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25 octobre 2008

Pourquoi la crise va renforcer les extrêmes

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Olivier Besancenot en premier lieu, mais aussi le Front National - si Marine Le Pen arrive à prendre le pouvoir à l'extrême droite - peuvent se réjouir. La France traverse une crise, leurs discours trouverons oreilles attentives dans l'opinion. Et de beaux jours s'annoncent pour eux.

Nous avons pu constater que les gouvernements occidentaux ont réussi en quelques jours à mobiliser plusieurs milliers de milliards de dollars pour sauver de la faillite les établissements financiers et bancaires en crise. Mais aujourd'hui, la crise commence à toucher l'industrie française. Renault, PSA (Peugot-Citroën), Arcelor-Mittal, Air France, Dim, des entreprises française employant un nombre fort important de personnes annoncent de bien mauvaises nouvelles : licenciements, fermetures d'usines, chômages techniques. Et par conséquent, les sous-traitants voient leur avenir s'assombrir, des bassins d'emplois menacés se multiplient.

Plusieurs dizaines de milliers d'employés vont connaître des situations délicates. Et pour eux : aucune réactions du gouvernement, aucune aide annoncée de nos politiques. Surfer sur ce paradoxe injuste se transforme en pain béni pour les partis extrêmes. Je résume le discours : "l'Etat sauve les plus riches, mais délaisse les plus pauvres" ou encore "le capitalisme sauvé par le gouvernement, le petit peuple toujours victime de ce libre-échange".

Et quand on sait que les véritables crises économiques durent pas moins de deux ans avant de vraiment commencer à sortir la tête de l'eau, nous avons de quoi nous inquièter ...

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14 Commentaires:

Blogger FalconHill dit ...

Il y a des évidences qu'il est bien de rappeler. Merci et bon weekend à toi

25 octobre, 2008 16:09  
Blogger Prinkipo dit ...

La manière dont tu assimiles l'extrême-gauche à l'extrême-droite, c'est une vieille rengaine qui me fait plutôt froid dans le dos (ça me rappelle ceux qui identifie le communisme au stalinisme, ou ceux qui mettent PC et nazi dans le même panier).
Si la crise renforce l'extrême-gauche, ce n'est pas tant en raison de son discours (le monde ne se fait pas avec des discours), mais en raison d'une situation objective : là où le capitalisme, pour sauver les meubles, ne va pas hésiter à mettre sur le carreau des millions de personnes, il se trouvera en effet peut-être de plus en plus de personnes pour se forger une conscience politique et remettre finalement en question le postulat selon lequel le capitalisme serait le dernier système que connaitra l'humanité. Cette perspective, pour moi, est des plus réjouissante, car il n'est jamais trop tard pour s'interroger et se façonner une conscience critique.
Dans le même temps, les militants sont peu nombreux et il n'est pas certain que ceux qui ont un doute sur le discours mainstream de la gauche institutionnelle (et des centristes, et de la droite et de l'extrême-droite) qui voudrait nous faire croire qu'il existe un capitalisme cool (et pas toujours sauvage), rencontre des militants qu'ils pourront questionner. Or c'est souvent en raison de leur absence que les obscurantismes en tout genre ont pu se développer...
Enfin, tu dis "que les véritables crises économiques durent pas moins de deux ans avant de vraiment commencer à sortir la tête de l'eau" : peut-être, mais à quel prix pour tous ceux dont le travail va servir à nourrir le capital ? Le capitalisme, ce n'est pas une histoire de bonne sœur, où tout se répète de la même manière : c'est un système en proie à une contradiction de base : l'exploitation de ceux qui produisent et ce faisant l'appauvrissement de ceux qui achètent. Avec cette conséquence qui, si on sait la percevoir, elle, est vraiment inquiétante : un monde qui s'enfonce toujours plus dans la barbarie. Pas vraiment de quoi jeter la pierre aux révolutionnaires d'extrême-gauche....

25 octobre, 2008 16:35  
Anonymous garcon dit ...

La question c'est pourquoi la droite moderee ou la droite corpopuliste au pouvoir ne cherche pas a anticiper ce mouvement vers les extremes ? Tout simplement car c'est grace aux extremes qu'ils ont reussis dans le passe a se maintenir au pouvoir, grace a la peur des extremes et quand les extremes passent au detriment des population, leurs bilans sert a nouveau la droite modere pour se reapproprier le pouvoir, jusqu'au jour ou un parti d'extreme kkchose aura un bilan positif et acceptable ideologiquement (j'exclus d'emblee l'extreme droite qui ideologiquement est divisive, et j'ose espere a un extreme alterchose...)

25 octobre, 2008 17:13  
Anonymous Yann dit ...

Comme les "extrêmes" n'ont pas de réelles solutions pour sortir de la crise mais surfent tout simplement sur la vague des déceptions, il n'est pas évident qu'ils soient des niches refuges. Je pense plutôt que de nouveaux hommes et nouvelles femmes politiques vont automatiquement émerger dans les différents partis opposés à l'UMP et feront valoir des idées neuves au grand dam des anciens.

