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29 octobre 2008

10 ans de Planet Finance : rencontre avec Jacques Attali

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PlaNet Finance est une organisation qui soutient le développement de la microfinance, présidée par Jacques Attali. J'étais invité au 10ème anniversaire de l'organisation, et à une rencontre d'une poignée de blogueurs avec Monsieur Attali. Pour être franc, j'avais une bien piètre opinion de Jacques Attali, représentant tout ce que je déteste dans la mitterrandie. Sans parler de ses égos surdimensionnés.

Tout d'abord, la cérémonie de remise d'awards (so chic) à des entreprises. Beaucoup de très beaux projets récompensés. Du vrai entreprenariat humaniste et solidaire. Respect. Une ambiance très cosmopolité, plein de langues qui bruissent de toute part. Beaucoup de crânes d'oeuf aussi. Une ambiance très hétéroclite et assez surnaturelle.

Rencontre avec Jacques Attali. L'homme passe 30 minutes en notre compagnie. Durant tout l'entretien, son Blackberry ne le quitte pas, il lit et répond à ses mails, parfois même en écoutant les questions ou en y répondant. Pas très élégant et correct. Est également présent Arnaud Ventura, vice-président de PlaNet Finance, beaucoup plus accessible. Les questions tournent autour du microcrédit, et d'échanges d'argent par système de peer2peer ou de téléphone. Autrement dit, je suis un peu pommé, un sujet que je ne maîtrise absolument pas. Je note cependant une petite phrase amusante de la part de Jacques Attali : "nous avons besoin de bénévoles, mais des bénévoles à plein temps". Une notion du bénévolat bien segmentante qui m'échappe.

Dernière question de la rencontre, je me lance. Je questionne Jacques Attali sur ce qui apparaît comme un paradoxe à mes yeux ; Attali ne cesse de clamer qu'il représente en quelque sort l'avenir de la finance, bien loin du capitalisme actuel et de l'ultra-libéralisme qui a vu les banques occidentales tomber dans des situations délicates. Mais parallèment Natixis, l'un des plus beaux symbôles de ce capitalisme, se retrouve partenaire de la soirée d'anniversaire de PlaNet Finance. Jacques Attali me répondra que la banque n'est que sponsor et permet de financer la soirée. Je lui rétorque un "l'argent n'a pas d'odeur", il s'en sortira par une pirouette en arguant que Natixis ne broie pas d'argent sale.

Je repars finalement avec une impression de Jacques Attali assez proche de celle à mon arrivée : une tête très certainement bien remplie avec vraiment une capacité et une intelligence impressionnantes. Mais une tête tellement énorme et un amour de soi si monstrueux que cela nuit à son combat.

En savoir plus sur PlaNet Finance.

Des comptes-rendus à lire ou à venir chez les blogeurs Marine, Cyril Duchamp, André Sobczak, Mry, Cyrille Souche et Damien de Blignières.

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6 Commentaires:

Blogger Franc belge dit ...

Égo sur-dimensionné ?

Pot, meet kettle. :-D

30 octobre, 2008 00:12  
Anonymous mry dit ...

dommage que tu n'aies retenu que cela... le lien vers la note est : http://mry.blogs.com/les_instants_emery/2008/10/les-10-ans-de-p.html

30 octobre, 2008 06:54  
Anonymous Anonyme dit ...

j'adore ton "pommé", qui fait tomber dans les pommes !
pas facile de se sentir paumé non ?

cordialement,
Diane

30 octobre, 2008 11:18  
Blogger Luc Mandret dit ...

Franc Belge >> pas compris ...

mry >> il s'agit bien entendu d'un compte-rendu très subjectif :)

Diane >> oups, une belle coquille, en même temps au 9ème étage de l'IMA j'étais un peu "pommé" aussi (j'ai le vertige) :))

30 octobre, 2008 11:21  
Blogger Franc belge dit ...

Tentative de blague lourde. C'est toujours amusant de voir un blogueur très connu critiquer quelqu'un pour son égotisme. Dit sans méchanceté. :-)

30 octobre, 2008 11:34  
Anonymous Anonyme dit ...

Jeudi 30 octobre 2008, dans le Nouvel Observateur, page 14, la journaliste Doan Bui interroge un spéculateur anglais, Simon Cawkwell.

Simon Cawkwell accueille la journaliste en lui offrant le champagne.

« Au désespoir ! A la ruine ! A ces marchés stupides qui me permettent de m’enrichir ! » Simon Cawkwell nous reçoit dans son grand appartement dans le quartier chic de South Kensington, à Londres, et, en hôte attentionné, il insiste pour sabrer le champagne et lever un toast en l’honneur du krach. Ce n’est pas tous les jours qu’on trinque avec le diable ! Avec ses 150 kilos débordant de sa chaise, ses chaussettes rouge vif, ses quatre écrans d’ordinateur où défilent non-stop les cours de la Bourse, le personnage rayonne d’une aura falstaffienne. D’ailleurs, son surnom à la City, c’est « Evil Knievel », alias le chevalier du Mal, ou quelque chose d’approchant.

« Les krachs, j’adore, il n’y a pas de périodes plus excitantes. J’ai connu celui de 1987, mais j’étais moins riche à l’époque, je ne pouvais pas miser de grosses sommes. Cette crise-là est bonne, très bonne, pour mes affaires. Evidemment, il va y avoir beaucoup de chômage, des années de récession. Mais moi, je vais gagner beaucoup d’argent. »

Se sent-il coupable ?

« Mais pourquoi, ma chère ? Je serais bien stupide de ne pas en profiter. »

Au total, Evil Knievil pense que la crise actuelle lui rapportera 4,5 millions d’euros.

« Une broutille. Si vous saviez combien certains ont raflé ! »

C’est peut-être le refrain le plus entonné dans le monde de la finance. Il y a toujours un plus coupable que vous. David Freud, petit-fils de Sigmund Freud et ex-banquier d’affaires, a l’explication de ce déni collectif : « Il n’y a pas de sens de la responsabilité. C’est un secteur très individualiste, perverti par la culture du bonus. Et le bonus, c’est gagnant-gagnant. Quand vous êtes performant, vous gagnez. Quand vous perdez, vous gagnez toujours, mais moins. »

David Freud a lui aussi joué au jeu des bonus, ces mégaprimes qui font passer les salaires des footballeurs pour de vulgaires pourboires : « Si les gens savaient ce qu’on gagne, on rétablirait la guillotine et des têtes valseraient sur des piques. »

30 octobre, 2008 19:56  

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