]]>

30 juin 2009

Alastair Campbell : "Ségolène Royal est une candidate et un personnage très attirant mais son parti n'a pas résolu les grandes questions stratégiques"

Partager
Luc Mandret : Internet a bouleversé la façon de "discuter" avec les électeurs et les citoyens, la stratégie de Barack Obama le prouve aisément. Quels sont pour vous les principaux avantages et les principales difficultés de la communication online des hommes politiques ?

Alastair Campbell : Barack Obama et son équipe ont eu un succès énorme de ce point de vue. Mais à mon avis, ils se sont servi d'Internet et de tout ce qui est nouveau pour créer une campagne électorale assez 'old-fashioned'. C'est-à-dire avec une structure d'équipe très claire, des messages très clairs, souvent répétés, avec beaucoup d'organisation sur le terrain. J'ai un collègue qui travaillait comme bénévole pour Obama et qui m'a dit qu'en un seul samedi dans l'état de Caroline du nord, ils ont frappé à plus de 500,000 portes - avec une armée d'assistants organisée grâce à Internet, inspiré par son message. Obama a montré, et continue de montrer que même avec ces médias de plus en plus difficiles et chaotiques, les leaders peuvent occuper l'espace stratégique de leur choix. Internet en fait partie, mais c'est moins important que ce qu'il fait, ce qu'il dit, la manière dont il le fait, le dit, qui il est.


Luc Mandret : Avec votre regard de professionnel, comment analysez-vous les communications des hommes politiques français ? Quels conseils pourriez-vous leur donner ? Notamment à des personnalités comme Ségolène Royal, François Bayrou ou Nicolas Sarkozy ?

Alastair Campbell : Alors là je n'ai pas trop envie de répondre. Eux, ils le font. Moi, je n'ai pas envie de commenter. Je ne suis pas Français. Je ne suis pas dans la politique française. Pendant les élections présidentielles, j’ai dit que j'avais l'impression que Sarkozy savait 'faire l'agenda'. Vous, vous appelez cela l'hyper-activité. Moi, je dirais qu'il essaie d'occuper un terrain plus on moins stratégique. Je dirais de Ségolène Royal qu'elle est une candidate et un personnage très attirant mais que son parti n'a pas résolu les grandes questions stratégiques. C’est toujours plus important que les questions de communication.


Luc Mandret : On parle de l'intérêt que porte Tony Blair pour devenir "Président de l'Europe". Est-ce le mandat de trop ? Seriez-vous prêt à vous remettre à ses côtés dans cette bataille ?

Alastair Campbell : Je ne sais si cela va arriver. Je sais que je n'ai aucun intérêt à retourner à un poste de premier plan en politique. J'ai été très fier de ce que j'ai pu faire pour lui et pour le Labour, d'abord dans l'opposition, ensuite au gouvernement, mais j'ai fait dix ans et c'est assez.


Luc Mandret : L'avenir d'Alastair Campbell, quel est-il ? Quels rêves vous reste-t-il à accomplir ?

Alastair Campbell : Un de mes rêves vient d'être réalisé : la qualification en Première Ligue de foot de mon équipe, Burnley, après 33 ans. J'adore le sport. Je fais pas mal d'événements : j'ai un triathlon la semaine prochaine pour mon association caritative, leukaemia research. J'aimerais bien les aider à trouver les fonds nécessaires pour continuer la lutte et guérir cette maladie affreuse qui a emporté mon meilleur ami et sa fille. J'ai aussi envie d'aider la campagne contre la discrimination à l’égard de ceux qui ont des problèmes de santé mentale. C'est pour ça que j'ai toujours été transparent sur mes propres problèmes, pour essayer de monter que même si on a des problèmes de santé mentale on peut faire des choses. J'ai été touché par l’accueil du roman. J’ai été très content de le voir traduit en français. J'ai envie d'écrire d'autres romans. Je viens de finir le second qui sera publié chez nous en février. J'aimerais que mes romans soient adaptés en films. Peut-être j'ai encore un ou deux grands jobs devant moi mais je ne vois pas ce qu'ils sont. Je suis assez content d’avoir une vie très différente. J'ai beaucoup de liberté. Je passe beaucoup de temps avec ma famille. Je n'ai pas le même sentiment de mission que j'avais dans ma vie politique mais cette liberté m'est devenue très importante.

