]]>

30 avril 2009

Marielle de Sarnez vous fera aimer l'Europe

Partager
Marielle de Sarnez a eu l'extrême amabilité de me faire parvenir le "Petit dictionnaire pour aimer l'Europe" son livre (avec une très gentille dédicace). L'occasion pour moi ici de l'en remercier.

Dans ce "
Petit dictionnaire pour aimer l'Europe", Marielle de Sarnez passe en revue l'alphabet pour nous donner sa vision de l'Europe. Simple et intéressant.

En pur terme de communication politique (désolé, je ne peux m'en empêcher), on pourra regretter cependant que certaines lettres ne soient pas présentes dans cet ouvrage. Par exemple pour le Z absent de cet ouvrage, elle aurait pu parler des "zigzags" de la politique étrangère européenne, ou bien de ce "zigoto" de Jose Manuel Barroso, ou du "zapping" des élections européennes par les médias, ou encore des "zygomatiques" à avoir pour parler d'Europe.

Autre regret, la longueur de ce livre. Je ne connais pas les ventes de cet ouvrage (mais j'imagine comme tout livre politique sérieux qu'il se vend mal), et je me rêve à une distribution plus large, par exemple dans les kiosques à journaux, afin d'élargir la diffusion. Et afin d'inciter à la lecture et de punchiser les ventes, un ouvrage beaucoup plus court : 26 pages pour les 26 lettres de l'alphabet.

Mais je m'arrête ici pour les critiques. Afin de vous inviter à la lecture de ce livre, car il mérite d'être lu avant tout, voici un extrait, à la lettre M. A la lettre M de ce "Petit dictionnaire pour aimer l'Europe", Marielle de Sarnez a souhaité parler de "Marché unique", de "Massoud", de "Migrations" et aussi de "Murs". Voici le paragraphe sur les murs, sujet avec lequel je suis en total accord avec Marielle de Sarnez.

"MURS
Le 9 Novembre 1989, c'est enfin la chute du Mur de Berlin. Ce "mur de la honte" construit en 1951 pour encercler Berlin-Ouest et empêcher l'émigration massive, par millions, des Allemands de l'Est fuyant le régime soviétique.
Au XXIè siècle, deux murs sont en construction. L'un en Cisjordanie, dans les territoires palestiniens, visant à "protéger" Israël. L'autre au Mexique visant à "protéger" les Etats-Unis.
Deux nouveaux murs.
L'Europe, parce qu'elle a connu la construction d'un mur, mais aussi parce qu'elle a participé à son effondrement, ne devrait pas demeurer sans voix, ni sans opinion."

Libellés : , , ,

29 avril 2009

Barack Obama sur Flickr : trop de comm tue la communication ?

Partager
C'est grâce à Koz que j'ai découvert le compte Flickr de Barack Obama. Ou plutôt The Official White House Photostream sur Flickr.

Bien évidemment, cela donne de sublimes clichés, diffusés en quasi-instantané sur la plateforme de partage de photos la plus populaire. Comme celle ci-dessous capturée par Pete Souza, President Barack Obama during a budget meeting in the Roosevelt Room. Mais bien d'autres photos brisent allègrement la barrière de la vie privée, quand on voit par exemple des photos de Barack Obama tenant dans ses bras ses deux filles Malia and Sasha, quand on voit le Président des Etats-Unis courir dans les couloirs de la Maison Blanche avec Bo, le chien de la famille Obama, quand on voit Obama et son vice-Président Joe Biden jouer au golf sur la pelouse de la demeure présidentielle.

Si ce compte Flickr casse encore plus les frontières entre hommes politiques et citoyens, ce dont on peut se réjouir, prouvant que ceux-ci sont finalement avant tout des hommes, ces publications sont une pierre de plus dans le
storytelling du Président Obama. Les conseillers en communication, spindoctors et autres stratèges politiques de l'équipe Obama usent et abusent des outils de communication, principalement sur le web, pour raconter des histoires aux citoyens du monde. Avec un risque : les contes de fée pour petites filles se révèlent en réalité bien loin de la vérité, de la véritable histoire de la vie. Il est un risque un jour de se réveiller avec la gueule de bois de ceux qui auront été manipulés par une over-communication.

Barack Obama sait communiquer, le Président communicant, Nicolas Sarkozy peut se rhabiller. Et si l'on encense Obama et sa communication, et toutes ces belles images qu'il nous offre (car ils sont sublimes, ces clichés), que ne dirait-on pas en France si le Président de la République Française en faisait de même ? Ô combien ne crierait-on pas à la médiatisation de la vie privée, ne hurlerait-on pas à la comm' politique pour formater et lobotomiser du cerveau disponible.

Libellés : , ,

28 avril 2009

Pas là, mais ailleurs

Partager
Malade actuellement, en repos intensif obligatoire. (Rien de grave mais bien crevant).

En attendant de nous retrouver, plus en forme et le cerveau plus disponible me concernant, deux articles narcissiques à lire, qui sortent presque simultanément et pour lesquels Léa et Quentin m'ont contacté il y a quelques temps déjà.

Les cimetières des sites politiques : un article de Quentin Girard qui a eu l'amabilité de me questionner pour le journal en ligne Slate.fr sur la présence et l'activité des hommes politiques sur le web.

Les politiciens européens cherchent des amis sur Facebook : un article de Léa Khayata pour le magazine Cafébabel qui m'a contacté en tant qu'administrateur d'un groupe Facebook sur les élections européennes qui rassemble un peu plus de 2200 personnes.

Libellés : ,

25 avril 2009

Villepin 2012 : Dominique de Villepin Président de la République en 2012 ?

Partager
"L'élection c'est une question de circonstances, quelle que soit l'élection, à quelque poste que ce soit. En l'occurrence, il se trouve que ça ne s'est pas présenté, mais je souhaite fort que cela soit possible, oui bien sûr. Nous verrons bien", une phrase alambiquée à la Dominique de Villepin, hier soir dans l'émission "Comme un vendredi", cette (mauvaise) émission du (très bon) journaliste Samuel Etienne sur France3. Oubliez la langue de bois, cela donnerait dans la bouche de l'ancien Premier Ministre de Jacques Chirac : "oui je veux être candidat à l'élection présidentielle de 2012".

Là où DDV commet une erreur, c'est en évoquant les "circonstances" car le microcosme parisien des médias et de la politique pense aussitôt "Clearstream" et "procès". Un procès qui se déroulera en Septembre 2009 dans lequel Dominique de Villepin est inculpé de "complicité de dénonciation calomnieuse" et de "complicité d'usage de faux". Pas très malin de voir son nom être associé à des casseroles (fausses ou vraies soient-elles, seule l'image compte) au moment où il officialise sa candidature.

