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23 février 2008

Sarkozy, ce grand malade

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Extraits de l'article de Lluís Bassets, directeur adjoint du journal espagnol El País, rapporté par Courrier International.

Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyper­dirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu’ils ont écopé d’un président comme ils en ont déjà connu beaucoup d’autres : à savoir malade, limité, qu’il faut dorloter et protéger tout en s’organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir. La situation n’a rien d’inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pendant une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable.
(...)
En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d’achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges : “Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?” En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n’a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public – et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco.

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5 Commentaires:

Blogger balmeyer dit ...

oh c'est bon ça ! Tu ajoutes à ça une bonne vieille censure et le portrait est complet !

23 février, 2008 14:54  
Blogger Guillaume De Thomas dit ...

@Balmeyer : on ne voit vraiment pas en quoi c'est bon... Mais alors vraiment pas.

@Luc, comme je viens de te le dire sur MSN, ton extrait est vraiment stérile ; ca ne fait en rien avancer le débat, ça n'apprend rien

23 février, 2008 15:03  
Blogger balmeyer dit ...

Guillaume : c'est écrit avec une certaine verve. Ça compte ! Ça traduit bien ce passage du "candidat providentiel" au "chef d'opérette".

Traduire, exprimer cette sensation que pas mal de gens ressentent, brosser un tableau, ça n'apprend rien, mais ça m'inspire un grand sourire.

23 février, 2008 15:15  
Anonymous Guillaume dit ...

L'intérêt d'un tel texte, cher homonyme, c'est de se sentir un peu moins seul, de ne pas craindre pour sa lucidité en constatant que de grands esprits à la plume libre semblent avoir la même vision de notre président.

Par ailleurs quel débat veux-tu faire avancer, franchement ? Nous sommes coincés pendant cinq ans. Et même lorsqu'on veut agir, la politique nous rattrape et nous plaque au sol (cf dernier article de mon blog). Il ne reste qu'une désillusion désabusée, teintée de frustration. Nous sommes sans moyens.

23 février, 2008 16:03  
Blogger Hervé Torchet dit ...

Ca prouve que JF Kahn avait raison...

23 février, 2008 18:28  

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