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30 avril 2008

Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ... (6)

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"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

la suite vue par Maxime Pisano :

Il s'enfonce un peu plus dans le canapé, dans une confortable déception, et éteint cette saloperie de télévision. Encore raté, murmure-t-il, mais qui peut donc entendre ce qu'il dit ? Il fait noir dans son petit appartement, les stores sont fermés et la foule qui se presse autour de la mairie de sa petite commune l'insupporte.

Qu'attendent-ils donc, tous ces cons ? Rien n'a changé pendant des dizaines d'années, rien ne changera, les voyous sont partout, on peut les ramasser à la pelle dans ma cage d'escalier, et l'autre faux-cul qui nous promettait de passer tout ça au kärcher. Kärcher, je sais même pas comment ça s'écrit d'ailleurs. Claudine, sers-moi donc un autre verre !

Claudine ?

C'est vrai, il n'y a personne. Il a un peu du mal à se souvenir que sa femme est partie ; des larmes coulent sur ses joues imbibées de vodka, des larmes de rage. Il rallume son poste, le nouveau président s'exprime, calmement, solennellement ; lui, fulmine : mais qu'est-ce que tu nous parles de solidarité nationale ? Le vrai problème, c'est que notre pays a trop d'étrangers, trop d'Arabes ! Et dire qu'on a fait rentrer la Turquie dans l'Europe, bon sang, on va avoir des mosquées de partout ! Ah, on pouvait dire ce qu'on voulait, mais le Jean-Marie, lui au moins il nous comprenait. Quand je pense que l'autre cruche a dit à la télé que la France s'était débarrassée d'un poids quand il est mort, je me dis que j'ai bien fait de ne pas voter pour elle. J'ai même bien fait de ne pas voter du tout, tiens, tous les mêmes de toute façon, quand il s'agit de prendre le pouvoir et s'en mettre plein les poches, là il y a du monde, mais pour nous écouter, nous…

Satisfait d'avoir conscience des problèmes qui minent son si beau pays, il avale une dernière gorgée de vodka, se perd en borborygmes, et s'endort sur ses belles certitudes. La France dort tranquille.

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10 jours sans Facebook ...

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Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ... (5)

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"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

la suite vue par Romain Blachier :

« Et merde, con de moi, j’ai trainé, j’ai fait le tour des bureaux de vote du 7e ce matin et là j’en suis à revenir à la mairie pour les résultats et c’est dans dix minutes ».

Bon c’est vrai qu’un peu de détente avant le résultat, ça fait du bien mais quand même…

La campagne a été intense et s’est bien passée mais (huuuuum son parfum…) il y a toujours une imprévision, un risque de surprise…

Il est vrai que l’incompétence du président Sarkozy en matière économique a fini par amener le pays sous tutelle du FMI. En étant cynique (tu me manques, j’ai envie de toi…), j’aurais pu dire que le social-démocrate que je suis avait toutes les raisons d’être ravi d’une direction des affaires du pays par DSK et ses équipes mais bon…

La présidentielle avait commencé avec quelques décisions spectaculaires (et son corps qui fait monter le désir en moi et ses cheveux…) . Ainsi François Bayrou avait renoncé à la vie politique pour devenir président d’E-Bay France, un métier où il connaissait une certaine réussite, Sarkozy avait décidé de se retirer pour devenir courtier à la Société Générale et Ségolène Royal avait préféré se lancer dans la campagne pour la présidence européenne à laquelle s’était récemment joint l’Egypte et la Turquie, ouverte au suffrage universel par le traité de Eisleben. Celui-ci avait triomphé (et moi sur toi et toi sur moi, enchevêtrés….) par plus de 60% des voix malgré la diversité du non, de Mélenchon au FN, en passant par Besancenot, Dieudonné ou Boutin. Les proches du président de la République avaient pour leur part fait discrètement campagne contre un traité peut-être pas assez atlantiste à leur sens (oh sa peau sur moi…).

La campagne de la personne que je soutenais, issue au deuxième tour, d’une alliance de différents partis de la gauche et du centre s’était fort bien passée face à un candidat conservateur (j’ai envie de me sentir avec toi, en toi…) qui avait montré son incompétence sociale et économique…

L’envie de savoir, l’envie de joie, l’envie de toi est trop forte. Le résultat attendra. Viens à moi. Je viens vers toi.

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29 avril 2008

Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ... (4)

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"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

la suite vue par Moktarama :

Poivre annonce : et le président serait d'après les estimations Dell/Ipsos/CSA : le visage de Nicolas Sarkozy apparaît, avec 50,1% ! Grand blanc de quelques secondes sur la chaîne, plan sur Claire Chazal, décomposée. Effectivement, la surprise est de taille pour tous les médias qui le donnaient vainqueur à plus de 60%.

20h01. Patrick Poivre d'Arvor annonce : « Attention ce ne sont que des estimations, d'ailleurs le score semble extrêmement serré, que pouvez-vous nous en dire » à l'éternel sondeur, qui semble encore plus blanc que les deux présentateurs de la chaîne. Il n'en sait rien, les premiers dépouillements semblaient très favorable à Nicolas Sarkozy mais l'outsider Olivier Besancenot, qui a profité de la faiblesse chronique du PS et de la mort des autres formations d'extrême-gauche pour supplanter les socialistes au second tour, semble avoir une majorité écrasante dans les centre urbains qui commencent tout juste à être dépouillés. En fait, on comprend que ces 50,1% ne représentent rien tant le sondeur bafouille et farfouille dans ses petits papiers.

20h04. Patrick Poivre d'Arvor doit d'ailleurs reprendre ce dernier qui se perd en conjectures. « Bon, pour l'instant, Mr le Président est réélu, nous vous tiendrons bien sûr au courant. » Claire Chazal n'a toujours rien dit depuis vingt minutes, elle semble très absorbée par ce qu'on lui dit dans l'oreillette, en tout cas elle aussi est blême, on sent que le champagne déjà débouché va perdre son gaz avant que TF1 ne se décide à faire péter éventuellement les coupelles.

20h05. « Rendons-nous tout d'abord au QG de l'UMP, notre envoyé spécial Stéphane Guichard va pouvoir nous en dire plus. Alors Stéphane, ou en est on à l'UMP ? » Stéphane explique avec un sourire qu'on lui sent du mal à dissimuler que c'est le silence total à l'UMP, seuls les porteurs d'infos et d'estimations circulent, en tout cas pas de joie visible, en dehors des jeunes. Petit plan sur un QG qui semble comme une fourmilière, mais bien silencieuse.

20h08. « Voyons comment ça se passe de l'autre côté » dit enfin Claire Chazal, qui semble se reprendre à grand-peine. Et là, on comprend que quelque chose se passe, en effet l'envoyé spécial semble au milieu d'une immense foule, il a beaucoup de mal à parler, lui est devant le QG dans la rue envahie de gens, jeunes dans leur immense majorité. Une foule joyeuse, hurlant sa victoire.

20h10. Retour sur le plateau de TF1, ou règne un silence de mort. Panaoramique des invités : Jean-François Copé, Patrick Devedjian, Valérie Pécresse, Ségolène Royal, Julien Dray, Alain Krivine. Le dernier a un sourire ironique, tous les autres se taisent, on dirait un enterrement. Les deux présentateurs commencent à leur demander leurs réactions.

20h16. Devedjian, après avoir rappelé que pour l'instant Nicolas Sarkozy était réélu : « Les vrais français s'opposeront à une dictature communiste si jamais l'extrême-gauche gagne, je les enjoint à ne pas voter pour le totalitarisme dans trois semaines, la situation du pays est grave. » Lui, il a visiblement pas changé depuis ses vingt ans, et sa défaite dans le 92 face à Patrick Balkany ne lui a pas réussi.

20h20. Royal, candidate malheureuse aux primaires du PS face à Delanoë, choisi par le Bureau central et pas les militants : « Je ne peux me réjouir d'une situation intenable, si le candidat de la gauche démocratique n'avait pas été sélectionné sans le peuple, cela ne serait jamais arrivé, en tout cas je demande solennellement à Olivier Besancenot s'il est élu d'intégrer au plus vite le camp démocrate, je veux bien l'y aider personnellement. » Dray est consterné, Krivine se gondole et répond du tac au tac que « Merci mais on va se débrouiller, jusque là on ne s'en tire pas trop mal pour un parti de notre taille. Quand aux accusations de totalitarisme ou d'anti-démocratisme, au vu des 5 dernières années nombre d'entre vous sont très mal placés pour en parler »

20h24. Patrick Poivre d'Arvor, qui semble excédé, commence à houspiller le sondeur dont on vient d'ailleurs à se demander quelle va être sa couleur finale, là il passe du rouge au blanc voir jaune ! Notre pauvre homme du CSA répète que les résultats continuent d'arriver au compte-goutte et qu'il est très difficile de voir se dégager une majorité claire, mais qu'il nous tient au courant dès qu'il a de nouvelles informations. Il se fait prendre à parti et par les deux journalistes et par Copé et Devedjian qui trouvent ça inadmissible, on est au XXIè siècle quand même, si on n'avait pas interdit le vote électronique on n'en serait pas là, et blablabla...nous font chier les sondeurs, en gros.