Alors Villepin 2012, qu'en penser ? Je rejoins l'ami Faucon quand il écrit : "
Villepin est isolé tout court. Bayrou est isolé, mais il a un socle de fidèle, et surtout un matelas de voix et de gens qui ont cru en lui en 2007, et qui continuent. Villepin ne s'est jamais étaloné devant l'opinion, et son discours de l'ONU se heurte frontalement avec une expérience à Matignon qui a tourné en eau de boudin". Je rejoins également mon camarade Ronald quand il dit : "avouons que cela va mettre un peu de bordel à droite et les forcer à se poser des questions". Je rejoins enfin aussi le tenancier de Peuples.net quand il affirme : "Dominique de Villepin est un homme de challenge qui aime prendre beaucoup de risques, cette stratégie pour 2012 est très certainement suicidaire, mais il n'a rien à perdre au regard de son dénuement politique actuel".

Villepin cumule les erreurs de communication. Quelle idée d'annoncer cette candidature un vendredi soir, dernier soir de la semaine de surcroît en pleine période de vacances scolaires, quand les journalistes se trouvent soit en week-end soit en vacances. Pour
faire l'agenda, Villepin attendra encore. Certes on parle de cette annonce, mais le bruit médiatique reste bien limité pour une actualité aussi sulfureuse.

Les forces de Dominique de Villepin résident dans son positionnement anti-Sarkozy, lui qui est désormais porté comme membre de l'opposition dans certains sondages. Un homme politique capable de rassembler une partie de la droite, une partie de cette droite exaspérée par un Nicolas Sarkozy vulgaire et égocentrique, un Président de la République über-communicant superficiel, un Sarko à la limite du populisme méprisant la grandeur de la France et de sa langue. A l'opposé, Villepin pourrait trouver ses chances pour 2012 en se plaçant au-dessus, un candidat représentant une
certaine idée de la France.

Villepin sait qu'un homme politique ne meurt jamais, que plus la traversée du désert s'avère rude, plus le come-back peut sembler miraculeux. N'enterrons pas, ne méprisons pas Dominique de Villepin. Certes il est seul, sans troupe et sans parti, mais le personnage plait, l'homme séduit, son positionnement pourrait rassurer, son aristocratie et sa supériorité intellectuelle pourrait séduire une France en décomposition. Ne lui reste plus qu'à savoir s'entourer, à trouver des alliés, à apprendre à communiqué intelligemment, et enfin et surtout à raconter une histoire, à marteler une posture et des messages forts durant les années précédant le scrutin de 2012.

Libellés : , , ,

24 avril 2009

élections européennes 2009 : en Allemagne, ça bouge !

Partager
Si en France la campagne des élections européennes se semble pas vouloir décoller, et si les affiches et slogans pour ce scrutin du 7 Juin 2009 pêchent par médiocrité, en Allemagne le ton est donné. Et bien donné. (merci à Cédric pour toutes les infos).

Deux campagnes intéressantes. Tout d'abord celle du SPD, le parti social-démocrate, actuellement dirigé par Franz Müntefering. Des affiches fraîches et décalées, au ton volontairement provocateur. Un visuel très épuré, un message simpliste et direct. Intéressant également le
marketing comparatif, de la communication politique osée (peut-être pas la plus intelligente quant au fond, mais probablement efficace pour la forme). L'humour percute et va droit dans le concret, en se positionnant frontalement contre les partis concurrents, le SPD frappe fort là où ça fait mal.

Voici pour les non germanophones la traduction de ces trois affiches :
- "
Les requins de la finance voteraient pour le FDP" (le FDP est un parti ultra libéral allemand présidé par Guido Westerwelle)
- "
Les beaux parleurs voteraient pour Die Linke" (Die Linke est un parti dirigé par Lothar Bisky et Oskar Lafontaine, qui se place à la gauche du SPD)
- "
Les salariés qui sont assez cons pour accepter de subir le dumping social voteraient pour la CDU" (Le CDU est le principal parti politique de droite en Allemagne, présidé par la Chancelière Angela Merkel)



Second exemple, une campagne soutenue par la ville de Berlin pour inciter les jeunes Allemands à voter. Une vidéo qui percute. Une vidéo qui parle aux "djeuns". Une vidéo très dynamique et agréable à voir. Et le début de cette vidéo est assez étonnant, avec un comportement homo-sensible entre les deux acteurs (sourires vicieux et regards sur l'entre-jambe au programme). Mais surtout un message très simple : "Du bestimmst den Weg!" que l'on pourrait traduire par "Choisis ton avenir". Efficace et simple. Une vidéo virale pour parler à un public présent sur le web.

A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : "Quand L'Europe veut, l'Europe peut", slogan de l'UMP
- élections européennes 2009 : and the winner is ...
- élections européennes 2009 : #eu09 le twitlife des européennes
- élections européennes 2009 : François Bayrou veut "réenchanter l’Europe"
- élections européennes 2009 : que faire pour intéresser les électeurs ?
- élections européennes 2009 : à l'UMP, on se déchire aussi (en silence)
- élections européennes 2009 : le buzz commence
- élections européennes 2009 : au PS, on se déchire, encore et encore ...
- élections européennes 2009 : 1 député européen sur 10 est blogueur !
- élections européennes 2009 : le MoDem dévoile ses têtes de liste
- élections européennes 2009 : TH!NK ABOUT IT ! (or not)
- élections européennes 2009 : le MoDem et les candidats à la candidature
- élections européennes 2009 : une vraie diplomatie en Europe ?
- élections européennes 2009 : être candidat du MoDem, et la modernité bordel ?
- élections européennes 2009 : comment gagner le scrutin ?
- élections européennes 2009 : une Europe très nationaliste
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

Libellés : , , , , , ,

23 avril 2009

élections européennes 2009 : "Quand L'Europe veut, l'Europe peut", slogan de l'UMP

Partager
L'UMP semble vouloir commencer à se lancer dans la campagne des européennes de Juin 2009. Enfin. Et se dote d'un slogan tout beau, tout neuf, tout propre : "Quand L'Europe veut, l'Europe peut".

"
Quand L'Europe veut, l'Europe peut", en soit le slogan de l'UMP n'est pas si mal choisit. Efficace, très compréhensible. Seulement sur le fond, on pourrait se demande : mais que veut l'Europe ? Et déjà, avant de savoir ce que veut l'Europe, qu'est-ce que l'Europe ? Cette phrase comment également une grossière erreur : on oublie les citoyens, les Européens. Avant de savoir ce que l'Europe veut, il serait primordial de savoir ce que les Européennes et les Européens attendent de l'Europe.

Deuxième incompréhension de cette affiche : Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy qui, à ce jour, n'est pas candidat aux élections europénnes du 7 Juin 2009. L'UMP décide donc de faire de ce scrutin un referendum pour ou contre la politique du Président de la République. Dommage, l'Europe attendra. A croire que la politique européenne de l'UMP se limiterait aux actions de Sarkozy lors de la Présidence française de l'Union Europénne. Un peu léger.

