L'été des faits divers
Une petite fille décédée dans une voiture trop ensoleillé. Un bébé tué à coups de pierres par des ados qui jouent. Un gamin assassiné par un suspect aussitôt déclaré coupable sans procès. Une ministre menacée par SMS. Une tornade qui tue trois personnes. Une tonne de cocaïne saisie par les douanes françaises. Et on recommence. Un petit garçon qui meurt dans une voiture. Etc etc. Manquent encore la grand mère oubliée par son mari au bord d'une autoroute, les enfants noyés dans une piscine, une star qui meurt dans un accident de jet ski.
En été, les rédactions des organes de presse sont en vacances. Les hommes et femmes politiques sont en vacances. Les "experts" et "spécialistes" en tout genre sont en vacances. Parler d'un fait divers ne nécessite que peu de moyens. On peut en faire des tonnes à faible coût. Généralement la même équipe couvrira tous ces faits divers à la chaîne, faisant un bon tour du France du sordide. L'information de la mort accouplée au marketing de l'émotion, et l'on abreuve les Français d'informations inutiles.
Informer, oui. Mais au-delà, qu'apprennent ces informations ? Sont-elles suivies d'analyses ou d'applications permettant d'éviter que ces faits divers se reproduisent ? Personne ne se souviendra de cette information jetable. La France compatit. La France subit. Puis la France oublie et s'en fout. Et on recommence l'année suivante.
Parler de l'inutile permet de ne pas parler de l'important. La France en vacance, c'est une majorité de Français sans vacances. Une France qui s'enfonce toujours et encore dans la médiocrité. Une France sous perfusion, que l'on veut faire rêver puis effrayer. On occupe les braves gens, mais on se moque de leurs véritables préoccupations. On repousse toujours le nécessaire au lendemain. Un jour, tout cela cessera. Brutalement.
A lire ou relire :
- La société de l'éphémère
- Tristes rituels, par Hervé Resse.
En été, les rédactions des organes de presse sont en vacances. Les hommes et femmes politiques sont en vacances. Les "experts" et "spécialistes" en tout genre sont en vacances. Parler d'un fait divers ne nécessite que peu de moyens. On peut en faire des tonnes à faible coût. Généralement la même équipe couvrira tous ces faits divers à la chaîne, faisant un bon tour du France du sordide. L'information de la mort accouplée au marketing de l'émotion, et l'on abreuve les Français d'informations inutiles.
Informer, oui. Mais au-delà, qu'apprennent ces informations ? Sont-elles suivies d'analyses ou d'applications permettant d'éviter que ces faits divers se reproduisent ? Personne ne se souviendra de cette information jetable. La France compatit. La France subit. Puis la France oublie et s'en fout. Et on recommence l'année suivante.
Parler de l'inutile permet de ne pas parler de l'important. La France en vacance, c'est une majorité de Français sans vacances. Une France qui s'enfonce toujours et encore dans la médiocrité. Une France sous perfusion, que l'on veut faire rêver puis effrayer. On occupe les braves gens, mais on se moque de leurs véritables préoccupations. On repousse toujours le nécessaire au lendemain. Un jour, tout cela cessera. Brutalement.
A lire ou relire :
- La société de l'éphémère
- Tristes rituels, par Hervé Resse.
Libellés : communication, medias, politique









15 Commentaires:
J'ai souvent remarqué que les périodes de nombreux faits divers sont aussi concomittentes à l'actualité. Je suis effrayé par ce tragique accident à Bonifacio, où des Val de Marnais ont perdu leur bébé, tuer par une pierre jettée par un marmot de 13 ans, mais tout ces fait, comme tu l'expliques bien dans ton billet, ne nous seraient pas relatés, si par hasard il y avait un gros scoop national. Comme ils sont en vacances, on en entendrait parler pendant des jours, résultats, les mois estivaux sont propices à bien des tristes nouvelles
Tiens, c'était ce que disait Elsa Boublil ce matin sur Inter. Elle reprochait à la rédaction de France 2 de faire sa une sur la tornade au lieu de Soljenitsyne.
Effectivement, on agite un chiffon...mais à la différence d'un taureau, on sait la deuxième fois qu'on s'est moqué de nous...
bravo
Mouais...
Sauf que c'est tout au long de l'année maintenant ce genre de choses.
... Et Michelito alors ?
T'es nul, Luc, tu oublies l'essentiel... T'es en ouacances toi aussi ?
Luc le jour ou tu seras papa (je te le souhaites :)) tu sauras ce que peut représenter la mort d'un bébé dans les bras de sa maman, ou de son garçon de dix ans assassiné pire qu'une bête.
Et si un jour t'as plus grand chose à part ton chez toi dans un quartier populaire, tu comprendras la détresse de ces pauvres gens du nord.
Ces faits divers font échos à l'opinion, cad à l'immense majorité des gens, des familles.
Pourquoi prendre les français pour des imbeciles ?
+1 :-/
Dormez, braves gens !
Tiens, Marc Vasseur fait un billet similaire…
Les grands esprits…
C'est surement l'effet des 5 semaines de vacances par an. Les rédactions sont désertées alors qu'il y a eu un coup d'Etat en Mauritanie ou que le cycle de Doha subit un nouvel échec. Mais c'est trop compliqué à expliquer évidemment...
C'est peut-être aussi parce deux ministres se déplacent pour un enfant mort alors que pas un n'a pu se rendre à Mexico représenter la France ...
Diane
Alors , là, tu mélanges tout , le politique et le journalisme ... Que je sache "Libération" que je lis n'est pas de droite et pourtant parle de cela !
Tu fais pareil en ce moment tu remplis ...tu fais la politique des marronniers ...
Je sais , je suis critique , mais " Sans la liberté de blâmer , il n'est pas d'éloge flatteur " et des éloges , j'en ai fait ... alors laisse passer les critiques .
Ton texte est en complète inadéquation avec ce que tu veux dénoncer!
TAdF
excellent !
Thieffaine >> je ne parle de droite ou de gauche ici ...
Je suis journaliste à Cuba. Je comprends parfaitement ce que tu dis. Un journal c'est comme une usine, ou plutôt comme une église. On répète les mêmes rituels chaque années. Les visages changent, l'essentiel des infos, jamais. À Cuba nous n'avons pas des faits divers dans les journaux, mais des évènements politiques, des récits historiques, des discours et réunions vides. Il faut que les gens ne pensent pas trop. Penser c'est dangereux.
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