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25 mai 2009

Street-marketing : le Parti ™

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(note écrite par Cédric Rousseaux)

La communication politique doit-elle être abordée comme la communication d’entreprise ? Études d’opinion, spin doctors, marketing offensif : les stratégies utilisées ressemblent de plus en plus à celles des entreprises. Le parti devient une marque, et doit défendre son marché. Un moyen efficace : le street-marketing.

Pourquoi se fatiguer à distribuer de simples tracts qui seront jetés illico sur le trottoir alors qu’on peut faire mieux, beaucoup mieux ? Toucher le cœur des lecteurs, les faire rire, pleurer, les étonner, les bousculer : voilà comment construire une relation émotionnelle avec le parti. Considéré comme une pratique de la politique-spectacle américaine, le street-marketing a du mal à faire sa place en France. La tendance avance masquée mais est bien là : les proches conseillers en communication de Nicolas Sarkozy sont débauchés non pas à l’ENA, mais dans les agences de pub (comme François de la Brosse et, même s’il a rejoint la politique depuis longtemps, Thierry Saussez), tandis que Ségolène Royal s’expose sur la scène du Zénith. Tous les moyens sont bons.

Si, en France, le concept de street-marketing politique a du mal à se développer, il est incontournable dans de nombreux pays. Voici un exemple de ce que j’ai pu observer en Autriche, où les élections législatives eurent lieu en octobre. Octobre. Sale temps pour du street-marketing : il pleut, il fait froid, les électeurs potentiels sont pressés. Moi-même, glacé jusqu’à l’os, j’avance vite, très vite, en priant pour passer entre les gouttes. Soudain, je me fais arrêter par des jeunes habillés en rouge : ah, le SPÖ (parti socialiste autrichien), encore des tracts sûrement. Mais c’est avec un grand sourire qu’ils me disent : « Wir lassen Sie nicht im Regen stehen », « Nous ne vous laisserons pas sous la pluie ». Etrange... C’est alors qu’ils me tendent un grand poncho en plastique transparent, avec capuche, et tout ce qu’il faut pour ne pas être mouillé. Design en plus.

Et voilà comment le SPÖ réussit à faire passer son message de solidarité socialiste – et ce, par une météo catastrophique pour du street-marketing. En plus, ils ont réussi à rendre le poncho à la mode. Un exploit.

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3 Commentaires:

OpenID arretsurlesmots dit ...

Elles servaient aussi à ça les tongs UMP, à nous protéger du sable chaud?

Le street marketing pourquoi pas, mais les coûts de campagne sont très surveillés, il faudra donc que ce mouvement demeure relatif, sinon, il ne restera même plus de quoi imprimer le moindre tract.

A moins de ne faire plus que ça, mais, je ne suis pas sûr que ça soit positif pour le débat politique! Toutefois, il est vrai que les goodies politiques deviennent de plus en plus fréquents, notamment sur l'impulsion de l'UMP qui en 2002 avait sorti un nombre incroyable de produits dérivés Sarkozy (sacs, éventails, t-shirts,...). Cela aura pour conséquence d'accroitre davantage les différences entre les partis qui ont de l'argent (ceux qui ont gagné les élections précédentes) et ceux qui en manquent (les autres)...

25 mai, 2009 11:07  
Anonymous Antonin dit ...

Mouais, cela ressemble d'avantage à des cadeaux. Ce n'est pas ça que les électeurs attendent à mon avis.

25 mai, 2009 11:21  
Anonymous marketing chine dit ...

je pense que si un partie faisait de la com et du marketing comme les entreprises ce sera super efficace.

11 juin, 2009 16:18  

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