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11 avril 2008

A ceux qui veulent boycotter les Jeux Olympiques ...

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A ceux qui lancent un appel au boycott des Jeux Olympiques (boycott que je ne soutiens pas), pourquoi ne pas boycotter le WWW2008 ?

Le WWW2008 est la 17ème conférence internationale du World Wide Web. Cette conférence rassemble des chercheurs, des investisseurs, des chefs d'entreprises, des techniciens, bref tout ce que le grand monde de l'internet compte de personnes qui font l'internet de demain.

L'édition 2008 de ce raout se déroule à Beijing en Chine, en lien avec les Jeux Olympiques, du 21 au 25 Avril 2008. Le joli thème choisi de cette conférence mondiale du web représente un petit clin d'œil à tous les droits-de-l'hommistes : "One World, One Web".

Si vous voulez en savoir plus sur cette conférence, allez visiter le site du WWW2008. L'objectif de cette note n'est pas de lui faire de la pub.

Seulement je m'interroge. Tous ces français qui soutiennent mordicus le boycott des JO, pourquoi n'appellent-ils pas au boycott de cette conférence ? Parmi les sponsors du WWW2008, on trouve notamment : Google, Microsoft, Yahoo, at&t, Betavine, Ebay, NEC, Nokia, et même l'Office Européen des Brevets, une organisation intergouvernementale.

Alors, à ceux qui veulent boycotter les Jeux Olympiques, leur serait-il plus facile de donner des leçons aux sportifs et pouvoirs publics, plutôt que d'appliquer à eux-même les revendications qu'ils véhiculent ? Pourquoi ne boycottent-ils pas tous ces sponsors ? Pourquoi d'ailleurs ces militants de la nouvelle heure ne s'en prennent-ils pas aux sponsors des JO (Coca-Cola, Atos Orginin, Johnson, Kodak, Lenovo, MacDonald, Panasonic, Samsung, Visa, Adidas, VolksWagen, UPS, etc) ? Si ces militants souhaitaient véritablement faire capoter ses JO, pourquoi n'appellent-ils pas purement et simplement au boycott de tous les produits fabriqués en Chine ?

Cet appel au boycott des JO n'est-il finalement pas une bonne conscience que certains souhaitent soudainement se trouver ? Parce qu'il sera plus facile de boycotter les Jeux Olympiques en ne les regardant pas à la télévision : avec le décalage horaire, cet effort ne sera guère surhumain. Parce qu'il est toujours plus facile d'être les suivistes de gourous tels que Robert Ménard, plutôt que de réfléchir au fond du problème ?

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7 Commentaires:

Blogger PhilJeudy dit ...

Au contraire: que tous les hackers de France et d'ailleurs y aille et fassenr pêter les firewalls locaux...

11 avril, 2008 13:04  
OpenID sailortoshyo.com dit ...

On ne peut pas boycotter la chine dans nos achats, ou alors nous n'achetons presque plus rien.
Et on peut mettre nos ordis à la poubelle…

11 avril, 2008 13:06  
Anonymous Laurent dit ...

Peut-être aussi parce que le boycott des JO est plus symbolique que celui du WWW2008.

Précisons que le mélanchonisme actuel qui consiste à critiquer Ménard et RSF est navrant.
1 - RSF n'a jamais demandé à boycotter les JO, mais la cérémonie d'ouverture et surtout que les médias soient libres de diffuser, en temps réels, les images des JO et de la Chine.
2 - être en faveur les droits de l'Homme et des libertés ne fait pas de nous des moines boutistes en faveur d'un état religieux.
3 - la Chine n'est pas une exception, RSF s'est déjà émus que le Sommet Mondial sur la Société de l'Information se déroule en 2005 en Tunisie. Pourquoi reprocher à RSF son militantismes maintenant ?

Je ne suis pas non plus pour un boycott de Pekin 2008. Ce n'est pas les sportifs ou les amateurs de sport qui ont choisis la Chine, ce n'est pas forcément à eux de payer la note. Par contre j'aimerais bien que le CIO s'explique sur ce choix. Notez que je ne regarderais pas les JO, comme je n'ai pas regardé ceux de 2004, de 2000, etc...

Enfin, c'est facile de dire : "bande de moules, boycottez les produits chinois plutôt"... Faudrait-il encore qu'ils puissent le faire. On ne peut se battre qu'avec les outils que l'on a. Il est à l'heure d'aujourd'hui presque impossible de s'habiller en boycottant la Chine (j'ai vérifié sur moi, je ne suis pas trop mal (sauf pour le blouson, je ne sais pas) : Turque, Mexique et même France.

