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31 août 2008

Un bout d'Inde à Paris

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Un voyage en Inde, le temps de la fête de Ganesh. Des milliers d'hindous dans le quartier La Chapelle, tout autour du temple de la rue Philippe de Girard. Une déconnexion de la vie parisienne. Des couleurs éblouissantes de fête. Des odeurs dont on ne connaissait la saveur. Des bruits magiques pour parfaire cette évasion. Des croyants célébrant leur Dieu dans le respect des autres, le regard chaleureux.

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30 août 2008

Quel avenir pour le blogging politique en France ?

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Au lancement de la convention démocrate de Denver, Narvic revenait sur la présence de 500 blogueurs contre 15000 journalistes lors de l'évènement intronisant Barack Obama comme candidat démocrate aux élections présidentielles américaines. Et sur l'installation par Google d'une Google news room, proposant contre rémunération un accès à un lieu spécifique aux blogueurs, leur permettant de travailler tranquillement, de se restaurer et de se reposer. Google y trouve bien sûr son intérêt, avec un canal spécifique de diffusion des contenus des blogueurs. Un service gagnant-gagnant : meilleures conditions et plus forte visibilité pour les blogueurs, un pied de plus dans l'industrie des médias pour Google et une crédibilité accrue avec ce type d'évènements. Google pourrait ainsi devenir rapidement, en poursuivant cette initiative l'un des principaux acteurs américains de la presse.

En France, les blogs restent bien faibles. Si tout le monde en parle, les blogs n'ont vraiment pas encore atteint le niveau de autres médias. Une véritable méfiance des journalistes pour l'outil blog, comme le relate très bien Laurent François dans ses notes tirées d'une conférence “Quand les médias plombent, quand les médias permettent” qui se tenait à l'université d'été du Medef. Une visibilité bien anecdotique, les plus gros blogs politiques n'attirant au mieux que quelques milliers de visites pour leurs meilleures notes (insignifiant comparé aux journaux, radios et télévisions). Une frigidité certaine des femmes et hommes politiques, combien d'interviews de personnages politiques de premier plan avons-nous pu lire sur les blogs ? Au maximum quelques dizaines.

La force passe par la crédibilité. Le blog autorise une publication instantanée et illimitée. Ainsi, le blogueur peut tout écrire, quand il veut. Quitte à supprimer une note médiocre, à l'améliorer, à la commenter. Mais la dispersion nuit très probablement à la crédibilité. Les photos du chat d'un blogueur ou une note sur les guéguerres internes aux blogs à côté d'une critique très sérieuse d'une mesure gouvernementale, si cette diversité permet d'humaniser le blogueur, la crédibilité en prend un sérieux coup. Est-ce au blogueur de se recentrer sur son propre sujet ? Ou aux lecteurs d'intègrer cette considération ?

La force passe par la définition de règles communes. Combien s'y sont-ils essayés, à créer une néthique, une nétiquette ou autres règles afin de régir les blogs ? Sans succès. Il sera toujours impossible de contrôler l'ensemble des blogs, et qu'ils se regroupent ensemble autour d'une certaine morale commune. Les limites à ne pas franchir, dès qu'elles sont définies seront par principe dépassées. Si le débat d'une règlementation n'est pas épuisé, un véritable regroupement de blogs autour d'un principe commun, celui-ci ne pourra aboutir que s'il provient d'un organe respecté a priori, d'une personne ou société qui rassemble les blogs respectant un ensemble de règles. Mais la fusion de ces blogs ne pourra être un système de digg-like, l'aspect rémunérateur entraînant forcément méfiance et biais, le regroupement ne pourra que se consacrer à son unique objectif, une certaine éthique des blogs.

La force passe par l'union. Si les blogs politiques adorent se lier (via des hyperliens, des trackbacks ou des blogrolls), et si cela est bien nécessaire et utile, ce système ne parle pas au grand public, et ne permet aucune véritable visibilité. Les blogueurs ont bien essayé de se regrouper, mais sans véritable succès : les left blogs ne fonctionnent qu'en lobbying, et leur pouvoir ne tient qu'à une récupération dans la presse traditionnelle ; la République des blogs se contente d'être un rendez-vous social entre gens d'un même milieu ; les freemen n'ont guère perduré après les élections présidentielles. La véritable union ne peut que se faire qu'en outrepassant les positionnements militants des blogueurs, en leur proposant des moyens et une visibilité.

Certains sites se veulent alors regrouper les articles des blogueurs. Marianne ouvre les portes de son site à des blogueurs associés, Betapolitique rassemble des notes sélectionnées autour d'un même esprit, CoZop récupère le contenu de blogueurs volontaires, Wikio et autres digg se veulent une base de données de la production de la blogosphère. Mais tout cela reste très virtuel, et bien peu significatif pour évoluer vers une véritable considération des blogs comme un média traditionnel.

Le véritable pouvoir des gros organes de presse n'est pas véritablement politique, il tient surtout à l'agenda. Les journalistes des plus puissants médias français peuvent décider ce qui fait l'actualité, ce qui importe ou non. Et bien souvent, les blogs politiques suivent, ou alors sont très souvent voués à une insignifiance. Les blogs seront devenus un média traditionnel, le jour où ils pourront obliger les politiques (mais aussi les "experts", les polémistes, les autres médias) à réagir à leurs actualités.

Si aux Etats-Unis Google semble vouloir se positionner comme un média traditionnel, pour le moment rien de comparable ne semble poindre en France. Certains doivent probablement réfléchir à cette option, des entreprises et des entrepreneurs doivent plancer sur une "récuparation" des blogs. Mais nous ne verrons certainement rien voir venir avant au moins les prochaines élections présidentielles, un gros évènement politique étant indispensable pour asseoir le pouvoir d'un média.

Alors que l'information en ligne évoluera très rapidement, que l'internet mobile deviendra un enjeu du web de demain, que le digital s'étendra partout dans notre quotidien, qui pourra relever ce défi ? Google opérera-t-il en France comme il le fait aux Etats-Unis ? Car la solution ne viendra probablement pas des gros groupes de presse déjà existant, un Lagardère, un Bolloré ou un Bouygues effrayant certainement une grosse partie des blogueurs militants. Une société comme Orange aurait parfaitement le profil pour réussir à rassembler les blogs, à les séduire, à les promouvoir, à les crédibiliser, à les appuyer et à leur fournir une logistique digne de ce nom pour couvrir des évènements politiques. D'autres entreprises peuvent aussi s'engouffrer dans ce chemin, telles que Skyrock, DailyMotion ou Vivendi. Une nouvelle structure peut bien évidemment se créer, ou plusieurs sociétés s'associer, peu importe. Avant tout, il faudra une équipe qui croit en l'avenir du blog comme outil d'information puissant, et qui ait les moyens de ses ambitions.

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29 août 2008

La Rochelle : bilan des Universités d'été du Parti Socialiste

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Soit V = Martine Aubry ou Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë ou Pierre Moscovici ou Benoit Hamon.
Soit W = Martine Aubry ou Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë ou Pierre Moscovici ou Benoit Hamon.
Soit X = Martine Aubry ou Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë ou Pierre Moscovici ou Benoit Hamon.
Soit Y = Martine Aubry ou Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë ou Pierre Moscovici ou Benoit Hamon.
Soit Z = Martine Aubry ou Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë ou Pierre Moscovici ou Benoit Hamon.

Au cours de ce long week-end se déroulait l'édition 2008 des Universités d'été du Parti Socialiste. Au programme, de nombreux ateliers et débats sur l'avenir du PS, la place du parti socialiste dans la gauche française. Les discussions portaient également sur une critique vive de la politique du gouvernement de François Fillon et de Nicolas Sarkozy.

Mais les militants socialistes ont surtout pu observer le comportement pathétique des éléphants du PS : un véritable jeu du chat et de la souris entre les principaux candidats à la succession de François Hollande. Alors que ce dernier appellait à la tribune au rassemblement de tous les socialistes, les tractations allaient bon train sur de probables rapprochements entre différentes chapelles socialistes.

V regroupait ses troupes dans un restaurant à poissons, lors de ce diner un lieutenant de X s'est joint à la tablée lors du dessert, devant des militants médusés de cette présence affichée en terrasse. La veille au matin, alors que Z énonçait un véritable discours de Premier Secrétaire, Y répondait aux questions des journalistes autour de la machine à café de la buvette du Palais des Congrès de la Rochelle. Une réunion à huis-clos des proches de Y a été fortement commentée, laissant entendre que Y aurait prononcé à de nombreuses reprise le nom de V.

Chacun des prétendants au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste a pu prendre conscience de sa popularité, et W et X gagnent à l'applaudimètre leurs statuts de favoris à la course interne. Quelques sifflements ont également été entendus lors de l'arrivée de V. La chasse aux barons locaux étaient aussi déclarés ouvertes. Une rencontre de Y autour d'une poignée de maire socialistes de grandes villes et une seconde de W avec une vingtaine de premiers secrétaires fédéraux laissent entrevoir le rapport de force.

L'évènement du week-end reste cependant sans commune mesure une rencontre discrète au bar d'un grand hôtel de la Rochelle entre W et Z, laissant penser à une fusion de leurs contributions en vue du prochain congrès de Reims. La rumeur a alors rapidement circulé dans les couloirs de l'Université d'été du PS, les militants se laissant aller aux conjonctures d'un désistement de Z pour W.

A la clôture du rendez-vous annuel des socialistes, les militants sont repartis amers et agaçés, déçus que leurs leaders aient gâchés une nouvelle fois ce rassemblement. Encore plus perdus qu'à leur arrivée sur l'avenir de leur parti.

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28 août 2008

Cols chics mon amour : voir en grand au MEDEF

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Quelques heures passées à l'Université d'Eté du MEDEF. Encore merci à Frédéric-Michel Chevalier pour l'invitation. Si vous désirez lire des compte-rendus plus complets, plus objectifs, plus détaillés, notamment sur les débats et conférences qui s'y tenaient, rendez-vous sur le blog Voir en grand lancé spécialement mis en place pour l'occasion.

