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06 avril 2008

5 questions sur la libération d'Ingrid Betancourt

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Prologue : je n'ai rien contre la famille Betancourt, sinon leur omni-présence médiatique, que je comprends bien évidemment de part la volonté de poursuivre l'espoir de la libération d'Ingrid Betancourt. Je n'ai rien personnellement contre Ingrid Betancourt, dont je connais bien mal les parcours, vie et combat politique. Je n'ai rien contre la libération d'Ingrid Betancourt, au contraire je lui souhaite d'être libérée le plus rapidement possible et de retrouver la liberté.

Ceci dit, je m'interroge sur le cas Ingrid. Car désormais on ne parle plus dans les médias que d'Ingrid, et non d'Ingrid Betancourt. Même le Président de la République appelle l'otage des FARC par son prénom. Voici donc 5 questions que je me pose, sans aucune animosité.

1/ Le battage médiatique autour d'Ingrid Betancourt aurait-il la même ampleur si Ingrid ne se nommait pas Betancourt ? Autrement écrit : Ingrid Betancourt est née dans une famille de la haute bourgeoisie colombienne, père ambassadeur auprès de l'UNESCO et mère sénatrice ; si Ingrid Betancourt appartenait à la classe ouvrière ou même n'avait tissé un important réseau parmi les intellectuels, parlerait-on autant de cette otage ?

2/ La sur-médiatisation de la captivité d'Ingrid Betancourt nuit-elle à sa libération ? Ingrid Betancourt devenant le symbole des otages colombiens, ne devient-elle pas de fait la poule aux œufs d'or ? Une valeur de plus en plus importante au fur et à mesure que le monde se mobilise pour sa libération ? D'où des exigences de plus en plus importantes posées par les FARC ?

3/ Quel avenir pour le combat des FARC ? Médiatisation d'Ingrid Betancourt entraînant médiation du combat des FARC, ces derniers ne doivent-ils pas se poser la question de l'importance accordée à leurs revendications, une fois Ingrid Betancourt libérée ? Et de la réaction du Président Uribe, une fois les projecteurs s'éteignant sur cette région ?

4/ Quel crédit accorder à la parole de la France ? Nicolas Sarkozy promettant la France comme terre d'asile pour les guerilleros, comment ne pas imaginer un retournement de veste de la part du gouvernement français ? Souvenons-nous de la "doctrine Mitterrand", feu le Président Mitterrand accordant un refuge politique aux membres de Brigades Rouges, promesse bafouée par Nicolas Sarkozy autorisant l'arrestation de Cesare Battisti avec un soutien de la police française.

5/ Que deviendraient les milliers d'autres otages détenus par les FARC, si Ingrid Betancourt venait à être libérée ? Tous les intellectuels et people de ce que la France compte comme relais d'opinion continueront-ils de se mobiliser ? D'organiser des marches de soutien ? D'afficher des portraits des otages ? D'envoyer des missions diplomatiques ?

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16 Commentaires:

Anonymous titlap dit ...

Plutot d'accord pas mal de choses que tu dis .. en effet, "Betancourt" est le nom fédérateur qui met en avant les Farc, leur action, etc.. ce qui la rend impossible à libérer...

Les promesses de libération vont et viennent.. et évidemment, on ne la voit pas réellement..

En mon sens, elle va malheureusement décéder de sa maladie tout en étant otage, et on ne le saura peut etre que bien après la réelle date de décès, pour maintenant l'impact médiatique.

06 avril, 2008 15:27  
Anonymous Mec dit ...

Il y a 760 otages détenus par les FARC dont 40 personnalités politiques. Cette analyse est bien entendu très pertinente et pose les vraies questions sur le sujet.

06 avril, 2008 15:33  
Blogger FalconHill dit ...

Trés bon billet. bon dimanche

06 avril, 2008 16:05  
Blogger vincent dit ...

j'ai presque envie de dire "tu ne poses pas les bonnes questions mais tu donnes les bonnes réponses".

Évidemment qu'en devenant un "prénom", elle devient de facto la poule aux oeufs d'or. A partir de là, nous scellons son sort...

Il serait bien d'ailleurs que tu reviennes sur les conditions de sa prise. De mémoire, j'avais lu des papiers montrant qu'au mépris de tout conseil, elle s'était littéralement jetée dans la gueule du loup...

Bref, c'est peut être dur à dire, et Ô combien facile depuis mon fauteuil, mais il ne faut pas oublier que les FARC (parmi les 4 groupes - on ne parle jamais des trois autres d'ailleurs...) sont d'abord et avant tout un groupe terroriste. Si on stoppait tout simplement les négociations, ils en auraient marre avant nous (à moins qu'ils ne trouvent paradisiaques de vivre dans leur conditions, cachées, pourchassés etc...) et arrêteraient les prises d'otages qui ne serviraient plus à rien.

