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27 mars 2008

élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?

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Suite à ma note "élections européennes 2009 : on fait quoi ?", je souhaite poursuivre la réflexion autour des idées européennes. Un an pour essayer de réfléchir aux sujets et thématiques qui devront être abordées lors de ces élections européennes de Juin 2009. Et notamment pour le MoDem aux élections européennes : réfléchir à un programme cohérent et ambitieux.

Premier sujet : l'Europe de la défense. Ce sujet arrive suite à une note publiée sur le site euro|topics. Le rédacteur du site renvoie à un article du journal espagnol ABC (pour information le quotidien ABC se classe dans la catégorie des journaux à tendance plutôt conservatrice, du moins clairement de droite). Le journaliste Dario Valcarcel explique qu'il "existe un européisme transversal, qui embrasse 80 % de la classe politique, en allant aussi bien des conservateurs aux socialistes. Ces Européens pensent que rien ne pourra avancer sans défense commune. Le droit communautaire, la monnaie unique ou la cohésion doivent être protégés par une politique de défense qui puisse garantir le respect des traités. La lente évolution des armées nationales vers une entente transnationale implique des décisions urgentes. Il s'agit de définir comment elle peut avancer, dans quelles limites et avec quel mandat".

Il revient également sur la création de l'EMUE, l'État-major de l'Union européenne. L'EMUE est "la source de l'expertise militaire de l'Union européenne (UE). Il assure l'alerte rapide, l'évaluation des situations et la planification stratégique des missions de Petersberg (missions humanitaires, maintien de la paix, gestion des crises) et toutes les opérations conduites par l'UE". Deux militaires se partagent la direction de cet organe : un anglais, le lieutenant-général David Leakey et un hollandais, le contre-amiral Jan van Der Burg.

Cependant la défense est un grand bordel relativement incompréhensible, d'autant plus quand on n'est pas un spécialiste de l'Europe. On dénombre ainsi une Agence européenne de défense (EDA), un Institut d'études de sécurité de l’UE (ISS-EU), un Centre satellitaire de l'UE (EUSC), un Comité Militaire de l'UE (EUMC). Mais également l'Eufor, la Force Opérationnelle de l'Union Européenne ou encore la Force de Gendarmerie Européenne (EuroGendFor) et aussi l'Eurocorps, la force pour l’Union Européenne et l’Alliance Atlantique.

En bref, un gros bordel. Déjà que la compréhension de l'armée française s'avère être compliquée, celle de l'armée européenne s'avère incompréhensible. Je m'attache une fois de plus à la forme, mais pourquoi ne pas simplifier tout cela ? Et si l'on employait uniquement quelques structures avec des noms simples. Armée Européenne. Gendarmerie Européenne. Défense Européenne. Etat-Major Européeen. Plus simple, non ? Impossible me rétorquera-t-on ? Changer des noms ne peut être impossible.

Sur le fond, que voulons-nous ? Une véritable défense européenne. Que les crédits alloués aux armées nationales baissent considérablement, pour les attribuer à la création d'un véritable force armée européenne. Que de grands projets voient véritablement le jour. Sous-marins européens, porte-avions européens. Pourquoi pas : puissance nucléaire européenne, seules la France et la Grande-Bretagne la possède en Europe. De même, il est nécessaire que les européens soient impliqués dans les prises de décisions importantes. Vote des représentants élus. Envisager un referendum pour les attaques armées de grande envergure. Développer les actions humanitaires. A terme, idéalement, une véritable Europe forte et ambitieuse passe par une et une seule armée européenne, avec des armées nationales réduites au stricte minimum.

Je ne fais qu'ouvrir le débat. A vous la parole ...

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6 Commentaires:

Anonymous Anonyme dit ...

Moi ça m'intérèsse ton sujet mais si je suis en désaccord complet avec ce qui est écrit.

Une défense européenne nécessiterait tout d'abord une véritable volonté politique de puissance de la part des 27 Etats membres ce qui est loin d'être le cas surtout dans un pays comme l'Allemagne.

Ensuite il faudrait que l'Europe se pense comme une entité totalement indépendante ce qui avec l'implantation de l'OTAN absolument partout sur son territoire est aussi loin d'être le cas

Enfin pour une véritable indépendance militaire il est nécessaire d'être doté de la puissance nucléaire et à ce jour seuls la France et la GB en disposent, encore que la GB dépend des US pour la sienne. Aucune chance que l'Allemagne, l'Irlande ou la Finlande désirent cela.

Pour finir l'idée d'une défense européenne et une jolie idée totalement virtuelle et qui a priori pour l'instant le restera.

27 mars, 2008 18:14  
Blogger Hervé Torchet dit ...

Il est évident que l'édification d'une défense européenne requiert deux étapes :

- la définition d'objectifs européens qui reprennent certains objectifs stratégiques propres aux États-membres. La défense européenne doit prendre en compte les liens historiques des différents États avec l'extérieur.

- l'institutionnalisation d'une autonomie européenne dans l'OTAN si l'OTAN subsiste comme organisation militaire intégrée, ce qui n'est pas certain, étant donné l'état des finances publiques américaines.

Pour le reste, il me semble que ton cadre est pertinent.