D'autant que le programme, il est là, quoiqu'on en dise, malheureusement le programme, il n'a pas été écrit par les têtes de liste à ce scrutin, ni par leurs équipes. Et ces derniers se trouvent face à un programme très technique (et plutôt complet) qu'ils ne maîtrisent pas. Ajoutez à cela des questions d'ego, et des guerres internes entre les rédacteurs de ce programme et des personnes comme Michel Barnier pour ne citer que lui, tête de liste pour la région Ile-de-France, et le programme risque de ne pas émerger de sitôt.

Revenons-en à Nicolas Sarkozy. Sur la forme. Une photo bien mal choisie : un Président de la République au sourire tellement moche et mal photographié que le rendu offre
un visage carnassier à Sarkozy. Le slogan de l'UMP, "Quand L'Europe veut, l'Europe peut", mis entre guillement, porte à confusion : est-ce un simple slogan, ou une citation de Nicolas Sarkozy ? Doit-on comprendre que le Président s'exprime ainsi directement aux Français ? Il ne manquerait plus que la bulle sortant de la bouche de Sarkozy.

La trop grande proximité entre la baseline et le personnage, et la présence unique de ce personnage (à l'image déjà marquée quant à son omniprésence) confortent cette communication uniquement centrée sur Nicolas Sarkozy, et sur de fausses intentions que l'on pourrait porter à ce visuel. Inconsciemment, plus que les volontés de l'Europe, l'on lit les volontés de Sarkozy. Et au final ce rendu : "Quand Sarkozy veut, Sarkozy peut". Une fois encore, l'Europe attendra ...

"Quand L'Europe veut, l'Europe peut", mais à l'UMP, en veulent-ils vraiment de l'Europe ? Alors que le scrutin se tient dans un peu plus d'un mois, les listes ne sont toujours pas bouclées. Et pourtant, elles devaient l'être pour le 27 Mars. Plus d'un mois de retard déjà, l'UMP ne semble pas vouloir de l'Europe.

Enfin, last but not least, avez-vous remarqué le nombre d'étoiles ? Comptez. 11 étoiles. Et non pas les 12 étoiles du drapeau européen. L'UMP oublie une étoile à l'Europe, ne semble même pas connaître les symboles européens. A moins qu'ils considèrent Nicolas Sarkozy comme la 12ème étoile de l'Europe ...

A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : and the winner is ...
- élections européennes 2009 : #eu09 le twitlife des européennes
- élections européennes 2009 : François Bayrou veut "réenchanter l’Europe"
- élections européennes 2009 : que faire pour intéresser les électeurs ?
- élections européennes 2009 : à l'UMP, on se déchire aussi (en silence)
- élections européennes 2009 : le buzz commence
- élections européennes 2009 : au PS, on se déchire, encore et encore ...
- élections européennes 2009 : 1 député européen sur 10 est blogueur !
- élections européennes 2009 : le MoDem dévoile ses têtes de liste
- élections européennes 2009 : TH!NK ABOUT IT ! (or not)
- élections européennes 2009 : le MoDem et les candidats à la candidature
- élections européennes 2009 : une vraie diplomatie en Europe ?
- élections européennes 2009 : être candidat du MoDem, et la modernité bordel ?
- élections européennes 2009 : comment gagner le scrutin ?
- élections européennes 2009 : une Europe très nationaliste
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

Libellés : , , , , , ,

21 avril 2009

blog en jachère aux enchères (cher)

Partager
Décidément, difficile de tenir le rythme. Beaucoup de choses à dire, mais peu de temps pour le dire. Les actualités m'interpellent, mais la plume ne suit guère. J'aurais pu parler de Ségolène Royal, comme tout le monde, dire qu'elle est douée : qu'on lui tombe dessus, qu'on la critique, qu'on la méprise, elle gagne en popularité. Pour elle désormais, comme pour Sarkozy avant 2007, tout est bon pour faire parler d'elle, elle occupe le terrain médiatique, elle fait l'agenda, les autres suivent. Et même si la méthode insupporte, on en parle, même pour dire (comble du comble) que ça nous agace, c'est tout bénèf pour la Madone du Poitou. Royal fait du Sarkozy, efficace et pas cher. Finalement, les Français sont des veaux, les politiques et les médias n'en sont que les vachers.

A venir donc, une note sur le livre de François Belley, l'auteur du livre "Ségolène®, la femme marque", très intéressant pour découvrir dans sa globalité l'aspect marketé de la communication politique de Ségolène Royal.

A venir aussi, une note sur les événements qui se passent en ce moment au Sri Lanka, et leur répercussion en France (ceux qui me suivent sur Twitter, et sur Facebook, auront pu être tenus au courant en live de la manifestation des Tamouls hier à La Chapelle) écrite par un ami plus fin connaisseur du sujet que moi-même.

J'en profite pour faire un appel, à vous mes lecteurs adorés (comment ça j'ai quelque chose à vous demander ?). J'écris moins régulièrement, par manque de temps principalement, mais aussi car je privilégie ma vie in real life (ce qui fait qu'on se retrouve parfois en photo sur le blog de camarades). Je vais également partir quelques jours durant le mois de mai me reposer au soleil. Si vous désirez utiliser cet espace, vous pouvez m'envoyer des textes. Les copier-coller ou les petites annonces, sans façon. Les analyses ou les regards personnels, avec grand plaisir. N'hésitez pas à transgresser la ligne éditoriale ...

Libellés : , , , ,

18 avril 2009

élections européennes 2009 : and the winner is ...

Partager
Le scrutin des élections européennes de Juin 2009 se tient dans un peu plus d'un mois. Et toujours le néant, rien, tout le monde s'en fout. Résultat des opérations, on peut déjà se doute du grand vainqueur de ces élections.

The winner is ... l'abstention ! Triste, mais presque assuré. Jean Quatremer sur son blog rapporte les résultats d'un sondage Eurobamètre effectué dans les 27 États membres de l'Union Européenne.

Résultats effrayants : "c’est la Pologne qui décroche le pompon de l’abstention : seuls 17 % des Polonais sont certains d’aller voter. Viennent ensuite l’Autriche (21 %), la Grande-Bretagne (22 %), le Portugal (24 %), la Slovaquie (25 %), la Tchéquie (26 %), la Hongrie (27 %), l’Espagne (27 %), l’Italie (30 %), la Bulgarie (31 %), la Roumanie (34 %). Parmi les très bons élèves, la Belgique (70 %) et le Luxembourg (62 %)… où le vote est obligatoire. Viennent ensuite Malte (56 %), le Danemark (56 %), la Suède (49 %), Chypre (48 %), la Grèce (48 %), la France et les Pays-Bas (47 %), etc. L’Allemagne, elle, pointe à 43 %."

Dans sa globalité européenne "
le taux d’abstention pour les élections européennes du 7 juin prochain pourrait atteindre 66 % !" annonce Jean Quatremer.