Car je n'ai passé mon oblongue tête que dans trois débats, et à dire vrai je ne m'y suis guère attardé, les intervenants se consacrant plus à établir des constats qu'à proposer des solutions. Et si les états des l
ieux révèlent une importance pour avancer, le politique préfèrera se consacrer aux propositions pour évoluer.

Le MEDEF voit les choses en grand pour ces universités d'été. L'énorme campus de Polytechnique, des énormes tentes pour accueillir les plénières, des énormes stands de partenaires, des montagnes de choses diverses et variées gratuites : ici le participant est le roi. Je reviens de cet évènement le ventre plein aux frais du patronat (et encore, je ne bois pas d'alcool, qui est à volonté), et un joli polo so chic du MEDEF.

A l'université du MEDEF, on croise beaucoup de monde, malheureusement on ne fait pour la majorité que les croiser. Finalement, on discute avec les camarades blogueurs et blogueuses (des connus in real life, d'a
utres avec lesquels on fait connaissance) et tout cela est bien agréable.

Forcément on croise des patrons. Mais qui connaît la tête des patrons Français ? Outre avoir reconnu un Charles Beigbeder (le fondateur de Poweo) ou un Christophe Lambert (le publicitaire patron de Publicis), outre avoir aperçu une Laurence Parisot en pleine conversation sur un banc, je n'ai pas reconnu un seul des participants. Forcément, à quoi il ressemble les patrons sans leurs parachutes dorés ? Difficiles de lire sur leur Blackberry (oui, les patrons sont dans leur ensemble très technophiles) quelle entreprise ils dirigent. Du coup, difficile d'aller taper la discussion avec pour approche : "bonjour, vous êtes qui ?"; Je m'y suis essayé une fois, il s'agissait d'une huile de Cap Gémini, et je n'avais au final pas grand chose à échanger.

Alors forcément, on avise son oeil critique. Et je remarque que je suis l'un des seuls avec des
baskets aux pieds. On compte le nombre de rosettes aux vestes des gentils patrons. On observe avec un amusement certain ceux de ces patrons probablement puissants qui aiment dodeliner sur les tapis sanguins disposés un peu partout sur le campus de Polytechnique. On constate également qu'il y a encore finalement assez peu de femmes dans l'assistance, et ne parlons pas de patrons un peu colorés, ils sont invisibles.

Un petit tour par le parking, on louche alors sur le nombre de grosses berlines moins écologiques les unes que les autres, aux vitres teintées d'argent. On peut se dire qu'il y a encore de l'argent dans ce
tte France en récession. On n'ose pas demander combien coûte cette Université d'été du MEDEF.

Les étudiants de Polytechnique, des clones bien élevés, à la coiffure impeccable, au look déjà programmé de leurs futures affectations comme hauts-fonctionnaires ou hauts-cadres dans le privés sont de belles plantes agréables à regarder. Contrairement à certaines de leurs logements bien délabrés pour Polytechnique, l'une des écoles les plus élitistes d'Europe.

Mais on se sent bien à cette université d'été du MEDEF. Les gens sont polis, tout le monde est aimable. Ici, nous sommes en bonne compagnie entre bonnes gens. Et sur le chemin du retour, après avoir demandé trois fois aux gendarmes le chemin pour trouver la station du RER (forcément pas fléché, le MEDEF
semble ne pas connaître les transports en commun), je suis bien soulagé et perdu de retrouver les gens de la vie, la vraie.

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26 août 2008

Bertrand Delanoë - Ségolène Royal : la guerre est déclarée

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Dans un entretien avec les journalistes Françoise Fressoz, Christine Garin et Jean-Michel Normand, Bertrand Delanoë déclare officiellement dans le journal Le Monde qu'il est candidat au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Aucune surprise dans cette interview du Maire de Paris.

Un rapide décompte s'avère assez révélateur du personnage Delanoë : il emploie 9 fois la première personne du pluriel (le nous) et 14 fois la première personne du singulier (les je ou j'). En espèrant que Bertrand Delanoë n'emploie pas (encore) le nounoiement de royauté, on remarquera seulement que le Maire de Paris préfère parler de lui que du Parti Socialiste.

Seul un paragraphe peut retenir l'attention. La réponse de Bertrand Delanoë quand on l'interroge sur ses alliés : "Je l'ai souvent dit, un certain nombre d'entre nous devraient avoir le courage de se rassembler sur les idées qu'ils partagent. D'évidence, c'est notamment le cas avec des militants et des élus qui ont soutenu les contributions de Martine Aubry, de François Hollande, de Pierre Moscovici ou de Jean-Marc Ayrault. J'ai également lu pendant l'été la contribution du pôle écologique, dont les propositions, très utiles, révèlent de vraies convergences. Nous sommes donc ouverts, mais dans la clarté et sur le fond".

Avec qui Bertrand Delanoë partage-t-il des idées ? Avec Martine Aubry, avec François Hollande, avec Pierre Moscovici, avec Jean-Marc Ayrault. Deux remarques. Si Delanoë, Aubry, Hollande, Moscovici et Ayrault partagent les mêmes idées, pourquoi ont-ils rédigé des contributions différentes, sinon pour des raisons d'égo ? Alors que le grand jeu des socialistes consistes à nous asséner qu'il n'y a aucun problème de personnes et que les débats se créent sur le fond et le programme, cela pourrait prêter à rire.

Deuxième remarque. Si Bertrand Delanoë cite presque toutes les chapelles qui constituent le PS (du moins les principales), il en oublie une, et non des moindres : Ségolène Royal. Evidemment cet oublie n'est pas fortuit. Bertrand Delanoë souhaite à coup sûr se porter comme le principal et seul adversaire interne à l'ancienne candidate socialiste aux élections présidentielles. Rassembler les militants socialistes autour d'un TSS, Tout Sauf Ségolène. Choisir son ennemie pour mieux la combattre, et ne laisser aucune place aux autres prétendants dans leurs champs de guerre binaire.

Mais par cette tournure, Bertrand Delanoë prend un énorme risque : à trop vouloir diviser le Parti Socialiste, il risque d'apparaître comme le méchant. Et surtout, au travers de cette phrase, nous pourrions comprendre qu'il serait impossible pour Bertrand Delanoë et Ségolène Royal de dialoguer ensemble. Et nous demander ce qu'ils font encore dans le même parti politique.

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Retour vers le passé

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Un site trouvé au hasard de mes errances sur internet (je ne sais plus sur quel site ou blog j'ai fait cette découverte) : Yearbook Yourself. Le principe de ce site : vous téléchargez une photo de vous, et regardez à quoi vous auriez pu ressemblez à différentes époques, des années 50 aux années 2000, selon les codes vestimentaires et esthétiques de l'époque.

Ci-dessous, me voici donc en 1952, en 1968 et en 1974. Pour vous amuser aussi, allez sur yearbookyourself.com.

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PagesJaunes.fr : Le Mouvement Démocrate invisible

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Le site PagesJaunes.fr fait partie des 10 sites français les plus fréquentés, il est également l'un des portails les plus visités sur l'internet mobile. Au total, ce sont plus de 70 millions de pages vues par mois. Autant le référencement sur Google ou autres sites de moteurs de recherche comme Yahoo semble bien intégré, autant sur le site PagesJaunes.fr, le Mouvement Démocrate n'existe pas.

Lors d'une discussion avec un éminent membre du MoDem, ce dernier me signale sa découverte : le Mouvement Démocrate n'apparaît pas sur le numéro 1 des sites d'annuaires. Faire une recherche "Mouvement Démocrate" sur le site PagesJaunes.fr, en sélectionnant comme ville "Paris". En première page, on peut trouver les coordonnées de Au Forum du Mouvement (une société de production de spectacles), viennent ensuite celles du Planning Familial, et en troisième place l'UMP (!) puis le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), le Mouvement de Défense de la Bicyclette (MDB), le Mouvement des Architectes, le Mouvement Des Cadres et Dirigeants Chrétiens (MCC), le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF). On trouve également plus loin des organisations politiques : le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), le Mouvement National Republicain (MNR), le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) ou bien le Mouvement pour la France (MPF). Mais aucune trace du Mouvement Démocrate. Rien. Nada.

En précisant la recherche, par exemple en sélectionnant "75007 Paris" comme localisation, toujours rien. Rue de l'université ? Définitivement, rien, le MoDem n'existe pas dans l'annuaire des PagesJaunes. Détour par les PagesBlanches, la recherche s'avère tout autant stérile.

Les raisons de cette absence sont très simples à trouver : si le Mouvement Démocrate n'est pas présente dans les PagesJaunes, on peut cependant y trouver l'UDF. L'Union pour la Démocratie Française y trône en bonne place, avec toutes les coordonnées, celle du standard, du service adhésions, du service presse, du service fédérations. L'UDF ne serait pas morte ?

Je me mets à la place d'un sympathisant, d'un adhérent, ou même d'une personne qui souhaite adhèrer au MoDem. Premier réflexe : chercher dans l'annuaire les coordonnées du Mouvement Démocrate. Quelle ne doit pas être sa surprise en ne voyant aucune coordonnée. En ne sachant pas comment contacter le siège du parti. Bien sûr, il aura probablement le second réflexe de se rendre sur Google, mais je pense que certaines personnes n'ont pas cette habitude, et abandonneront rapidement.

Je lance donc ici un appel aux permanents du Mouvement Démocrate, afin qu'il répare cet oubli. Que le MoDem figure en bonne place dans l'annuaire des Pages Jaunes. Je ne pourrai également que leur conseiller d'acheter un lien, afin que le site internet figure directement sur le site PagesJaunes.fr.

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25 août 2008

Elections européennes 2009 : quels candidats pour le MoDem ?

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Une élection en cache toujours une autre. Alors, quand un scrutin se termine, les regards se portent vers le suivant. Et la question qui agite le plus les esprits ne tourne guère autour des programmes, mais bien sur le nom des candidates et des candidats. Et au Mouvement Démocrate, comme dans les autres partis politiques, des bruits et des rumeurs circulent pour savoir si untel sera tête de liste, ou si unetelle aura une place éligible.