De toute façon, toute attaque tuera les otages et toute "non attaque" les tuera de maladie ou de vieillesse...

Quant à accueillir chez nous ces p*t**ns de terroristes marxistes, c'est à gerber.

06 avril, 2008 16:25  
Anonymous Mapie dit ...

Je viens de terminer la lecture de La Rage de vaincre. Cette femme qui a l'amour de la Colombie dans le sang, grâce à son origine qui est telle que vous la rappelez, est aussi exceptionnelle pour sa ténacité et son courage.
Sans doute son milieu a -t-il été porteur pour la hausser dans les strates du pouvoir, mais elle en a fait un moyen de la lutte contre la corruption, lutte qui l'a rendue populaire et indésirable pour les détenteurs du pouvoir en Colombie.

Voilà pourquoi elle a besoin d'autres soutiens que ceux de son pays car Uribe comme beaucoup d'autres n'ont peut-être pas un intérêt extrême à la voir sortir si rapidement de l'endroit où elle est détenue...

Certes, il est permis de douter que tous ceux qui utilisent son nom la connaissent réellement et de penser que sa cause est récupérée, mais ce dont il faut être sûr par contre, c'est qu'elle mérite mille fois tous les gestes qu'on peut faire pour elle!

06 avril, 2008 16:25  
Blogger vincent dit ...

pour une fois, wikipedia est limpide : Cette femme fut d'une absolue et rare bêtise.

Lorsque les pourparlers avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont arrêtés en février 2002, le gouvernement d'Andrés Pastrana donne l’ordre à l’armée de reprendre la zone de 42 000 km² cédés.

Le 23 février 2002, le président Pastrana part en hélicoptère vers San Vicente del Caguán (Colombie) dans le but de rendre officielle la présence des forces armées dans la commune. Les autorités refusent à Íngrid Betancourt la possibilité de voyager par voie aérienne avec les journalistes qui accompagnent le chef de l’État. Alors en campagne présidentielle, elle décide de ne pas faire marche arrière pour soutenir le maire de San Vicente del Caguán, membre de son parti politique.

Íngrid Betancourt prend la route de Florencia (capitale du département) qui mène à San Vicente del Caguán, malgré les avertissements du gouvernement lui signalant la présence de guérilleros procédant à des barrages en certains endroits de la route. Alors qu'une dernière barrière militaire empêche le convoi de continuer et que les militaires annoncent la présence des guérilleros quelques kilomètres plus loin, la candidate donne l’ordre à son conducteur de poursuivre sa route après avoir signé un document dans lequel elle se rend responsable de cette décision. Íngrid Betancourt et Clara Rojas passent plusieurs barrages des FARC jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées à Paujil (Caquetá).

Cet enlèvement s’ajoute aux autres enlèvements de personnalités politiques colombiennes et est considéré comme un enlèvement politique.

06 avril, 2008 16:31  
Anonymous eric dit ...

tu fais bien de t'interroger. Cette opération ressemble à "sauvez la cote de popularité du président".
De l'émotionnel avant tout

06 avril, 2008 16:58  
Blogger Marshka dit ...

Plusieurs choses.
1. D'abord, il s'agit d'une affaire de fesses. Maîtresse de D. de Villepin à son passage à Sciences Po, celui-ci tente tout pour la récupérer lors de son passage à Matignon. Une tentaive dégommée par Nicolas S., alors à l'intérieur sur fond d'une rivalité politique qui, loin de toucher la colombie, ne dépasse pas le périphe.
2. Cela fait 6 mois que le 'bruit' circule qu'Ingrid serait déjà décédée... une analyse un peu poussée de la gradation de son état de santé dans la presse (due à des fuites bien orchestrées) permet de comprendre qu'on "prépare le terrain", un peu comme avec Castro ou Sharon, ou encore Arafat, et bien avant avec staline etc... et ce sera du coup une bonne occasion pour SArkozy de culpabiliser les FARC qui auront refusé sa "mission humanitaire" (on est prié de ne pas rire).
3. Au-delà de ça, ce cas est excessivement énervant, avec la bobo's band qui reçoit son quotient de "bonnes émotions" pseudo scandalisantes, "mais que fait la police", un peu pareil qu'avec les tibétains (merci de ne pas oublier que c'est une THEOCRATIE, qui en 1959 était basé sur un système d'ESCLAVAGE. Ceci ne dédouanant en rien ce que les Chinois peuvent y commettre comme lot de trucs un peu olé-olé). En effet, il y a d'autres otages, d'autres guerres, et oh, mon dieu d'autres choses pas jolies-jolies un peu partout.
Allez, bon dimanche quand même !
http://www.themediafactory.fr

06 avril, 2008 19:17  
Blogger Ellie dit ...