La faute à qui ? Aux partis politiques très certainement, qui se moquent un peu de ce scrutin et n'y placent que très peu d'attentes. Pour la France, une UMP bien plus mobilisée pour les élections régionales de 2010 et angoissée par un mauvais score qui passerait pour un camouflet contre Nicolas Sarkozy ; un Parti Socialiste qui n'arrive toujours pas à se réunir à se regrouper, des socialistes divisés et incapables de faire front commun pour défendre leur programme. La faute aussi aux instances européennes, qui n'ont rien fait durant les dernières décennies pour s'ouvrir aux citoyens, avec des lois et mesures totalement inconnues et incomprises des Européens. La faute aux médias également, préférant parler de Obama, de Obama et de Obama, et de Sarkozy, de Sarkozy et de Sarkozy : pourquoi fatiguer les Français avec des sujets qui ne se vendraient pas ?

Une responsabilité collective donc pour expliquer ce taux record d'abstention annoncé aux élections européeens. Et nous verrons toujours les mêmes (journalistes, experts et politiques) se lamenter le soir du vote sur les plateaux de télévision de cette faible participation. Sans jamais se remettre en question. Mais bien sûr.


A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : #eu09 le twitlife des européennes
- élections européennes 2009 : François Bayrou veut "réenchanter l’Europe"
- élections européennes 2009 : que faire pour intéresser les électeurs ?
- élections européennes 2009 : à l'UMP, on se déchire aussi (en silence)
- élections européennes 2009 : le buzz commence
- élections européennes 2009 : au PS, on se déchire, encore et encore ...
- élections européennes 2009 : 1 député européen sur 10 est blogueur !
- élections européennes 2009 : le MoDem dévoile ses têtes de liste
- élections européennes 2009 : TH!NK ABOUT IT ! (or not)
- élections européennes 2009 : le MoDem et les candidats à la candidature
- élections européennes 2009 : une vraie diplomatie en Europe ?
- élections européennes 2009 : être candidat du MoDem, et la modernité bordel ?
- élections européennes 2009 : comment gagner le scrutin ?
- élections européennes 2009 : une Europe très nationaliste
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

Libellés : , , , ,

17 avril 2009

(parenthèse musicale) Yeah Yeah Yeas : oh yeah !

Partager
Coup de cœur musical. Yeah Yeah Yeahs, ma révélation de l'année, sans conteste. Depuis longtemps un groupe ne m'avait autant impressionné. Yeah Yeah Yeahs, que du très bon : un groupe surfant de l'électro au rock, avec une pointe de punk comme je l'aime. Pas bourrin et mélodique, que de la jouissance musicale.

Il y a quelques années, au moment de la sortie de leur album
Show Your Bones, j'avais découvert les Yeah Yeah Yeahs, et tout particulièrement la chanteuse Karen O. Un léger regret à l'époque, j'aurais aimé entendre Karen O en solo, à l'époque le seul intérêt à mes yeux de ce groupe "pas mal sans plus". Oubliés les Yeah Yeah Yeahs.

Oubliés jusqu'à la sortie de
It's Blitz!, l'album sorti il y a peu. Et là : waaaooouuu ! Une claque dans la gueule, Yeah Yeah Yeahs, ça déménage, ça remue, ça pulse, ça émeut, ça fait grunver, danser, hurler, penser ! Bref, je suis fan, fan absolu.

Découvert grâce à une émission à la radio (la chronique musicale de France Info si je ne me trompe), j'écoute le nouvel album ce matin au bureau. Découverte de l'album
It's Blitz!, redécouverte du groupe. Et au résultat, les Yeah Yeah Yeahs toute la journée dans les écouteurs en travaillant, et sans rire une productivité sur-multipliée, un véritable accélérateur intellectuel. Écouté au moins cinq ou six fois en boucle dans son intégralité, je ne me suis toujours pas lassé des Yeah Yeah Yeahs. Leur musique incessante trotte dans mon crâne, telle une véritable drogue à l'accoutumance aussi instantanée que lancinante.

Dans cet album, trois petits chefs d'œuvre : bien évidemment
Zero, le morceau phare, "the" tube évident assuré au bout de quelques mesures. Zero, ça vous prend, ça ne vous quitte jamais. La voix de Karen O, si sexuelle et acidulée, a la magie de la pop et se marie à merveille avec des arrangements stressants et électriques pour créer le hit du moment. Runaway ensuite, un piano dont la mélodie semble sortir d'une boîte à musique enfantine, et au final un air et un refrain vocal que vous semblez avoir entendu mille fois tellement il semble évident. Une montée toute en douceur pour une ballade rock sans prétention mais toute de pureté et de magie. Enfin, mon petit bijou préféré, Dull Life, une répétition incessante de mêmes notes, de l'artificialité instrumentale non superficielle, un batteur absolument terrible, une énergie affreusement terrifiante, du neo-punk créé pour faire du tube.

Yeah Yeah Yeahs, du tout propre qui se salit : de la musique bourgeoise qui se trashise pour promouvoir un melting-pot de références musicales. Yeah Yeah Yeahs propose un voyage entre superposition élégante de synthés (tant détestés depuis les années 80 et leur réapparition aussi détestable chez les fils-à-papa autoproclamés musiciens des années 00) et des mélodies faites pour laver des cerveaux et s'installer durablement en leur sein. De la musique qui fonctionne musicale et ne se prostitue pas pour rester d'un haut niveau que l'on aimerait entendre plus souvent. La jaquette de leur dernier album à l'image de leur talent : du sobre élégant qui vous pervertit avec du talent.

Pour aller plus loin : le site internet des Yeah Yeah Yeahs, la page MySpace des Yeah Yeah Yeahs, l'album It's Blitz! à écouter sur Deezer.

Libellés : ,

15 avril 2009

Alliances PS-MoDem : un marronnier des socialistes pour exister médiatiquement

Partager
C'est reparti pour un tour : alliances entre Parti Socialiste et le Mouvement Démocrate, énième tome. Cette problématique des alliance entre le PS et le MoDem revient régulièrement sur le devant de la scène médiatique. Les médias en sont friands. Les socialistes en abusent : Ségolène Royal, Vincent Peillon, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, tous les cadors socialistes auront surfé sur ce sujet pour exister médiatiquement, pour (re)faire parler d'eux durant un creux de vague.

Rebelote donc. Avec le retour flamboyant de François Hollande. Demain dans L'Express, vous pourrez lire un entretien avec l'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste. Bien évidemment, vous pouvez ne pas lire l'interview dans son intégralité, le principal étant déjà connu. Pour faire parler de lui, François Hollande remet sur la table la question des alliances entre le PS et le MoDem, avec cette phrase à propos de François Bayrou : "
qu'il abatte ses cartes et affiche ses idées, et nous aussi. Si les divergences l'emportent sur les convergences, chacun comprendra le refus de l'alliance. Si c'est l'inverse, alors il faudra en tirer les conclusions".