Le camarade blogueur Emery lance un pavé dans la mare et dans une note dont il a le secret, il nous signale que Quitterie Delmas pourrait être l'une des candidates du MoDem lors des élections européennes de Juin 2009. Soit. Quitterie connaît mon affection pour elle, et les fidèles lecteurs de mon blog connaissent ma proximité politique avec elle. Et une candidature de Quitterie Delmas pour représenter les couleurs du Mouvement Démocrate au parlement européen me réjouirait. Tout d'abord car elle représente cette nouvelle génération de la politique française et européenne. Ensuite car elle n'est pas déjà élue et que si elle venait à devenir députée européenne, Quitterie Delmas se consacrerait pleinement à son mandat. Mais je m'arrête là dans l'hagiographie de Quitterie, je ne veux pas faire de la concurrence à l'ami Hervé Torchet.

Le scrutin des élections européennes est un gros bordel assez incompréhensible. Actuellement, 78 députés européens ont été élus par les Français. Mais un doute place pour les européennes de 2009. Si le traité de Lisbonne est ratifié, la France comptera 74 représentants, sinon c'est le traité de Nice qui sera en vigueur et il n'y aura que 72 représentants français. En France, l'élection des députés européens se répartit en 8 circonscriptions électorales (Nord-Ouest, Ouest, Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Massif Central-Centre, Outre-Mer et Ile-de-France).

Actuellement, 14 députés européens proviennent de la circonscription d'Ile-de-France. Il y a beaucoup de prétendants, et très peu d'élus. Et c'est le cas au MoDem comme dans les autres partis politiques. Et l'on peut facile prédire que la grande majorité des candidats présents sur une liste aux prochaines élections européennes sous les couleurs du MoDem ne sera pas élue. On pourrait espèrer au maximum trois voire quatre députés européens pour l'Ile-de-France.

Alors je vous ouvre les commentaires de ce blog. Marielle de Sarnez sera très certainement tête de liste en Ile-de-France pour renouveller son mandat de députée européenne. La juge Eva Joly a également déclaré qu'elle serait probablement candidate sous les couleurs du MoDem. Emery cite Quitterie Delmas. Mais il a oublié de citer une note sur mon blog dans laquelle j'annonçais également être disponible. Quels femmes et hommes verriez-vous porter les couleurs du MoDem pour les prochaines élections européennes ? Quels devraient en être leurs profils ?


A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : une Europe très nationaliste
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

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L'homme noir au string rose

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Rue Ordener, 18ème arrondissement de Paris, un long mur entre les stations de métro Marx Dormoy et Marcadet-Poissonniers. Une longue fresque de tag ou de graph, je ne fais pas la différence. Un mur qui bouge et qui vit, des artistes qui s'expriment tout au long de l'année, sans contrainte. Toujours la surprise en passant dans cette rue de voir surgir un nouveau dessin. Des bonnes, des mauvaises surprises. Et puis ce matin, ce tag, sublime. Un magnifique tableau de la guerre, de notre société. Une vision de l'impérialisme américain. Et le détail : cet américain caricatural, noir, un string rose qui dépasse de son jean taille basse, les oreilles de Mickey sur la tête.

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24 août 2008

Un homme dans la nuit

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Trois choses qui m'énervent

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Encore une chaîne. Un jour je compterai le nombre de chaîne de blogs auxquelles j'ai participée. Cette fois, Romain Blachier me demande de citer trois choses qui m'énervent. A mon habitude, je ne cite pas les "règlements" des chaînes de blog, je ne supporte pas les règles. Alors allons-y pour les trois choses qui m'énervent en ce bas monde :

1- Futile. Je ne supporte pas le service dans 80% des restaurants et bars parisiens. Ce que j'appelle le "service cours Florent". Des bellâtres ou des bombasses, tous très souvent vulgaires, avec l'arrogance de leur fade beauté, qui pensent avoir tous les droits, dont le principal de ne pas sourire, au nom qu'ils sont debout quand vous êtes assis. Ils n'ont pas intégré la notion du service, et pense qu'ils ne méritent pas de se rabaisser à la politesse et l'amabilité car ils ont été plus de 10 fois dans leur vie à moins de deux mètres de stars du showbiz.

2- Fébrile. Je ne supporte pas être malade. La maladie, et encore plus la mort, m'effraient terriblement, anxiogènes mais porteurs. Ils me ramènent à ma condition de vivant, et j'aimerais me croire au dessus de cette considération. Un petit pépin de santé et je somatise. Un côté presque hypocondriaque, et paradoxalement une absence de confiance en la médication, j'ai trop fréquenté par mon travail les industries pharmaceutiques pour ne plus pouvoir voir une boîte de médicament en peinture. Une piqûre manque de me faire tomber dans les pommes, un rendez-vous chez le médecin me fait trembler tel un Golden Gate lors d'un tremblement de terre californien.

3- Folie. Je ne supporte pas le bruit, les cris, les mauvaises notes. Peut-être car je suis un amoureux de la note juste, de l'accord parfait, de l'arrangement divin, je suis un intégriste du son. Par ailleurs, en gros migraineux, le bruit peut me rendre fous, quand la musique peut se révéler un palliatif. Je ne supporte pas un gamin qui hurle sans raison, ayant connu dans les pays pauvres ces enfants qui ne se plaignent pas et qui gardent dans leur regard une certaine dignité. Je ne supporte pas la vulgarité des personnes qui parlent fort et font partager à la terre entière une conversation sans aucun intérêt. Je ne supporte pas ces personnes qui se prétendent toutes artistes alors qu'elles n'ont que le talent d'une Mireille Mathieu sur la place de la Concorde un 6 Mai 2007. Je préfère le silence à tout bruit inutile d'un point de vue de jouissance artistique.

La chaîne est bouclée, je passe le flambeau à quatre blogueurs : Zelittle (un jeune blogueur prometteur), Raphaël Gourevitch (un petit nouveau dans la blogosphère MoDem), Maude Milekovic-Leroy (une future journaliste talentueuse), Café-Croissant (un blog appétissant).

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23 août 2008

Vol de nuit

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Barack Obama - Joe Biden : un tandem de droite ?

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Barack Obama a donc choisi Joe Biden comme colistier, en cas de victoire du sénateur démocrate aux élections présidentielles des Etats-Unis, Joe Biden deviendrait donc le vice-président des USA. Son nom n'avait même pas été évoqué dans la note consacrée aux prétendants à ce poste.

Petit détour par la bio de Joe Biden, sénateur du Delaware, un vieux de la vieille, un vieux loup de la politique américaine. Joe Biden, un beau parleur, une grande gueule, avec Barack Obama un duo d'hommes charismatiques.

Qu'en est-il du positionnement politique de Joe Biden ? Un profil pour le moins atypique. Joe Biden s'est prononcé pour le droit à l'avortement. Qualifié de sécuritaire, il a proposé des textes de loi allant dans le renforcement des peines de prison des délinquants. Plutôt écolo pour un américain, il propose des alternatives pour préserver le climat.

Jugé conservateur sur les questions d'immigration, Joe Biden a soutenu la réforme de la politique d'immigration de George Bush, et se prononce en faveur d'un mur à la frontière avec le Mexique. Mais aussi, Joe Biden a voté pour le Patrioct Act, une loi répressive et liberticide (cette loi autorise notamment la détention sans limite et sans inculpation de personnes suspectée de terrorisme) proposée par les conservateurs suite aux attentats du 11 Septembre 2001.

Rappellons également que Joe Biden a soutenu l'invasion de l'Irak par les troupes américaines. Tout ceci n'est qu'un rapide aperçu, bien évidemment à complèter et à mettre en perspective.

Cependant, je m'interroge : pourquoi la gauche française soutient-elle Barack Obama ? Il y a quelques semaines, le camarade Olivier Azeau s'est essayé à positionner sur un compas politique les principaux hommes et femmes politiques américains, en fonction de 60 critères politiques. Si Barack Obama, tout comme Joe Biden sont clairement positionné comme étant de droite, Joe Biden apparaît de surcroît comme plus autoritaire.

Pourquoi donc la gauche française, et les socialistes en particulier soutiennent-ils Obama ? Parcequ'il n'y aurait pas mieux ? Pourtant Ralph Nader, le candidat indépendant, est toujours en lice pour devenir Président des Etats-Unis. Et Ralph Nader, à en lire son programme, aurait une vision politique beaucoup plus en adéquation avec celle du PS français.

Les Français de gauche ne soutiendraient-ils donc Barack Obama que par défaut ? Parcequ'ils seraient ignorants de la politique américaine ? Parcequ'ils ne seraient que fan avant tout ? Parceque c'est plus hype de soutenir un candidat noir ? En imaginant que Obama soit un jour élu Président, ses groupies européennes se rendront-elles compte qu'elle n'ont avant tout que soutenu un produit commercial bien vendu ? Quelle sera la gueule de bois, le jour où les Français et Européens cesseront d'idéaliser Barack Obama ?

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22 août 2008

Rachida Dati enceinte ? Exercice de pipolitique fiction.

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Un petit ventre rebondi, celui de Rachida Dati aura plus attiré l'oeil que celui de Xavier Bertrand. Rachida Dati, 42 ans, aurait-elle abusé des avocats aux crevettes durant ces vacances ? Ou peut-être avait-elle oublié, le matin du Conseil des Ministres, son panthy gainant dans son dressing chez Dior ?

Mais les amateurs de potins préfèreront envisager l'hypothèse d'une grossesse de Rachida Dati. Et l'information commence à circuler : Rachida Dati serait enceinte. Le père du peut-être éventuel futur bébé de la ministre de la Justice serait Henri Proglio, le PDG de Véolia, le peut-être supposé compagnon de Rachida Dati.

Petite précision. Je ne parlerai ici que de la vie privée des personnes la médiatisant déjà. Il existe encore des femmes et hommes politiques de premier plan n'ayant jamais posé dans les pages people des magazines (hebdomadaires d'information ou presse à scandale), et ceux-là méritent qu'on les laisse en paix. Pour les autres, comme Rachida Dati que l'on peut voir presque chaque semaine s'exhiber en une de Paris Match et consorts, je n'ai aucun problème à leur envoyer le retour du kärcher de la peopolitique. Par ailleurs et enfin, il est de bon ton chez les férus de politique de crier sur la presse people. Me concernant, j'assume très bien d'apprécier la lecture de Voici, selon moi un très bon magazine, très drôle surtout.