Si tu boycott WWW2008 Luc, faudra que tu fermes ce blog ;).

11 avril, 2008 14:10  
Anonymous Moktarama dit ...

Tous ceux qui hurlent contre l'oppression chinoise (dont je suis) devraient effectivement commencer par boycotter les sponsors, puis le made in china. Et si c'est difficile en France ce n'est pas impossible si on a un peu de fric (et qui oserait dire que les bobo pro-Tibet n'en ont pas), on n'est pas encore aux USA.

Je suis arrivé à cette conclusion sur mon blog, elle me paraît être la seule à même d'avoir l'effet voulu sur la Chine, ce qui est bien pourquoi on fait tout ce barouf médiatique, non ?

Et effectivement, c'est sur l'électroménager et l'habillement que c'est le plus dur, mais pour l'instant je n'ai vu aucun produit fait uniquement en Chine.

11 avril, 2008 14:39  
Blogger yv dit ...

Appeler au boycott des JO ce n'est pas être pro-Tibet ou Dalaï Lama. C'est un raccourci de Meluch un peu trop facile. Raccourcir les raisons d'un boycott des JO ou de la cérémonie à de simple phrase choc n'est pas très intéressant je trouve.
Il s'agit là d'un symbole. Et les symboles sont toujours très fort dans un combat dans un ses comme dans l'autre.
Le boycott de marques sponsors ou des produits fabriqués en Chine (mais quid de ceux fabriqués dans de plus mauvaises conditions encore au Vietnam, au Laos, etc?) serait valable que si c'est un mouvement de boycott global, et pour cela il faut conscientiser les gens au pourquoi d'un boycott,d'où les symboles ainsi que les combats politiques, associatifs et syndicaux. Seulement tapper sur UN président d'ONG uniquement parcequ'il est médiatisé est complètement stupide, Ménard n'a pas raison sur tout évidemment, mais il a le mérite de marquer des points.
Certes certains sont derrières cela pour leur bonne conscience, mais l'objectif est de marquer les esprit ici, mais aussi de pousser les populations des pays concernés à ce prendre en main. Mais aussi à mettre en exergue les contradictions de la politique éco-diplomatique de nos gouvernements (toute couleur politique), et aussi de nos syndicats qui s'avèrent très nationaliste dans leurs combats, l'exemple flagrant des grèves chez Renaud-Roumanie...

Alors trêve de déclarations à l'emporte pièce, qui ne serve qu'à avoir une ligne dans le torchon Libé ou autre Le Monde, pour faire croire qu'on a plein de troupes dans son parti (on dirait du Jack Lang, je sais un peu méchant contre Méluche) !

11 avril, 2008 14:48  
Blogger yv dit ...

désolé pour les fautes d'orthographe, me suis pas relu.

11 avril, 2008 14:50  
Anonymous graphiste dit ...

Des graphistes font feu sur les symboles olympiques !

Agoravox - Jeudi 10 avril, 14h11 -
Source yahoo.fr (sans les images)
Source Agoravox (avec les images)

Avec ces jeux Olympiques, a débuté une guerre de propagande sur le terrain des symboles que sont les logos, drapeaux et torches olympiques. Jamais autant de graphistes, de par le monde, n'auront autant concouru de créativité pour dénoncer le régime chinois ou supporter les jeux Olympiques de Pékin.

La Chine fait les frais de sa propagande tous azimuts et subit un retour de flamme sans concession, violent de la part des fers de lance des droits de l'homme comme Amnesty, Reporter sans frontières et une coalition de graphistes qui ont su utiliser à bon escient les médias internet pour provoquer une résonance graphique cacophonique qui entache et salit les symboles des jeux Olympiques chinois.

Le but étant, à bon chat bon rat, d'éviter que la Chine ne tire un profit politique de la célébration des jeux Olympiques en tentant de recentrer l'attention internationale sur les nombreux manquements du régime chinois au respect des droits de l'homme. Mission réussie et sans effusion de sang !

Des protagonistes qui ouvrent le feu sur les symboles olympiques de la Chine ?


En plus des habituels groupes contestataires comme Amnesty ou Reporter sans frontières, des particuliers vont appuyer leur combat grâce à une forte présence active sur internet, par le biais de sites internationaux comme MySpace, Facebook, YouTube et surtout sur le portail de photos Flickr ; sans compter toute une panoplie de gadgets, de podcasts, blogs et autres formes de média web - véritables armes de persuasion et de subversion rapides, gratuites et redoutables.

