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03 septembre 2009

Interview de Marielle de Sarnez

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A partir de demain et jusqu'au 6 septembre se tiendra l'université de rentrée du Mouvement Démocrate à La Grande-Motte. A la veille de ce rendez-vous pour les militants du MoDem, j'ai voulu interroger Marielle de Sarnez, et lui ai donc proposé une interview. Marielle de Sarnez a accepté ma demande, et je tiens à l'en remercier. oici mes questions et les réponses de la vice-président du Mouvement Démocrate.


Luc Mandret : Le MoDem est-il de gauche ?

Marielle de Sarnez : Les racines du MoDem et son identité sont au centre. Un centre qui n’est plus sous tutelle de l’UMP. Un centre qui est libre et autonome, avec des valeurs républicaines et progressistes. Ce centre-là, il dit quelque chose qui n’avait jamais été dit jusqu’à maintenant : les citoyens de gauche ne sont pas nos ennemis, nous pouvons dialoguer avec eux pour préparer l’avenir. C’est vrai que ce déplacement des lignes, ce dépassement des affrontements d’autrefois est si nouveau qu’il est parfois dérangeant.


Luc Mandret : Et vous, Marielle de Sarnez, êtes-vous de gauche ?

Marielle de Sarnez : Depuis toujours j’ai la conviction que les injustices ne sont pas supportables pour une société et qu’il faut les combattre. L’un de mes tous premiers souvenirs politiques, c’est la lecture du rapport Méraud qui pointait du doit les inégalités de la société française dans les années 70, en matière de revenus, d’emploi, de logement, d’accès aux soins, de durée de vie….. Depuis, ces inégalités n’ont cessé de se creuser, de se cumuler, de se reproduire. C’est tout le sens de mon engagement : mettre en place des mécanismes pour réduire les inégalités (il en existe), et promouvoir une société plus solidaire. Vous voyez : on peut vouloir une société plus juste et avoir ses racines…..au Centre !


Luc Mandret : On a vu autour de Vincent Peillon le week-end dernier diverses personnalités, dont Robert Hue. Pour offrir une alternative au pouvoir de Nicolas Sarkozy, seriez-vous prête à gouverner nationalement avec les communistes ?

Marielle de Sarnez : Ceux qui se sont retrouvés à Marseille, et pour certains d’entre eux en dépit de l’opposition de leur parti, ont en commun l’envie de faire bouger les lignes, de dialoguer, de travailler ensemble, dans le respect des identités et des différences, en ne jetant d’exclusive sur personne, mais en étant capable au contraire de dépasser les frontières habituelles et de s’ouvrir à d’autres. Je n’ai pas l’impression que ce soit la ligne du PC…


Luc Mandret : Dans moins d’un an se tiendront les élections régionales. Comment s’établira la stratégie d’alliances ou d’indépendance du MoDem ? Des alliances au premier tour ou au second tour ? Une indépendance totale ? Ou encore du cas par cas en fonction des régions ? Quel est votre souhait personnel ?

Marielle de Sarnez : Ce débat appartient aux adhérents du MoDem. C’est très important qu’ils s’en saisissent et qu’ils le fassent vivre. Sans a priori. Alliance, autonomie. Tout est ouvert et nous avons tout l’automne pour en délibérer. Pour ma part, je défendrai l’idée qu’il faut, à la fois, affirmer notre propre identité et être capable de rassembler. Je crois que c’est comme cela que se construiront les victoires de demain.


Luc Mandret : Le week-end prochain se déroulera l ‘Université de rentrée du Mouvement Démocrate : qu’en attendez-vous ?

Marielle de Sarnez : Qu’on l’on prenne la mesure des difficultés dans lesquelles se trouvent les Français. Et que l’on trace des perspectives en terme d’avenir.


Luc Mandret : On reproche souvent au MoDem de ne pas avoir de véritable projet. Que répondez-vous à cette critique ?

Marielle de Sarnez : Le MoDem est un jeune parti (il a à peine deux ans). Il s’est constitué autour des idées que François Bayrou a défendues lors des dernières présidentielles. Il doit aujourd’hui aller plus loin. Ce sera l’objet du Congrès programmatique qui se tiendra fin novembre. Plus encore qu’un projet, nous devons penser un nouveau modèle de société, plus juste, plus solidaire, plus durable et plus démocratique. Il ne s’agit pas tant de changer le monde ancien, que de penser les fondations d’un monde nouveau. Ce n’est pas du même ordre.


Luc Mandret : Comment faire pour que François Bayrou soit élu Président de la République en 2012 ?

Marielle de Sarnez : Celui ou celle qui sera élu en 2012, sera celui qui aura proposé un espoir crédible aux Français. Les deux mots sont importants, espoir et crédible. Tout ce que je peux vous dire c’est que lui travaille sur ces deux mots tous les jours.

(photo : François à l'Imprévu sur Flickr)

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11 Commentaires:

Anonymous mry dit ...

La méthode Coué est magnifique...

Il faudrait lui rappeler ses positions ultra-libérales de droite sous Madelin ou Léotard... plus pugnace sur le sujet que les hommes qu'elle soutenait.

Tout cela est de la posture pour espérer que Bayrou n'ait pas encore mangé son pain blanc.

Mais il l'a mangé et elle le sait au fond alors à défaut de le sauver elle va se sauver elle même... comme elle l'a fait avec Madelin ou Léotard.

Oui, malheureusement, Marielle de Sarnez casse tous ses jouets politiques masculins. C'est ainsi. Son histoire le démontre.

C'est au tour de Bayrou qui est le seul à avoir accepté son soutien.

