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10 mai 2009

Brève de métro #06 : séduction à l'ancienne

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Me rendant au mariage de mon frère, je me dirigeai vers la Gare de Lyon, et j'empruntai le RER à la station Gare du Nord. Assis à mes côtés, une femme lisait un magazine féminin, elle était montée dans la rame avant moi. Arrive un homme qui s'assoit en face de cette femme. S'engage un numéro de séduction ô combien étonnant et amusant entre Madame et Monsieur.

Madame, une femme noire d'une cinquantaine d'année, habillée élégamment d'une longue robe noire et d'un chemisier blanc, de long cheveux lisses et soyeux. Monsieur, un homme noir d'une soixantaine d'année, vêtu d'un blazer bleu marine bon marché, une sacoche à la main et le sourire gravé sur son visage ridé.

Ils ne s'échangeront des regards que quelques secondes avant d'entamer une discussion. Lui s'évertuera à la complimenter, Elle se cachera derrière un mouchoir en tissu pour cacher ses sourires conséquents aux blagues de ce séducteur. Ils discuteront l'espace du voyage que je passerai à leurs côtés, le monde extérieur totalement hermétique à leurs échanges.

J'apprendrai que Monsieur, Honoré de son prénom est divorcé. Quant à Marthe, elle est veuve depuis 5 ans. Monsieur en retraite de la fonction publique, Madame travaille dans un collège. Les sourires se succèderont aux flatteries, les yeux brilleront d'étincelles d'une complicité naissante, ils se comprennent et le savent. Il l'a séduite avant de l'aborder, elle se prête à son jeu avec amusement et tendresse.

Alors que je quitte la rame du RER à Gare de Lyon, la femme se rend compte qu'elle a oublié de descendre à Gare de Lyon. L'homme lui propose de continuer le chemin, sans se soucier, ils ont tout leur temps, ils veulent poursuivre cet instant.

Simples et touchants, deux personnes qui se trouvent comme s'ils s'attendaient depuis longtemps.


(Lisez ou relisez :
Brève de métro #01 : la presse gratuite
Brève de métro #02 : les yeux révolver
Brève de métro #03 : le connard de CéGéTiste
Brève de métro #04 : Carla Bruni dans "Attention à la marche"
Brève de métro #05 : à chacun ses morts)

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5 Commentaires:

Blogger jeandelaxr dit ...

La suite au prochain numéro !…

10 mai, 2009 00:40  
Anonymous Anonyme dit ...

Voilà une rencontre de bonne augure. Le métro est certes un lieu évidemment propice aux rencontres les plus inattendues mais est-ce un lieu pour celles qui durent. Et puis, voilà un veuf qui rencontre une jeunette. Comment savoir si leur rencontre est vraiment organisée par les étincelles du hasard ou alors le jeu de calculations de temps, de quai, de regards torves et prémédités ? La politique organise des rencontres, l'amour les provoque, on peut donc comparer amour et politique. L'un répond à des règles cosmiques l'autre à des règles historiques, sociales. Les nécessités du présent, les besoins et les contraintes de temps, de lieu et d'espace fait plus ressembler la politique à une pièce de théâtre avec ses règles. Le grand écrivain de cette histoire est le peuple décideur des hommes qui répondent psychologiquement à ses aspirations. La politique est scientifique au sens que l'homme qui réprésente la France ou un électorat répond aux besoins de cet électorat, à leurs attentes. On ne peut tromper le peuple car celui-ci vous porte au pinacle ou vous ostracise. L'homme politique doit répondre aux défis de son temps et aux nécessités qui l'entourent. Il n'y a point de séduction car l'homme politique qui séduit est un trompeur ou alors un dictateur car il impose ses choix et non réponds à ceux du peuple. Il n'y a point de rencontre de hasard en politique mais une rencontre qui résulte du destin des peuples, des nations, de hommes qui agissent, oeuvrent. Prenons Schumman qui forge l'Europe car elle est nécessaire, prenons De Gaulle qui sonne l'appel de la résistance, car elle est impérieuse, prenons Adenauer qui répond à l'espérance de la réconciliation, elle était nécessaire, prenons Chirac qui non à la guerre en Irak, cela était nécessaire alors que tous disait oui, prenons Mitterand qui dit oui à l'élargissement de l'Europe et au socialisme nécessité impérieuse dans une France fracturée, prenons dans l'histoire toutes les rencontres des hommes politiques, elles répondent à une nécessité historique. Dès que nous passons de la nécessité historique et matérielle à la séduction nous passons de la démocratie à la tyrannie.

10 mai, 2009 02:27  
Anonymous eamimi dit ...

Han c'est trop choupi !!

(j'ai pas mieux, je me réveille)

10 mai, 2009 09:38  
Blogger Zoridae dit ...

Très joli ! C'est rare d'assister à de beaux moments comme ça dans le métro !

10 mai, 2009 11:22  
Blogger marie dit ...

Bel article et joli commentaire.
Je ne suis pas du tout certain en revanche qu'il y ait une quelconque necessite politique, materielle ou historique dans tout cela. Hegel et Marx ont tout de meme ete pas mal dementis sur ce point par la realites de ces 150 dernieres annees.
La seduction en politique et tout particulierement en democratie ne mene pas necessairement a la tyrannie (cf. Athenes IVe siecle avt J-C), mais tres certainement a la demagogie.
Enfin, tromper le peuple est un sport international depuis des lustres aux quatre coins du globe. L'amour suppose une certaine dose de narcissisme, et la politique est un autre moyen de mettre en avant ce meme narcissisme, ne serait-ce qu'a travers la projection que se fait un ensemble de personnes sur un(e) leader.
M'enfin nous sommes bien loin la des romances du metro parisien.

10 mai, 2009 12:10  

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