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05 octobre 2009

Cambodge : la francophonie à sens unique

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Comme annoncé la semaine dernière, chaque lundi sera désormais consacré à une note sur le Cambodge. Cette idée m'est venue à Phnom Penh en lisant l'excellent hebdomadaire Cambodge Soir, la référence pour se tenir au courant des actualités du Cambodge en langue française. Un vrai magazine avec des dossiers dignes d'intérêt, fouillé et construit, du vrai boulot de bons journalistes. Fin de la parenthèse.

"Depuis son ouverture en 1990, l’Alliance Française, devenue Centre de Coopération Culturelle et Linguistique puis Centre Culturel Français du Cambodge en 1992, est un pôle incontournable en matière de coopération artistique et linguistique", voici l'auto-description du CCF du Cambodge. Le CCF de Phnom Penh est un bel endroit : un bâtiment magnifique, une librairie, une bibliothèque, une salle de spectacle et de projection, un accueil chaleureux. Mais en un seul et simple exemple, il est facile de prouver une coopération à sens unique.

Avant de rendre visite au filleul que je parraine, j'ai voulu acheter un dictionnaire khmer-français afin de le lui offrir. Instinctivement, le CCF du Cambodge me semblait le lieu adéquat pour trouver cet objet. A la librairie du CCF du Cambodge, point de dictionnaire cambodgien-khmer. Deux dictionnaires du français au khmer existent bien (quoique très volumineux et un peu datés), mais dans l'autre sens on m'indique que c'est impossible à trouver. Déception.

Le soir même, je me retrouve à dîner dans un petit restaurant. Hasard ou signe du destin, la propriétaire de ce restaurant (khmer, je le précise) parle parfaitement français. Je lui demande si par hasard elle ne connaît pas un endroit où je pourrais acheter ce dictionnaire khmer-français. Elle m'oriente très facilement vers le PBC (Peace Book Center), une chaîne de fournitures de bureau. L'une des enseignes (photo ci-contre) se trouve d'ailleurs en plein cœur de la capitale en face de l'Assemblée Nationale, difficile de louper le magasin. A l'intérieur du magasin, des dizaines et des dizaines de dictionnaires, dont plusieurs éditions du cambodgien au français. L'embarras du choix, à des prix modiques (2,10 dollars).

Loin de moi de vouloir jeter la pierre aux personnes œuvrant au CCF du Cambodge, mais le fait est qu'en quelques heures j'ai réussi à me procurer un dictionnaire soit-disant introuvable. Simplement en discutant avec des "locaux". Triste constat, mais le vase clos des expatriés n'est pas un mythe. Un manque de curiosité sidérant. Mais surtout une conclusion bien dramatique : que les Français expatriés au Cambodge apprennent le cambodgien (et c'est une excellente chose) semblent être une priorité au fait que les cambodgiens apprennent le Français. La francophonie à sens unique.

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3 Commentaires:

Anonymous kramatrokour dit ...

Très bon billet !

05 octobre, 2009 10:37  
Anonymous Titem dit ...

Un témoignage vraiment intéressant et agréable à lire ; j'ai eu un peu le même sentiment à Chypre de "vase clos des expatriés" même si des ponts entre la culture chypriote et la culture française étaient dressés lors de régulières animations.

05 octobre, 2009 18:38  
Blogger ben - www.Kambody.com dit ...

Il ne fait aucun doute pour moi que s'installer au Cambodge signifie apprendre le Cambodgien !!

C'est le minimum quand on aime un pays au point de vouloir y vivre.. sinon autant rester chez soi.

Ben du Cambodge

06 octobre, 2009 12:14  

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