Si vous avez du mal à me croire, regardez son parcours vous verrez que ses succès personnels sont construits sur des cendres masculines. Peu importe les idées.

03 septembre, 2009 08:19  
Blogger dubuc dit ...

Je suis devenu cynique avec l'âge, ou bien? Je n'en crois pas un seul mot... Bullshit pur... Bravo pour l'interview Luc, mais tu ne fais que relayer une déclaration d'intentions, ressassées depuis 2007 dont on a pu voir que cela ne faisait pas une plateforme programmatique...

03 septembre, 2009 09:22  
Anonymous Jérôme dit ...

@mry : tu vois que le Modem n'est pas à gauche, Marielle le dit ! ;)

03 septembre, 2009 10:09  
Blogger Femme dit ...

@mry (ou misogyne ?)
Il faudra bien vous y faire... Des femmes ont leur place en politique et en plus elles peuvent même avoir de belles idées.... Ca alors !!!
Quand ceux et celles comme vous cassent Marielle de Sarnez à longueur de blogs comprendront un jour que si l'UDF a évolué vers le Modem c'est certainement beaucoup grâce à elle...
Quand aurez vous le courage de lui dire -en face- ce genre de propos ? Je vous suggère de faire une interview avec elle sur la place de la femme en politique et surtout de lui prouver que "ses succès sont construits sur des cendres masculines" ou encore qu'elle a une position "ultra libérale".
En tout cas, merci Luc pour cet interview

03 septembre, 2009 10:14  
Blogger Nemo dit ...

Wouaw...certains pardonnent facilement à Mitterrand d'avoir été de la droite catholique au début de sa carrière politique mais ne pardonnent pas aux anciens de l'UDF d'avoir été de centre-droit...
Comment faire autrement à l'époque? Il aurait fallu être au PS pour bien se faire voir aujourd'hui? Quelle horreur...

03 septembre, 2009 10:53  
Anonymous Todac dit ...

Bravo pour l'ITW Luc, belle opportunité.

Sur le fond, assez d'accord avec les commentaires précédents : un Modem "le cul entre deux chaises", incapable de se positionner en vue de 2012, réponses très convenues de De Sarnez. Je m'attendais à des questions un poil plus "pushy" de ta part.

D'accord avec Nemo et Femme sur le commentaire de Mry : on ne reproche jamais à un homme d'avoir bâti sa carrière sur "des cendres masculines" (Chirac, Sarkozy, Mitterrand, les exemples sont pourtant nombreux!).

A quand l'ITW de FB?
^^
Bonne journée,
Todac

03 septembre, 2009 12:15  
Anonymous Ivan Gabrièle dit ...

Derrière un pseudonyme, il est toujours facile de critiquer. Sur ce point, je suis d'accord avec "Femme" : on se lâche facilement dans les couloirs mais face à elle, c'est une autre paire de manches.

Comme elle aussi (décidément !), je crois que Marielle de Sarnez est une personne-clé du nouveau virage, libérateur, qu'a pris l'UDF à travers le Mouvement Démocrate. Elle a soutenu François Bayrou sans en démordre, dans les moments les plus difficiles, y compris dans ses "traversées du désert" comme aimaient le titrer un certain nombre de médias.

Enfin, dire qu'elle vit sur les "cendres" d'hommes politiques, c'est un bien drôle d'analyse de François Bayrou. Qu'on ne soit pas d'accord avec ce qu'il prône, c'est tout à fait compréhensible, mais personne ne peut nier qu'il existe, qu'il est écouté qu'on le veuille ou non, et qu'il est indispensable dans le paysage politique français.

Comme d'autres hommes politique, il reflète un partie ,non négligeable de l'opinion publique.

J'aimerais rappeler un sondage sur le gouvernement idéal que souhaiteraient les français où il avait été proposé, loin devant les autres, premier ministre de ce gouvernement.

Pour des cendres, je trouve qu'on parle beaucoup de lui !

03 septembre, 2009 13:51  
Anonymous Laurent dit ...

Je préfère Annie Cordy.

03 septembre, 2009 14:22  
Anonymous GuillaumeD dit ...

Bonjour Luc.
Une belle réussite que cette interview.
Ça m'intéresse de savoir en fonction de quels critères tu as préparé tes questions (en dehors de celui de l'actu bien sûr).
Tu as le temps de nous détailler ça, stp?

Quant à croire MDS, je ne demande pas mieux. Je vais continuer à observer la situation de mon parti, pour voir si ses réponses demeurent en cohérence avec ce qui va se passer au MoDem dans les mois qui viennent.

03 septembre, 2009 17:37  
Anonymous Azamkim dit ...

Votre question sur Robert Hue et le PC est intéressante, tout comme la réponse de MDS... Merci

03 septembre, 2009 17:45  
Blogger Guillaume dit ...

Salut Luc,
Je suis d'accord à propos de la question du PC.
Cependant je révèle une petite chose à propos des racines et de l'histoire centriste de l'UDF, peut être ne vaudrait il mieux pas la revendiquer. Car elle a, à maintes reprises, accueilli les apôtres du libéralisme et d'autres théories qui me semblent aujourd'hui bien éloignées du Centre.
Philippe de Villiers n'était-il pas un élu UDF ? Mme Boutin, qui a mené un combat virulent contre le PACS n'était elle pas UDF ? Et que dire des Libéraux comme François Léotard et Alain Madelin ?

Il me semble que c'est bien évidemment une erreur que de revendiquer de ce "centre historique" accueillant qui à mes yeux et j'en suis sûr à ceux de beaucoup d'autres n'a jamais été un véritable Centre. Comment sinon, ces personnalités auraient elles pu s'y complaire ?

04 septembre, 2009 00:47  

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