]]>

28 février 2008

Marre des "maman" et "papa" !

Partager
MAMAN : Terme affectueux par lequel un enfant désigne et appelle sa mère, et qu'emploie aussi toute personne qui lui parle de sa mère avec une certaine familiarité.

La définition vient du dictionnaire de l'Académie Française. Je ne vous apprends pas la définition du mot "maman". Mais notez bien le dernier mot de cette définition : familiarité. Terme familier donc.

Agacé je suis par l'utilisation à outrance du mot "maman". Que Lorenzo Delloye, le fils d'Ingrid Betancourt, utilise ce mot lors de ces déclarations, cela ne me choque guère (mais m'énerve quand même). Je n'aime pas entrer dans l'intimité des personnes qui me sont étrangères.

Désormais tout le monde se présente comme la maman de. Toute mère de famille est présentée dans les médias comme la maman de. Les people devenant parents deviennent ne deviennent pas "mère" mais "maman". Auquel on ajoute généralement "du petit machinchose". On imagine pourtant bien que la "maman" n'a pas accouché d'un adulte.

Regardez. Le Figaro : "Kim Clijsters maman d'une petite fille". TF1 : "Jennifer Lopez, maman de jumeaux". 20minutes : à propos du tram à Bordeaux :"Cela va nous permettre d'aller plus souvent et plus facilement en ville, estime Aïcha, la maman de deux petites filles". France Soir : "La préfecture des Bouches-du-Rhône a accordé six mois de sursis à la maman de Walid, ce jeune Algérien atteint de la maladie des enfants de la lune". Le Parisien : à propos du parrainage d'enfants mort durant la Shoah : "L'idée est bonne mais trop restrictive, estime cette maman de 38 ans". Libération : "la maman de François Hollande est présente sur la liste PS à Cannes". L'Humanité : "les conséquences de la fermeture d’une maternité, une jeune maman de Lannemezan en a justement fait les frais".

Je pourrais continuer des lignes et des lignes. Les "maman" envahissent toute la presse écrite. Mais regardez la télévision. Pas un JT où le témoignage de la mère du victime d'un fait divers ne soit sous-titré d'un "Andrée, maman du disparu", ou "Andrée, maman de petit Nicolas". Ecoutez la radio. Pas une de ces (inutiles car omniprésentes) émissions dites de société dans lesquelles les animateurs (ou plus souvent animatrices) n'évoque ces "maman" faisant le beurre de psychanalystes-psychothérapeutes-psychomotriciens-psychologues médiatiques vendant des livres comme des couches Pampers.

Marre de ces "maman". Marre de ces "papa". "Maman" et "papa" sont ma mère et mon père (si vous me lisez, je vous embrasse fort). Les parents des autres ne sont pas les miens. Et ne sont pas "maman" et "papa". Par pitié, cessez.

Cette utilisation abusive me semble récente. Le parfait exemple de la société des sentiments qui nous envahit. Appréciée par les storytellers en politique. Tout ce qui nous guide transite par les émotions. Ce qui ne se vit pas ne mérite plus d'attentions. Alors on en rajoute des couches et des couches. Pour toujours et encore toucher le public, le consommateur, l'électeur au plus profond de ses tripes. L'individualisation de la société se compense par la proximité fictive transmise par les médias.

Sus aux "maman" et "papa".

Libellés : , ,

17 Commentaires:

Blogger Dagrouik dit ...

Peux t'on oser sus aux tantes ?

28 février, 2008 19:50  
Blogger Guillaume De Thomas dit ...

Allo ? C'est quoi là ? Un complexe d'œdipe ou quoi ? :>>

28 février, 2008 19:52  
Blogger Tahar, coeur de lyon dit ...

On voit Luc que tu n'es pas marié.
Parce que qu'en tu auras goûté à belle maman, tu regrettera la maman.
Et ce week end , je crois que c'est la fête des grandes mamans pardon grand mères.
Tahar, coeur de Lyon

28 février, 2008 20:40  
Blogger Dagrouik dit ...

la fête des grand-mère c'est pas le truc sponsorisé par les cafés du même nom? le truc commercial? comme la ST Valentin ?

28 février, 2008 20:43  
Anonymous ouinon dit ...

Ouep, +1.
J'avais moi aussi remarqué le phénomène depuis quelques années. Je m'y suis habitué mais l'usage du « Maman » m'énervait grandement à l'époque du Loft et les premières années de la Star Academy.

Perso, en ce moment, il y a aussi les « ou pas » en fin de phrase qui me saoulent, je tenais à le dire pendant que j'y suis ;-)

28 février, 2008 20:50  
Anonymous Agathe dit ...

De tous ceux que tu cites, le seul a qui je donne raison de le faire est Lorenzo Delloye (et sa soeur). Pour faire reagir, il est oblige d'essayer de creer un sentiment de compassion, il n'a pas beaucoup d'autres armes... Il n'a aucun pouvoir de decision, il est oblige de se preter a la mediatisation, et creer un lien avec son auditoire fait partie de son "combat". Tout le monde a une maman...

