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11 avril 2009

La vie d'un enfant plus importante que la vie d'un adulte ?

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L'opération militaire de libération des otages du Tanit, menée par les forces des commandos de la Marine française afin de libérer les quatre otages de ce voilier retenus au large de la Somalie, s'est terminée hier dans le sang. Le skipper du bateau mort, les quatre autres sains et saufs, une demie-réussite ou un demi-échec pour les forces françaises. Au delà du fait divers dramatique, et de la situation de géopolitique insolvable à court terme, retour sur deux faits de cette histoire.

L'enfant roi.
En suivant aux actualités le traitement de cette affaire, un propos m'a particulièrement interpellé. Participant à la construction du
storytelling de cette libération, la présence d'une mère de famille, et surtout de son enfant. Des propos notamment du chef d'état-major des armées, le général Georgelin, qui parlait de cet enfant "qu'il fallait absolument protéger". Et le récit de cette proposition, digne d'un film d'action du dimanche soir sur TF1, à travers l'échange de la mère et de l'enfant contre un officier français. Épique et romanesque, la construction d'une histoire dont les médias se pourlèchent. Mais pourquoi ? "Les femmes et les enfants d'abord", cet adage tellement conservateur et paternaliste, mais incritiquable pour ne pas passer pour un goujat manquant de galanterie, cet adage donc se prête-t-il à une libération d'otages ? La vie de cet enfant qu'il fallait absolument protéger serait donc plus importante que celle d'adultes. Cela induirait donc indirectement une hiérarchie de la valeur des êtres humains. Choquant.

La rançon.
Une incohérence de la part de la diplomatie française, Nicolas Sarkozy qui tient à "
réaffirmer toute la détermination de la France à ne pas céder au chantage et à tenir en échec la piraterie". Mais parallèlement cette déclaration du Ministre de la Défense, Hervé Morin : "nous avons proposé bien entendu la totalité de ce que nous pouvions proposer, c'est à dire à la fois de leur permettre de pouvoir rejoindre le port, avec un bateau, nous leur avons même proposé une rançon". Rarement auparavant (jamais il me semble), la France annonçait officiellement être prêt à échanger des otages contre rançon. Tout simplement pour prouver ce que Nicolas Sarkozy affirme : la France ne cède pas aux chantages. Mais aussi pour ne pas faire des Français une cible particulière et de la France un tiroir-caisse pour preneurs d'otage. Assiste-t-on à un repositionnement du choix diplomatique de l'État Français ? A moins que le (mauvais) ministre de la Défense n'aie commis une bourde. Une déclaration pour prouver que les Français ont tout fait pour que cette prise d'otage ne se finisse pas dans le sang, une justification de cet échec, un nouveau chapitre pour un (mauvais) storytelling.

Les preneurs d'otage savent désormais à quoi s'en tenir : capturer des enfants français, et fixer le prix de la transaction.

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11 Commentaires:

Anonymous Anonyme dit ...

Comment dire?

Soit tu as (eu) un ou plusieurs enfants (désiré(s)) soit tu n'en as pas (encore).
La vision hiérarchique de la valeur des êtres humains est fortement influencée selon notre position dans une de ces deux catégories.
Vu ta question existentielle, tu dois te situer dans la première. Garde bien ce "post" et relis le le jour où tu passes dans la deuxième...

C.

11 avril, 2009 13:18  
Anonymous Anonyme dit ...

Petite correction: dans la dernière phrase il faut inverser première et deuxième :)

11 avril, 2009 13:48  
Anonymous Anonyme dit ...

En tant que parent (père), je ne peux qu'être d'accord avec anonyme. Oui, pour moi, la vie d'un enfant a plus de "valeur" que celle qu'un adulte. Je ne suis donc pas choqué par les paroles du général Georgelin.

11 avril, 2009 13:58  
Anonymous Anonyme dit ...

La question sous-jacente est faut-il croire en l'avenir (l'enfant) ou au présent(le père) ...
Compte-tenu de l'état de notre Terre, je ne parierai pas sur le futur.
Autant cette échelle de valeur fonctionnait dans le passé ..autant elle est vermoulue à présent...
Cet enfant aura probablement une vie de clochard, comme des milliers d'autres.. devra se battre pour un verre d'eau, et faire les poubelles des nantis pour sa maigre pitance.
Messieurs les bien-pensants, bien le bonsoir !!

11 avril, 2009 18:19  
Anonymous Anonyme dit ...

Qui ose juger de l'importance de la vie d'un autre humain. Si l'on considère qu'ils sont "libres et égaux", que l'on se considère humain, alors il n'est pas de notre ressort de juger de l'importance plus grande de la vie de tel ou tel humain.

Antoine Julienne

11 avril, 2009 19:15  
Blogger webmaster dit ...

Par rapport à l'échange de la mère et de l'enfant contre un officier français, il me semble que ça fait partie du processus des forces d'intervention qui veulent prendre le contrôle d'une zone dans les prises d'otage. C'est ancien comme procédé et toujours utilisé.

11 avril, 2009 21:15  
Anonymous cyril bozonnet FN Paris dit ...

Objectivement, et c'est l'ex militaire d'active qui s'exprime, les femmes et les enfants sont prioritaires dans ce genre de sauvetage...Et ce, dans tous les codes d'interventions, tous pays confondus (même l'Iran ou la Chine, c'est dire ! )

11 avril, 2009 23:04  
Anonymous Anonyme dit ...

Suis pas anonyme et je suis Jean-Pierre Fourastié !
Seule question, Mon fils à 28 ans mais quand il avait 3 ans nous évitions de prendre des risques ...

Oui c'était mon fils et j'étais RESPONSABLE

11 avril, 2009 23:34  
Anonymous Anonyme dit ...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

12 avril, 2009 16:33  
OpenID cassiope dit ...

En même temps, dans le cas présent, l'enfant n'avait rien demandé, contrairement à ses parents (en particulier le père) qui avaient décidé de faire ce voyage au large de la Somalie. Donc je comprends qu'on pense d'abord à sauver l'enfant

23 avril, 2009 12:36  
Blogger bawabawi dit ...

Je n'ai pas d'enfant mais je pense qu'il existe bien un mécanisme (instinctif ou culturel) qui fait qu'on a plus de pitié pour un enfant qui souffre par exemple que pour un adulte (c'est bien pratique pour faire fermer les yeux sur les tortures pratiquées en France par des policiers tout en faisant pleurer dans les chaumières sur le sort des enfants maltraités).

02 juin, 2009 23:42  

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