Heureusement que le Mouvement Démocrate existe : sans François Bayrou les socialistes seraient probablement obligés de réfléchir à une critique constructive de la politique de Nicolas Sarkozy, contraints de se mettre tous d'accord pour avoir un projet cohérent et audible. Le MoDem permet aux éléphants du PS d'exister, ils savent que le sujet fera débat, ils savent que les socialistes continueront de s'entredéchirer sur cette question d'alliances MoDem-PS. Hollande oublié des médias, le voilà de retour sur la scène politique.

Comme l'écrit si bien Marc Vasseur, "
François Hollande en serait déjà donc à prévoir un accord de deuxième tour". Car c'est bien de cela dont il s'agit, what else ? C'est François Hollande lui-même qui le dit dans cet entretien toujours en parlant de Bayrou : "il n'a aujourd'hui ni les forces pour prétendre être présent au second tour de la présidentielle, ni le projet politique lui permettant de fédérer autour de lui". Présidentielle mon amour, ils ne pensent tous qu'à ça.

Libellés : , , , , , ,

13 avril 2009

Faut-il bloguer un lundi de Pâques ?

Partager
Lundi de Pâques, la France part à la chasse aux œufs et autres lapins en chocolat, certains Françaises et Français migrent vers des lieux de vacances, beaucoup d'autres se consacrent à leur famille. En résumé, personne derrière son ordinateur, personne sur internet.

Alors faut-il se "fatiguer" à écrire sur son blog ? Ne vaut-il pas mieux attendre demain pour publier la note que l'on juge intéressante ? Plus d'audiences, plus de portée. Après tout, on écrit pour être lu.

Les fidèles de ce blog, ceux abonnés par flux, liraient probablement quand même une note écrite ce jour, mais elle serait perdue, à leur retour, dans une masse exorbitante de notes non lues. Et donc un risque de passer au travers.

On pourrait en profiter pour travailler sur le référencement de mots clés. Pour ma part, je pourrais copier-coller l'occurrence "
blog politique" à chaque paragraphe, et faire des liens dans tous les sens.

Alors très probablement je préférerais emmagasiner quelques notes en avance, qui seront publiées dans la semaine. D'autant que je ne trouve guère de temps (ou très peu) les jours de travail pour écrire les articles que j'aimerais.

Libellés : ,

12 avril 2009

20 ans : un bad buzz pour relancer le magazine

Partager
"20 Ans", un magazine féminin pour adolescentes qui a connu ses heures de gloire il y a maintenant quelques années, renaît de ses cendres pour être re-publié à compter du 11 Avril 2009. Un retour laborieux qui s'annonce assez catastrophique pour Frédéric Truskolaski, son directeur de publication.

Si le magazine en lui-même ne présente guère d'intérêt (pour avoir eu l'occasion de le feuilleter bien que pas dans la cible, aussi bien la maquette que le fond des articles s'avèrent d'une médiocrité assez étonnante), ce retour rencontre surtout un très mauvais accueil sur le web.

Tout d'abord l'auteure du blog La Fille du Rock qui relate la façon dont la rédaction du magazine 20 Ans l'a contacté afin de participer au journal. Elle rapporte le prix que 20 Ans compte payer ses blogueuses-rédactrices et la façon dont le magazine le présente : "
les moyens étant encore très limités, un article d'une page publiée sera rémunéré 10euros et deux pages 20euros". Comme elle le dit justement "il faudrait rédiger 132 pages dans le mois pour toucher le SMIC", ce qui se traduit par un constat qui est d'ailleurs le titre de sa note : "20 Ans abuse des blogueuses au détriment des journalistes".

Frédéric Truskolaski peut se faire du soucis, les méthodes de management de son journal voient jour sur le site 20minutes.fr : le journaliste Vincent Glad se fait écho de situations particulièrement étonnantes, notamment avec le remerciement de Claire Crepon, rédactrice en chef du premier numéro, quelques jours avant la parution du magazine. Ajoutez une gestion des pigistes sur MSN, des piges susceptibles d'être payées au noir, le tableau n'est guère reluisant ...

Suite à cet article, plusieurs blogueuses relayent l'information. Et notamment des blogueuses avec un fort poids (pas elles, leur blog) au sein de la blogosphère. Capucine Piot du blog Babillages (elle-même journaliste par ailleurs, et l'une des blogueuses "beauté" les plus importantes) appelle au boycott : "
pourquoi il ne faut surtout pas acheter 20 ANS ou comment le magazine se moque des blogueuses et des journalistes". Sur Sois belle et parle, Violette utilise son blog acidulé pour publier un mail provenant de la rédaction de 20 Ans sous une note intitulée "on n’est pas sérieux quand on a “20 ans”…".

Assurément, le retour de 20 Ans dans les kiosques commence bien mal. Coïncidence ou pas, le site internet du journal (www.20ans.fr), ne fonctionne pas. En revanche, un compte sur Twitter vient d'être créé. Le dernier statut sur ce profil ? "je cherche des articles de blogs qui parlent de 20 ans, vous en connaissez ?
" ...

Libellés : , ,

11 avril 2009

La vie d'un enfant plus importante que la vie d'un adulte ?

Partager
L'opération militaire de libération des otages du Tanit, menée par les forces des commandos de la Marine française afin de libérer les quatre otages de ce voilier retenus au large de la Somalie, s'est terminée hier dans le sang. Le skipper du bateau mort, les quatre autres sains et saufs, une demie-réussite ou un demi-échec pour les forces françaises. Au delà du fait divers dramatique, et de la situation de géopolitique insolvable à court terme, retour sur deux faits de cette histoire.

L'enfant roi.
En suivant aux actualités le traitement de cette affaire, un propos m'a particulièrement interpellé. Participant à la construction du
storytelling de cette libération, la présence d'une mère de famille, et surtout de son enfant. Des propos notamment du chef d'état-major des armées, le général Georgelin, qui parlait de cet enfant "qu'il fallait absolument protéger". Et le récit de cette proposition, digne d'un film d'action du dimanche soir sur TF1, à travers l'échange de la mère et de l'enfant contre un officier français. Épique et romanesque, la construction d'une histoire dont les médias se pourlèchent. Mais pourquoi ? "Les femmes et les enfants d'abord", cet adage tellement conservateur et paternaliste, mais incritiquable pour ne pas passer pour un goujat manquant de galanterie, cet adage donc se prête-t-il à une libération d'otages ? La vie de cet enfant qu'il fallait absolument protéger serait donc plus importante que celle d'adultes. Cela induirait donc indirectement une hiérarchie de la valeur des êtres humains. Choquant.