20h27. Nicolas Sarkozy apparaît sur l 'écran dans son QG; Chazal nous annonce en catastrophe qu'il va faire une déclaration importante. On attend quelques bonnes secondes que la foule hurlante des jeunes UMP se calme.

20h28. Nicolas Sarkozy se proclame vainqueur de l'élection présidentielle ! Il déclare qu'il a de nouveaux chiffres en sa possession, du ministère de l'Intérieur, qui lui donneraient une avance définitive. Il semble sacrément nerveux en le disant – on commence à le connaître après l'avoir vu pendant huit ans tous les soirs - , mais dans le QG de l'UMP on fait – enfin – péter le Champagne.

20h31. Retour plateau, si Devedjian, Copé et Pécresse semblent aller mieux, les autres semblent en flottement, Krivine se met à gueuler que c'est inadmissible, qu'on va descendre dans la rue, il se fait couper par Ppda qui sort de son rêve d'oreillette pour aller voir l'envoyé spécial à la LCR.

20h33.C'est le bordel ! Le type de TF1 est en train de se faire « remonter » par la foule vers le bureau dirigeant, il parle d'une « injustice qui révolte tout le monde ici. »

20h35. Retour plateau. Valérie Pécresse n'attend même pas le commentaire de Patrick Poivre d'Arvor pour fustiger ces criminels, et prévient que la démocratie c'est dans les urnes, pas dans la rue. Patrick Poivre d'Arvor la coupe brutalement pour annoncer qu'apparemment des milliers de gens, en tout cas à Paris selon les informations dont ils disposent – on entend le sondeur se faire interroger en douce par les politiques - , sont dans la rue et semblent converger vers le QG de l'UMP.

20h38. Le sondeur annonce qu'il a du nouveau ! Selon ses chiffres, qui sont actualisés à l'instant, il semble que le ministère de l'Intérieur se trompe vu que lui en est à Sarkozy 49,6 et Besancenot 50,4 aux derniers chiffres, que le vote des villes est dans certains cas massivement en faveur de Besancenot, que les bureaux de votes sont en train d'être dépouillés, il ne voit pas quelles réserves de voix aurait Mr le Président, en tout cas il estime lui qu'Olivier Besancenot a gagné.

20h41. Petit tour de France des envoyés spéciaux TF1, ça semble être de plus en plus le bordel dans la rue, d'ailleurs même en bas de chez moi j'entends les gens sortir de chez eux.

20h44. Les deux journalistes (sic) de TF1 ont toujours énormément de mal à se contenir, tandis que le plateau tourne à la lutte rangée entre d'un côté les trois UMP qui expliquent que si le ministère de l'Intérieur a les chiffres alors ils ne se trompent pas et Nicolas Sarkozy est réélu, les deux PS semblent un peu perdus, réclament de la démocratie et de la transparence, toujours aussi courageux quoi. Alain Krivine, lui, est rouge de colère, parle de révolution populaire et citoyenne.

20h49. Au QG de l'UMP on retrouve le gars de TF1 qui nous parle d'émeutes à l'extérieur, c'est sur q'avec un QG dans le 10è arrondissement on pouvait s'y attendre vu le discours sarkozien ! Pas d'images, tous les journalistes sont dedans. Poivre et Chazal, sur le plateau, n'arrivent plus à calmer le jeu, Copé et Devedjian sont en train de se lâcher et de réclamer qu'on fasse cesser ça, mais que fait la police, et on a bien la preuve que ces gauchistes sont contre la démocratie ; Krivine est seul pour se défendre, malgré les regards en coin Royal et Dray se taisent, forcément après l'appel du PS au second tour à voter contre la LCR ils ont violemment le cul entre deux chaises.

20h56. Alors que les envoyés spéciaux parlent à présent de « violents affrontements », Nicolas Sarkozy prend la parole dans son QG et devant la caméra admet à reculons sa défaite, blâme le ministère de l'Intérieur – très crédible - , enfin fustige les « criminels » dont on entend la colère de sa télé, dit de « l'autre candidat » qu'il n'a pas pris ses responsabilités en n'appelant pas au calme, et part de la tribune comme il est arrivé, en coup de vent. Un ange passe au QG de l'UMP.

21h02. Après un bref retour chez TF1, discours d'Olivier Besancenot, sous les hourras d'une foule nombreuse, beaucoup trop d'ailleurs pour le siège de la LCR, ça déborde ! Il commence par parler d'une grande victoire pour le peuple de gauche sur une droite haineuse qui n'aura renoncé devant aucun coup bas pour gagner, y compris « cette grossière tentative de manipulation médiatique orchestrée avec la complicité de l'Etat, dont les citoyens n'ont pas été dupes un instant. » Il déclare avoir attendu une certaine certitude dans les résultats pour s'exprimer, et enjoint effectivement au calme. Il souhaite que la même vague se produise aux législatives maintenant que le Parti Socialiste a montré son vrai visage : la droite. Tout cela sous les hourras, et dans une ambiance qui semble sacrément festive.

21h11. Retour plateau, Patrick Poivre d'Arvor fait état d'une diminution des affrontements, notamment dans Paris, nos amis de l'UMP sont jaunes, Royal est en train de parler mais ne dit rien, comme d'habitude, et on sent Krivine agité sur son siège, il semble vouloir se casser pour aller célébrer ça plutôt que de se taper la langue de bois de ces vieux routiers de la politique. Pour une fois qu'il remporte une élection, on comprend qu'il veuille pas se laisser bouffer son plaisir !

21h18. Claire Chazal annonce la pub et la seconde partie à venir de l'émission avec d'autres politiques, en arrière-plan Krivine est en train de débrancher son micro et de se casser, l'extrême-gauche est à l'Elysée ! Enfin...dans quelques jours, on se demande d'ailleurs comment va se passer la dernière semaine du règne de Nicolas « little big man » Sarkozy.

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28 avril 2008

Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ... (3)

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"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

la suite vue par Yves Formentin :

En lisant sa fiche où sont notés les résultats, le visage de notre PPDA national trahit quelques signes non seulement de surprise mais aussi, oui, on dirait de crainte. Claire Chazal a l’air plus sereine au moment où son compère parle aux 8 ou 9 millions de téléspectateurs de la chaîne TFPE (Télévision Française Publique d’Etat).Elle prend la suite de Patrick. Nous sommes au QG du vainqueur, en Seine Saint Denis. Le reporter tente de prendre quelques mots de militants mais tous sont sous le choc de la surprise de cette victoire très nette, aussi nette qu’inattendue. Evidemment on entend des cris de joie, on voit des explosions d’émotions, aussi bien des militants que des personnalités présentes qu’elles soient politiques, peoples, des journalistes et anciens journalistes, etc. Le reporter a du mal à se faire entendre dans tout ce brouhaha, on peut lire sur ses lèvres que le nouveau président de la République prendra la parole assez vite.

De retour sur le plateau un plan large nous montre les invités politiques, peu nombreux encore, la plupart avec un large sourire au visage. PPDA reprend son trône de roi du journal, en annonçant une nouvelle fois les résultats, mais en insistant – ce qui est surprenant quand on y réfléchit – sur l’abstention qui apparaît bien forte pour ce scrutin. Jean-Marc Lech, président de IPSOS, corrige le chiffre donné « Après affinement le chiffre se rapproche plus de 46% d’abstention Patrick. ». Alors que Patrick Poivre d’Arvor souhaite, après avoir remercié le partenaire sondagié de TFPE, aller au siège de campagne du candidat déchu, Claire Chazal, qui semble se réveiller d’un coup, annonce que le président élu va bientôt prendre la parole…

La tension monte d’un coup sur le plateau. Il est 20h19. Le vainqueur va déjà parler. Presque aussi vite que Ségolène Royal en 2007 après sa défaite face au Président sortant Nicolas Sarkozy. Pour meubler un peu en attendant l’arrivée du nouveau patron, Claire nous retrace le scénario du premier tour. « Surprise de la non candidature de M. Sarkozy.», «Et un premier tour déjà surprenant, M. Bayrou très bas avec 6%, M. Besancenot très haut avec 17%». Les yeux de la présentatrice semblent s’affoler quand elle voit qu’elle doit poursuivre le blablatage. Heureusement PPDA prend le relais en appuyant sur la surprise, décidément, de la candidature du French doctor «qui a dû aspirer les électeurs de M. Bayrou, d’où son score de 9%». Alors que tout le monde croit que enfin celui qui doit fêter sa victoire inattendue, car parti de loin pour arriver à 54% et ainsi combler les 5 points de retard du premier tour sur son concurrent, va parler, on annonce une fausse alerte.