Libellés : , , , ,

Alastair Campbell : "la seule communication qui compte et qui est efficace est l'authenticité"

Partager
Luc Mandret : On peut lire à travers les lignes de votre roman "Tout est dans la tête" (Éditions Albin Michel) la dureté du retour à une vie normale après 10 années passées à accompagner Tony Blair. L'écriture, et ce roman en particulier, étaient-ils les seules échappatoires pour faire le deuil du pouvoir ?

Alastair Campbell : L'idée de ce roman m'est venue un jour où je passais en vélo devant une église. J'ai vu un événement qui m'a fait penser à certaines choses… De retour chez moi, j'avais trois personnages (dont le psychiatre qui est le personnage principal), une idée centrale, et la fin. Puis j'ai commencé à écrire et j'ai fini la première version assez vite. Je crois que j'ai voulu donner une expression plus créative à des expériences assez dures dans ma vie - la dépression, la lutte avec l'alcool, ma dépression nerveuse assez sérieuse en 1986. Je ne crois pas que c'était une réponse à ma vie politique mais il est vrai qu'après avoir quitté mon poste en 2003 j'ai souffert de dépressions assez profondes.


Luc Mandret : Vous avez vécu au coeur du pouvoir la seconde guerre d'Irak. Avec le recul, ne regrettez-vous pas les prises de position du gouvernement travailliste de l'époque, au regard notamment de l'absence d'armes de destruction massive à l'origine de l'invasion de l'Irak ?

Alastair Campbell : La politique ne se fait pas à postériori. Tout ce qu'on a présenté sur ces questions d'armes, nous le croyions selon les conseils qu'avaient alors le premier ministre et le jugement qu'il avait du régime de Saddam. Le fait que l'on n'ai pas trouvé ces armes après la chute de Saddam nous a donné, aux Américains et à nous, d'énormes difficultés politiques bien sûr. De plus, les divisions causées par la guerre sont toujours là. Mais nous avons cru sincèrement ce que le gouvernement a présenté ; et je suis toujours de l'avis que l'Irak sans Saddam est meilleur pour les Irakiens et pour la région.


Luc Mandret : Vous n'avez jamais été élu, et vous avez toujours abordé la politique sous l'aspect communication politique, en étant le spindoctor de Tony Blair. On pourrait s'interroger sur l'importance des idées dans la communication politique. Selon vous, la communication en politique doit-elle avoir la même approche que la communication d'une entreprise ou d'une marque ?

Alastair Campbell : Il y a certains principes de communication qu'on peut appliquer à n'importe quelle organisation : l'importance de la stratégie, le besoin de comprendre la manière dont les médias ont changé, leurs effets sur l'opinion publique, l'importance de créer un espace stratégique et d'essayer de 'faire l'agenda' selon vos propres objectifs. Mais je ne pourrais pas faire ce que j'ai fait avec Tony Blair pour n'importe quel leader, ni n'importe quel parti. Je ne pourrais pas le faire pour n'importe quelle entreprise ou n’importe quelle marque parce que pour moi la politique c'est surtout une question de valeurs, de ce que l'on croit au fond. En disant cela, je ne dis pas que les entreprises sont sans valeurs mais que dans le monde politique, à mon avis, il faut vraiment croire en ce que l'on fait.


Luc Mandret : Le fossé entre communication politique et manipulation des citoyens est faible, notamment quand il s'agit d'établir une stratégie de marketing politique. Où se trouvent selon vous les limites et l'éthique de cette profession ?