La rançon.
Une incohérence de la part de la diplomatie française, Nicolas Sarkozy qui tient à "
réaffirmer toute la détermination de la France à ne pas céder au chantage et à tenir en échec la piraterie". Mais parallèlement cette déclaration du Ministre de la Défense, Hervé Morin : "nous avons proposé bien entendu la totalité de ce que nous pouvions proposer, c'est à dire à la fois de leur permettre de pouvoir rejoindre le port, avec un bateau, nous leur avons même proposé une rançon". Rarement auparavant (jamais il me semble), la France annonçait officiellement être prêt à échanger des otages contre rançon. Tout simplement pour prouver ce que Nicolas Sarkozy affirme : la France ne cède pas aux chantages. Mais aussi pour ne pas faire des Français une cible particulière et de la France un tiroir-caisse pour preneurs d'otage. Assiste-t-on à un repositionnement du choix diplomatique de l'État Français ? A moins que le (mauvais) ministre de la Défense n'aie commis une bourde. Une déclaration pour prouver que les Français ont tout fait pour que cette prise d'otage ne se finisse pas dans le sang, une justification de cet échec, un nouveau chapitre pour un (mauvais) storytelling.

Les preneurs d'otage savent désormais à quoi s'en tenir : capturer des enfants français, et fixer le prix de la transaction.

Libellés : , , , ,

10 avril 2009

Rejet d'Hadopi : une bien triste nouvelle ...

Partager
La loi « Création et Internet » a.k.a. loi Hadopi a dont été rejeté par les (quelques) députés présents dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale. Les opposants à cette mesure se réjouissent, se félicitent, s'auto-congratulent : qu'ils retombent sur terre, certes ils ont exercé un poids pour informer, un minimum, les citoyens de la réalité et des incohérences de cette loi.

Mais le succès de cet échec n'en revient qu'aux députés eux-même, à l'absentéisme des parlementaires, au "coup politique" des députés de l'opposition, à la complicité du président (socialiste) de séance, à la non-prise de parole du député (socialiste) Patrick Bloche. Un coup politique, pas forcément très reluisant, mais de bonne guerre. En politique, tous les coups sont permis, ne faisons pas semblant de le découvrir.

On glosera également sur l'absentéisme des députés. Comme le dit si justement Maître Eolas, "je n'ai pas à ma disposition les agendas de tous les députés, mais ils ne jouaient pas à WoW. D'abord, certains députés ayant d'autres mandats électifs, ils ne peuvent pas être à la fois au four et au moulin. Si M. Montebourg était présent à l'assemblée, vous seriez tout aussi fondé à demander : mais où diable est le président du Conseil général de l'Ain Saône et Loire ? Oui, le cumul des mandats est critiquable, mais c'est légal. Et les élus étant attachés à leur siège, ce n'est pas près de changer". Que la droite et les persifleurs du coup du Parti Socialiste, et au premier rang desquels le Président de la République, prennent enfin en considération le cumul des mandats et fassent enfin une vraie réforme du statut des élus. Nicolas Sarkozy pourra toujours trouver des boucs émissaires (Jean-François Copé ? Christine Albanel ?), il se trompera en partie de cibles.

Quant au fond, je rejoins l'ami Juan de SarkoFrance : "Je regrette, n’en déplaise à mes ami(e)s blogueurs(ses), le rejet de cette loi. Mais c’est plus fort que moi. La gauche a gagné une manche, même si la loi est adoptée fin avril: la droite est incapable de défendre les artistes (ceux qui défendaient la loi)". Je me suis déjà exprimé sur le sujet : pas fervent défenseur d'Hadopi, j'en comprends pourtant totalement les intentions et la volonté des artistes de défendre leurs droits et leurs rémunérations.

Nicolas Sarkozy ne voudra probablement pas abandonner ce combat, son égo sur-dimensionné ne supportera pas qu'on lui résiste, cette loi repassera devant les parlementaires, et les groupes de pression de citoyens nés sur internet pourront prendre en considération la véritable portée de leur bataille, et de l'importance de leur lobbying ... Une sur-médiatisation pour rien, du temps perdu, une image inconsciente de la gauche réduite à des batailles de couloirs, une image catastrophique de la droite qui passe en force malgré un premier rejet et une forte mobilisation. Au final : une France encore plus divisée, et les véritables problèmes qui intéressent la très grande majorité des Français occultés par, fondamentalement, des sujets jugés futiles au regard de l'état de notre pays.

Libellés : , , , , ,

09 avril 2009

communication politique : quels blogs lire ?

Partager
J'en discutais hier avec mon camarade Laurent Enzo, il serait intéressant de référencer l'ensemble des blogs traitant de la communication politique : des analyses quant aux stratégies, des nouveautés sur les nouvelles techniques, les outils de communication digitale en matière politique, des points de vue critiques sur les comportements des hommes politiques et de leurs équipes, des portraits de ses communicants de l'ombre.

Au-delà des blogs, s'il existe des groupes Facebook secret, des listes de diffusion inconnue, des wiki perdus dans les du web, lymbes, je suis preneur de tout. Les discussions autour de la communication politique sont finalement assez rares, je dois en connaître une petite dizaine, mais je pense qu'avec un peu d'effort et quelques contributeurs passionnés il devrait être possible d'élargir le champs de vision.

Voici déjà une liste de quelques blogs (élargis) que je lis régulièrement : Délis d'Opinion, Com Vat, Authueil, 1984, François Belley, Vicastel, Questions d'influence, internet et opinion(s), Caroline Fourest, Les mots sont importants, Politique.net, Arrêt sur les mots, Le blog de Netpolitique.

Ceci n'est qu'un premier aperçu, l'idéal serait de créer un univers Netvibes avec l'ensemble des sources ...

Libellés : , , ,

08 avril 2009

#pman : une révolution politique en Moldavie grâce à Twitter ?

Partager
Hier je parlais de Twitter comme l'outil indispensable pour suivre les élections européennes de Juin 2009. Aujourd'hui - c'est en lisant le blog de Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur, que j'apprends que Twitter est utilisé par les jeunes de Moldavie pour protester contre le gouvernement actuel. Cette génération anti-communiste (le PC dirige le pays avec le soutien de la Russie) et pro-européenne conteste principalement la corruption du pouvoir en place.

Grâce à Twitter, les protestataires se donnent rendez-vous virtuellement pour s'exprimer et échanger, mais aussi pour se rassembler sur la place centrale de Chisinau, capitale de la Moldavie. Place principale qui a donné le nom de code pour ces "dissidents" : la "Piala Marii Adunari National" est devenue #pman et grâce à cet acronyme, les Moldaves (mais pas que) peuvent se retrouver facilement. Et il suffit de suivre les updates pour se rendre compte que le mouvement n'est pas minime ni anecdotique. D'ailleurs le gouvernement Moldave a décidé de couper Internet dans tout le pays. Sans succès semble-t-il, au regard de la quantité de messages.

Si malheureusement Twitter devient tellement à la mode qu'utilisé n'importe comment par les marketeux (lire la note de Laurent François à ce sujet, Twitter peut se révéler un magnifique outil pour lier les citoyens, pour créer des synergies entre personnes rassemblées autour d'une cause commune.

Voir les Modaves donner des leçons de communication politique à nous autres Français, quel bonheur ! Pas encore un seul mouvement, social ou politique, n'a réussi à émerger grâce à Twitter. Peut-être les Moldaves ouvriront-ils le bal, et les hommes et femmes politiques français se décideront-ils à utiliser intelligemment ce service.