PPDA reprend sur le premier tour. «Le candidat du PS, M. Strauss Kahn, devant avec 32%, loin du candidat du parti présidentiel». Claire Chazal intervient à ce moment, avec une délectation visible : «En effet, même les efforts de Mme Royal de soutenir le candidat du PS après avoir soutenue M. Bayrou au premier tour n’auront pas suffit». Patrick coupe sa collègue qui allait poursuivre sur sa lancée. «On annonce que le Président de la République, je suppose qu’on veut dire le président élu, va monter sur la scène pour son intervention...»

Apparaît à l’image Nicolas Sarkozy, Président sortant, à la stupéfaction des deux présentateurs, et certainement de beaucoup de téléspectateurs. « Mes chers compatriotes, mes cher amis »

Nicolas fait de grands gestes de salut, puis des nerveux, à son habitude. « Je vais faire très court. Vous attendez toutes et tous mon successeur, je le sais. Mais ce soir je voulais fêter avec vous ma… notre victoire. Celle de la France ! Celle de la République ! » Ce soir nous avons fait face aux appels de ceux qui voulaient nous voire à terre. » Ce soir nous avons montré quel est le parti réellement populaire ! » Je sais que beaucoup avaient peur de la défaite et ne comprenaient pas mon retrait. » Rappelez vous ce que je vous avais dit : « N’ayez pas peur ! » » Aujourd’hui je vous le dis, « Nous n’avons pas peur ! » » Car aujourd’hui non seulement l’avenir de la France va vers la lumière, mais celui de l’Europe aussi ! » Oui, mes chers amis, oui… grâce à vous, grâce à nos amis du Royaume Uni, des pays de l’est de l’Europe et grâce à mon ami Silvio… oui je serai Président de l’Union Européenne. Et je dis aux citoyens de l’Europe, n’ayez pas peur ! N’écoutez pas les obscurantistes qui ce soir vont crier au diable ! ! ».

L’image sur la TV se coupe en deux. Nicolas Sarkozy sur la moitié gauche, et on retrouve le plateau sur la partie droite. Tout le monde a les yeux rivés sur l’écran géant. Un gros plan sur PPDA nous révèle son regard…malgré son âge on arrive à percevoir, dans le fond de ses yeux, une peur, une inquiétude sincère d’un homme, certes peu courageux dans ses opinions et son travail, mais un homme intelligent…

Retour en gros plan dans le QG de campagne de l’UMP. Nicolas Sarkozy profite des applaudissements pour boire un verre d’eau. Il savoure. Fait des signes des mains, des yeux. On aperçoit rapidement le visage de sa troisième femme.

Il reprend. « Mes chers amis, mes chers citoyens, vous allez avoir la chance d’avoir sur un même plateau le futur président de l’Union Européenne et le futur président de la République ! »

Veuillez accueillir notre vainqueur, notre homme de la soirée, veuillez accueillir le Président de la République ! » Sous un tonnerre d’applaudissement et de cris, Xavier Bertrand fait son entrée…

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27 avril 2008

Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ... (2)

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"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

la suite vue par MC du Cabinet de Subversion :

Le logo de TF1 apparaît en énorme à l’écran sur une musique hyperstressante de générique de JT ; Claire Chazal, les yeux humides, regarde Poivre d’un air catastrophé - celui-ci toussote. Le visage qui s’affiche à l’écran n’est autre que celui du leader de la grande « Coalition de Libération », crédité de 50,6 % des voix, contre 49,4 % pour le candidat Sarkozy. D’une voix blanche, Chazal bafouille : « Comme comme vous le pouvez le voir, c’est donc euh Olivier Besancenot qui sera le septième président de la cinquième République, du moins euh s’il le souhaite ». « C’est une énorme surprise », précise d’Arvor sans même regarder la caméra, demandant des confirmations d’un œil atterré à Brice Teinturier. On distingue deux énormes auréoles de sueur au niveau de ses aisselles. Sur le plateau, la caméra fait un rapide balayage des politiques qui s’installent : Michel Onfray, porte-parole de la Coalition, jubile de toutes ses dents et de ses joues bouffies ; Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de la candidate Royal, est plus belle que jamais mais arbore un visage sombre. En face, Marine Le Pen sourit d’un air narquois et serein, Jean-François Copé a une mine pitoyable. Verdâtre, les yeux cernés, ridé comme une californienne liftée, il a l’air d’avoir passé une journée épuisante.

Brice Teinturier, dans un état de stress évident, prend immédiatement la parole sans que personne ne l’y ai convié. « Je voudrais tout de suite préciser que ce ne sont encore que des estimations, il reste des bulletins qui n’ont pas été dépouillé. Les gens peuvent encore, euh, il est encore possible d’aller voter ». Les joues rouges, il regarde Poivre et Chazal, qui, presque mécaniquement, se mettent à bêler en même temps « Il est encore possible d’aller voter ». « Notamment à Paris ! » s’écrie Teinturier. « A Paris et dans toutes les grandes villes où les machines éhm, les machines euh, à voter ont perturbé le vote », rajoute l’ex-femme de Philippe Torreton.

Poivre essaie de reprendre le contrôle de l’émission :

– Alors alors comme vous le voyez, les invités sont arrivés, alors on va peut-être demander à Michel Onfray, parce que les vainqueurs c’est eux, hein, c’est eux, alors Monsieur Onfray, c’est une grande joie ?

– Oui, c’est une joie profonde, nous vivons un moment historique, la France va ouvrir la voie, les citoyens ont choisi de se libérer, de faire confiance à la grande coalition de gouvernement, d’union de toute la gauche, que nous avons porté, et dont j’ai l’immense fierté d’être le porte-parole, tous ces gens qui se sont rangés derrière la candidature d’Olivier Besancenot nous ont permis de remporter une immense victoire.

Poivre, le sourcil froncé, réplique immédiatement :

– Alors il y a beaucoup de courants dans cette coalition, puisqu’il y a José Bové, une partie des communistes, une partie des verts, des dissidents socialistes, des libertaires, des alternatifs, des associatifs, des anarchistes, des syndicalistes, ça va être extrêmement compliqué, en tous cas je l’esp… En tous cas on peut s’interroger…

– Ne vous inquiétez pas pour nous, vous savez très bien que nous avons déjà présenté aux Français un organigramme précis du gouvernement que nous allons former, en attendant les élections pour former l’Assemblée Constituante.

– Selon cet organigramme, vous serez le ministre de l’Education Sociale, intervint la Chazal.

– Ouais.

Brice Teinturier, statisticien de la SOFRES (dont les sondages donnaient deux jours avant une nette victoire du Président sortant Sarkozy, l’alliance UMP-FN étant censée garantir de toute prise de pouvoir par la gauche) se redressa sur son siège et, agité, semble-t-il, par une fureur intérieure, donna la parole à Copé, dont les cheveux crépus et frisés formaient, sur le haut du crâne, une sorte de monticule capillaire des plus laids.

« Les Français sont en train de faire une énorme bêtise, ils le savent, ils expriment un mécontentement, un ras-le-bol, et il faut leur dire que l’extrémisme n’est pas une solution ; que Besancenot et sa coalition détestent la France et les Français, que le pays va à la ruine. Mais je crois, encore une fois, que les Français le savent, ils ont juste voulu envoyer un signal fort à la classe politique, et ce signal, nous le recevons ; nous leur proposons d’inverser ce message lors des législatives qui vont arriver, que M. Besancenot appelle des « constituantes », et bien nous allons présenter des candidats de front républicain partout, en formant des coalitions PS-MODEM-UDF-NC-UMP-MPF-FN, de façon à ce qu’on ait un gouvernement d’Union Nationale, mais pas l’extrême gauche, non, pas l’extrême gauche… »

La phrase de Copé, à bout de nerfs, se perdit dans un sanglot grotesque. La parole fut donnée à Najat Belkacem.