Alastair Campbell : La seule communication qui compte et qui est efficace est l'authenticité. Surtout aujourd'hui. Il faut toujours essayer d'être authentique. Il y a eu tant de débat sur ces questions médiatiques et média-politique que je pense que l'on a un peu oublié que, dans les démocraties, les leaders et les politiques ne peuvent pas se cacher du public. Bien sûr ils veulent bien présenter, créer une bonne impression... Mais ils ont aussi un devoir de communication. Et dans cet âge des médias, c'est plus dur qu'avant. Surtout chez nous où les médias sont beaucoup plus difficiles que lorsque j'étais journaliste. Ils ne se regardent plus comme spectateurs. Ce sont des acteurs aussi. Il faut essayer de rester toujours stratégique.

Libellés : , , , ,

29 juin 2009

Interview d'Alastair Campbell, ex-spindoctor de Tony Blair

Partager
Alastair Campbell fait partie de mes maîtres en communication politique, j'en parlais il y a maintenant plus d'un an quand j'avais lancé une rubrique "si j'étais le spindoctor de". Et aujourd'hui mon blog m'apporte une satisfaction démesurée.

Il y a quelques jours, je commentais une interview d'Alastair Campbell trouvée sur le site internet de Courrier International. Et depuis cette note, tout s'est accéléré. Une personne que je ne remercierai jamais assez, Bruno, m'a tout simplement demandé si cela m'intéressait de faire ma propre interview de l'ancien spindoctor de Tony Blair. Je crois n'avoir jamais répondu aussi rapidement à un message : oui, oui, et mille fois oui ! Quelques échanges de mails, des questions, des réponses, des corrections, une relecture et l'interview est finalisée désormais. Un vrai boulot de journaliste.

Demain donc, vous pourrez lire ici l'interview que j'ai pu mener pour Alastair Campbell, en deux parties. Un grand merci à lui pour avoir répondu à mes questions sans censure et avec une grande franchise, pour la simplicité de nos échanges. Et je tiens à signaler qu'il a répondu directement en français.

Libellés : , , , ,

27 juin 2009

La schizophrénie de Jean-Marc Morandini

Partager
Je l'avoue, je déteste ce que fait Jean-Marc Morandini, que je surnomme J6M (Jean-Marc Morandini Moi-Même Maître des Médias), le journaliste Morandini qui m'a un jour pris pour un journaliste (à son habitude il avait fait un véritable travail d'investigation), et encore le Morandini qui s'essaye au journalisme politique (effrayant !).

Jean-Marc Morandini représente à mes yeux l'exemple parfait de tout ce que je déteste dans le journalisme : le populisme allié au donneur de leçon. Et son traitement journalistique de la mort de Michael Jackson en est une nouvelle preuve flagrante.

L'once d'un instant j'ai cru en Jean-Morandini, en lisant un article sur son blog, Faut-il diffuser la photo de Jackson dans l'ambulance ? affirmant notamment que cette "photo de l'artiste que jeanmarcmorandini.com a choisi de ne pas publier depuis hier soir, mais que toutes les chaînes d'informations Françaises ont, par exemple, montrée dès ce matin en boucle". Ou de l'art de créer du clic sur une photo que Morandini s'interdirait de vouloir diffuser, tout en se positionnant en Père la Morale fustigeant ses confrères requins de la course au glauque.

Problème : la photo est bel et bien sur le site jeanmarcmorandini.com, la preuve en est cette capture d'écran (cliquez si vous souhaitez vraiment l'agrandir). Il suffit d'ailleurs de se rendre dans la rubrique "People" du site de Jean-Marc Morandini. En cliquant sur la news "Michael Jackson: la photo choc !" présente sur le site jeanmarcmorandini.com avec une miniature de la photo, on arrive sur le site Scoop People qui lui diffuse en grand cette photo.

Et il n'est pas nécessaire d'être un grand journaliste d'investigation à la hauteur de Jean-Morandini pour observer le même copyright des sites
jeanmarcmorandini.com et scooppeople.fr : "Copyright © 2009 The People Family SARL". SARL gérée par un proche de Jean-Marc Morandini dans laquelle il s'implique financièrement.