Libellés : , , ,

07 avril 2009

élections européennes 2009 : #eu09 le twitlife des européennes

Partager
Twitter, on en parle, les politiques commencent à en raffoler, comme pour toute nouveauté qu'ils ne comprennent pas. On leur dit que c'est "le" nouvel outil du "web 2.0" alors ils demandent à leurs conseillers : "vous pourriez nous créer une communication sur le Twitter" (car le politique dit "le" Twitter ou "le" Facebook"). Les conseillers, pas forcément non plus les plus au point sur les techniques du web crée un compte sur Twitter pour leur boss, et tout le monde trouve ça cool, sauf que ça ne sert (bien souvent) à rien.

Mais passons. Grâce à Natacha Quester-Séméon, Twitter sera l'outil indispensable pour suivre les élections européennes, pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent obtenir un maximum d'informations qualitatives en temps réel. Le joli joujou s'appelle Twitlife.

Et ce service présente toutes les qualités : élégant tout d'abord (ce n'est pas négligeable), mais aussi et surtout pratique pour les utilisateurs (il suffit d'écrire #eu09 dans ses updates sur Twitter) et pour les consommateurs, qui peuvent suivre les tweets grâce au flux RSS ou bien directement sur le site.

Simples exemples. On peut ainsi lire une note de Koz qui élève le débat quant à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Ou encore lire sur Taurillon un article sur Les partis pirates à l'assaut de l'Europe, et cela grâce à Palpitt qui twitte l'information.

Vous l'aurez compris, ce twitlife pour les européennes, n'importe quelle personne qui s'intéresse à la politique en général, et aux élections européennes de Juin 2009 en particulier ne devrait s'en passer. Bravo et merci !


A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : François Bayrou veut "réenchanter l’Europe"
- élections européennes 2009 : que faire pour intéresser les électeurs ?
- élections européennes 2009 : à l'UMP, on se déchire aussi (en silence)
- élections européennes 2009 : le buzz commence
- élections européennes 2009 : au PS, on se déchire, encore et encore ...
- élections européennes 2009 : 1 député européen sur 10 est blogueur !
- élections européennes 2009 : le MoDem dévoile ses têtes de liste
- élections européennes 2009 : TH!NK ABOUT IT ! (or not)
- élections européennes 2009 : le MoDem et les candidats à la candidature
- élections européennes 2009 : une vraie diplomatie en Europe ?
- élections européennes 2009 : être candidat du MoDem, et la modernité bordel ?
- élections européennes 2009 : comment gagner le scrutin ?
- élections européennes 2009 : une Europe très nationaliste
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

Libellés : , , , ,

05 avril 2009

élections européennes 2009 : François Bayrou veut "réenchanter l’Europe"

Partager
Dans un mail reçu aujourd'hui, François Bayrou se réjouit des listes finalisées au Mouvement Démocrate pour les élections européennes de Juin 2009.

Mais c'est une phrase qui m'a particulièrement interpellée : "
C’est une équipe de France pour l’Europe que nous voulons refonder sur des valeurs de démocratie et d’humanisme ; une équipe qui défendra à vos côtés un projet qui parle aux citoyens, qui relève le défi immense de réenchanter l’Europe auprès des Français". Dans le texte, le verbe réenchanter est en italique (un peu confusant je l'admets, faisant une citation, les italiques de la citations se retrouvent sans italique dans la citation). Ce réenchanter en italique, juste une précision car ce verbe n'est pas vraiment français ? Ou bien un signe du prochain slogan du MoDem pour les européennes ?

Connaissant le François Bayrou lettré et terroriste de la langue française, je doute qu'il n'emploie cette incorrection sans arrière pensée. Alors même que moult synonymes auraient pu être trouvés.

J'aime bien ce "réenchanter", certes on reprochera une fois de plus (si tel devait être le slogant du MoDem) l'aspect bisounours. On glosera sur les miracles et les contes, sur le conservatisme de ce verbe (c'était mieux avant, on veut "ré" pour revenir dans le passé, retrouver une certaine vision de l'Europe et donc se reposer sur un passé) sur le retrait face à la réalité. Mais n'est-ce pas ce dont l'Europe a besoin : un peu de rêve, un peu d'avenir, un véritable coup de fouet pour inventer un futur plus européen ?


A lire ou relire à propos des élections européennes de Juin 2009 :
- élections européennes 2009 : que faire pour intéresser les électeurs ?
- élections européennes 2009 : à l'UMP, on se déchire aussi (en silence)
- élections européennes 2009 : le buzz commence
- élections européennes 2009 : au PS, on se déchire, encore et encore ...
- élections européennes 2009 : 1 député européen sur 10 est blogueur !
- élections européennes 2009 : le MoDem dévoile ses têtes de liste
- élections européennes 2009 : TH!NK ABOUT IT ! (or not)
- élections européennes 2009 : le MoDem et les candidats à la candidature
- élections européennes 2009 : une vraie diplomatie en Europe ?
- élections européennes 2009 : être candidat du MoDem, et la modernité bordel ?
- élections européennes 2009 : comment gagner le scrutin ?
- élections européennes 2009 : une Europe très nationaliste
- élections européennes 2009 : le MoDem se prépare
- élections européennes 2009 : les députés européens du MoDem
- élections européennes 2009 : la place de l'Europe dans les médias
- élections européennes 2009 : quelle Europe de la défense ?
- élections européennes 2009 : on fait quoi ?

Libellés : , , , , , ,

Michèle Alliot-Marie se reconvertit dans les assurances

Partager
Comment ne pas rire en lisant : "INDISCRET:Fillon n'a pas apprécié l'impolitesse de MMA". S'il en est bien un qui pouvait écrire cela, c'est forcément sur le site de Jean-Marc Morandini que l'on pouvait le lire.

J'en parlais à l'ouverture du site, Morandini s'est lancé dans la politique. Ou plutôt il est actionnaire d'un site internet d'informations, Les Indiscrets, qui se veut parler de politique.

Mais le journalisme politique est à Morandini ce que la gastronomie est à Maïté ou la philosophie à Bernard-Henri Lévy...

Voici donc MAM devenue MMA, la ministre de l'Intérieur transformée en compagnie d'assurances. Rien de grave certes, mais plutôt risible quand on se veut un site internet professionnel d'informations sur la politique.

Libellés : ,

04 avril 2009

Je suis amoureux de Brigitte Bardot

Partager
"C'est ma dernière première", la phrase que Brigitte Bardot prononce lorsqu'elle décide d'abandonner sa carrière d'actrice. Elle aura tenu parole. Fuir les caméras au sommet de sa célébrité. Se retirer de la scène à son apogée. Chapeau bas. Une grande dame.

