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15 février 2009

Un bidonville à 50 mètres de Paris

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Nous sommes à même pas 50 mètres de Paris, juste à côté d'une porte du nord de la capitale. Le bruit du périphérique parisien se fait bien entendre. L'endroit transpire la pauvreté, quelques habitations mêlées à des hangars, des parkings et des usines. Une zone guère accueillante, encombrée de nombreux détritus amoncelés. Nous allons franchir une porte qui nous mènera dans l'un des bidonvilles parisiens.

Un ami, qui m'accompagne, avait "découvert" cet endroit par hasard. Il nous sert en quelque sorte de "guide". En me racontant l'existence de ce bidonville, je voulais le voir de mes propres yeux. Voir qui sont ces gens, comment ils vivent, à quoi ressemble un bidonville parisien. 24 heures après m'en avoir parlé, nous voici devant cette porte ouvrant vers une misère bien ignorée.

Un mur avec des peintures datant d'une vie antérieure où l'endroit servait probablement d'entrepôt pour une entreprise. Une porte rouillée en fer à tirer, et nous entrons dans une réalité que nous ne pourrions suspecter de l'extérieur. Derrière le mur, des baraques faites de placo, de taules ondulées et d'objets de récupération. Des portes déglinguées pour chacune de ses habitations toutes alignées, fermées de cadenas. Deux impasses dans ce bidonville. L'une semi-couverte par les restes d'un hangar ; la seconde en plein air d'un côté les habitations de l'autre un long mur. Au bout de cette seconde impasse, un amas de détritus et une vieille maison en ruine, abandonnée et également habitée par les habitants du lieu.

Le ciel est bleu azur, le soleil froid brille, mais l'on imagine aisément l'état du lieu avec la pluie, les rats au milieu des déchets, le sol souillé et cabossé. Ici, l'hygiène n'existe pas ou prou. Aucune commodité, pas d'accès aux luxes de l'eau courante ou du tout-à-l'égout.

L'ami qui nous accompagne nous indique que 400 personnes environ vivent ici. Des manouches, les personnes parlent dans une langue qui ressemble à celles des pays d'Europe centrale ou d'Europe de l'est. Nous en rencontrerons finalement très peu. Les regards ne nous invitent pas véritablement à la discussion. Les premiers rencontrés sont les enfants, qui jouent avec le peu qu'ils ont. Tous nous demanderont ce que nous faisons ici. Nous préciserons à chacun de nos interlocuteurs que nous ne sommes pas de la police. Une adolescente me demandera si je viens pour l'école. Avec le sourire, l'ambiance se détend, mais il est évident que nous ne sommes pas les bienvenues. Nous sommes dans leur monde, et nous ne sommes pas de leur monde. Aucune agressivité, aucun geste déplacé. Difficile de leur répondre ce que nous faisons ici. Un mélange de curiosité et de savoir.

Nous ne resterons guère longtemps sur place. Mais un temps nécessaire pour en prendre plein la gueule, pour voir cette misère dont personne ne parle. Pour connaître ces univers que l'on ne pourrait imaginer en France. Pour ouvrir les yeux sur une réalité que l'on penserait inexistante dans un pays aussi riche que le nôtre.

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17 Commentaires:

Anonymous romain blachier dit ...

Luc, un peu de distraction pendant ta maladie: je t'ai taggué dans une chaine photo.

Bien à toi

15 février, 2009 17:10  
Anonymous romain blachier dit ...

http://minurl.fr/7qd

au fait le lien vers la chaine
http://minurl.fr/7qd

15 février, 2009 17:11  
Anonymous gerpow dit ...

S'agit il du bidonville de Saint-Ouen ? Cette description m'y fait réellement penser... Au fond de la rue des Bateliers, un autre monde ignoré volontairement de tous; ou presque!

15 février, 2009 17:29  
Anonymous Anonyme dit ...

Voilà ce qu'on peut faire quand on se rebiffe et je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou sa clique de clowns de flics minables : je suis en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu président de la république Française, en lui envoyant un avocat pour mises sous surveillance illégales, lynchage et plagiat. Avis à la population et merci pour l espace d'expression. Voilà, ceci est également une tentative de gros scandale public parce que ça calme pas mal les gros connards.

15 février, 2009 17:29  
Blogger Luc Mandret dit ...

Romain >> OK je regarderai ça

Gerpow >> je n'ai pas envie de donner l'adresse du lieu, pour plein de raisons.

15 février, 2009 17:31  
Anonymous phil dit ...

de passage sur ton blog
Courage
à plus
phil
http://philippeavecsegolene.blogs.nouvelobs.com/

15 février, 2009 18:26  
Anonymous Cyril bozonnet dit ...

En assurant la couverture "photo" du blog du pasteur Blanchard, j'en croise un certain nombre, de ces micro-favelas environnant Paris. Des gens dont la misère vous "pète le coeur".
Je penche pour Saint-Ouen...
Bon papier, merci, Luc.

Cyril bozonnet, Méchant (FN) en chef sur le 18e arrondissement de paris

15 février, 2009 20:35  
Anonymous SmS dit ...

Luc,

Sympas de t'avoir croisé à la conférence Nationale, au plaisir de se croiser à nouveau.

J'habite Saint-Ouen et le bidonville évoqué par Gerpow j'y ai passé une soirée et y ait rencontré des gens plutot chaleureux. Il a depuis été évacué par la police. Un petit tiers des familles ont été relogées dans des préfab en attendant une hypothétique place en HLM. Le reste des familles ayant fait le choix d'un allez-retour rémunéré volontaire dans leur pays d'origine en Europe de l'est.