Jean-Marc Morandini surfe sur les ambiguïtés de ses mulitples activités, et n'hésite pas à piétiner une certaine idée que l'on pourrait se faire de l'honnêteté intellectuelle et de la déontologie journalistique. A moins que Jean-Marc Morandini ne sache même pas ce qui est réellement publié sur ses différents sites. Un grand professionnel, dans tous les cas.

Libellés :

25 juin 2009

Pourquoi Michel Rocard est-il so trendy ?

Partager
Vous ne vous êtes probablement jamais posé cette question : Pourquoi Michel Rocard est-il so trendy ? Et je vous comprends. Mais lorsque Capucine de Menstyle.fr m'a proposé de participer à leur projet de laisser la parole à un blogueur par jour sur leur site, j'ai de suite choisi ce sujet.

Pour lire le résultat de cette rude réflexion, ça se passe sur le site de Menstyle.fr. Et il y a également une interview de moi.

Libellés : , ,

23 juin 2009

L'annuaire politique de Twitter

Partager
En lisant la note sur Vendeesign des 100 comptes Twitter qu'il faudrait suivre, puis la note de réaction du camarade Damien des oubliés de ce classement, une idée a germé en moi : un annuaire des comptes Twitter francophones parlant de politique.

S'il existe déjà un classement des hommes et femmes politiques sur Twitter réalisé par Spintank, il me semble intéressant d'élargir à double titre cette approche. Tout d'abord en évitant le principe du classement (je crois plus à la qualité qu'à la quantité, et les classements de blogs fleurent bon l'ego-blogowar) pour avoir un véritable annuaire du Twitter politique. Mais aussi en recensant les profils de simples internautes, et citoyens, au delà des politiciens.

Alors, partants ? Si cela vous tente, si vous voulez vous aussi pouvoir suivre et être suivi par les autres personnes inscrites sur Twitter s'intéressant à la politique, postez un petit commentaire (avec le @username), ou faites un @LucMandret sur Twitter, et je mettrai à jour cette note avec l'ensemble des inscrit(e)s.

Libellés : , , ,

22 juin 2009

Preah Vihear : un temple nommé conflit

Partager
A plusieurs reprises, j'ai évoqué la situation conflictuelle entre le Cambodge et la Thaïlande, exacerbé autour d'un mince territoire de moins de 10 kilomètres carrés. J'ai rappelé qu'une décision de la Cour Internationale de Justice de La Haye a établi en 1962 que ce territoire relève de la souveraineté du Cambodge, je me suis étonné il y a quelques mois - au plus fort du conflit - de la proximité des élections législatives au Cambodge.

La raison pour laquelle je reparle aujourd'hui de ce conflit (que l'on aurait pu croire naïvement être enterré) se trouve dans la publication d'une brève sur le site de Courrier International
(*), en voici un extrait : "le Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, a en effet annoncé que son gouvernement demanderait à l’organisation internationale de retirer le temple de sa liste du patrimoine mondial de l’humanité". Une véritable offense au peuple khmer qui vénère le temple de Preah Vihear ; lequel, traduit du khmer, signifie "sanctuaire sacré".

Si le Cambodge connaît une relative stabilité depuis la large réélection du leader du Parti du Peuple Cambodgien, Hun Sen, il s'en retourne différemment de la Thaïlande. Une situation économique catastrophique, un pays officiellement en récession, un chômage de plus en plus élevé. Une image politique catastrophique entre coups d'État, attentat à réputation, ou encore montée des intégrisme.

Il n'est jamais bon de se fier à son instinct, en revanche il est certain que le Premier Ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva se doit de réagir vite, s'il ne veut subir le même sort que ses prédécesseurs et se voir confisquer le pouvoir par l'armée ou l'opposition. Et quoi de mieux, pour aseptiser et mobiliser un peuple en pleine déprime, que de raviver le sentiment nationaliste autour d'un même combat ? Et peu importe le sort du temple de Preah Vihear, ni celui des cambodgiens.

(Je profite également de cette note pour inviter les amoureux du Cambodge à consulter l'excellent blog Les carnets de Phnom Penh écrit à quatre mains par Arnaud Dubus et Arnaud Vaulerin, hébergé sur le site de Libération.)