25 octobre, 2008 17:29  
Blogger arno dit ...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

25 octobre, 2008 17:53  
Blogger Hervé Torchet dit ...

À part le spam récurrent d'Arno, je trouve ta mise en garde très pertinente, Luc, sinon qu'il est possible d'enrayer cette montée des extrêmes.

25 octobre, 2008 17:57  
Blogger Franc belge dit ...

Les seuls qui ont un discours radical sur le capitalisme, ce sont les extrêmes (de gauche ET de droite). Ne pas être les uniques détenteurs du vrai bois de la vraie croix, ça en défrise certains au NPA mais c'est comme ça.

En ce qui concerne la remise en cause du mondialisme échevelé et de la libre compétition entre les pauvres et les riches, je crains que les droites extrêmes (des nationalistes aux identitaires en passant par les catholiques intégristes) aient même une discours plus cohérent que l'extrême gauche. Tout aussi pathologique mais cohérent.

25 octobre, 2008 18:08  
Blogger Le Tribun dit ...

Sauver le système bancaire, c'est sauver aussi les entreprises qui sont dépendantes de ce système. Toutes ces grosses entreprises sont liées à la bourse et donc à la panique ambiante.

Les extrèmes, ce n'est pas nouveau, surfent avec démagogie sur les peurs et sur l'incapacité de nos politiques à donner des explications claires.

25 octobre, 2008 19:27  
Anonymous Stanley Cleuët dit ...

Entre nous, t'es pas allé pêcher ça loin. Rappelons-nous la crise des années 30. Crise financière -> Crise éco -> crise sociale -> Crise politique. Et nos chers Extrêmes en ont profité de la même manière, d'ailleurs, en Allemagne, les partis les plus influant étaient *roulements de tambours* le parti communiste, et le parti nazi ^^. aprèson connait la suite, 33 : élection de Hitler en tant que chancelier. Mais sans aller aussi loin, je pense que nous moins démunis aujourd'hui que nous l'étions hier. Techniquement quand on fait une erreur... on la fait qu'une seule fois ^^.

25 octobre, 2008 20:02  
Anonymous Claudio Pirrone dit ...

C'est assez exact. c'est de la responsabilité des démocrates de trouver des alternatives.

Car les alternatives existent.

25 octobre, 2008 20:54  
Blogger Daniel dit ...

Ceci est une analyse venant d'un centriste "idéal" qui semble prendre comme postulat que seule la raison est au centre. Mais qu'est-ce que le centre ? Sarkozy ? Bayrou ? Valls ?
Tous ces personnages ne recherchent que la conquête du pouvoir, mais auront-ils ou ont-ils une influence sur la dérive libéralo-capitaliste qui nous mène droit dans le mur.
De quelles classes sociales font-ils le jeu, oubliant le sort global de l'humanité ?

26 octobre, 2008 10:31  
Anonymous abadinte dit ...

Ca devrait te plaire vu que tu es militant dans le parti de l'extrême centre ;)

26 octobre, 2008 12:36  
Anonymous Anonyme dit ...

Que se cache-t-il derrière le slogan du " plus d’Etat " prôné de nouveau par Nicolas Sarkozy, jeudi 23 octobre, à Argonay (Haute-Savoie) ?

Un mois après le discours de Toulon, M. Sarkozy a explicité les formes du retour de l’Etat qu’appelle, selon lui, la crise financière : " S’il y a bien un fait majeur qui émerge de cette crise, c’est le retour du politique. L’idéologie de la dictature des marchés et de l’impuissance publique est morte avec la crise financière. "

Le chef de l’Etat en a appelé à " un Etat plus actif dans l’économie, qui assume ses responsabilités, qui entreprend et qui investit ".

M. Sarkozy ne cache pas ses arrière-pensées politiques : promettre aux Français " le retour du politique ", c’est d’abord rassurer l’électorat populaire et les classes moyennes qui ont fait son élection.

" Nous risquons d’être confrontés partout à la révolte des classes populaires et des classes moyennes qui rejetteront une mondialisation qu’elles ne vivent plus comme une promesse, mais comme une menace ", admet le président de la République.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/25/l-horreur-economique-de-m-sarkozy-par-christophe-jakubyszyn_1111020_3232.html

Dans les mois qui viennent, nous allons connaître l’appauvrissement généralisé. Les dirigeants politiques risqueront d’être confrontés partout à la révolte des classes populaires et des classes moyennes.

26 octobre, 2008 15:04  
Blogger Etienne B. dit ...

@abadinte :
tu m'as grillé sur ce coup, j'allais le dire ^^

@luc :
les extrêmes pour plutôt les "hors système", logique lorsque l'on parle de crise systémique non ?

26 octobre, 2008 18:33  

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