a bien un sujet (droit du travail) qui les concernait, c'est celui-là. Or, rien, inaudibles, incompétents, à part la CGT, qui a déposé plusieurs recours, dont un qui a qqs chances d'aboutir.

28 août, 2007 11:26  
Blogger Christophe Grébert dit ...

RDV très intéressant. Que ca fait du bien d'entendre des gens de gauche parler du marché sans s'étrangler.

Je suis favorable à la dissolution du parti socialiste. Abandonnons le terme dépassé de socialiste et construisons un parti démocrate et social.

31 août, 2007 00:33  

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