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International.

Libellés : , , , ,

21 juin 2009

Attentat de Karachi : une affaire d'Etats déjà enterrée ?

Partager
Retour sur le passé : le 8 mai 2002, onze Français de la Direction des chantiers navals (DNC) de Cherbourg meurent dans un attentat à Karachi. Ces attentats arrivant quelques mois à peine après ceux du 11 Septembre perpétrés aux Etats-Unis, Al-Qaida semblait tout droit désignée comme responsable.

Plus de 7 ans après, Marc Trévidic et Yves Jannier, les deux juges d'instruction chargés du dossier, ont déclaré avoir abandonner la piste d'Al-Qaida, pour se tourner vers une sombre histoire politico-financière. Une note nommée "Nautilus" vient tout remettre en question. Que trouve-t-on notamment dans cette fameuse "Nautilus" ? Que "
l'attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l'armée (pakistanaise) et au sein des bureaux de soutien aux guérillas islamistes" et que "les personnalités ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l'action poursuivaient un but financier. Il s'agissait d'obtenir le versement de commissions non honorées" (source Le Monde).

Arrive alors en compte la système de rétro-commissions à la française. De 1993 à 1995, Edouard Balladur est alors Premier Ministre, et Nicolas Sarkozy est alors ministre du Budget et porte-parole de ce gouvernement. C'est durant ce mandat que sont signés des contrats d'achat de sous-marins français par le Pakistan. Désormais les juges suspectent que des commissions auraient été versées à des responsables pakistanais afin de faciliter la signature de ces contrats. Et en retour, un système de rétro-commissions pour aider des responsables politiques français. Est donc clairement visé Edouard Balladur, candidat aux élections présidentielles de 1995.

Et l'attentat de tout cela ? Jacques Chirac est élu en 1995 Président de la République. L'ennemi juré d'Edouard Balladur à cette époque aurait purement et simplement annulé tout le système de commissions. Les Pakistanais alors furieux pourraient avoir donc commandité ces attentats en représailles.

Tout cela n'est pour le moment que suppositions et présomptions. Mais l'identité de l'auteur de la note Nautilus donne un fort impact à sa crédibilité : Claude Thévenet est en effet un ancien membre des services secrets français. Mais au-delà des faits, trois réflexions me viennent à l'esprit.

Un complot anti-Sarkozy. Jacques Chirac, qui depuis maintenant plusieurs longues années voue une haine indestructible à Nicolas Sarkozy, pourrait avoir décidé de passer à l'offensive. Jacques Chirac, maître ès barbouzeries, pourrait ainsi trouver sa vengeance contre son successeur. A moins qu'il n'envoie un signal au pouvoir actuellement en place : il vaut mieux laisser El Chi finir tranquillement sa retraite, et laisser ses proches (je pense notamment au procès Clearstream de Dominique de Villepin qui se tiendra après l'été) en paix, au risque de lancer des œufs pourris et de commencer le grand déballage de la droite française.

Deux affaires séparées. Je m'étonne que les médias lient aussi facilement ces deux affaires et n'arrivent à les dissocier. Car si la piste des commissions et rétro-commission s'avéraient être la vérité, nous nous trouverions alors bel et bien face à deux affaires : l'une sur l'attentat de Karachi et dans ce cas je souhaite bien du courage aux juges Trévidic et Jannier pour aller enquêter dans les plus hautes sphères de l'Etat pakistanais. La seconde franco-française de financement occulte de partis politiques, mettant directement en cause un ancien Premier Ministre (Edouard Balladure) et indirectement deux Présidents de la République (Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac).