Le plus intéressant si Rachida Dati s'avère véritablement être enceinte, c'est de pouvoir prévoir sa communication autour de cet (heureux pour elle) non-évènement. Le programme que nous pourrions prévoir. Tout d'abord laisser dire et parler, pendant qu'on parle d'un probable enfant de Rachida Dati, on ne parlera pas du reste.

Ensuite, quand cela deviendrait trop visible, commander un journaliste ami (ou une journaliste, encore plus efficace, pour les confidences entre femmes) et au détour d'une interview très sérieuse (sur TF1 par exemple, au 20 heures pourquoi pas) sur la réforme de la Justice, comme par hasard au moment où une fronde sérieuse de la magistrature (ou autre) s'annonce, glisser mine de rien l'officialisation de la grossesse de la Garde des Sceaux. Déchainement de la presse magazine, de L'Express au Point, en passant par Le Nouvel Obs à Le Figaro Magazine, tous titreront sur la ministre mère. De quoi occuper l'espace médiatique un bon mois.

On continue avec une série de clichés, avec un grand photographe renommé (ou une grande photographe, si Bettina Rheims est disponible) pour faire sérieux, dans un hebdomadaire, en précisant bien que les bénéfices de la vente des photos seront reversées à une oeuvre caricative.

Puis un reportage dans une émission d'enquête de la télévision française, une fois le bébé de Madame Dati arrivé au monde, TF1 ou M6 se feraient un honneur de présenter les coulisses sur les bouleversements de la vie de la Ministre ou comment l'arrivé du petit X ou de la petite Y a considérablement changé le regard de Rachida Dati sur la vie, sur la mort, sur son engagement en politique.

Et l'opposition dans tout cela ? Bien sûr il existera de mauvaises âmes pour critiquer cette médiatisation. Mais comment une Ségolène Royal pourrait-elle attaquer une Rachida Dati, la socialiste n'a-t-elle pas en 1992 accueilli les caméra de Antenne 2 et les flashes de Paris Match, au lendemain de la naissance de sa quatrième fille ?

Tout ce que l'on pourrait prévoir si Rachida Dati était enceinte, nous pourrions envisager le même scénario, en puissance dix, si jamais nous remplacions Rachida Dati par Carla Bruni. Et pendant ce temps, la politique s'engouffrerait encore et toujours plus sur le chemin de la médiatisation de la vie privée des politiques, et oublier de s'occuper des véritables problèmes de la France.

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Quand le foetus devient-il humain ?

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Dans un communiqué commun de Rachida Dati et de Roselyne Bachelot-Narquin, le gouvernement autorise la "délivrance d'un acte d'enfant sans vie". Les décrets établissent qu'un foetus né sans vie pourra désormais être inscrit sur les registres de l'état civil. Cette mesure concerne les fœtus de morts in utero ou bien suite à une IMG (interruption médicale de grossesse) entre la 16ème et la 22ème semaine de grossesse. Auparavant, seuls les foetus de plus de 22 semaines pouvaient bénéficier de cette mesure. Cette mesure permet aux enfants morts-nés de figurer sur le registre de l'état civil et sur le livret de famille, autrement dit le fœtus peut se voir attribuer un prénom ; les parents pourront ainsi organiser des obsèques à cet enfant.

Sans être juriste ni médecin, ces décrets posent de nombreuses questions. On entend déjà les défenseurs de cette mesure assurer que cette annonce facilitera les familles à faire leur deuil. Cela signifierait-il qu'il est plus "facile" pour une mère de supporter une fausse couche faite à 21 semaine plutôt qu'à 22 semaines ? Argument donc démagogique et sentimentaliste à souhait lorsque l'on lit sur le communiqué des ministres de la justice et de la santé que cette mesure est une "réponse pragmatique et humaine à ces situations de deuil".

Le second axe tourne autour de l'éthique et de la notion de l'humain. A partir de quand peut-on établir qu'un
fœtus devient un être humain ? La réponse la plus logique consiterait à dire que le fœtus devient un humain à partir du moment où ce fœtus est viable en tant qu'enfant. Mais cela, la loi ne pourra jamais le définir, la situation différant d'un fœtus à l'autre. Ou bien il faudrait à chaque fois une évaluation au cas par cas, avec des avis médicaux complémentaires pour établir un certificat de viabilité.

On ne peut que penser également à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), autorisée en France jusqu'à 12 semaines d'aménorrhée. Résumons : on peut légalement faire cesser une grossesse (et donc tuer un
fœtus) pendant les 3 premiers moins de la grossesse. Et l'on peut donner un statut d'humain à un fœtus à partir de son 4ème mois d'existence. Que se passe-t-il entre le 3ème et le 4ème mois ? Le fœtus légalement ne peut être retiré, et il ne peut être reconnu comme un enfant. N'y a-t-il pas un paradoxe. Un trouble d'un mois dans lequel les associations (pro ou anti IVG) risquent de se ruer.

Au-delà des combats des associations anti-avortements (qui ne vont pas manquer cette occasion pour faire entendre leur voix), quel intérêt le gouvernement avait-il à replacer au centre du débat ce sujet ô combien polémique ? Y avait-il vraiment une importance à établir ces décrets ? Ne fait-il pas que redonner une tribune à des associations réactionnaires ? Et de voir un sujet autant passionnel diviser une nouvelle fois les Français ?

(Enfin, et je donne là un avis beaucoup plus personnel, l'humain ne peut-il (ne doit-il) se définir qu'au travers des notions scientifiques ? Peut-être suis-je dans l'extrêmisme opposé aux réactionnaires défenseurs de la famille, mais j'aurais tendance à penser que l'homme n'existe qu'à partir du moment où il a conscience d'être. Et que cette conscience ne viendrait qu'à partir du moment il a mis un pied dans la société, libre de son existence, cette existence ne prenant forme qu'au moment de sa naissance.)

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Questions / Réponses

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Je vais donc tenir mon engagement, et faire suite à ma note d'hier. Finalement pas de sujet aura retenu particulièrement mon attention, je trouve que vous manquez d'originalité, je suis très déçu ... Je vais donc répondre à toutes vos questions, accrochez-vous !

La sodomie, beaucoup ont introduit ce large sujet dans les commentaires. Pourtant j'ai déjà expérimenté la sodomie sur mon blog, une note qui m'avait voulu beaucoup de commentaires, dont une grande majorité très négatifs.

Un article pro Ségolène Royal, je ne m'y risquerait pas, et pourtant il m'arrive très souvent de trouver que Royal fasse de gros progrès, et qu'elle se bonifie avec le temps. Cependant, j'ai déjà écrit un article dans lequel j'y trouvais qu'au Parti Socialiste, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Cet article incluait bien entendu Ségolène Royal.

La rencontre entre le Dalaï Lama et Carla Bruni-Sarkozy. Je m'en moque éperdument. Pourtant je ne comprends pas que l'Elysée communique sur son site Internet à propos du déplacement de la Première Dame. Carla Bruni-Sarkozy n'est que l'épouse d'un chef d'Etat, et n'a malgré ce titre juridique et religieux aucune fonction ni pouvoir dans les institutions françaises. Ses faits et gestes n'ont donc rien à faire sur un site officiel de la République Française.

(François, j'espère que tu as passé une bonne soirée au Café Chéri.)

Sur la schyzophrénie entre Luc Mandret dans la vraie vie et Luc Mandret l'auteur de ce blog. Finalement assez peu de différences, mon caractère ressemble à mes notes, alambiqué, provocateur, sensible, commun, paradoxal. Peut-être que les lecteurs du blog ne voit pas toute la timidité qui se cache derrière le Luc Mandret de tous les jours.

Une interview de Internecivus raptus ? RoseNoire, la balle est dans ton camp.

La spindoctorisation commune, cela me semble impossible, le spin doctor se mettant au service d'une personnalité et s'arrangeant avec le caractère propre de son client pour mieux le vendre. Cependant, reporter à chaque fois une bonne idée de communication et la faire partager, en voila une proposition intéressante. Je note.

L'invasion des territoires gérogiens par la Russie je rejoins l'ami Authueil : le Caucase, c'est compliqué et peut-être n'irai-je pas aussi loin que lui dans "le droit à l'indifférence face à cet évènement", mais je ne suis pas spécialiste de ce sujet et j'aurais bien peur d'écrire sur des problèmes dont la portée réelle me dépasse. Par ailleurs, les spécialistes en question, bien trop souvent se positionne du côté ou de l'autre d'un des deux Etats impérialistes de la planète : la Russie et les Etats-Unis. Et me concernant, je ne conçois pas que l'on puisse être en accord avec ces impérialismes.

Les philosophes néoplatoniciens post-plotiniens : en voila un sujet intéressant. Marc-Antoine, si tu veux écrire à ce sujet, je te laisse l'espace d'une note sur ce blog.

Parler de ma vie privée, jamais sur ce blog, sinon parfois en langage très codé, je suis désolé de ne pouvoir faire larmoyer le Petit Grognard, c'eut été pourtant un réel plaisir pour moi.

L'université d'été des Verts. J'espère que nos camarades écolos blogueurs, Bix et Metallah, reviendront avec de jolis compte-rendus de ce qui s'y est passé et dit.

Les films de Christophe Honoré, je n'en pense que de l'indifférence face à un cinéma finalement très conventionnel marqué Cahiers du Cinéma.

L'antisémitisme en France, le sujet me paraît trop sensible pour se risquer à aborder le sujet sans le voir se transformer en guerre des insultes. J'aimerais pouvoir en parler librement, malheureusement je crois qu'il faudra encore attendre plusieurs années. Mais j'essaye d'aborder ce sujet au travers d'autres angles peut-être moins brûlants.

