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24 février 2008

La Fille sans visage, de Patricia MacDonald

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Le Livre de Poche m'a fait parvenir les deux premiers ouvrages du mois de Février, comme chaque membre du jury du Prix du Livre de Poche, dans la catégorie Polar. Je vous avais promis la critique des 15 livres que je vais lire dans ce cadre. Je me transforme donc en critique littéraire.

Premier donc, un polar de Patricia MacDonald : La Fille sans visage. Je n'ai pas aimé. Du tout. L'histoire ? Un médecin, le docteur Avery, a été condamné pour le meurtre de son épouse. A sa sortie conditionnelle, le médecin retrouve ses trois enfants : sa fille Nina et ses fils Jimmy et Patrick. Le docteur a son tour est retrouvé mort. Alors gros suspense : suicide ou meurtre du docteur Avery ? A-t-il vraiment tué son épouse ? On navigue donc entre les vies des trois enfants. Pour arriver à une chute très attendue.

Le gros problème de ce genre d'ouvrage : la caricature. Construction caricaturale : l'histoire va en s'accélérant alors que toute l'intrigue se joue dans les dix dernières pages. Mais surtout, personnages caricaturaux. La fille Nina, comédienne qui galère, habitant à New-York, hébergée par son meilleur ami pédé scénariste à succès. Celle qui croit en l'innocence de son père et n'arrive pas à construire sa vie de ce fait. Le fils Patrick, banquier très riche, bling-bling à souhait, aux goûts vulgaires, marié (forcément) à une cruche ayant raté sa vie, père de deux jumeaux (forcément) insupportables. Celui qui déteste son père et l'a toujours accablé dans sa culpabilité. Le fils Jimmy, ex-alcoolique, ex-drogué, rattrapé et sauvé par la religion, devenu trop pratiquant, élevé par une famille d'accueil simple mais aimante. Celui qui essaye d'oublier.

Bref, l'horreur. Des personnages vus et lus des centaines de fois. Une histoire pas très passionnante, rabâchée à foison. Une fin prévisible dès le milieu de l'ouvrage : prenez celui qui est le plus discret dans les rôles secondaires, et vous trouverez le coupable.

Un ennui total. Une écriture hasardeuse, ou une traduction approximative. Un livre sans style. Certes on lit ce livre sans effort. Comme un roman de gare. Comme on peut voir une série télévisuelle. Du pré-mâché. Du prêt à jeter. Une écriture sans panache, sans âme, sans talent, qui se reconnait au premier coup d'œil de part l'utilisation plus qu'abusive des verbes "être" et "avoir".

Un extrait, pour forger votre propre opinion. Celui de la découverte du corps de la mère dans le prologue (il y a forcément un prologue) par le docteur Duncan Avery et sa fille Nina :

"Le salon était éclairé. Apparemment, une seule lampe était allumée - peut-être le lampadaire à côté de la bibliothèque. Elle suivit ce rai de lumière et entra dans la pièce. Il lui fallut une bonne minute pour accommoder, pour que son regard enregistre ce qu'il voyait. elle poussa un cri étranglé.
- Nina, dit son père.

Il était accroupi sur le tapis d'Orient, près de la table basse. Son large visage aux traits parfaitement ciselés était blême et laqué de sueur. Il était ébouriffé, il avait retiré sa veste mais pas sa cravate. Le devant de sa chemise était souillé. Sur le tapis gisait la mère de Nina, elle agrippait le journal, comme si elle l'avait entraîné dans sa chute. les yeux de Marsha étaient ouverts, figés, ils reflétaient une expression de panique. le devant de son pull à col roulé était déchiré, une large tache noire s'étalait sur sa poitrine. Son jean et même ses chaussettes blanches étaient constellés de taches noires. Près de sa tête, sur le tapis, il y avait un couteau. Nina le reconnut. Il venait du bloc à couteaux de la cuisine. La lame aussi était tachée.

- Mam, oh mon Dieu !"

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2 Commentaires:

Blogger Leptitbenji dit ...

L'extrait, autant que votre critique, ne donne pas envie de continuer la lecture.
Next!

24 février, 2008 20:12  
Anonymous Anonyme dit ...

Je suis très étonnée de la critique car j'ai adoré tous les livres de Patricia Mac Donald. Celui ci est-il moins bon que les autres, ou n'aimez-vous aucun de ses lives?

24 mars, 2008 07:35  

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