27 mars, 2008 18:41  
OpenID naturellement dit ...

Et non Luc, ton post ne laisse pas indifférent...
Je rejoins plutôt, bien que membre des Verts, le commentaire précédent : la défense européenne ne peut se concevoir que dans le cadre de l'OTAN, pour des raisons historiques (l'alliance avec les USA est au coeur de la diplomatie britannique par exemple) mais aussi en répondant à la question : que défend-t-on ? A quelles guerres doit-on se préparer ?
Concernant les guerres asymétriques (pour aller au plus vite, une vague de terrorisme), une série d'armées nationales, de forces locales, ancrées sur le terrain, avec une connaissance affine, coordonnées au niveau continental et de l'alliance, est absolument efficace. Pour preuve, depuis que nous sommes en état de guerre avec Al Qaïda en 2001, il n'y a eu "que" trois attaques terroristes en Occident.
S'il s'agit de guerres plus conventionnelles, qui peut être l'ennemi aujourd'hui ? Soit un conflit local, type guerre des Mallouines, efficacité d'armées locales + appui de l'alliance ; soit un conflit généralisé. Et je ne vois pas aujourd'hui quel conflit est possible contre l'Europe toute entière sans que nos alliés américains puissent être concernés.
A mon avis, trois types de conflits internationaux sont possibles,
* un qui nous rapproche de la 1ère guerre mondiale, confrontation entre puissances capitalistes pour régler des problèmes de marché. En gros, Chine contre USA, avec une neutralité impossible de l'Europe
* une dégénérescence d'un conflit local au départ, par exemple Inde contre Pakistan, avec emballement des alliances. Là encore, Europe et USA sont alliés par nature
* enfin, un conflit, le plus probable, et je dirais même le plus certain, pour le contrôle des ressources raréfiées (pétrole, mais pas seulement) entre les deux grands blocs économiques, Occident d'une part, Chine de l'autre. J'ai noté quelque part sur mon blog que, plus les USA s'enfoncent dans la crise, plus la solution militaire pour ne pas rembourser la dette du trésor US à la Chine et pour détruire l'appareil productif chinois, concurrentiel de l'appareil US, est probable. Je ne crois pas une seconde que quiconque sur la planète, dans le cas d'un tel conflit, puisse rester neutre. Notre seul soulagement, en tant qu'Européens est que, cette fois-ci, la probabilité que le conflit mondial se déroule principalement sur notre continent est faible... à condition que nous soyons unis dans notre diplomatie derrière les USA.
Voilà rapidement brossé mon avis, bien moins travaillé que ton billet qui est exemplaire !

27 mars, 2008 18:44  
Blogger L'Anonyme de Chateau Rouge dit ...

Oui...voila...l'OTAN.
Un des nombreux points qui montre que l'Europe des dirigeants n'est pas l'Europe des européens.
Les européens voit l'Europe comme un contre pouvoir aux grandes puissances (Chine/USA etc...) alors que leurs dirigeants semblent orienter l'Europe esclave des autres puissances.

28 mars, 2008 12:30  
Anonymous Anonyme dit ...

Problème sur la répartition des fonds communautaires... Imaginons une politique de défense commune sur un modèle semblable à la PAC. En sachant que la France et le 1er pays de l'UE en terme de part du PIB alloué à la Défense, il est évident que certains pays rechigneront à payer une contribution pour une armée commune qui indéniablement sera dominée par la France en raison de son armée supérieure en quantité et en qualité.

De même, l'armée est un droit régalien de l'Etat, or on ne peut espérer avoir une atteinte à la souveraineté des Etats dans une Europe qui n'évolue vers un sens fédérale. Tant que l'on reste dans une Europe des Etats (en attendant peut-être un changement avec le traité de Lisbonne, ce genre de projet relève effectivement de l'utopie, même si je pense que dans 30 ans, la question devra être tranchée.

29 mars, 2008 00:54  
Anonymous Marie Thureau dit ...

Pour une défense européenne, il faut que les pays qui composent l'Union renoncent à leur compétence en matière de défense (pour l'instant on a un catalogue plus qu'une armée), et qu'il y ait un commandement permanent attaché à une autorité politique capable de décider dans l'urgence ! Cela nécessite également une organisation européenne du renseignement, une industrie européenne de l'armement, et des gardes-côtes européens !
Bien entendu, il y a deux lignes politiques dans l'UE : attachement à l'OTAN et aux Etats-Unis pour les uns, volonté d'une Europé puissante et indépendante pour les autres ! Ces deux tendances contradictoires paralysent l'UE en matière de défense, mais le traité de Lisbonne doit permettre à quelques pays de prendre des intitatives ! C'est la volonté de faire évoluer la PESD (qui deviendra la PSDC) qui a permis de réaliser une opération militaire européenne au large des côtes somaliennes.
Pour arriver à une véritable armée européenne, il faudra, à terme, renoncer aux armées nationales et aux compétences de chaque état en matière de défense... ce sera le plus difficile ! Renoncer à un pouvoir de l'Etat pour le transférer à l'UE, c'est un pas qui n'est pas encore franchi !

01 décembre, 2008 16:15  

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