La Goutte d'Or enfin, et je trouve que ce sera une belle fin. Peut-être devrais-je organiser une visite guidée de ce quartier. Car ce quartier respire une véritable âme, une vie que l'on ne voit nulle part ailleurs. Cependant, parfois il est bon de garder ses jardins secrets à l'abris de la masse, il faut savoir préserver ces bonnes adresses si on ne veut les voir être envahies et polluées par des hordes de parisiens. Je réserve donc ce privilège à ceux qui le valent bien.

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21 août 2008

Mon blog à la sauce Royal

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Petit essai. Je lance une consultation participative de mes lectrices et lecteurs. L'espace d'une note donc, je teste le blog participatif. A ma façon évidemment. Utilisez les commentaires de ce blog pour indiquer un sujet ou un thème que vous aimeriez que j'aborde demain, ce vendredi 22 Août. La thématique qui reviendra le plus, ou celle qui me parlera le plus fera l'objet d'un article sur ce blog.

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Enthymémisme : qui dit moins ?

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Petit jeu de l'été en ce jeudi. Dans les commentaires de la note sur la publication de ma dernière nouvelle, La femme au cassoulet, un lecteur repère une figure de style particulière : une anacoluthe. Anacoluthe, le mot me plaît, direction wikipedia, puis Google. Beaucoup de mots compliqués et jusqu'alors inconnus surgissent alors : anantapodoton, aposiopèse, amphigouri, cacologie et encore une foultitude de figures de style dont la langue française a ses mystères.

Arrive alors le mot enthymémisme. L'enthymémisme consiste au rapprochement de deux applications ou terme dans l'application d'un enthymème (si j'ai bien compris). Le plus célèbre des enthymèmes : "Je pense, donc je suis". Un exemple d'enthymémisme : "Je t’aimais inconstant : qu’aurais-je fait fidèle ?" (Racine) ou encore "Mais cette manie de lecture lui était odieuse, il ne savait pas lire lui-même" (Stendhal). Moi je trouve cette construction dans ces deux exemples juste sublime.

En cherchant enthymémisme dans google, je ne vois que 48 résultats apparaître dans google. J'en arrive donc à mon petit jeu d'été. Trouver un mot de la langue française ayant moins de résultats dans google. Jeu ô combien étrange, mais tellement instructif. Les noms propres sont bien entendus exclus de ce jeu. Seuls comptent les mots pour lesquels une définition ait été établie, qu'elle soit reconnue ou non.

Saurez-vous trouver un mot moins présent dans Google que mon enthymémisme ?

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20 août 2008

Elections européennes 2009 : une Europe très nationaliste

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Quelle place occupe l'Europe dans le cœur des européens ? Quel poids pour l'Europe sur Internet ? On parle régulièrement du désamour des citoyens européens pour cette Europe. Qu'en est-il au travers du prisme Google ?

Je me suis intéressé à faire une comparaison dans Google entre le poids de l'Europe et de chaque pays. Voici ma méthodologie. Pour chacun des 27 pays de l'Union Européenne, j'ai cherché le nombre de résultats pour deux occurrences : le nom de ce pays traduit dans sa langue, et Europe traduit également dans cette même langue. Pour rendre les résultats plus significatifs, j'ai effectué cette recherche dans la version nationale de Google.

Exemple avec le Danemark. Je me suis rendu sur www.google.dk, j'ai sélectionné les "sider fra Danmark" (autrement dit les pages Google du Danemark recensées par Google. Puis j'ai cherché "Danmark" (la traduction du Danemark en danois) et "Europa" (la traduction du mot Europe en danois). On comptabilise donc plus de 39 millions de résultats pour l'occurence Danmark et seulement moins de 16 millions pour Europa.

Une fois cet inventaire effectué, j'ai calculé le rapport entre le nombre de résultats pour le pays divisé par le nombre de résultat pour l'Europe. Ainsi le résultat 2,48 pour le Danemark signifie qu'il y a 2,48 fois plus de résultats pour le Danemark que pour l'Europe dans la version locale de Google.

Cette recherche permet de mettre en comparaison l'importance de l'Europe par rapport à une Nation pour chacun des 27 pays de l'Union Européenne. Puis de comparer.

Ainsi, dans l'ordre décroissant, nous obtenons le classement suivant : Finlande, Slovénie, Autriche, Slovaquie, Malte, Bulgarie, Allemagne, Irlande, Espagne, Pologne, Lituanie, France, Portugal, Italie, Suède, Roumanie, Estonie, Grèce, Danemark, Lettonie, République Tchèque, Royaume-Uni, Pays-Bas, Hongrie, Luxembourg et Belgique.

Seuls la Belgique et le Luxembourg montrent plus de résultats pour l'Europe que pour leurs pays respectifs. L'explication se trouve très certainement dans la forte présence d'institutions européennes dans ces deux pays. Concernant les autres pays, il n'existe guère de logique évidente au premier abord pour expliquer la disparité. Pas de logique géographie du moins. Pas de logique s
ur la couleur politique des gouvernements des pays.

La France quant à elle se situe en plein milieu de ce classement, avec 4,26 fois plus de résultats pour le mot France que pour le mot Europe. Elle appartient à un groupe rassemblant environ un tiers des pays européens dans lesquels il existe entre 3 et 5 fois plus de résultats pour le pays que pour l'Europe.

Par ailleurs, si ce tableau permet d'obtenir un résultat quantitatif, et sur l'importance que les sites internet de chaque pays accorde à l'Europe par rapport à leur propre pays, il est absolument impossible de se prononcer sur la qualité. Sur le nombre de pages internet contenant le mot Europe, quel en est le nombre d'europhobes ou d'eurosceptiques ? Mais s'intéresser en mal reste malgré tout un intérêt pour la chose.

Les biais de ce genre de résultats sont nombreux : l'on peut considèrer que les résultats rapportés à l'ensemble des populations sont bien plus catasrophique d'un point de vue europhile. En effet Internet reste une place absolument pas significative de l'ensemble des habitants d'un pays, et il est fort à parier que les consommateurs et créateurs de pages Internet soient plus europhiles que les citoyens lambda.

Que pouvons-nous conclure de cet aperçu ? Que les pays européens sont et resteront probablement encore bien longtemps très nationalistes, que le jour où les citoyens européens s'intéresseront plus à l'Europe qu'à leur propre pays n'est pas prêt d'arriver ...

A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

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Des économies au marché

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Avis à mes lectrices et lecteurs du 18ème arrondissement, ou plus largement aux Parisiennes et aux Parisiens (Bertrand Delanoë, sors de ce corps !) à tendance écolo, ou encore à celles et ceux qui aiment manger des produits sains.

Un panier avec deux kilos de tomates, un kilo de carottes, un concombre, une salade, 500 grammes d'aubergines, 500g grammes de courgettes. Soit un panier de 5 kilos de fruits et légumes pour seulement 7,50 euros, qui dit mieux ? Le melon à 1,60 euro pièce. Le tout issu de l'agriculture raisonnée ou intégrée.

Ca se passe ce jeudi 21 Août 2008, à partir de 10 heures dans le 18ème arrondissement de Paris, sur la place Jules Joffrin. Cette vente est organisée par l'association Le champ du possible.

Toutes les informations sur le site de l'association Le champ du possible.

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19 août 2008

Interview de Franck Faveur, président des Jeunes Démocrates (2ème partie)

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(lire la première partie de l'interview de Franck Faveur)

Luc Mandret :
La réforme des institutions, pour ou contre ?
Franck Faveur : Je pense que cette réforme ne va pas assez loin. Il aurait été primordial de parler de représentativité des forces politiques, avec un système qui garantit la stabilité politique d'une majorité, car une meilleure représentation du pays permettra de mieux négocier les réformes. On instaure une réforme qui augmente le pouvoir du parlement mais qui fait le jeu du parti majoritaire.
On supprime le rôle du premier ministre, on ne parle pas de la réforme du Sénat…On pourrait se féliciter du référendum d’initiative populaire or quand nous regardons les modalités, elles sont complexes et encadrées par les parlementaires. Je suis donc plutôt contre car pas assez ambitieux.

Luc Mandret : Comment intéresser les jeunes à l'Europe ?
Franck Faveur : C’est une question que j’ai souvent abordée dans ma campagne des Jeunes Démocrates. Le Modem est le mouvement politique Français qui est pour la construction et l’avancée d’une Europe forte.
L’Europe c’est d’abord une Europe des peuples, notre mission va être de proposer des rencontres trans-européenne, des projets communs, car l’échange de valeurs, d’idées et de cultures est une des clefs pour intéresser les jeunes à l’Europe.

Luc Mandret : Le deuxième réacteur EPR, une bonne idée ? Quelle politique énergétique pour la France ?
Franck Faveur : Je regrette que dans le Grenelle de l’Environnement cette question n’ai pas été abordé. Avant de se prononcer sur cette question et de se diriger vers un « tout nucléaire » il faudrait faire un bilan et une évaluation sur les énergies renouvelables et alternatives.

Luc Mandret : Que penses-tu de la pleine réintégration de la France dans l'OTAN ?
Franck Faveur : J’aurai préféré qu’on lance la construction d’une politique et d’une force militaire Européenne. Je pense que l’indépendance de la France est importante en deux points : dans ses relations avec les différents pays du monde et pour l’Europe. Le choix de nos alliances libres ou l’armée française vient en aide en fonction de nos convictions et de nos moyens militaires est une bonne chose. Nous l’avons vu avec l’Irak, la France n’a-t-elle pas fait le bon choix ?

Luc Mandret : Un dernier mot ?
Franck Faveur : Et bien te remercier pour cette première web interview ! Dire à tous les jeunes démocrates qui nous lisent que si ils souhaitent participer à nos actions ou si ils souhaitent nous soumettre un projet, des idées… qu’ils n’hésitent pas à nous contacter. Et j’invite toutes les autres personnes qui nous lisent à venir nous rencontrer pour débattre et participer à nos actions.

