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24 avril 2008

Ma première fois avec Nicolas Sarkozy (3/3)

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Chronique écrite par Mandel

Ma troisième fois avec Nicolas Sarkozy ?
C’était il y a deux mois. Je ne l’avais pas revu depuis plus de douze ans.
Jacques Chirac avait prévenu : « Nicolas ? Ce sera mon dernier scalp. » Sauf que Jacques Chirac a perdu la main. Et le « petit salaud » est devenu Président.

Je me retrouve donc - assis au milieu des huiles de la télévision publique - dans la salle des fêtes de l’Elysée. Aujourd’hui, Nicolas présente à la presse la Commission Copé sur l’audiovisuel (que les méchantes langues appelleront très vite « la grosse commission »). Assis sur des petites chaises dorées assez kitsch, tout le monde attend le Nicolas. Deux ou trois gardes du corps scrutent l’assemblée, j’ai pourtant du mal à imaginer Patrick de Carolis brandir un couteau.

Avec trente minutes de retard sur l’horaire prévu, un appariteur prend un micro : « Monsieur le Président de la République ! ». Le silence se fait instantanément, tout le monde se lève, comme à la messe. Nicolas apparaît, il marche précipitamment. Il devrait pourtant savoir qu’un Président ne se précipite jamais. Nicolas s’assoit, tout le monde s’assoit. A défaut de tutoyer l’histoire, Nicolas tutoie aussi sec Jean-François Copé qui, en retour, lui donne du « Monsieur le Président ». Rien de plus normal : Nicolas est Président, Chef de l’Etat, Commander in Chief des armées françaises, Chanoine de Latran.

S’en suit une demi-heure de discours « je suis le meilleur » : Nicolas lit son texte et prend le ton comme le faisait Chirac, en tentant de l’agrémenter de saillies improvisées qui ne font rire personne. Un peu en retrait, un aide de camp lit lui aussi le discours, histoire de préparer le lever du rideau qui se trouve dans le dos de Nicolas. Et qu’y a-t-il derrière ce rideau ? Un buffet sur lequel personne ne se rue. On se tient un peu mieux à l’Elysée. Même si c’est moins bon que celui du Club du Luxembourg.

Je m’approche maintenant de Nicolas. Il est là, tout prêt de moi. Il me paraît moins petit que la première fois. Je le regarde se tenir droit sur ses talonnettes, comme je regarderais le visage lifté d’une vieille actrice ou la moumoute sur le crâne d’un chauve. Décidément, Nicolas montre tout de lui. Surtout ses complexes.

Ma quatrième fois avec Nicolas Sarkozy ?
Je ne sais pas encore où, quand, et comment… Mais je sais déjà qu’il ne sera toujours pas devenu Président.

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6 Commentaires:

Blogger Hervé Torchet dit ...

Mon classement gastronomique, je l'ai fait en 1988. Il donnait :

1 l'Élysée
2 le Sénat
3 le ministère des Affaires Étrangères (avec une mention spéciale pour la cave du ministère).

Je suis surpris que le Sénat ait dépassé l'Élysée, d'autant plus qu'on m'avait dit que le Sénat avait baissé. Est-ce plutôt l'Élysée dont le palais (!) n'est plus très présidentiel ?

Décidément, tu as raison, Nicolas ne sera jamais président.

24 avril, 2008 09:48  
Anonymous jp pornaud dit ...

Si jamais, Nicolas devenait président, il aurait alors dépassé son niveau de compétence.

Un peu comme si Jean-Pierre Raffarin devenait premier ministre ou Ségolène Royale candidate...

Votre dévoué
JPP

24 avril, 2008 16:33  
Anonymous Dominik Vallet dit ...

J'ai adoré tes chroniques du Sarkozysme. Dommage que tu nel'aies vu que 3 fois finalement... ;o)

25 avril, 2008 15:35  
Anonymous JF le démocrate dit ...

Nicolas Sarkozy, brillant candidat. OK. Nicolas Sarkozy Président, c'est une toute autre chose, une toute autre mesure... Il lui reste 4 ans pour endosser ce costume qui semble un peu trop grand pour lui. Espérons qu'il réussira, pour l'avenir de la France.

En revanche, Nicolas Sarkozy, homme d'affaires, PDG autocratique d'une grande entreprise qui surfe sur la mondialisation et ses opportunités. Oui, mille fois oui. Mais pourquoi une telle erreur de casting, préjudiciable tant aux uns qu'aux autres?

25 avril, 2008 21:12  
Anonymous impots-utiles.com dit ...

on aura souligné la molesse et le manque de mordant des journalistes lors de la soirée de jeudi, tous etaient soigneusement triés sur le volet par l'Elysée...
à peine quelques mots sur la crise financière mondiale...?
et c'est pourtant actuellement le problème le plus épineux du gouvernement et la cause principale des futurs et prévisibles ennuis économiques de la France ...
C'est également une des raisons de la baisse du pouvoir d'achat etc...et la liste est longue

Alors pourquoi omettre un tel "détail" ?? le président Sarkozy aurait-il peur de dire la vérité aux français ?

http://www.impots-utiles.com/et-la-crise-financiere-mondiale-mr-sarkozy.php

26 avril, 2008 16:24  
Anonymous PRM dit ...

Moi, je considère Nicolas Sarkozy comme un président de la République.
Je ne suis pas nostalgiques des présidences ennuyeuses : Chirac, Mitterrand savaient très bien se cacher derrière leur petit doigt.

29 avril, 2008 15:55  

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