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21 février 2008

Vers holorimes

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Vous ne connaissez pas les vers holorimes ? Selon la définition de wikipedia, "un poème holorime est un poème constitué de vers entièrement homophones ; c'est-à-dire que la rime est constituée par la totalité du vers, et non pas seulement par une ou plusieurs syllabes identiques à la fin des vers comme dans la rime classique".

Cette figure de style m'émerveille depuis très longtemps, je n'ai pas le souvenir de la date de ma première rencontre avec mon premier vers holorime. Je me souviens cependant duquel il s'agit, régulièrement attribué à Victor Hugo, mais il semblerait que l'auteur en soit Henri Monnier :

Gall, amant de la reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l'arène à la tour Magne, à Nîmes

Victor Hugo cependant est l'un des maîtres es holorimes. parmi mes préférés, celui-ci :

Et ma blême araignée, ogre illogique et las,
Aimable, aime à régner au gris logis qu'elle a.

Le poème holorime le plus sublime est selon moi de Prévert :

Dans ces bois automnaux, graves et romantiques,
Danse et bois aux tonneaux, graves et rhum antique.

Net et vibrant, le chant d'une bergeronnette

Naît et vibre en le champ d'une bergère honnête.

Hérédia lisant Verlaine - Ah joli don !

Erre et dit à Lise en vert lainage : "Oh ! Lis donc"

Saoul, l'heureux gars Raimu descend, pas sans dangers,

Sous le regard ému des cent passants d'Angers.

L'un de mes poètes préférés s'y est également essayé, Charles Cros :

Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,
Où, dure, Ève d'efforts sa langue irrite (erreur!)

Ou du rêve des forts alanguis rit (terreur!),

Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses.

Mais poétiquement parlant, la palme de la poèsie holorime revient sans conteste à Louise de Vilmorin, auteure notamment de ces vers :

Elle sort là-bas des menthes,
La belle Ève a l'âme hantée

Et le sort l'abat démente.

L'abbé laid va lamenter.


Mais les vers de Louise de Vilmorin les plus célèbres restent sans conteste ces derniers :

Étonnamment monotone et lasse
Est ton âme en mon automne, hélas !

Les vers holorimes, une parenthèse poétique sur ce blog. Les vers holorimes, malheureusement souvent relégués au bas étage du jeu de mots pourri et vulgaire, régulièrement portés au même niveau que les concours de contrepèteries. Je souhaitais réhabiliter ce talent.

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6 Commentaires:

Anonymous jeandelaXR dit ...

Et aussi :
"Dis, beau Lama, t'as mal au bide ?"
À l'envers, ça fait ?

21 février, 2008 18:33  
Anonymous Olivier Autissier dit ...

Ils demandent incontestablement un véritable talent, ils sont néanmoins assez nauséeux à lire, voire illisibles. Ils n'ont, à mon sens, surtout le leur que pour l'exercice de style, figure emblématique de l'écriture peu enclin au succès aussi. Mais qui suscite tant de plaisir à celui qui s'y adonne.
Un peu comme "La disparition" de Perrec. C'est fabuleusement extraordinaire mais qu'est-ce que c'est chiant à lire. Si tant est qu'on y parvienne jusqu'au bout !

21 février, 2008 20:00  
Blogger Lancelot dit ...

@ Jean >> pas trouvé ...

@ Olivier >> je ne suis pas d'accord, mais la poésie est faite pour être lue sur papier, avec du calme et du temps.

21 février, 2008 20:07  
Anonymous jerome dit ...

Merci pour cette parenthèse poétique sur ton blog. C'est un art trop délaissé. Et pourtant notre époque en a vraiment besoin!

21 février, 2008 22:39  
Blogger Guillaume De Thomas dit ...

@Jerome : notre époque a surtout besoin que nos écoles sachent intéresser nos élèves à cet art... et le transmettre !

22 février, 2008 09:52  
Anonymous jeandelaXR dit ...

"Dis, beau Lama, t'as mal au bide ?"
À l'envers, ça fait ?
"Dis, beau Lama, t'as mal au bide ?"
Lire à l'envers. C'est un effet sonore
Cela dit, on est dans la forme, la poésie, c'est le fond.

22 février, 2008 12:37  

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