« Et bien je crois que pour nous, c’est très simple, nous allons voter, pour savoir si nous voulons participer à cette aventure, à ce gouvernement ; Ségolène Royal souhaite que les militants puissent voter pour déterminer la conduite que le PS doit avoir ; si on peut s’allier avec la Coalition de la libération. Il y a bien sûr de nombreux points de désaccord entre nous, mais il y a aussi des points de convergence, comme sur l’écologie, nous aussi on est pour l’écologie (« Ben nous aussi ! » beugla Marine Le Pen), on est pour certaines choses proposées par M. Besancenot, donc on peut peut-être travailler ensemble… »

« Quoiqu’il en soit, haleta la Chazal à la façon d’un Yorkshire passé au défibrillateur, notre président Sarkozy a d’ores et déjà annoncé qu’il quittait la France. »

President de la République intérimaire : Olivier Besancenot

Premier Ministre intérimaire : José Bové

Ministre du changement constitutionnel : Arnaud Montebourg

Ministre des solidarités économiques : Clémentine Autain

Ministre des solidarités sociales, de la transformation sociale et du dividende universel : Serge Halimi

Ministre des conditions de travail et des loisirs : Susan George

Ministre des Affaires étrangères, du codéveloppement, de la solidarité internationale et de l’accueil aux populations du monde : Alain Badiou

Ministre de l’Education Sociale, de l’enseignement supérieur et du temps libre : Michel Onfray

Ministre de la Justice et de la réforme judiciaire : Thierry Lévy

Ministre des luttes contre les insécurités sociales, de la réforme de la police et de la lutte contre la répression : Catherine Baker

Ministre de l’Egalité et de la Liberté : Marcela Iacub

Ministre de la pluralité médiatique et de la liberté d’expression : Christiane Restier-Melleray

Ministre de la Culture : Catherine Millet

Ministre de la décroissance, du développement durable, des finances et de l’aménagement du territoire : Cécile Duflot

Ministre de l’Ecologie, de l’agriculture verte et de la dépollution : Noël Mamère

Ministre de la Santé, de la Recherche, de la Science et de la Technologie : Aurélie Trouvé

Ministre du Logement : Yves Salesse

Secrétaire d’Etat aux questions militaires et au désarmement : Benoît Hamon

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26 avril 2008

Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ... (1)

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"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

la suite vue par Chantal Portuese :

L'image arrive progressivement à l'écran, très légèrement floutée, pour s'offrir de plus en plus nettement à nos yeux ébahis!...

Deux paires de pavillons surgissent. De ces organes qui ne laissent jamais indifférents surtout quand ils offrent leur proéminence sans vergogne. De ces organes donc, qui perturbent le reluqueur pas forcément bon entendeur. Des feuilles de choux, des esgourdes qui pourraient en dire long sur leur capacité d'écoute. Est-ce à dire que les français, las de tous les discours politiques remâchés, remastégués durant des lustres, se sont tournés sur cet aspect physique de l'écoute dont nos dirigeants ont été largement déficitaires durant les cinq années écoulées? Sinon, quel autre point commun entre ces deux personnes dont on découvre les visages, largement garnis de ces atours auditifs qui les caractérise sur le plan physique ?

Les sondages étaient loin d'avoir prévu ce tandem !

Cette France partie en barigoule, diminuée, bushisée, aurait-elle fait, enfin, le choix de l'humanisme sans le dissocier de l'humour nécessaire pour redonner la joie de vivre à ses citoyens tenus en apnée durant un quinquennat en faillite, complètement escagassé par un président omnipotent?

Humanisme, humour, ces deux mots n'ayant pas d'étymologie commune, mais un début phonétique identique, se seraient-ils conjugués de façon naturelle au présent pour un futur définitivement tourné vers l'humain et son bonheur?

L'humanisme comme force de résistance? ...On l'a tant espéré!

L'humour comme puissance d'opposition? ...Coluche l'avait tenté!

A Sacha Guitry qui se demandait quand est-ce qu'on prendrait les comiques au sérieux, la réponse est là...si irréaliste fût-elle, il y a quelques jours encore, à en juger par les commentaires sans complaisance sur une telle candidature.

Les français ont-ils choisi de rompre avec les bonnes vieilles habitudes en ne votant pas dans le sens des sondages?

Inimaginable!

Ca y est l'image est nette, il n'y a plus aucun doute! Incroyable!

Les yeux de Poivre d'Arvoir bégayent de stupeur. Ses implants arrivent même à s'entrechoquer dans la secousse. Sa bouche remue dans le vide durant d'interminables secondes...

La tête et le regard penchés de Claire Chazal montent d'un cran, déplissant son cou pourtant si soigneusement mésolifté qui s'offre pitoyablement sur un décolleté abritant deux gants de toilette.

Le premier blabloute ce qu'il peut, la seconde avale péniblement sa salive bactérisée par le régime sarkozien tant vénéré. Ces deux complices d'une information largement aliénée et travestie à la seule gloire de leur maître, sont sous le choc.

Ils n'arrivent même plus à se couper la parole, c'est dire! On pourrait presque deviner la pâleur sub-maquillage de ces journalistes-vedettes, et même sentir l'odeur acide d'une transpiration venue du plus profond de leurs corps paniqués, sollicitant ainsi leurs glandes sudoripares émerveillées par ce surcroît d'activité inespéré, pouah!

Les français ont-ils pété les plombs?

Ou se sont-ils enfin réveillés ?

Il va bien falloir prononcer les noms de ces deux impensables gagants du premier tour.

Le premier...à la rigueur, le second...une hérésie!

C'est Poivre qui s'y colle :

« Donc, les finalistes sont ....sont....

.....

François Bayrou et ...

Et ... »

Eh eh !....

...

Eh Eh...

...

« Dany Boon !!!! »

On est en 2012, pour nous la vie va commencer...

Un ch'ti débat pour le deuxième tour ?

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24 avril 2008

Ma première fois avec Nicolas Sarkozy (3/3)

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Chronique écrite par Mandel

Ma troisième fois avec Nicolas Sarkozy ?
C’était il y a deux mois. Je ne l’avais pas revu depuis plus de douze ans.
Jacques Chirac avait prévenu : « Nicolas ? Ce sera mon dernier scalp. » Sauf que Jacques Chirac a perdu la main. Et le « petit salaud » est devenu Président.

Je me retrouve donc - assis au milieu des huiles de la télévision publique - dans la salle des fêtes de l’Elysée. Aujourd’hui, Nicolas présente à la presse la Commission Copé sur l’audiovisuel (que les méchantes langues appelleront très vite « la grosse commission »). Assis sur des petites chaises dorées assez kitsch, tout le monde attend le Nicolas. Deux ou trois gardes du corps scrutent l’assemblée, j’ai pourtant du mal à imaginer Patrick de Carolis brandir un couteau.

Avec trente minutes de retard sur l’horaire prévu, un appariteur prend un micro : « Monsieur le Président de la République ! ». Le silence se fait instantanément, tout le monde se lève, comme à la messe. Nicolas apparaît, il marche précipitamment. Il devrait pourtant savoir qu’un Président ne se précipite jamais. Nicolas s’assoit, tout le monde s’assoit. A défaut de tutoyer l’histoire, Nicolas tutoie aussi sec Jean-François Copé qui, en retour, lui donne du « Monsieur le Président ». Rien de plus normal : Nicolas est Président, Chef de l’Etat, Commander in Chief des armées françaises, Chanoine de Latran.

S’en suit une demi-heure de discours « je suis le meilleur » : Nicolas lit son texte et prend le ton comme le faisait Chirac, en tentant de l’agrémenter de saillies improvisées qui ne font rire personne. Un peu en retrait, un aide de camp lit lui aussi le discours, histoire de préparer le lever du rideau qui se trouve dans le dos de Nicolas. Et qu’y a-t-il derrière ce rideau ? Un buffet sur lequel personne ne se rue. On se tient un peu mieux à l’Elysée. Même si c’est moins bon que celui du Club du Luxembourg.

Je m’approche maintenant de Nicolas. Il est là, tout prêt de moi. Il me paraît moins petit que la première fois. Je le regarde se tenir droit sur ses talonnettes, comme je regarderais le visage lifté d’une vieille actrice ou la moumoute sur le crâne d’un chauve. Décidément, Nicolas montre tout de lui. Surtout ses complexes.

Ma quatrième fois avec Nicolas Sarkozy ?
Je ne sais pas encore où, quand, et comment… Mais je sais déjà qu’il ne sera toujours pas devenu Président.

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22 avril 2008

Ma première fois avec Nicolas Sarkozy (2/3)

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Chronique écrite par Mandel

Ma seconde fois avec Nicolas Sarkozy ?
C’était quelques mois après la première… Sauf qu’entre temps, Edouard Balladur avait été battu aux élections présidentielles et Nicolas n’était plus ministre. Pire il était le pestiféré, le traître promis aux « mines de sel » par Jacques Chirac. Du même Jacques Chirac : « Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte bonheur. »
Nicolas n’était plus ministre, c’était le début de la traversée du désert. Le moment où l’on bat la campagne, où l’on cultive ses réseaux.

Ainsi, le jour de ma seconde fois avec Nicolas Sarkozy, j’avais été invité à assister à l’une des rencontres d’un très select club de droite : « Le club du Luxembourg ». Un copain RPR m’avait vendu la sauce : « C’est au Sénat, y’aura Sarkozy et y’aura des petits fours et du champagne aussi. » J’étais étudiant, le programme était alléchant.
Je me retrouve donc - assis au milieu d’une assemblée de la haute bourgeoisie de droite - dans un grand salon doré du Sénat. Nicolas arrive sous les applaudissements. Il prend place derrière un pupitre et commence à parler…

Un discours ultra-libéral qui ferait Reagan passer pour un gauchiste, des grands patrons qui prennent la parole dans la bonne humeur, des questions réponses sous les murmures d’approbation, tout le monde semble d’accord, « On est entre nous ». Je n’ai jamais entendu de tel propos publics, qui à coup sûr déclencherait un tollé.