Et a part ca, j'aime beaucoup le commentaire de Ronald : "Sus aux tantes" ! ;-)

28 février, 2008 21:03  
Anonymous Dominique dit ...

D'autres en ont déjà fait la remarque avant :
http://consottisier.blogs.liberation.fr/marie_dominique_arrighi/2007/06/au_secours_mama.html
http://www.dicomoche.net/forums/index.php?act=ST&f=6&t=1649&s=91aa2f664209c8b55ec05868210cfc74
Et j'en ai parlé aussi sur mon blogue ou dans des forums il y a quelques années.

28 février, 2008 21:29  
Anonymous Bruno Lamothe dit ...

maman est un mot familier, pas vulgaire. Familier, parce qu'il tient plus du parler de la conversation. En réalité, c'est une onomatopée du langage enfantin peu à peu passé dans le langage ordinaire.

Il s'utilise, en fait, depuis plusieurs siècles (citons les écrits de madame de Maintenon, de Racine, ou Rousseau), avec des personnes dont on se sent une complicité, un certain lien affectif.

Maintenant, c'est vrai que, utilisé par les journaliste, ça infantilise quand même beaucoup les lecteurs...

(voilà, c'était ma petite intervention "culture" du mois...)

28 février, 2008 21:56  
Anonymous jeandelaXR dit ...

Proximité et distance, tu et vous.
Moi, pour désigner mon père, je disais : "Le père", je n'ai jamais dit : "Papa" sauf pour lui parler. Le Comte de Champignac me précède, Mais je pensais à lui pour qu'il en parle plus avant.
Lorenzo B. parlant de sa maman, Oui!
Un journaliste parlant de "la maman de…" Non!

28 février, 2008 23:03  
Anonymous Anonyme dit ...

ah merci Luc ! Je ne suis pas le seul à pester devant les discours de la fille Betancourt. C'est triste, c'est moche mais l'overdose de "maman" fait naître un petit sentiment d'irritation.

29 février, 2008 01:59  
Blogger Marion Narran dit ...

C'est assez moche penser ça, je sais, les "mamans" des enfants Betancourt m'agacent à chaque fois que je les entends.

Mais je crois que c'est leur seule arme, la compassion.

29 février, 2008 09:46  
Anonymous Anonyme dit ...

tu es trop émotif, narcisse
on a les colères à la hauteur de ses sentiments;)

om, tu as tt mon soutien tout mon amour tte mon émotion ts mes sentiments buzzesk

29 février, 2008 10:23  
Anonymous le chafouin dit ...

Très juste luc! Ilm m'est arrivé d'écrire ce fameux "maman" dans un article, je trouvais que le mot "mère" était un peu distant. Mais en effet, tu as raison de souligner que cette distance n'est pas forcément un mal.
Merci de ce rappel salutaire!

29 février, 2008 10:33  
Anonymous Anonyme dit ...

c vrai
"ma mère enfermée violée en train de crever mourante tic tac ds 2 semaines"
c mieux que
"maman ..."

j'y avais pas pensé. merci de cette remarque salutaire qui témoigne d'une grande sensibilité aux autres! pas d'émotion du tout surtout, juste un communiqué blog

quelle leçon de vie! merci brrrr quel esprit l'oiseau...

29 février, 2008 10:42  
Anonymous Anonyme dit ...

plutôt que d'effacer tes posts sur nanaouich tu devrais effacer celui la

29 février, 2008 13:02  
Anonymous ouinon dit ...

Ce n'est pas forcément de la distance, c'est juste du Français. Maman est un langage lié à l'affectif, à l'enfance, presque familier (voir les définitions des dicos). Utiliseriez-vous « la mamie » ou « la tata » pour parler d'une grand mère ou d'une tante ?

Que les enfants donnent du « maman » pour parler de leurs mères, pourquoi pas, mais que les journalistes s'en servent pour faire du sensationnel, ça peut prêter à débat.

29 février, 2008 13:16  
Blogger zahra dit ...

Pour les enfants Betancour, j'ai toujours pensé que c'était surtout dû à leur éducation. Les quelques bourgeois que j'ai rencontré ont souvent tendance à dire maman au lieu de ma mère.
Ca me choque d'ailleurs toujours.
J'ai l'impression que dans l'utilisation de ce mot il y a aussi une connotation qualitative. Une maman est tout en bonté, tandis qu'une mère avec les sous entendus que cela implique peut avoir deux visage. Une mère, c'est un terme finalement plus neutre.
Les journalistes utiliseraient donc ce terme afin de donner une caution morale supplémentaire.

01 mars, 2008 00:47  

Enregistrer un commentaire

Liens pour ce post:

Créer un lien

<< Home