Pour contacter les Jeunes Démocrates
mail : contact@jeunes-democrates.org
web : www.jeunes-democrates.org

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Interview de Franck Faveur, président des Jeunes Démocrates (1ère partie)

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Luc Mandret : Qui es-tu ?
Franck Faveur : j’ai 30 ans, Chef d'entreprise, responsable associatif et citoyen engagé. J’ai grandi dans les Yvelines et j’ai vécu à Brest. Je suis diplômé de mon école de commerce et de distribution, avec une spécialisation sur la création d’entreprise. Dès 2005, mon engagement associatif enrichit mon parcours professionnel avec la volonté d’aider les autres et de faire avancer la lutte contre les discriminations. Créateur d’évènements et responsable associatif, j’avance avec l’envie de m’engager dans la réflexion et l’action politique.
En 2007, j'entre au Mouvement Démocrate pour participer à sa création, afin de militer activement pour défendre les valeurs auxquelles je crois : Humanisme, Europe sociale, Social-Economie durable… Je me suis engagé dans la campagne pour les élections législatives et en ce début d’année 2008, j’ai été candidat aux élections municipales à Paris dans le 17e arrondissement.
Au mois de juillet, j'ai été élu Président des Jeunes Démocrates.

Luc Mandret : Quelles vont être tes priorités comme Président des Jeunes Démocrates ?
Franck Faveur : Etre à l'écoute de nos adhérents, communiquer sur nos idées et nos propositions, aider nos fédérations locales, organiser notre mouvement jeune, organiser notre réflexion et des débats. Nous allons lancer un grand nombre d'actions partout en France en liens avec les campagnes qui arrivent.

Luc Mandret : Quelle autonomie pour les Jeunes Démocrates vis-à-vis du MoDem ?
Franck Faveur : Nous sommes totalement intégrés dans le MoDem et nous participons pleinement à sa construction. Nous sommes une association indépendante, cela nous permet de proposer des orientations politiques et de lancer des actions innovantes en cohérence avec François Bayrou et le Mouvement Démocrate. Nous avons pour mission nationale l’accueil des nouveaux adhérents du parti, donc autonomie mais ouvert sur le MoDem.

Luc Mandret : Quels liens faut-il instaurer entre les Jeunes Démocrates et les autres instances de jeunesse politique ?
Franck Faveur : Un lien de débat bien sur. Je souhaite que nous puissions confronter nos idées et nos valeurs, parler de l'actualité, parler des jeunes, de la société...Comment un mouvement jeune politique peut faire avancer les idées de son parti ? L’engagement des jeunes en politique : voilà des questions intéressantes. Ces questions pourraient faire l’objet d’un débat avec les autres mouvements politiques jeunes. D'ailleurs nous avons déjà commencé à tisser des liens et des actions sont à venir pour cet automne...

Luc Mandret : Quelle va être la première mesure symbolique de la nouvelle équipe des Jeunes Démocrates ?
Franck Faveur : La mobilisation des Jeunes Démocrates aux universités de rentrée de Mouvement Démocrate. Nous organisons une grande table ronde pour présenter notre plan d'action pour les mois à venir, présenter l'équipe des 30 membres du bureau national, ouvrir la discussion et dès la rentrée lancer rapidement notre campagne européenne.

(lire la seconde partie de l'interview de Franck Faveur)

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18 août 2008

La femme au cassoulet

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Troisième et dernière nouvelle achevée. Merci à mes relecteurs pour leurs précieuses remarques. Troisième nouvelle donc : vous pouvez télécharger les deux premières en format PDF : Mon père et Le sang d'une nuit d'été.

Dernière nouvelle, La femme au cassoulet, que vous pouvez lire ci-dessous ou télécharger en format PDF également. Prochainement, l'écriture d'une autre nouvelle, puis d'un roman. L'aventure continue !


La femme au cassoulet

Une voiture entre sur le parking du supermarché. Seuls trois autres véhicules, ceux des employés, stationnent, à proximité de l'entrée. La portière s’ouvre, une femme sort du véhicule. Une quarantaine d'années, quelques rides autour des yeux, un regard bleu perçant, une coupe récente et des mèches blondes. Elle se dirige vers les grilles du supermarché. Le volet métallique est encore baissé, elle allume une cigarette et ajuste le col de son chemisier blanc. Son pantalon en toile noire dessine une silhouette sportive et élancée. La femme fume nerveusement, immobile, la tête baissée. Le bruit d'une sonnerie casse le silence assourdissant de la climatisation. La femme lit un message reçu sur son téléphone portable, puis jette violemment le mobile dans son sac à main. Elle écrase le mégot de sa cigarette avec le talon de ses bottines.

Une lumière illumine l'entrée du supermarché. A travers le rideau de fer, la femme observe les salariés s'affairer à l'ouverture imminente. La femme trottine sur place, comme pour se réchauffer les pieds. Deux légères auréoles assombrissent le chemisier sous ses aisselles. Le bitume noir du parking scintille sous le soleil puissant de cette matinée du mois d'août. Un temps exceptionnel pour la région. La femme ne cesse de regarder sa montre, la grosse aiguille se dresse à la verticale, dans quelques secondes le magasin ouvre.

Madame Thomas travaille à l'Intermarché de cette banlieue de Lille depuis plus de vingt années. Chaque matin, elle assure l'ouverture. Depuis deux semaines, sa collègue partie en vacances, une nièce du gérant tient avec elle les caisses du supermarché. Madame Thomas apprécie le travail estival, les clients partis en vacances. Les journées s'avèrent plus calmes, elle apprécie de pouvoir discuter plus longuement avec les quelques habitués du lieu. Madame Thomas songe aussi à ses premières vacances sans son mari, elle part dans quinze jours faire une croisière. Une offre alléchante trouvée par son fils sur un site internet pour célibataires. Elle jette le gobelet de son thé sucré dans la corbeille en plastique disposée sous sa caisse. Puis elle se dirige vers l'entrée. Et appuie sur le bouton électrique déclenchant la lente levée du rideau métallique.

Le rideau à moitié ouvert, la femme se précipite dans le magasin. Elle insère une pièce de monnaie et décroche un chariot à roulettes. Elle n'entend même pas une voix lui lancer un bonjour automatique. Madame Thomas la regarde passer, elle lève les yeux vers le plafond blanc sale et pousse un soupir dans un sourire blasé. Madame Thomas traîne ses sandales jusque vers sa caisses et prend des nouvelles du petit ami grippé de Marion, la nièce du gérant.

La femme marche d'un pas rapide dans les rayons, le claquement rythmé de ses bottines sur le carrelage couvre le grincement des roues du chariot. Elle renverse une pile de shampoings disposés en tête de gondole, se baisse et les replace méticuleusement. Une larme de sueur coule de la racine des cheveux jusqu'au bas de la joue. Elle reprend sa course effrénée, ses doigts osseux agrippés à son caddy. Nouvelle sonnerie, nouveau message, la femme extirpe le téléphone d'une main, le glisse dans la poche de son pantalon et s'arrête devant le rayon des conserves.

Marion baille d'une nuit agitée par la fièvre de son copain. Madame Thomas lui conseille gentiment d’éviter de proposer ses amygdales à la vue des clients. Les pommettes du visage de la jeune femme s'empourprent, provoquant l'hilarité de Madame Thomas. Madame Thomas apprécie le travail avec Marion. Madame Thomas lui apporte l'affection d'une mère à sa fille qu'elle aurait tant aimée avoir.

Les manches du chemisier relevées, la femme s'est arrêtée devant les boîtes de cassoulet. Une demi-douzaine de marques différentes. La femme observe les prix avec attention, puis choisit une marque de milieu de gamme. 3 euros 10 la boîte de 840 grammes. Elle prend une première boîte et la pose soigneusement dans le caddy. Puis une seconde. Une minute plus tard, un premier niveau de boîtes de cassoulet tapisse le chariot. Elle continue. Tel un automate, les mouvements se répètent tous identiques. De ses deux mains, sur la pointe des pieds, elle entoure la conserve, repose ses pieds sur le sol, se tourne de deux petits pas sur elle-même vers la gauche et se baisse pour disposer la boîte dans le chariot. Se relève et recommence.

Marion explique à Madame Thomas le programme de sa deuxième année d'études. Elle veut être diététicienne. Madame Thomas s'intéresse beaucoup aux connaissances de Marion. Depuis qu'elles travaillent ensemble, Madame Thomas a entamé un régime. Elle souhaite perdre la dizaine de kilos superflus accumulés pendant les vingt années de son mariage. En pleine discussion, les deux femmes sont interrompues par une voix fluette. Anna vient d'arriver, discrète comme à son habitude. Depuis que Madame Thomas travaille ici, elle a toujours connue Anna et sa canne. Anna perd la mémoire mais jamais sa langue. Chaque jour, elle vient dans « son » Intermarché. Elle peut y rester plusieurs heures, parfois simplement prostrée dans un coin, perdue dans ses souvenirs. Elle fait ses courses pour la journée. Certains la pensent sénile, Madame Thomas croit aux histoires extravagantes de la vieille femme, de ce militaire américain qui l'aurait fait monter sur les planches des cabarets de New York, de sa vie d'artiste aux quatre coins de la planète. Et de son retour, l'âge avancé et sans le sou dans son Nord natal. Sans famille et sans amis, avec pour seules sorties le supermarché et le théâtre municipal.

Le chariot croule maintenant sous les boîtes de cassoulet. Ayant vidé le stock de la marque initialement choisie, la femme s'est rabattue sur une marque concurrente, dix centimes plus chère. La femme compte le nombre de boîtes, sur ses lèvres desséchées se lisent presque invisibles quatre-vingts, quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux. Les mouvements de la femme de moins en moins précis, les gestes plus saccadés, les boîtes s'entassent toujours dans un rangement d'une symétrie parfaite. Quatre-vingt-dix-neuf. Cent. Le chariot déborde. La femme s'accroupit sur le sol du supermarché, sort un mouchoir de son sac, et essuie son visage ruisselant.

Anna, voûtée, la main droite sur sa canne, pose son panier tenu par la gauche et l'emplit de victuailles. Quelques légumes, de la viande se trouvent déjà au fond du panier en plastique rouge. De quoi préparer ses repas des midi et soir. Ne manquent que des cornichons. Elle glisse vers le rayon des conserves au bout duquel elle aperçoit la femme accroupie, chariot débordant de boîtes de conserve. Les pas d'Anna s'accélèrent et partent à la rencontre de cette cliente inconnue.

