]]>

31 octobre 2009

Le bon gros troll de l'identité nationale

Partager
"Identité nationale" : il est fort Sarkozy. Un bon débat récurrent pour oublier le reste. Un bon sujet polémique, lancé de surcroît par un transfuge de la gauche, Eric Besson, pour ne parler que de ça, et pendant ce temps ne plus parler de Frédéric Mitterrand et de tourisme sexuel, de Jean Sarkozy et de l'EPAD, de Dominique de Villepin et du procès Clearstream, de Brice Hortefeux et de ses blagues foireuses, du chômage qui ne cesse d'augmenter.

Un bon gros troll. On lance l'expression "identité nationale" et tout le monde se rue, pour hurler contre, pour crier contre les contre. Finalement personne ne sera jamais d'accord. Finalement on oubliera de parler de l'identité européenne.

On oubliera de dire qu'il n'y a pas "une" identité mais autant "des" identités nationales. On parlera encore de la Marseillaise et du drapeau tricolore.

On parlera d'une "odeur nauséabonde qui rappelle les plus sombres heures de l'histoire de France" comme argument rabâché. Encore.

Et on passera à autre chose. On aura enterré notre indignation pour une nouvelle indignation.

Mais un risque cependant pour Nicolas Sarkozy. En relançant le débat de l'identité nationale, il est fort à parier que c'est pour souder l'électorat de droite, pour retrouver l'amitié de certains sympathisants de la droite dure effrayés par les récentes polémiques. Pour contrer la percée de Marine Le Pen, plus moderne et plus séductrice que son père, plus correcte et plus directe que son parti, qui effraye la droite gouvernementale. Un jeu dangereux pour Nicolas Sarkozy : ce ne sont pas forcément les citoyens qui changent de bord, mais plutôt les politiques qui s'extrêmisent quand ils récupèrent les voix du FN.

Un bon gros troll, cette identité nationale, qui replace dans l'agenda médiatique des problématiques chères à la droite et à l'extrême droite. La gauche s'engouffre et s'épuise. La gauche ne comprendra donc jamais les pièges de Sarkozy.

Libellés : , , ,

2 Commentaires:

Anonymous Horus dit ...

Je boue par moments ... et par moments , ça éclate ! Pour parler d'identité européenne, encore faudrait-il qu'il y eût un fond commun, un fond de marmite ... L'Europe c'est une mosaïque, elle aura une identité dans 100 ans . Je ne nie pas qu'elle ait des traits communs , mais de là à parler d'identité !!!
Mon pauvre Luc, fais attention à ce que tu écris! réfléchis auparavant, et ne te considère pas comme un maître à penser. Tu ne l'es pas, pas plus que moi !
Amitiés.

01 novembre, 2009 10:44  
Anonymous Gilles dit ...

1)Je pense que, contrairement à ce que tu penses, le PS a compris le piège.

2) Entre former des citoyens actifs et des patriotes, il va falloir choisir.

1) Que fait Martine Aubry en ce moment avec un évènement assez peu médiatique, à savoir le Tour de France ? Elle engage une série de réunions publiques pour voir quelles sont les attentes des gens sur la France de demain, sur la "France qu'on aime",... C'est plus une discussion autour des valeurs que le parti socialiste devrait porter plutôt que sur un programme.

Donc l'identité nationale n'échappe pas au PS.

2) Par contre, j'ai l'impression que le débat sur nos "valeurs républicaines" n'a jamais été aussi flou. Notamment sur la laïcité où peu connaissent vraiment la loi de 1905 (qui ne dit pas que la religion relève de la vie privée). Bien peu connaissent vraiment la déclaration universelle des droits de l'homme dans le détail (l'article sur le droit de pratiquer sa religion en public comme en privé pour rester sur la même thématique).

Il y a donc une vraie discussion à avoir sur nos valeurs et notre définition de la citoyenneté (active). Les autres pays européens ont pris de l'avance dans ce domaine. Besson donne l'impression de vouloir cantonner ça au patriotisme, montrons-lui que c'est une conception archaïque.

01 novembre, 2009 11:11  

Enregistrer un commentaire

Liens pour ce post:

Créer un lien

<< Home