Une grande dame, avec Marilyn Monroe, Brigitte Bardot aura été le premier sex-symbol mondial. Admiré par toute une génération, fantasmée par des multitudes d'hommes. Elle est le symbole de la libération de la femme, rebelle avant les féministes, impudique en femme fatale sans complexe dans une période d'après-guerre patriarcale et conservatrice. Détestée et censurée par les tenants de l'ordre moral, le début de sa carrière montre une femme qui se moque des standards et de la normalité.

Une femme anti-conformiste, consciemment ou pas, à travers les époques. Aujourd'hui encore, Brigitte Bardot reste celle qui défie l'ordre moral. Cette bienpensance de gauche aujourd'hui en fait forcément une ennemie de la société : préférant les animaux aux être humains, annonçant clairement ne pas voter aux élections présidentielles, se retirant bien loin de la civilisation parisianiste des beaux salons où l'on définit la juste pensée.

Brigitte Bardot se moque au final des apparrences, des "qu'en dira-t-on", une légende vivante qui assume son âge et la vieillesse. Elle si glamour, si sexuelle dans les années 60 devrait inspirer les actrices de notre époque : aucune chirurgie esthétique, pas de botox ou de lifting, elle est aujourd'hui la beauté incarnée de la femme mûre. Une beauté réelle et sans tabou.

Je ne parlerai pas ici de sa carrière, de ses chansons que j'aime tant écouter, de ses films cultes. J'admire la personne, la personnalité si rare et si intéressante. J'admire ses choix, ses coups de gueule et sa liberté de pensée. Une femme libre, hermétique au conformisme évolutif de la société. Etre contre l'ordre moral de droite dans sa jeunesse, être contre l'ordre moral de gauche dans sa vieillesse. Et tout cela en se respectant elle-même et sans calcul. Comment ne pas respecter cette sincérité ?

Libellés :

03 avril 2009

adie (association pour le droit à l'initiative économique)

Partager
Invité ce mardi une Quitterie totalement épanouie dans sa nouvelle vie, j'ai assisté avec d'autres blogueurs à une présentation d'Adie Connect, une "agence en ligne de microcrédit à destination des auto-entrepreneurs exclus du système bancaire traditionnel". Une soirée en présence de Maria Nowak, fondatrice de l’Adie. En deux chiffres, l'Adie c'est plus de 50000 entreprises crées et plus de 65000 emplois aidés.

Une bien belle soirée, une soirée avec des blogueurs intelligents posant des questions intéressantes. Une soirée pour s'instruire et s'ouvrir à un milieu assez aride au premier abord. L'occasion aussi de recroiser des têtes de blogueuses sympathiques (
la pétillante Hypos, la lumineuse Valérie ou encore la passionnante Marine), et des têtes de blogueurs tout aussi sympathiques (le rayonnant Christophe ou encore le passionné Timothée).

Mais aussi des (re)découvrir des blogs et des blogueurs comme
Quotidien Durable, Terra Economica, Développement durable le Journal, Ressources solidaires, Eco-sapiens, Bondy Blog, Interdépendances et mediétic.

Plus que de longs discours, allez voir
cette vidéo qui vous présentera mille fois mieux les activités et tout l'intérêt de structures comme l'Adie.

01 avril 2009

Nicolas Sarkozy : le Président du Je

Partager
Nicolas Sarkozy communique : il annonce être prêt à quitter la table des négociations durant le sommet du G20 si les Chefs d'États présents ne trouvent point d'accord suffisamment ambitieux au regard de notre Président de la République. Il l'a dit, et il veut le faire savoir. Alors le Président de la République française publie une tribune dans plusieurs journaux internationaux parmi lesquels The Washington Post, The International Herald Tribune, Spiegel-on line, La Stampa, El País, Yomiuri Shimbun. Une tribune que vous pouvez lire sur le site de l'Élysée.

Observons. Observons le nombre de "je" dans cette tribune. Inventaire :
1- "
tout faire pour la croissance mondiale que je défendrai"
2- "
je souhaite que nous allions très loin"
3- "
Je me réjouis d’ailleurs de constater que le débat sur les paradis fiscaux (...) commence déjà à porter ses fruits"
4- "
Je souhaite également que notre réflexion collective progresse sur la nécessaire réforme des normes comptables et des règles prudentielles"
5- "
Je porterai ce débat"
6- "
conforme à leur poids et aux responsabilités que je souhaite les voir assumer"
7- "
Je me réjouis de l’élargissement réalisé du Forum de stabilité financière"
8- "
je considère qu’un grand chantier de rénovation de l’ensemble du système multilatéral restera à conduire"
9- "
Je ferai des propositions"
10- "
je voudrais également souligner la nécessité"
11- "
ce dont je suis certain"

Pas mal, non ? Ce n'est pas fini ... Outre les "je" sarkozystes, ajoutez donc les "j'" :
12- "
j’ai défendu l’idée que (...) la coopération n’était pas une option mais une nécessité"
13- "
j’ai demandé que le monde se rassemble"
14- "
J’ai porté au niveau européen la question de notre contribution aux besoins du FMI"
15- "
J’ai porté au niveau européen la question de notre contribution aux risques"
16- "
J’étais il y a quelques jours en Afrique"
17- "
J’y ai dit ma conviction"
18- "
Le monde, j’en suis convaincu, peut sortir plus fort"
19- "
J’ai bien conscience qu’on ne peut pas tout changer en un jour"

19 fois la première personne. 19 fois dans un texte d'un peu plus de 1000 mots. Étonnant. Énorme. Comparons. Par exemple le mot "France". Une seule fois écrit et encore comme simple pays d'une globalité : "
pour les pays comme la France". Le mot Europe ? "Portée par l’ensemble des Européens", "commence déjà à porter ses fruits, notamment en Europe", "J’ai porté au niveau européen" (2 fois), "risques auxquels sont exposés certains pays d’Europe centrale et orientale", "les destins de l’Europe et du continent africain étaient indissolublement liés". 6 reprises pour l'Europe. Et encore non pas pour parler en son nom mais pour la citer comme exemple.

Résumons. Nicolas Sarkozy s'exprimant dans la presse étrangère, c'est la voix de Nicolas Sarkozy qui s'exprime, et non celle de la France ou celle de l'Europe. Nicolas Sarkozy parle en son nom. Nicolas Sarkozy se félicite, se valorise, se congratule. Mais Nicolas Sarkozy ne pense qu'à lui, ne parle que de lui. A croire qu'il n'a jamais été élu Président de la République française.

Le narcissisme et l'égocentrisme de Sarkozy ne nous étonneront guère. En revanche, les plumes du Président, que font-elles ? A quoi servent donc Henri Guaino et Claude Guéant ? Pas un n'arrive à dire à Sarkozy qu'il doit parler au nom de la France, qu'il doit porter la parole des Français. Ces conseillers de l'ombre n'arrivent pas à se faire entendre du souverain français. Bientôt, il est fort à craindre que Nicolas Sarkozy utilisera le nounouiement de royauté pour s'exprimer. Et les conseillers s'écraseront.

Libellés : , , ,