La femme voit surgir devant elle une grand-mère décharnée. Elle se relève précipitamment et déroule les manches relevées de son chemisier. Anna salue de la tête la femme, celle-ci baisse le regard et enfourche son caddy. Anna interpelle la femme, demandant si elle peut lui attraper les cornichons, disposés en hauteur. La femme s'exécute sans un mot, serre les cornichons de ses deux mains, et dépose la boîte dans le panier de la vieille femme. Elle fixe un instant le fond du panier, le regard vide. Elle reprend son chariot et le pousse difficilement, le poids du chargement rendant le déplacement laborieux.

Anna, ses courses achevées, reprend son chemin, et trottine en clopinant à l'aide de sa canne vers les caisses. A sa vue, Madame Thomas s'enquiert du déjeuner que la vieille femme a décidé de préparer. Le regard d'Anna pétille de malice, une lueur adolescente qui surprend Madame Thomas. Anna pose son panier sur le tapis roulant de la caisse, et fait signe à Madame Thomas d'approcher. Alors que Madame Thomas tend son oreille vers la vieille bouche édentée d'Anna, s'offre à leurs yeux un spectacle surprenant.

Marion recouvre ses esprits endormis, lève les sourcils. Les yeux ronds, elle pousse un cri de surprise inaudible et interpelle Madame Thomas. Madame Thomas reconnaît la femme pressée, à l'ouverture du magasin. Elle frotte de son index perplexe le grain de beauté tachant sa joue maquillée, la tête posée sur sa main.

Lentement, la femme pousse son lourd chariot. Bras tendus, le corps tordu, son visage mue à l'approche des caisses et se fige d'un sourire forcé. Un sourire de dents grises jaunies par le tabac. La caisse de Madame Thomas occupée par les courses d'Anna encore entassées dans le panier rouge, la femme fait emprunter à son chariot le trajet vers la caisse de Marion. Marion se redresse et inconsciemment rabat la mèche brune derrière ses oreilles percées. Un bonjour madame sans réponse, Marion pivote sur sa chaise à roulettes et questionne du regard Madame Thomas qui hausse les épaules.

Une musique froide envahit le supermarché. Le gérant de l'Intermarché diffuse des morceaux pour inciter les clients à la consommation. Marion reconnaît aux premières notes la mélodie de la Ballade pour Adeline interprétée par Richard Clayderman. Anna s'esclaffe et lance à voix haute que cette musique accompagne à merveille le cassoulet. La femme éclate alors subitement en sanglot. Une boîte de cassoulet s'échappe de ses mains. Elle la laisse retomber, la boîte atterrit sur le carrelage et se cabosse. La femme se baisse, récupère la conserve, avale sa salive, renifle ses larmes, repose la boîte de conserve sur le tapis.

Marion commence l'enregistrement du cassoulet. La femme extirpe avec tremblements le mouchoir de son sac à main griffé et se mouche sans un bruit. La compilation du gérant du supermarché remplace dans les haut-parleurs le morceau du pianiste par une reprise de Daniel Balavoine par les Enfoirés. Marion demande à la femme combien de boîtes elle achète. Cent, elle répond. Une voix venue de loin, rauque et masculine de robot déshumanisé. Le panier de provisions d'Anna n'a pas bougé sur le tapis de la caisse de Madame Thomas. Les deux femmes observent la scène d'un regard ahuri.

La femme porte toutes les boîtes sur le tapis. Marion les enregistre. Les boîtes s'accumulent en sortie de caisse. Le chariot vidé, la femme passe devant Marion et opère la manipulation inverse, le cassoulet retrouve le chariot. Madame Thomas se lève de sa chaise roulante, et rejoint Marion. Elle chuchote une phrase rapide, Marion acquiesce. Madame Thomas demande alors à la femme aux yeux encore embués si tout va bien, la femme acquiesce. Elle continue à empiler les boîtes de cassoulet dans son caddy, le regard absent. Madame Thomas la regarde, compatissante, puis aide la femme à charger son chariot.

Marion annonce le prix du chargement. 313 euros et cinquante centimes de cassoulet. La femme sort de son sac à main une liasse de billets tenus par un élastique à cheveux. Elle dépose quatre billets de cent euros dans la main de Marion. Marion lui rend la monnaie quand la poche de la femme vibre, puis la sonnerie du portable. La femme décroche. Une voix hurle dans l'écouteur du téléphone. Une question agressive. Et une réponse de la femme : oui. Un oui sec et soulagé.

Madame Thomas interroge la femme sur l'utilisation de ce cassoulet. La femme ne répond pas, elle range la monnaie dans son pantalon en toile, et prend la direction de la sortie du magasin. Madame Thomas fait le trajet à ses côtés et la harcèle de questions, d'un ton sirupeux. Aux portes vitrées de l'Intermarché, Madame Thomas stoppe sa marche et contemple la femme poursuivre la sienne vers sa voiture. De jeunes clients éberlués ricanent en la croisant avant de s'engouffrer dans la grande surface climatisée.

La femme range les conserves dans le coffre de son véhicule, le ferme. Elle laisse le chariot en vrac sur le parking. Elle ouvre la portière et se laisse choir sur le siège, la portière encore ouverte. Elle reste ainsi quelques longues secondes, les bras ballants, fixant le toit ouvrant de son break allemand. Elle referme la portière, introduit la clé et met le contact. Le moteur de la voiture se met en marche. La femme sourit.

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17 août 2008

Université de rentrée du MoDem du 5 au 7 septembre 2008 à Cap Estérel

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Pour de multiples raisons (que je ne développerai pas ici), je ne serai pas présent à l'université de rentrée du Mouvement Démocrate. Cette université de rentrée se tiendra les 5, 6 et 7 septembre 2008 au Cap Estérel. Pour les militants du MoDem souhaitant s'y rendre, un site spécial a été mis en place pour l'occasion.

(Je me sens d'humeur critique en ce dimanche matin, et je ne peux que vous conseiller de ne pas prêter attention au look de ce site pour le moins catastrophique : que d'oranges ! Non pas d'orange, d'oranges. De l'orange clair, de l'orange foncé, des dégradés orangés dans tous les sens.)

(Je continue sur ma lancée : peut-on m'expliquer pourquoi université de rentrée ? Depuis quand donc le MoDem est-il parti ? Rentrée signifierait donc que durant quelques semaines (mois ?) le mouvement démocrate était en total mutisme sur les préoccupations des Français ? Je préfère donc université d'été à université de rentrée, moins dangereux en terme de communication.)

J'en arrive donc à l'objet de cette note. Si un(e) militant(e) du MoDem lit cet article et qu'il ou elle souhaite utiliser mon blog pour faire part de ses observations durant cette université de rentrée du Mouvement Démocrate, les portes de ce blog sont grandes ouvertes. Si il y en a plusieurs, bien évidemment je ne pourrais accueillir tous les milliers de militants (soyons fou !) bien que l'exercice pourrait être assez surprenant.

Donc, militant du MoDem, si tu souhaites utiliser le blanc de ce blog pour le noircir d'orange, envoie-moi un gentil mail (colonne de gauche).

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16 août 2008

Gare de l'Est (d'Eden)

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Rue d'Alsace, une rue bien peu connue, même des Parisiennes et des Parisiens (Bertrand Delanoë, sors de ce corps !). En sortant de la Gare de l'Est, la rue qui longe, en direction de la Gare du Nord, on monte quelques escaliers. Vue prenante sur les quais de la gare de l'Est. Un "paysage" surprenant, une gare, ce pourrait aussi bien être un port, c'est un ailleurs. Un ciel bien bas, des nuages qui jouent avec les immeubles. Une photo, une seule, le recadrage déjà anticipé dans le viseur de l'objectif.

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Analyse du sondage CSA pour Marianne

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L'hebdomadaire Marianne publie un sondage intéressant dans les pages du numéro de cette semaine. A prendre bien évidemment avec le recul qu'il faut accorder à un sondage, cependant quelques résultats méritent d'être étudiés.

Si vous n'achetez pas Marianne, vous pouvez lire sur le site du journal une analyse plus brève de ce sondage. Revenons rapidement sur la principale particularité de ce sondage : comment se comporterait quatre candidats socialistes en cas de premier tour d'une élection présidentielle, face aux mêmes adversaires que lors du scrutin de 2007 ? L'institut CSA met en compétition Martine Aubry,
Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn. Certes Royal ferait un meilleur score (22%), devançant DSK (20%) ou Delanoë (19%) mais les écarts ne sont statistiquement parlant pas suffisant pour en tirer une conclusion raisonnable. Martine Aubry, avec seulement 15%, reste très à la traine. Et l'on peut aisément constater qu'elle serait une moins bonne candidate que Ségolène Royal.

Mais le plus intéressant, dans cette perspective, reste le score de Nicolas Sarkozy, toujours largement en tête dans chacun des cas de figure, entre 33% et 35% dès le premier tour. Si les Français, au regard des sondages de popularité préexistants, semblent rejetter Nicolas Sarkozy dans leur coeur, il n'empêche qu'il reste leur candidat préféré. Paradoxal, mais gère surprenant.

L'explication se trouve dans la confiance portée par les Français dans les partis d'opposition. Seuls 40% des Français pensent que le Parti Socialiste est digne de confiance pour répondre aux attentes des Français. 36% pour Les Verts et 32% pour le MoDem, devançant largement la LCR (19%). Mais dans le rôle d'opposant, les résultats divergent totalement selon les personnalités politiques. Bertrand Delanoë comme meilleur opposant (54% des Français interrongés pensent qu'il remplit bien son rôle d'opposant), devant Olivier Besancenot (49%) et François Bayrou (44%), Martine Aubry (36%) dépasse même Ségolène Royal (32%). Mis en parallèle avec les intentions de vote, on observe que les Français ne votent donc pas forcément pour le meilleur opposant. On peut également envisager que les électeurs plutôt de droite ont une préférence pour un opposant qui aurait moins de chance de perturber Nicolas Sarkozy dans une élection. Finalement assez perfide et malin. On peut aussi supposer que les Français finalement ne souhaitent pas donner les clés du pouvoir aux plus "agités".

