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01 mars 2008

Le piège de Dante, d'Arnaud Delalande

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Après La Fille sans visage de Patricia MacDonald, Le piège de Dante d'Arnaud Delalande est le second ouvrage pour lequel je deviens critique littéraire en tant que membre du jury du Prix du Livre de Poche, dans la catégorie Polar.

En un mot : catastrophe. Rares les livres pour lesquels je saute des paragraphes, et encore plus des pages. Avec Le piège de Dante, je m'y suis contraint, voulant achever sa lecture sans (trop) désespérer.

Arnaud Delalande nous emmène dans le Venise du 18ème siècle. On y retrouve son héros, Pietro Viravolta, sorte de Casanova cheap, surnommé l'Orchidée Noire. Libéré de prison par le Doge, le chef de l'Etat de Venise, Viravolta se retrouve à combattre des ennemis désirant faire le siège de Venise et tuer ce même Doge. On plonge dans les coulisses du pouvoir de cette ville. On y parle de Dante, inspirant les meurtres perpétués dans le but de perturber la sérénité de Venise.

Deux gros problèmes nuisant gravement à l'intérêt de la lecture de ce livre. Tout d'abord le personnage principal. Présenté comme un compagnon de Casanova, comme un séducteur libertin, un aventurier prêt à tout pour sa liberté, à un homme de goût et charismatique, à un flambeur joueur et grandiose ; il s'avère que la description ne correspond pas du tout au fait. Au cours de la lecture, Viravolta renvoie plutôt l'image d'un adolescent pré-pubère romantique trop fleur bleue. Rien que du politiquement correct dans son comportement, et au final un héros sans panache aucun.

Deuxième défaut, la volonté de l'auteur de nous plonger dans l'histoire. Malheureusement, Arnaud Delalande s'y prend très mal. On se retrouve avec des (très longues) pages de descriptions historiques. Sans que l'histoire n'avance. Autant dire, un ennui profond. Je ne lis pas un polar pour recevoir des cours d'histoire. L'abus de détails n'apporte strictement rien. N'est pas Balzac qui veut.

Encore une fois, les rebondissements et la trame n'apportent aucune originalité. Dans le livre, il y a plein de méchants : le méchant, le grand méchant, le super méchant, l'hyper-méga méchant. Et pas de bol, l'on démasque l'identité de l'hyper-méga méchant très rapidement, dès que l'auteur nous signale le lien entre les meurtres commis et La Divine Comédie, l'ouvrage de Dante. Et puis rien, sinon un duel final pathétique de déjà-vus.

Pour l'anecdote, avant d'écrire cette critique, je me suis aperçu que je n'avais pas achevé la lecture de ce polar. Qu'il me restait encore 5 pages. Et pourtant, j'étais persuadé de l'avoir achevé. C'est dire l'intérêt porté au suspense.

Finalement, Arnaud Delalande nous offre ici un livre à la croisée entre le Da Vinci Code de Dan Brown et les livres de Max Gallo. Avec encore moins (c'est dire) de style dans l'écriture. A propos de style, Arnaud Delalande adore les italiques. Italiques pour transmettre la pensée du personnage principal. Italiques pour accentuer le suspense. Mais ces italiques n'apportent rien, sinon sourires et soupirs de dépit.

Extrait, la découverte du premier cadavre dans un théâtre :

"Ce fut à cet instant seulement que Pietro perçut l'odeur. Cette odeur immonde, de sang et putréfaction, qui monta soudain à ses narines, le submergeant à mesure qu'il cherchait à en détecter la provenance. Il se tourna vers les rideaux en cramoisis.
- Préparez-vous à ce que vous allez voir, Messer, continua Brozzi. Nous avons tous deux du travail. Il était temps que vous arriviez.

Il fit signe à Vendramin, qui lui-même adressa un sifflet en direction des coulisses. Pietro vit une ombre qui tirait à présent les pans des immenses rideaux.

Oh, Seigneur.
Le spectacle venait de se dévoiler à lui dans toute son horreur."

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3 Commentaires:

Anonymous Franck dit ...

Voilà qui a le mérite d'être franc... ;)

01 mars, 2008 22:06  
Anonymous Julia O'Brien dit ...

Salut Luc - je reviens lentement a la blogosphere apres un passage dans un purgatoire digital dont je ne suis pas encore totalement sortie... en tout cas tu es dur pour ce pauvre Arnaud Delalande... Pourrais tu plutot nous parler d'un des romans que tu as lu en tant que membre du jury du Prix du Livre de Poche, et qui t'a touche ou intrigue?
A tres bientot - Julia

06 mars, 2008 05:17  
Blogger Lancelot dit ...

Julia, je n'ai lu que deux des polars pour le moment. J'espère pouvoir écrire du bien sur les suivant, mais ce n'est pas moi qui ai fait la sélection :)

Bon retour !
L.

06 mars, 2008 13:13  

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