La salle se vide et se dirige maintenant vers le buffet. Je perds de vue Nicolas, mais je fais l’apprentissage en direct de l’ultra-libéralisme : ces messieurs dames se ruent littéralement sur le buffet. Et comme je suis le premier arrivé, ma situation géographique devient stratégique. Les mains se tendent vers moi, on me supplie pour une coupe, je distribue les macarons comme des hosties. Je passe une assiette généreusement garnie à un homme extrêmement élégant, qui l’arrache en me remerciant d’un étonnant « Vous êtes un fils pour moi ! » Fils qu’il oublie aussitôt, une fois l’assiette en main. Je crois que l’on parle d’esprit reptilien lorsque se produit un incendie : la peur ancestrale du feu face à laquelle l’homme perd tout contrôle de lui. Comme le bourgeois face à un buffet. Prêt à piétiner son voisin pour un petit four, excellent par ailleurs.

Je sors finalement du Sénat. Petit débat sur le trottoir. Je me mêle à quelques jeunes militants RPR. Certains sont émerveillés : « Oui, il faut être compétitifs, les chômeurs sont des branleurs, le travail n’est plus une valeur, etc ». Le copain, qui m’a invité, est là lui aussi. Lui aussi est RPR. Il pose une question : « Et si le travail est aliénant ? »

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21 avril 2008

Ma première fois avec Nicolas Sarkozy (1/3)

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Chronique écrite par Mandel
Ma première fois avec Nicolas Sarkozy ?
J’avais une vingtaine d’année.

C’était à Sciences Po, quelques jours avant l’élection présidentielle de 1995. Ministre d’Edouard Balladur, Nicolas venait rencontrer les étudiants, invité par « L’indépendant », le journal de l’école.
Je me retrouve donc - au milieu de la foule - dans « La péniche », le grand hall d’accueil vitré qui précède l’amphithéâtre, là où doit avoir lieu la rencontre.

Nicolas arrive sous les sifflets. On le distingue à peine, tout petit au milieu de ses gardes du corps. Il avance le visage fermé, au milieu des huées. Depuis quelques jours, Jacques Chirac vient de dépasser Edouard Balladur dans les sondages. Nicolas avance difficilement au milieu d’une foule compacte et hostile :« Jospin Président ! Chirac Président ! »

Nicolas entre dans l’amphithéâtre. Il monte à la tribune sous les hurlements. Au fond de la salle, les militants d’extrême gauche scandent : « Balladur à l’Elysée, Révolution en Juillet ! »
Le représentant de « L’indépendant », prototype d’étudiant bourgeois d’une grande famille parisienne, prend le micro : « Comme vous le voyez Monsieur Sarkozy, la salle ne vous est pas complètement acquise… »

La bataille avec la salle commence alors à s’engager. Et durant plus d’une heure, Nicolas rétorque, Nicolas ne lâche rien, Nicolas tutoie quand on le tutoie, Nicolas met les rieurs de son côté, Nicolas est parfois très drôle. Et Nicolas finit par retourner la salle. Nicolas part sous les applaudissements.

Ce jour-là, je crois que j’ai été un peu amoureux de Nicolas.
C’était la première fois.
Après, les choses se sont un peu gâtées…

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19 avril 2008

Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ...

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Voici le concept proposé aux 7 blogueurs ayant accepté d'y participer les yeux fermés. Tout ou presque est dans le titre du concept "Elections présidentielles de 2012. Et le vainqueur est ..."

La mission des 7 s'avère donc de continuer ce texte écrit par mes petites mains :

"19h50. La tension monte dans les QG des deux finalistes aux élections présidentielles de 2012. 19h55. Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal annoncent un résultat inattendu à venir dans cinq minutes. 19h58. Les visages se figent et trahissent une certaine émotion. 19h59. Les journalistes prennent une grande inspiration. 5. 4. 3. 2. Il est 20h"

Ces quelques lignes comme départ de leur texte. Après, aux 7 de jouer. Ils sont libres d'écrire ce qu'ils veulent, avec le style et le ton qu'ils veulent, en restant sages ou en étant totalement délurés.

Je publierai un texte par jour, à partir de mercredi prochain très certainement.

J'attends les textes des 7 avec impatience. Maintenant, à eux de jouer !

Les 7 sont : Agathe d'Abéril, Moktarama, Maxime Pisano, Chantal Portuese, Yves Formentin, MC et Romain Blachier.

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17 avril 2008

Là où je serai, je vous écouterai. Je ne vous quitte pas.

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Beaucoup de projets en ce moment, je me dois de mettre en veille ce blog durant une dizaine de jours environ. Comme nombre de chômeurs en recherche d'un emploi (n'hésitez pas à me contacter si mon profil vous intéresse), je vais durant quelques temps me consacrer à des horizons plus personnels et chronophages.

Peu de temps donc à consacrer à mon blog et à son alimentation. Et la tête pas forcément disponible pour vous proposer du contenu digne de ce nom.

Cependant, je ne souhaite pas mettre le blog en veille. Alors d'autres prendront le relais. Au menu, un intervenant spécial, on l'appellera Mandel, il vous racontera ses rencontres avec Nicolas Sarkozy. Vous ne serez pas déçus ! Un autre guest le rejoindra peut-être.

Mais j'aimerais aussi ouvrir cet espace à des blogueurs. Alors j'ai réfléchi à un concept. Et je lance ici un appel. Les sept premiers blogueurs à me répondre par mail (mandret@gmail.com) accepteront d'adhérer au principe que j'ai établi dans ma tête. Ils ne découvriront ce concept une fois seulement après avoir accepter d'y participer. A eux d'accepter le mystère. Rien de bien méchant, qu'ils se rassurent. Pas très long à rédiger. Il sera question de politique (bien évidemment) mais rien de techno. Le concept se veut plutôt amusant, mais pas débile. Qui se lance ?

Je vous retrouve d'ici à la fin du mois. Rien cependant ne m'interdit de revenir sur ce blog d'ici-là. Have fun !

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Au détour des méandres de blogs (2)

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Suite de la recherche des paradis bloguesques. Autant le premier épisode s'avérait très politique, autant le second sera beaucoup plus personnel.

First, un blogueur que j'adore (et je ne suis pas le seul). Connu et aussitôt reconnu. Môssieur Resse (à mon grand regret encore jamais rencontré in real life) publie aujourd'hui une note courte mais intense. Un hommage à la chanson française par la voix de l'un des plus grands contemporains. A lire, à écouter et à voir : Alain Bashung - La nuit je mens. Sous le clavier d'Hervé, ça donne cela, tout en mélancolie et en poésie : "Parce qu'entre Lou Reed et Ferré, entre Dylan et quelques autres damnés poètes de la post modernité morne, il a toujours tenu sa place dans mes nuits sans fins de musiques, sans jamais tricher ni mentir... Parce que j'espère que parfois on s'en sort, et que je n'ai qu'un putain de "merci" pour le soutenir". A mon tour d'écrire : "merci" à Hervé, parfois il fait surgir des larmes dans mes yeux.

Un second Hervé, succède donc Hervé Torchet, blogueur bien connu des militants MoDem. Un personnage touchant et décalé. Un univers à lui seul. Aujourd'hui, Hervé nous signale la sortie de son livre. Premier tome d'une trilogie qui paraît chez Les Éditions de la Pérenne. Le roman s'appelle : "Deux Iles". Le tome 1 : "Saint-Domingue ou Mlle de Joly-Trou". Vous pouvez l'acheter en ligne sur le site Lulu.com. L'histoire ? Hervé en parlera mieux que moi : "Il s'agit de mon interprétation d'événements authentiques qui ont concerné une famille à la fin de la colonisation française de Saint-Domingue (l'actuelle Haïti) en 1803. Une jeune femme et son bébé, issus du monde des colons, fuient les rebelles dans la nuit, jusqu'au Cap Français, puis de là les événements ne cessent d'empirer. Le mari et père apparaît et avec lui l'émotion. Bref, c'est l'occasion d'une réflexion à la fois sur la France des Lumières, sur la colonisation, sur la décolonisation aussi, et sur quelques autres sujets."

Une femme ensuite. Une femme flic. Une blogueuse. J'ai nommé Bénédicte Desforges. Une blogueuse fort sympathique rencontrée lors de soirées entre blogueurs. Bénédicte, une plume. Une très belle plume. Son dernier post le démontre avec puissance. Une note sur l'écriture. A savourer.