Les mairies n'ont pas le droit de les reloger, ils sont en situation irrégulière et n'ont donc pas le droit de demander des logements sociaux. Et pour les logements privés, Les chambres d'hotels de vendeurs de sommeil content bien trop cher et sont inadaptée pour le logement d'une communauté particulièrement solidaire et habituée à vivre ensemble.

Pas mal d'échanges sur le sujet ici Lesaudoniens.com

15 février, 2009 21:31  
Anonymous Anonyme dit ...

Et alors quels sont vos solutions? Faire un état des lieux c'est bien, dire que c'est scandaleux d'avoir ça en France aussi, maintenant donner nous des solutions! Ca ça ferait progresser les choses....
Comment également dire que nous somme responsables de la misères de gens qui étaient déjà extrêmement pauvre chez eux, qui sont venus illégalement en France. Alors que faut'il faire? Installer l'eau, l'électricité, le tout à l'égout dans ces bidonvilles?

15 février, 2009 23:51  
Blogger jeandelaxr dit ...

Repris par LePost.fr !
http://www.lepost.fr/article/2009/02/15/1425284_j-ai-visite-un-bidonville-a-50-metres-de-paris.html

16 février, 2009 01:59  
Anonymous Fanal Safran dit ...

Bonjour,
L'histoire recommence .. C'est pas loin de cet endroit, dans un bidonville aussi, que le père d'une de mes cousines a appris à lire (et à parler le français) à quelqu'un d'origine tsigane, qui deviendra "Django Reinhardt" Jean-Baptiste dit Django..

16 février, 2009 08:57  
Blogger Lola Lopsa dit ...

personne n'en parle car ce sont des sans papiers et ils ne font pas de vague...

Certes, les bidonvilles c'est honteux mais il n'y a pas assez de logements sociaux pour les Français, alors les autres, il n'y a absolument RIEN...


Que vas tu faire pour nos ami(e)s les manouches ?
Monter une association pour les loger ????

16 février, 2009 10:38  
Anonymous BA dit ...

Jean-Pierre Jouyet est un haut-fonctionnaire socialiste.

Il est marié avec Brigitte Taittinger, l’héritière des Champagne Taittinger.

En mai 2007, Sarkozy le nomme secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes, auprès du ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner.

Du 5 au 8 juin 2008, Jean-Pierre Jouyet assiste à la réunion du groupe Bilderberg à Chantilly, à côté de Washington.

Le 14 novembre 2008, Sarkozy le nomme président du gendarme de la Bourse, l’AMF.

En plus de son traitement de haut-fonctionnaire « hors échelle », Jean-Pierre Jouyet percevra 220 000 euros par an.

« Le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, percevra désormais une indemnité annuelle brute de 220 000 euros.

Le montant de son indemnité a été relevée de 71 000 euros par un arrêté publié samedi 14 février au Journal officiel.

Signée par le ministre du Budget Eric Woerth, cette augmentation « prend effet au 15 décembre 2008 », selon l'arrêté dont fait état Le Parisien/Aujourd'hui en France dans son édition du lundi 16 février.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/20090216.OBS4979/le_president_de_lautorite_des_marches_financiers_augmen.html?idfx=RSS_notr&xtor=RSS-17

16 février, 2009 16:15  
Anonymous BA dit ...

Depuis samedi, Louis XVI et Marie-Antoinette ont disparu.

Avez-vous des nouvelles de Louis XVI et de Marie-Antoinette ?

Vacances : depuis samedi, le couple Sarkozy est à Megève.

Nicolas Sarkozy a chaussé les skis de fond, hier matin, sur le plateau de la Livraz à Megève.

Megève. Une station du Pays du Mont-Blanc où le chef de l'État est arrivé en hélicoptère, samedi après-midi, après avoir assisté au slalom dames des Championnats du monde de ski alpin de Val d'Isère, en Savoie, et où il a rejoint son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, arrivée elle la veille.

Le couple présidentiel s'octroie une bulle d'oxygène dans l'un des plus prestigieux hôtels de la station haut-savoyarde. Un véritable hameau, composé de neuf chalets d'alpage antédiluviens et protégés depuis vendredi soir par une importante escorte.

Le président de la République et son épouse seraient entourés en effet de 19 gardes du corps, chargés notamment de tenir les médias à l'écart.

Nicolas Sarkozy ne devrait pas quitter la Haute-Savoie avant mardi 17 février, aucun rendez-vous n'étant inscrit ce lundi sur son agenda officiel.

Quant à Carla Bruni, il se murmure qu'elle resterait toute la semaine à Megève.


http://www.ledauphine.com/visite-privee-depuis-samedi-le-couple-sarkozy-est-a-megeve-@/index.jspz?article=100981&chaine=14

16 février, 2009 17:08  
Blogger Lola Lopsa dit ...

l'adresse du lieu
=> prendre une carte de Paris, regarder un terrain vague à la sortie nord de la ville, bingo, vous y êtes...

17 février, 2009 11:48  
Anonymous pfffffffff dit ...

oh comme elle est mignonne la petite oie blanche
mais tu sais que ton pote bayrou il aime pas ça les sans-papiers
alors tu vas faire comment pour concilier tout ça : ta petite morale et la réalité

17 février, 2009 21:20  
Anonymous Anonyme dit ...

Merci d'avoir pris cette initiative de vous rendre compte sur place de ce que représente la réalité de la misère.
Qu'importe si elle est ( misère) en situation irrégulière ou non. Se sont à des êtres humains qu'on s'adresse et non à des situations. D'où l'importance du regard est à mettre en avant.

20 février, 2009 14:01  

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