Le doute m'habite également. D'ailleurs, je l'ai baptisée Ingrid dette en cours, dans un moment de rancoeur, il est vrai

Ingrid dette en cours

Crowdy walk

06 avril, 2008 19:20  
Anonymous Moktarama dit ...

Vincent a totalement raison, Mme Bétancurt s'est jetée dans la gueule du loup. Par ailleurs contrairement à ce que bobo land et l'Elysée (d'accords pour une fois) ont l'air de penser, les colombiens eux même ne portent pas une grande affection à l'ex candidate. En se faisant enlever au mépris de tous les avertissements, elle donna une arme de poids aux FARC, et en prime éclipse maintenant depuis plusieurs années totalement la libération de milliers d'otages en attente qui eux n'avaient rien cherché.
Tout se focalise sur elle, et on en oublie tous les autres. Surtout en France.


PS : par ailleurs effectivement, no ne reste pas des jours et des jours dans un état de santé jugé "très grave". Les chances qu'elle soit encore en vie semblent malheureusement minimes.

07 avril, 2008 01:59  
Anonymous antoine dit ...

Tu as peut-être déjà vu ce site "anti-ingrid bettancourt" un peu particulier. Il veulent faire signer une pétition en faveur du maintien en captivité d'Ingrid Bettancourt et la faire parvenir aux Farcs. Original, non ?

07 avril, 2008 09:06  
Anonymous Fotini dit ...

On ne parle effectivement pas assez des milliers de colombiens anonymes qui subissent le même sort.
Le "cas Betancourt" aurait pu attirer l'attention sur le problème des otages et de ce conflit en général. Mais au lieu de cela il l'occulte malheureusement derrière la figure médiatique d'une femme martyre qui, si elle mourait deviendrait une "sainte" et servirait de caution à tous les lâches calculateurs de ce monde pour continuer leurs petits arrangements.

Si je la plains humainement (l'erreur d'intinéraire et le poids du nom de famille sont humains), je plains encore plus les Colombiens.

07 avril, 2008 10:57  
Blogger Mourad dit ...

Savons nous vraiment de quoi nous parlons,j'en doute fort.Je pense surtout que cette affaire est beaucoup trop compliquée pour qu'on se permette de fantasmer à ce point.J'ai fait un petit saut sur des sites latino-américains,je peux vous assurer que ça n'a fait que confirmer mon point de vue.
Pour ce qui est des FARC,il est clair que leur méthode est plus que condamnable.Prendre des civils en otages c'est du terrorisme.Mais ce qui me dérange le plus, c'est qu'on continue à parler ici et là de la Colombie comme si c'était un modèle de démocratie,ce qui n'est vraiment pas le cas. Concernant Ingrid Betancourt, je pense que la clé de sa libération c'est Chavez.Seulement ce dernier dit que la clé est à Washington.La mort du N°2 des FARC dans les conditions que nous connaissons conforte à mon avis la thèse de CHAVEZ plus que toutes les autres.La question qui se pose aujourd'hui est assez simple:En vérité c'est un choix.Isoler Chavez ou libérer Ingrid .Moi je choisirai de libérer Ingrid même si Chavez en sortira comme un héros.

07 avril, 2008 22:03  
Anonymous Anonyme dit ...

A vouloir tout sauver, on ne protège plus rien. Nos responsables politiques devraient méditer cet adage bien connu des militaires.
Gouverner n'est pas céder à la démagogie des bons sentiments et nombre de décisions nécessaires vont de pair avec une grande impopularité.
Nous sommes, avec Mme Betancourt, dans cette configuration. Sa situation actuelle la met hors du champ de ce que doit absolument protéger notre gouvernement, c'est uniquement du ressort des autorités de son pays. Je pense que nous ne devons rien faire, même à titre individuel car je me refuse à considérer les FARC comme des interlocuteurs à qui demander quoi que ce soit (on ne demande pas à un animal de restituer sa proie). Mme Betancourt est malheureusement tombée dans les griffes d'êtres inhumains et son sort est scellé depuis sa capture.
Ikarus

08 avril, 2008 18:37  
Anonymous Anonyme dit ...

voila samedi 05 07 2008 betancourt est dehors .on nous prends vraiment pour des naifs manipulation extreme du citoyen landa les medias les politiques et le monde capitaliste a l'epoque de cesar il y avait les jeux dans les arenes maintenant dans tous les moyens de communication que du blabla qui arrange tous le monde bonne journee tchao

05 juillet, 2008 16:01  
Blogger ROBIN-BOB des BOIS dit ...

Bonsoir , je suis un petit peu médecin et ce qui m'a frappé dès le premier discours de cette dame , c'est l'impossibilité pour elle de venir directement de la jungle : elle a la peau clean , une mobilité nickel ...je suppose que cela fait deux ou trois mois qu'elle a été exfiltrée et soignée puis "libérée" . conclusion : on nous prend pour des abrutis .

07 juillet, 2008 19:20  

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