Extrait : "Ton écriture ressemble à une femme endimanchée et trop maquillée. Elle se croit belle, virgule après virgule, et entre points qui s’exclament ou s’interrogent en battant des cils, elle se persuade de sa séduction. Elle se tortille et s’étale à coups de mots précieux et étudiés. Elle se couvre de bijoux d’une rhétorique de toc, ignorant la distinction du mot solitaire. Elle se croit riche et pourvue, mais à la lumière du sens, elle n’est que verbeuse et fardée de synonymes. Elle voudrait sans doute avoir la grâce d’une madone, mais elle ne raconte que la coquetterie d’une syntaxe pucelle, aguicheuse et bavarde."

Enfin, un blog je pense peu lu, à tort. Un blog voisin de la Goutte d'Or. Le style est énervé, l'écriture est différente, le fond est direct. Dernière action en date, une attaque à l'encre rouge contre les "Gogos et démagos". Cible de cette attaque : Silvio Berlusconi et les électeurs l'ayant porté une troisième fois à la direction de l'Italie. A lire comme un poème pamphlet. Extrait :

"Ainsi vont les bons gros démagos
Liftés, botoxés, implantés capillaires

Sourire pivot et talonnettes.


Ainsi vont les bons gros populistes

Avec drapeau levé, klaxon trois tons

la queue du tigre au cul du cheval cabré.


Tellement faux, tellement bidon

Tellement Aldo bodybuildé

Tellement pizzaiolo sur les bords
"

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Au détour des méandres de blogs (1)

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Je dois suivre plus de 1500 blogs dans mon Netvibes, avec plus ou moins de régularité. Voici quelques notes intéressantes que j'ai pu lire aujourd'hui.

Commençons pas le petit nouveau : François Hollande. Il lance son blog. Il se la joue démocratie participative, copiant honteusement son ex-compagne Ségolène Royal. On peut lire dans sa deuxième et plus récente note : "Je veux à travers ce blog que les idées soient au cœur de la transformation du Parti socialiste, de la gauche, et du pays. Je veux prendre ma part, et je la prendrai, à travers des débats que j’ouvrirai, des réflexions que je produirai, des idées que je donnerai. Mais rien ne sera possible sans votre propre intervention : je vous attends". Amen.

Justement, Ségolène Royal. Sur le site La vie des idées, vous pouvez lire une tribune de Rémi Lefebvre. Rémi Lefebvre est professeur de sciences politiques et ses travaux portent sur les partis politiques et le PS en particulier, le métier politique, la démocratie participative et les campagnes électorales. Passionnant. L'article est long mais passionnant. Rémi Lefebvre revient sur le cheminement de Ségolène Royal durant la campagne électorale des présidentielles de 2007. Il y traite des notions d'opinions et de participations, de la confusion entre démocratie participative et démocratie d'opinion.

Extrait : "Communication se mêle à participation, interactivité à réactivité dans un usage qui relève du marketing. La démocratie participative, si on cherche à la clarifier conceptuellement, n’est pourtant ni réductible à la démocratie de proximité ni à la démocratie d’opinion. La démocratie de proximité est essentiellement micro-locale et centrée sur l’amélioration des interactions entre gouvernants et gouvernés. (...) La démocratie participative, faute de clarification, n’est souvent ainsi que « la continuation du marketing par d’autres citoyens ». Les responsables cherchent eux-mêmes à entretenir cette confusion et ces ambiguïtés en tirant les profits symboliques attachés à la « participation »."

Poursuivons avec François Bayrou. Le président du Mouvement Démocrate affrontait hier le bureau exécutif de l'UDF. C'est l'occasion pour le journaliste Pierre-Luc Séguillon de rédiger une longue note sur le leader du MoDem. Je ne pensais pas un jour inciter à la lecture du blog de l'ancien rédacteur en chef de TF1 et aujourd'hui chroniqueur de LCI. Certes la mise en page des blogs de LCI sont toujours d'une laideur improbable. Mais le contenu vaut le détour. Le titre annonce la suite : "François Bayrou, touché... mais pas coulé!" Séguillon revient sur l'actualité, la volonté de l'Elysée de tuer Bayrou. Mais plus encore, Séguillon décrypte François Bayrou et explique pour François Bayrou ne doit être politiquement enterré : "en premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition".

Séguillon revient ensuite sur le capital dont pourra bénéficier Bayrou pour l'avenir : "il possède surtout la légitimé de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François Bayrou avait annoncé que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison".

Enfin, Pierre-Luc Séguillon développe ce qu'il appelle l'identité politique originale de Bayrou : "il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation".

Dernier blog pour le moment. celui de Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur. Il analyse la visite du Pape Benoît XVI aux Etats-Unis dans une note dont le titre donne le ton : "Le pape en campagne (subliminale) pour McCain".

Extrait : "En venant en Amérique plaider une fois encore contre l'avortement (thème politique majeur), Benoit XVI promeut évidemment la candidature de McCain. Pour une raison simple: parmi les trois prétendants, le sénateur de l'Arizona est le seul "pro-life". Et puis, il est le candidat de Bush (après avoir été son pire ennemi). Voici donc le message subliminal du pape aux catholiques américains : moi, chef de l'Eglise, vient ici défendre le droit à l'avortement; je suis donc pour John McCain, qui est, d'ailleurs, soutenu par la Maison Blanche. Tout cela explique l'accueil exceptionnel que le président américain a réservé au souverain pontife. Geste rarissime, il l'a attendu au pied de son avion. Et, hier, il a organisé une garden party somptueuse dans les jardins de la Maison Blanche pour célébrer ses 81 printemps".

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16 avril 2008

Emeutes de la faim et meutes de la fin

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Les émeutes de la faim, nouveau sujet à la mode. On en parle, on en reparle. Sujet bankable à souhait. Il y a à peine quelques jours, personne ne connaissait cette expression. Désormais, elle fait la Une (ou presque) des JT les plus sectaires aux informations internationales.

Dans la presse, tout le monde y va de son gadget pour parler de ce nouveau phénomène médiatique : les émeutes de la faim.

Ci-contre, un graphique sur le buzz généré par les émeutes de la faim sur les blogs. Le bond est significatif pour "émeutes de la faim". Sujet vendeur et accrocheur pour certains, sujet à la mode et suivisme pour les autres.

Sur le site du Nouvel Obs, on nous propose une Google Map des émeutes de la faim. Avec ce simple texte explicatif : "A suivre sur la carte les principaux lieux touchés par les manifestations contre l'envolée mondiale des prix des céréales. L'envolée mondiale des prix des céréales crée dans plus d'une trentaine de pays pauvres une grave situation d'urgence allant jusqu'à des émeutes. Voici les principaux lieux touchés." Sur la carte, les lieux d'émeutes sont représentés par une explosion. On ne peut trouver plus accrocheur.

Quant à lui, le site de l'Express relate ces événements par un "reportage photo". Là encore le descriptif est bien léger : "Haïti, Côte d'Ivoire, Cameroun, Sénégal... Des manifestations souvent violentes contre la hausse des prix des produits de première nécessité se multiplient dans les pays en développement." 13 photos résumant cette crise mondiale.

Les politiques y trouvent également l'occasion de ressortir leurs lots de banalités. Dans les pages Rebonds de Libération, les ministres et secrétaires d'Etat Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Rama Yade et Alain Joyandet signent une tribune commune titrée : "faisons face aux émeutes de la faim". C'est joli comme une communication intergouvernementale dirigée par Thierry Saussez.

L'ancien Président de la République, Jacques Chirac, y va également de sa plume. Une tribune dans Le Monde, "Crise alimentaire : des solutions existent, par Jacques Chirac". Une bonne chose que l'ancien Président se préoccupe de ses thématiques, mais nous aimerions y lire moins de banalités : "le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies, (...), doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la déstabilisation des Etats les plus menacés" ou encore "c'est une véritable révolution des modes de pensée et d'action en matière de développement, notamment dans le domaine agricole, qui s'impose".

A noter, l'un des articles les plus intéressants date de Mars 2008 : un article détaillé de Jean Ziegler (rapporteur spécial de la commission des droits de l’homme des Nations unies pour le droit à l’alimentation) publiée dans Le Monde Diplomatique. A noter que lui préfère le titre : "réfugiés de la faim", certes moins sensationnel mais tellement plus humain et plus intelligent. Jean Ziegler tape aussi : "l’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d’une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l’autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim".

On meurt de faim dans le monde. Mais les industries agroalimentaires, elles, continuent leurs baisses des coûts d'achats et de productions tout en favorisant à la sur-consommation dans les pays riches. Ne citons que trois entreprises parmi les plus importants. Danone : 14 milliards d'euros de chiffre d'affaire, 1,5 milliards d'euros de bénéfice net. Unilever : 40 milliards d'euros de chiffre d'affaire, 5 milliards d'euros de bénéfice net. Nestlé : 67 milliards d'euros de chiffre d'affaire, 9,5 milliards d'euros de bénéfice net. Pendant ce temps, plus de 800 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim.

