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22 décembre 2009

La stratégie de Shéhérazade

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Karl Rove, le spin doctor de George W. Bush, a défini un jour un grand principe de la communication politique, l'un des axes clé - voire la base même - du storytelling, qu'il appellera lui-même la stratégie de Shéhérazade : "quand la politique vous condamne à mort, commencez à raconter des histoires - des histoires si fabuleuses, si captivantes, si envoûtantes que le roi (ou, dans ce cas, les citoyens américains, qui, en théorie, gouvernent notre pays) oubliera sa condamnation capitale".

Dans cette stratégie de Shéhérazade se trouve tout l'art de raconter des histoires que les gens auront envie d’entendre, au moment où ils ont envie de l'entendre, et à laquelle ils ont envie de croire.

Pourquoi Shéhérazade ? On trouve l'explication sur le blog Culture de l’image : "il faut se transposer au VIIIe siècle, dans le royaume du sultan perse Shâriar, qui, pour se venger de sa femme qui l'avait quitté, avait pris la mauvaise habitude d’assassiner tous les matins la vierge qu’il avait épousée la veille. Pour faire cesser ce massacre, Shéhérazade, fille du vizir, épousa le sultan et le soir venu, lui raconta une histoire sans la terminer. Son époux qui voulait connaître la suite la laissa en vie un jour de plus. Le stratagème dura mille et une nuit au terme desquelles, Shâriar, apaisé, renonça définitivement à tuer sa femme".

De Shâria à George Bush, finalement le monde a peu changé, et les princes se succèdent, que les histoires soient racontées par une Shéhérazade ou un Karl Rove.


A lire ou à relire : l'interview d'Alastair Campbell, spindoctor de Tony Blair : première partie & seconde partie.

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5 Commentaires:

Anonymous Eric dit ...

Frédéric Lefèvre n'a pas lu Karl Rove.

22 décembre, 2009 22:30  
Anonymous pierre dit ...

1001 nuits d'histoires captivantes .. et après ça, on se demande bien d'où viennent nos problèmes de parité ..

23 décembre, 2009 23:52  
Anonymous Océane dit ...

Leo Strauss et tout les néo conservateur qu'il a inspiré utilise avait compris très tôt que ce qui intéresse les gens ce n'est pas la vérité, mais le mythe qu'on va leur raconter et qui donnera un sens à la vanité de leur vie et aux couleuvres qu'il faut avaler. La magie des mots.
Peut importe ce que l'oeil voit, ce qui compte c'est comment le cerveau le réinterprète.
On en est au même depuis longtemps en France, où sévissent à la fois une novlangue façonnée par des idéologues tels que Guaino, et des contes enchanteurs, autant de réalité parallèles destinées à capter notre attention pendant que la politique du gouvernement s'applique avec rudesse et injustice.

24 décembre, 2009 14:44  
Anonymous Angèle B. dit ...

Et il faut à G.Bush un conseiller en communication pour lui suggérer cette stratégie ? Lequel conseiller en communication politique n'a pas, c'est le moins, inventé le fil à couper le beurre.

24 décembre, 2009 21:56  
Anonymous emanu124 dit ...

Pour ma part, je parlerais plutôt de la stratégie du charmeur de serpent..
Mais bon chacun son truc...

25 décembre, 2009 18:04  

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