Le Darfour, la Birmanie, l'environnement, les droits des travailleurs, les droits des animaux, la peine de mort, la presse, la crise économique y compris les inconvénients liés à l'externalisation des entreprises ou le choix de nouvelles compétences professionnelles en Chine (entreprises off-shore et nearshore en anglais) sont autant de facteurs, de thèmes fédérateurs qui passionnent les internautes.


Un logo mis à feu et à sang


Avant le 8 août, on s'attendait à voir les symboles des Jeux - en particulier celui de la flamme olympique soumise à une attaque tous azimuts.

Avant que ne démarre le relais de la torche, avant la première levée de bouclier qui a émaillé le passage de la flamme olympique de Londres et de Paris, c'est le logo des jeux Olympiques de Beijing qui a souffert, à grand renfort de logiciels d'images, d'actes de subversion sans nombre transformant l'emblème officiel des Jeux de Beijing en une mare de sang symbolisant la répression du régime chinois.

Alors que les politiciens, sportifs et membres du CIO critiquent le régime chinois à fleuret moucheté, une armée de graphistes tout feu tout flamme en font voir trente-six chandelles au pauvre logo chinois. La cacophonie des activistes sur le net est si importante qu'il devient difficile en tapant "jeux Olympiques de Pékin" sur images.google.fr ou sur Flickr de ne pas tomber sur un logo étriqué, défiguré, criblé de balle ou face à un char d'assaut.


Un logo qui partait pourtant d'un bon principe d'espoir


L'emblème officiel des Jeux est appelé Sceau chinois, la danse de Beijing. Il représente dans un sceau rouge la stylisation de l'idéogramme chinois京 ing, de Beijing.

Le site officiel des Jeux stipule que l'emblème figurant un personnage troué est censé signifier l'hospitalité et les espoirs dont est garante la ville de Beijing ; hélas, au grand désespoir des organisateurs des JO chinois, le symbole pourtant très noble n'a pas fait long feu en Europe. Les graphistes n'ont pas attendu pour défaire le logo de Beijing.

Le plus célèbre d'entre eux a réalisé une planche, mettant en scène un condamné sous le feu d'un peloton d'exécution. Le cadavre sert de pochoir sanglant pour imprégner le mur de sa silhouette. Le symbole chinois y a perdu toute sa substance pacifique et d'espoir ! Impossible, à présent, d'entrevoir ce logo sans se remémorer les signifiants liés à l'exécution, à la mort, au sang et à la violence.

Un autre graphiste français, Sergenry, assimile le logo au tracé à la craie de la scène d'un crime (crime scene chalk, en anglais). Le slogan implicitement nous désigne le cadavre de l'Esprit des jeux Olympiques.

Sur le site de Playfair2008, les graphistes assimilent la mascotte chinoise à la sous-traitance surexploitée des ouvrières chinoises. Le mot d'ordre insiste sur le droit des travailleuses : No Medal for the Olympics on Labour Right ("Pas de médaille pour les jeux Olympiques sans les droits des travailleurs").

Toujours sur le thème de la médaille, le groupe World Coalition qui rassemble tous les acteurs engagés pour l'abolition universelle de la peine capitale, associe la médaille d'or au succès édifiant du nombre de peines capitales en Chine. Le slogan Some records must be broken ("Certains records ne sont pas à battre ; pour l'affiche française").

Mais alors, a-t-on tué l'esprit olympique ?


Tous les acteurs de tous bords cherchent des coupables au crime de lèse-majesté commis contre la flamme olympique de Paris. Untel citera les Chinois, un autre les pro-Tibétains, un tel autre les activistes des droits de l'homme, mais rarement on a pointé du doigt les membres du CIO.

Pour ma part, je pense que les premiers coupables sont les organisateurs du CIO pour ne pas avoir respecté l'article 2 de la charte olympique dont je vous soumets un extrait :

"Le but de l'Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l'homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine." Cette simple phrase aurait dû suffire à écarter la candidature de la Chine.

L'esprit des jeux olympiques est mort pour cette année 2008, mais tel un phénix qui a péri sous les flammes, il renaîtra on ne peut mieux en 2012, et vous pouvez en être sur, les organisateurs ne joueront plus avec le feu olympique lorsqu'il s'agira de désigner le prochain pays organisateur des JO.

On peut dès lors entrevoir dans le geste des activistes des droits de l'homme un geste salutaire et nécessaire pour soigner l'Olympisme et, par conséquent, la démocratie.

12 avril, 2008 15:03  

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