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15 avril 2008

Sarkozy et les pauvres / Acte 2 : les malades

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Nicolas Sarkozy, mercredi 2 Mai 2007, débat avec Ségolène Royal à la télévision. Alors candidat UMP aux présidentielles, Nicolas Sarkozy déclare : "il faut engager un plan contre l'Alzheimer pour trouver l'origine de cette maladie comme on a fait un plan cancer. Et je veux enfin poser la question du remboursement des prothèses dentaires, ce n'est pas un luxe, et du remboursement des lunettes".

Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, le 13 Avril 2008 au micro du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, affirme travailler sur un projet prévoyant que la Sécurité Sociale ne
rembourse plus ni les lunettes ni les lentilles, remboursement alors à la charge totale des mutuelles et complémentaires santé. Pour ensuite revenir un peu en arrière et annoncer qu'il ne s'agit que d'une réflexion, qu'elle allait engager une concertation avec les acteurs concernés. Blablabla.

Moins d'un an, et une fois de plus un nouveau mensonge du gouvernement Sarkozy-Fillon. Une technique mille fois utilisée, et ô combien insultante : on balance une bombe pour ensuite revenir un peu en arrière. Pitoyable. Pathétique. Car derrière ces propositions, derrière ces petites phrases, se trouvent des malades.

Franchises médicales. Maintenant déremboursements. Aujourd'hui les frais liés aux soins optiques. Demains les frais dentaires. Après-demain ? Plus de 4 millions de Français ne cotisent pas à une mutuelle et ne bénéficient de la CMU (Couverture Maladie Universelle). Plus de 4 millions de Français qui ne pourront, faute de moyens, soigner leurs problèmes de vue.

Selon la Mutualité Française, les dépenses d'optique coûtent 150 à 200 millions d'euros par an à l'assurance-maladie. Assurande maladie, rappelons-le, en déficit de 7 milliards d'euros (12 milliards pour la sécurité sociale). Une goutte d'eau en moins dans un vase trop rempli.

Vers quel système de soin le gouvernement de Nicolas Sarkozy veut-il nous entrainer ? Doit-on s'attendre au pire, que les plus pauvres des Français soient dans une incapacité à se soigner ? Mais après tout, quelle idée d'être pauvre, ils n'ont qu'à cotiser à une mutuelle. Salauds de pauvres qui creusent de jour en jour le trou de la Sécu.

Punir. Réprimer. Trouver des coupables. Diviser les Français. Pointer du doigt les plus faibles. Ci-gît la cohésion sociale de la France.

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Sarkozy et les pauvres / Acte 1 : les chômeurs

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Nicolas Sarkozy et son gouvernement se battent-ils véritablement pour plus de cohésion sociale ? Pourquoi lorsque Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'emploi déclare que la réforme de l'assurance-chômage sera un "meilleur équilibre entre les droits et les devoirs des chômeurs", je lis dans les yeux du gouvernement la volonté de déclarer ouverte la chasse aux chômeurs ?

Puis Laurent Wauquiez et Christine Lagarde tentent de nous rassurer, expliquant que les "modalités" pourraient être discutées avec les syndicats, mais pas le "principe". Marre de cette façon de procéder : on balance une fuite dans la presse sur cette réforme, puis on affirme que les syndicats pourront discuter avec le gouvernement, mais pas sur le fond, seulement sur la forme. Communication de grands mauvais, méprisante pour les partenaires sociaux, pour les chômeurs, pour le gouvernement même, pour nos institutions également.

Sur le fond, de quoi s'agit-il ? Des sanctions renforcées pour les chômeurs de plus de six mois, "le chômeur devrait accepter tout emploi requérant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré, par exemple, au moins 70% de son salaire antérieur". Politique répressive. Et toujours cette même rengaine et arrière-pensée : les chômeurs sont des fainéants, ils ne veulent pas travailler, ils sont des boulets pour la société, forçons-les à travailler. Lamentable.

Petite aparté personnelle : je suis chômeur. Jamais je n'ai bénéficié d'un suivi digne de ce nom. Jamais une seule offre d'emploi reçue par l'intermédiaire de l'ANPE. Pas une. Nous sommes plus de deux millions de Français au chômage. Combien parmi les deux millions sont concernés par la réforme annoncée ? Combien de chômeurs refuseraient une proposition sérieuse, correspondant au poste souhaité ?

Bercy parle d'offres d'emploi valables. Ces deux offres d'emploi valables au delà desquelles les chômeurs verraient leurs allocations baisser. Que sont des offres valables ? Sous-entendu, doit-on considérer que les conseillers de l'ANPE seraient susceptibles de proposer aux demandeurs d'emplois des offres d'emploi pas valables ? Et si le problème ne se trouvaient pas là plutôt ?

Deux offres valables dans les 6 mois suivant, au risque de voir ses indemnités baisser. 2 millions de chômeurs, 4 millions d'offres d'emplois. Où sont-ils les 4 millions d'emplois à pourvoir en France ?

Comment débute la précarité ? A coup sûr par une perte d'emploi. Comment les sans-domicile se sont-ils retrouvés à dormir dans la rue ? Dans leur grande majorité en perdant un emploi, puis leurs indemnités assedic. Que pense donc Martin Hirsch de cette mesure ? Elle n'est qu'une marche en moins pour l'ascension vers la précarité, la pauvreté.

Punir. Réprimer. Trouver des coupables. Diviser les Français. Pointer du doigt les plus faibles. Ci-gît la cohésion sociale de la France.

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13 avril 2008

Deux canards fuyant vers la lumière

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12 avril 2008

Madame, Monsieur, Bonsoir ... Les dessous du premier JT de France

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"Madame, Monsieur, Bonsoir, ..." Les dessous du premier JT de France. Edition Panama. Un livre d'un collectif de journalistes de TF1, signé Patrick Le Bel, en clin d'oeil à Patrick Le Lay ancien patron tout puissant de la première chaîne privée de télévision française.

Ce livre trainait depuis quelque temps, sans que je ne prenne le temps de l'ouvrir, passant après d'autres. Ah, chère procrastination quand tu me tiens ...

Je vous conseille donc plus que fortement sa lecture. Passionnant et édifiant cet ouvrage. Les coulisses de la rédaction de TF1. De la coupe de champagne sur le plateau avant 20h le soir du second tour des présidentielles de 2007, Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal notamment fêtant la victoire d'un des leurs, Nicolas Sarkozy. Aux rumeurs de micros cachés dans les ascenseurs et les bureaux des journalistes pour espionner les salariés de TF1. En passant par la visite des grands de ce pays dans les locaux du joujou de Martin Bouygues.

Mais au-delà des anecdotes croustillantes, ce livre dessine un constat catastrophique sur les relations entre les journalistes eux-mêmes, entre les chefs et leurs subordonnées, entre les stars du petit écran et le reste du monde. Pis encore, les dessous de la création, de la mise en œuvre, du choix des sujets du Journal Télévisé révèlent une vision du journalisme absolument catastrophique. Je résume en deux mots : émotions et témoignages.

En outre, les auteurs de ce livre (qui se lit rapidement et facilement) ont une très bonne plume. Le style percutant ajoute aux révélations. Mais surtout nous entrons dans l'intimité et l'on nous dresse le portrait psychologique des maîtres des JT de TF1. Robert Namias, le directeur de la rédaction de TF1, personnage lunatique et caractériel, ne fonctionnait qu'à l'affect, qui aime changer régulièrement la moquette blanche de son bureau, monologuant à longueur de journées, faiseur et défaiseur d'hommes. Un Jean-Pierre Pernaut, présentateur du 13h, personnage plutôt sympathique mais caricature du beauf de droite assumé.

Mais surtout les deux vedettes du 20h. Une Claire Chazal, absolument dépressive, obsédée par son âge et son image. A son sujet, quelques phrases la résumant : "Claire n'est pas une révoltée, vous ne l'entraînerez jamais vers des combats perdus d'avance, elle connaît ses limites : les amis, le pouvoir. Que préfère-t-elle ? Ses amis ou le pouvoir ? Elle n'a jamais vraiment eu à se poser la question. Ses amis sont au pouvoir". Un PPDA, personnage au sommet de l'antipathie, totalement odieux, détestant la concurrence, s'accrochant à tout pouvoir qu'il peut accrocher à sa veste, absolument radin. Et surtout, ayant totalement bafoué ses idéaux d'antan. Finis le vrai journalisme, l'actualité internationale. Un homme absolument seul, absolument infréquentable en raison de son caractère dictatorial.