Concernant le Mouvement Démocrate, quelques remarques semblent nécessaires. Son score en cas de premier tour approcherait de façon assez impressionnante son score de 2007, navigant entre 16% et 18%. Alors que l'on pourrait penser que l'image de François Bayrou a été égratinée depuis plus d'un an (nombreuses défections, stigmatisation), le président du MoDem garde une crédibilité intacte.

A noter enfin, les réponses sur l'horizon que les sondés ont apportées quant aux alliances du PS. La comparaison entre l'ensemble des Français et les sympathisants socialistes sont intéressantes. Mais peu surprenantes : 35% des socialistes aimeraient que le PS reste dans son positionnement actuel, 29% qu'il s'ancre plus à gauche et se rapproche de la LCR, et 27% qu'il se rapproche du MoDem. Les socialistes veulent donc plutôt rester entre eux. Mais les Français dans leur ensemble sont en profond désaccord : 36% préfèrent voir le PS se rapprocher du parti de François Bayrou, 31% qu'il reste dans son positionnement actuel, et 18% qu'il aille s'accoquiner avec Besancenot. Que peut-on y voir ? Que les socialistes sont beaucoup plus à gauche que les Français, ce n'est pas étonnant. Mais que majoritairement, les socialistes comme les Français souhaitent voir le Parti Socialiste évoluer, vers un bord ou vers l'autre, telle est la question, mais cela devrait donner matière à réflexion aux socialistes.

En conclusion, deux enseignements : les partis d'opposition n'ont pas réussi (alors que Nicolas Sarkozy est plus qu'impopulaire) à remplir leur rôle d'opposants, triste constat, les explications seraient bien trop nombreuses pour être développées (présence médiatique limitée, manque de cohérence et de solidarité de l'opposition, manque de réactivité dans les sujets d'actualité, manque de propositions crédibles et claires de substitution). Et enfin, un décalage entre la vision des socialistes sur le PS et leurs candidats et la vision de l'ensemble des Français.

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15 août 2008

SOS poussette abandonnée

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Cette bien macabre découverte dans ma rue. Triste reflet de notre société déshumanisée. On me signale que les reporters de TF1 arriveraient d'une minute à l'autre. Quand donc les autorités publiques prendront-elles en considération le malheur de ces pauvres poussettes abandonnées ?

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14 août 2008

Relooking extrême de ce blog

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Au moment où vous lirez cette note, si tout fonctionne bien, vous devriez voir apparaître un tout nouveau design de ce blog. Beaucoup de changements, plus ou moins visibles. Fini le fond noir, on me l'avait souvent reproché (pas facile à lire). Je me soumets donc à la loi majoritaire du fond blanc. Il accompagne le reste du blog, il devient plus mûr, plus élégant, moins adolescent rebelle.

Beaucoup de gadgets dans la colonne de gauche disparaissent, quelques uns restent. Le blog en devient plus allégé, les gadgets étant de plus assez laids et inutiles. Enfin, des nouvelles typo, des nouvelles couleurs, des nouvelles polices accompagnent ce grand changement.

Si des bugs apparaissent, veuillez m'en excuser, et merci de bien vouloir me les signaler. J'attends avec impatience vos remarques et critiques sur ce nouveau look.

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13 août 2008

Université d'été du Medef : du 27 au 29 août 2008

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L'université d'été du Medef se tiendra les 2è, 28 et 29 Août 2008 sur le campus de Polytechnique. Et Laurence Parisot, la président du Medef invite les blogueurs à assister à cet évènement. Merci à Frédéric-Michel Chevalier pour cette invitation, que j'ai acceptée avec grand plaisir.

La communication avec les blogueurs est intelligente et intéressante. Le Medef a compris comment interagir. Je relaterai ici ce que je vois, lis et entends lors de cette université d'été. Avec mon regard à moi, avec toute ma subjectivité.

Si des blogueurs, de gauche, du centre ou de droite, militants ou pas, souhaitent assister à ce rendez-vous, il reste des places. Et ce sera une belle occasion de voir se confronter un large éventail d'idées, avec un beau plateau d'invités.

Beaucoup de patrons bien évidemment, mais également des politiques : Pierre Moscovici, Hans-Gert Pöttering, Anne-Marie Idrac, Jean-Louis Missika, Thierry Saussez, Henri Weber, Christian Blanc, Gérard Collomb, Alain Juppé, Luc Chatel, Christine Lagarde, Hubert Védrine, Jacques Barrot, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Boutin, Philippe Douste-Blazy, Martin Hirsch, Xavier Darcos, Jack Lang, Michel Rocard, Benoît Hamon, Hervé Morin et encore bien d'autres ...

Parce que je pense que l'entreprise n'appartient pas à la droite, que le patronat n'est pas une pensée unique, je crois que les rencontres peuvent s'avèrer enrichissantes ou instructives.

Plus d'infos : deux notes de Frédéric-Michel Chevelier (la première et la seconde), le blog Voir en grand dédié, le programme complet de l'édition 2008 de l'université d'été du Medef.

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De la communication politique à la politique de communication

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Pour avancer en politique, deux cerveaux sont nécessaires : les idées et la communication. Sans idées, la communication politique ne pourra fonctionner qu'un bref instant, pour vouloir vendre il faut un produit à vendre. Sans communication, les idées deviennent stériles, réfléchir et proposer ne présente un intérêt qu'à partir du moment ou les idées sont débattues, sont critiquées, sont incendiées, sont développées.

Ce paragraphe pourrait sembler d'une mièvre banalité, si l'on ne voyait régulièrement des militants, sympathisants ou passionnés de politique très régulièrement faire le procès de l'un ou de l'autre : qui pense que communiquer en politique s'apparente uniquement à un démon qu'il ne faut surtout pas approcher, qui utilise le buzz comme simple fonction politique.

Une même personne peut-elle alors s'occuper de ces deux fonctions : réfléchir et construire les projets, communiquer et publier ces projets ? Pas forcément. L'idéologue pourra travailler de son côté à un programme et à des réflexions. Le communicant pourra travailler à la diffusion des messages. Ils se doivent d'être en étroite liaison, pour d'une part ne pas biaiser le message, pour d'autre part s'assurer que le message peut être audible.

Pour ma part, je me passionne plus pour la communication politique. A partir d'une matière brute, chercher des outils et des solutions innovantes pour que les personnes qui réfléchissent voient leur travail être au minimum (re)connu par le plus grand nombre. Il n'empêche que je suis de très près les différentes réflexions. Mais à titre personnel, les idéologies existent déjà, la réflexion politique consistant plus aujourd'hui à chercher des mesures et des lois pour aller dans le sens de cette idéologie en fonction des impératifs et conditions de la société réelle.

Différentes discussions avec des personnes travaillant dans la communication m'ont amené à m'interroger sur l'importance de l'outil blog dans ces deux aspects de la politique. Peut-on réfléchir sur les blogs ? Très certainement. Et il existe quelques dizaine de blogs français sur lesquels on peut lire de très intéressantes analyses et propositions. Très souvent ces blogueurs y sont isolés dans un sujet très spécifique, très rarement ces blogueurs sont militants dans un parti. Ils se retrouvent plus dans une démarche de lobbying que de politique. Et malheureusement, les blogueurs dits politiques se complaisent bien plus à revendiquer un travail de fond qu'à la réflexion propre de ce travail. D'ailleurs, le blog rencontre très rarement la contrainte du militantisme primaire, les pro et les anti ne poussant pas la réflexion au-delà de leurs ornières militantes.

Les blogs comme outil de communication politique n'en sont qu'à leurs prémices. Finalement, très peu de blogs peuvent avoir l'influence d'un média traditionnel. La plus rapide, la plus efficace et la plus naturelle des communications politiques restant la presse écrite, la télévision ou la radio. Ou même une campagne d'affichage ou de distribution de tracts. Si les blogs très spécialisés peuvent avoir un impact considérable, ils s'en tiennent à leur spécialisation, et c'est plus aux partis politiques de veiller sur ces blogs, parfois de reprendre des idées ou de tenter de les approcher, plutôt que de les utiliser comme alliés. Personne ne peut prédire l'avenir des blogs à long terme. Mais il est fort probable qu'à l'approche d'échéances électorales, des blogs (existants ou non) prendront de la puissance dans la sphère médiatique. Une petite poignée seront des lieux incontournables de diffusion, de constestation. Probablement chapotés par les partis politiques directement, par des militants médiatisés, par des think tank amis, ou encore par des professionnels de la communication.

Si la réflexion ne peut véritablement se tenir sur les blogs, il existe des endroits pour que ce travail nécessaire s'effectue. Des lieux physiques, les réunions autour d'une table de commissions restent encore le moyen le plus évident. Des lieux virtuels également, mais le forum apporte une technologie plus propice à cet échange. Un forum fermé, des thématiques séparées et des sujets bien distincts. Il en existe un très productif et intéressant pour le MoDem, probablement aussi dans les autres partis. Mais sur les forums, aucune place pour les égos, une équipe de modérateurs doit être mise en place pour une véritable efficacité, une sélection des intervenants peut s'avèrer rude et parfois dangereuse si mal maîtrisée.

Si la communication politique perce au travers des blogs, il faudra que les partis et les plus hauts dirigeants des partis politiques accordent leur confiance à cet outil, qu'ils le comprennent et l'utilisent avec une certaine éthique. Qu'ils ne considèrent pas les blogs (comme peuvent le faire certaines agences spécialisées dans le buzz) comme des machines à diffusion de messages traditionnels, mais bel et bien comme un endroit où une nouvelle création politique peut voir le jour. Aux blogueurs de savoir se tenir et d'adapter leurs discours à une crédibilité honnête et sérieuse. Aux médias de ne pas considèrer les blogueurs comme des concurrents dangereux, mais comme des alliés dans leur travail. Aux politiques de mettre les moyens et les personnes en place ...

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