Plutôt que d'écrire des lignes et des lignes sur ce livre, courrez le lire. Voici un extrait :

Le Monde... définitivement pas le journal préféré de la rédaction. Souvent, en quittant le bureau, je vois les piles encore intactes. Il faut reconnaître que c'est un peu fastidieux à lire, et comme le dit la chanson : "Le Monde y a longtemps qu'elle fait plus semblant..." Surtout quand ce n'est pas nécessaire. Sur un plan professionnel, Le Parisien suffit amplement à se faire une idée de ce que seront le 13 heures et le 20 heures du jour.
Je ne lis
Le Monde que lorsque PPDA demande à midi et quart et d'un ton impatient une enquête sérieuse. Les sanctuaires mondiaux du terrorisme, par exemple. Le quotidien du soir y retrouvera l'un de ses articles en plus condensé. C'est déjà un exploit d'y arriver. L'exercice exige du travail et beaucoup de rapidité, car l'heure tourne ...
A l'infographie : "Urgent, il me faut une carte, regarde celle du Monde, rajoute des couleurs et une dynamique, fais plus vivant."
A mon assistante : "Appelle-moi Pascal Boniface." Toujours disponible et un avis sur tout. Au planning caméra : "Vite s'il te plaît, j'ai besoin d'un cameraman pour interviewer Jacquard, qu'il lui fasse dire la même chose que dans
Le Monde, page 3."
Comme il s'agit d'une enquête, j'ai le droit de dépasser la minute trente réglementaire, le sujet sera vendu par Poivre d'un air pénétré, comme il se doit : "une enquête de notre rédaction".

Je n'ai pas mis les pieds dans un pas arabe depuis des années, malgré mon titre de grand reporter. Cela n'empêchera pas mon beau-père de me lancer dimanche : "Déjà rentré ?"

Finalement j'ai appris pas mal de choses. promis, je me remotive.

Paris Match, dérobé discrètement si j'ai la chance de tomber dessus le premier, finissait par me suffire. Quant à Courrier International, il n'existe plus dans la rédaction ; il a disparu en même temps que le service étranger.
Et la ménagère ne s'en est pas rendu compte. Alors ...

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Nouvel an khmer : bonne année 2552 !

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Soursdey chhnam thmey !

Ceux qui me connaissent savent mon amour pour le Cambodge et ma passion pour le peuple khmer.

Pour les autres vous pouvez lire les trois notes écrites sur ce blog à propos du Cambodge :
- 1ère partie : Angkor
- 2ème partie : Phnom Penh
- 3ème partie : Bokor, le Sud

Vous savez donc où me trouver ce dimanche 13 Arril 2008 ...

Bonne année 2552 à tous !

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11 avril 2008

Ségolène Royal pour un congrès utile et serein, contre un congrès inutile et agité

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www.congresutileetserein.com, ça sonne bien comme une publicité pour une lessive qui transforme vos vêtements sales en vêtements blancs et immaculés. Malheureusement, www.congresutileetserein.com est le nouveau site lancé par Désirs d'Avenir et l'équipe de Ségolène Royal.

Congrès utile et serein, auquel s'ajoute l'expression "consultation participative". Etonnant assemblage de ces deux mots. On consulte. Qui consulte ? Ségolène Royal ? Elle consulte donc elle reçoit les avis émis par d'autres. Participative. On participe. Les militants probablement, mais aussi des experts. Des personnes qui participent et qui sont consultés. Légère redondance, je me trompe ? Voire un doux pléonasme ? Comment consulter des gens si ils ne participent pas ? Ou bien pourrait-on participer à quelque chose sans être consulté ?

Pour un "congrès utile et serein", le nouveau leitmotiv de Ségolène Royal pour prendre la direction du PS. Qui pourrait, au sein du Parti Socialiste, annoncer le contraire : je suis pour un congrès inutile et pas serein, pour un congrès qui ne serve strictement à rien (il est vrai que ce ne serait pas le premier) et dans lequel ce soit le big bordel (que les socialistes ne rêvent pas, ce sera le cas, malgré les fantasmes de Madame Royal). Seulement, personne ne pourra dire qu'il ne désire pas au plus profond de lui-même que le congrès soit utile et serein. Autrement dit : Ségolène Royal fait sa campagne interne sur un message qui s'avère d'une banalité sans nom, d'un creux incommensurable, d'un fond idéologique inexistant.

Extrapolons. L'on peut espérer que la politique soit encore un débat d'idées. Toute démonstration politique devrait donc, pour être recevable, pouvoir être débattue sous l'angle contraire sans que l'on ne tombe dans une aberration totale. Prenons un exemple. Régulièrement, nous entendons de la part d'hommes et de femmes politiques, combattant une proposition du camp adverse, ce genre de phraséologie : "socialement injuste, économiquement inefficace et politiquement incohérente". Qui pourrait donc soutenir ce genre de propositions ? Où se trouve le débat d'idées ? Une seule réforme souhaitée pourrait-elle ne pas avoir pour objectif d'être politiquement cohérente, économique efficace et socialement juste ? Que rétorquer à ce genre d'expressions préfabriquées ?

Et si la politique, et les hommes politiques retrouvaient un peu de rigueur, et débattaient ? Toute construction d'explications ou de contestations d'une idée devrait avoir pour arrière pensée : le contraire de ce que je dis a-t-il un sens ? Est-il possible de s'opposer à ce que je dis ? N'est-il pas plus glorieux de convaincre en trouvant les chiffres, les idées, les contre-propositions, les justifications allant dans le sens de mon discours ?

Prenez l'exemple récent du passage de la flamme olympique à Paris. Les sportifs arboraient un badge sur lequel était inscrit : "pour un monde meilleur". Qui peut, à moindre d'être totalement fou, prêcher "pour un monde pire" ?

Revenons-en à Ségolène Royal, grande experte donc de l'inutilité et de la banalité de ces propos. Autant je me prononce fermement contre les jurys citoyens, car je crois en l'autorité et au pouvoir de décision du politique, autant je n'ai rien contre la démocratie participative au sein d'un mouvement politique. Cependant, Ségolène Royal ne vend pas sa nouvelle posture comme telle, ou du moins ne l'assume pas pleinement. Et c'est là ce qui est dommage. Qu'elle adopte le credo du "congrès utile et serein" relègue le débat d'idées aux oubliettes de Solférino. Quand donc se décidera-t-elle à proposer et à construire, plutôt qu'à vouloir à tout prix rassembler dans un unique but présidentiel ?

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A ceux qui veulent boycotter les Jeux Olympiques ...

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A ceux qui lancent un appel au boycott des Jeux Olympiques (boycott que je ne soutiens pas), pourquoi ne pas boycotter le WWW2008 ?

Le WWW2008 est la 17ème conférence internationale du World Wide Web. Cette conférence rassemble des chercheurs, des investisseurs, des chefs d'entreprises, des techniciens, bref tout ce que le grand monde de l'internet compte de personnes qui font l'internet de demain.

L'édition 2008 de ce raout se déroule à Beijing en Chine, en lien avec les Jeux Olympiques, du 21 au 25 Avril 2008. Le joli thème choisi de cette conférence mondiale du web représente un petit clin d'œil à tous les droits-de-l'hommistes : "One World, One Web".

Si vous voulez en savoir plus sur cette conférence, allez visiter le site du WWW2008. L'objectif de cette note n'est pas de lui faire de la pub.

Seulement je m'interroge. Tous ces français qui soutiennent mordicus le boycott des JO, pourquoi n'appellent-ils pas au boycott de cette conférence ? Parmi les sponsors du WWW2008, on trouve notamment : Google, Microsoft, Yahoo, at&t, Betavine, Ebay, NEC, Nokia, et même l'Office Européen des Brevets, une organisation intergouvernementale.

Alors, à ceux qui veulent boycotter les Jeux Olympiques, leur serait-il plus facile de donner des leçons aux sportifs et pouvoirs publics, plutôt que d'appliquer à eux-même les revendications qu'ils véhiculent ? Pourquoi ne boycottent-ils pas tous ces sponsors ? Pourquoi d'ailleurs ces militants de la nouvelle heure ne s'en prennent-ils pas aux sponsors des JO (Coca-Cola, Atos Orginin, Johnson, Kodak, Lenovo, MacDonald, Panasonic, Samsung, Visa, Adidas, VolksWagen, UPS, etc) ? Si ces militants souhaitaient véritablement faire capoter ses JO, pourquoi n'appellent-ils pas purement et simplement au boycott de tous les produits fabriqués en Chine ?

Cet appel au boycott des JO n'est-il finalement pas une bonne conscience que certains souhaitent soudainement se trouver ? Parce qu'il sera plus facile de boycotter les Jeux Olympiques en ne les regardant pas à la télévision : avec le décalage horaire, cet effort ne sera guère surhumain. Parce qu'il est toujours plus facile d'être les suivistes de gourous tels que Robert Ménard, plutôt que de réfléchir au fond du problème ?

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