Le silence des médias. Souvenez-vous de l'affaire Julien Dray, et du ramdam médiatique autour des révélations judiciaires. Pour finalement un "simple député". Et aujourd'hui, alors que les plus hauts représentants politiques français sont clairement nommés et visés, les médias se taisent. Aux Etats-Unis, quelques uns menaceraient déjà d'impeachment leur Président. En France, tout le monde se tait. Cette affaire a à peine été abordé quelques secondes dans les JT des chaînes de télévisions. Personne n'ose demander à Nicolas Sarkozy de s'expliquer. Tout ressemble à l'étouffement d'une sombre affaire de gros sous. Mais silence, les Français préfèrent qu'on leur parle d'enlèvement de fillettes et d'accident d'hélicoptère. Mais bien sûr.

Libellés : ,

20 juin 2009

get well soon : Konstantin Gropper pour votre bonheur !

Partager
Hier invité par l'ami Laurent Enzo à la soirée Oui Love MySpace, cette soirée annonçait le départ d'un week-end qui sera musical. Outre l'occasion de croiser des congénères blogueurs forts sympathiques lors de cette soirée (j'ai nommé Jade, Thien, Cristian, Victor, Grégory), et outre la dangerosité d'un open bar auquel Arthur était accompagné à son bras de ... (oups, cessons de suite les Gossip), cette soirée clôturant une semaine riche et crevante m'a permis d'écouter les groupes se produisant en live, et de parler musique avec ma chère Kollegin Stéph. Est alors venu un conseil de cette dernière : me faire découvrir et écouter get well soon.

Get well soon, c'est un jeune berlinois nommé Konstantin Gropper, un vrai génie. C'est notamment un album à découvrir de toute urgence : "Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon", un album qui s'écoute comme un roman qui nous prend par la main de son Prelude à la chanson de conclusion Cosa en passant par le morceau selon moi le plus fort People magazine front cover. Dans cet album, get well soon berce nos rêves d'un voyage que Konstantin Gropper a du vivre et revivre des centaines de fois avant de le composer.

Un album riche de multiples inspirations, du folk à la pop, en passant par des couleurs de rock indie et des Balkans, un mélange de baroque et de symphonique. Et des choeurs vibrant d'émotions, une musicalité et des arrangements de perfectionniste névrosé. Des mélodies envoûtantes à la voix de Konstantin Gropper, get well soon apporte tout ce que l'on attend d'un musicien, d'un réel génie. Tellement Konstantin Gropper offre une pureté et un aboutissement digne des plus grands, que l'on vient à se demander s'il n'a pas déjà atteint son apogée.

Radiohead peut sérieusement commencer à sinquièter, get well soon offre en un album un niveau musical au moins aussi magique. Reste à voir ce que Konstantin Gropper donnera sur la durée, mais au final peu importe, il est déjà entré dans le Panthéon des rares génies de la musique.

Pour aller plus loin :
- le site de get well soon
- l'album Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon sur Deezer
- la page MySpace de get well soon

Libellés :

18 juin 2009

La grande bouffe (avec Nathalie Kosciusko-Morizet)

Partager
Comme je l'écrivais précédemment, la secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique invitait mardi soir quelques blogueurs à dîner. Trois tables, la Ministre passant de table en table au cours du repas, pour une douzaine de blogueurs au total.

Bien entouré à ma gauche de la passionnante Isabelle Germain, à ma droite du passionné Maître Eolas, se trouvaient également à ma table les respectables Meilcour ex-Versac et Jules. Bien évidemment nous n'abordâmes point les sujets prévus par Nathalie Kosciusko-Morizet. Au menu plutôt, en vrac, j'ai donc parlé de la loi HADOPI et de la LOPSI, de journalisme et des médias, de OrelSan et de la violence faite aux femmes, de droit et de Jacques Vergès, et de bien d'autres sujets.

Lorsque Nathalie Kosciusko-Morizet nous a rejoint à notre table, j'ai donc pu discuter avec elle. J'ai notamment pu lui demander sa conception de la communication politique qu'elle mène, en l'interrogeant de ses présences sur Facebook et Twitter. Je lui ai fait part de mes doutes quant à l'annonce de sa grossesse via ces média, et l'interroger sur la frontière qu'elle se fixe entre vie publique et vie privée. J'avoue que ses réponses - je résume : "
de toute façon je suis un personnage public et si je n'utilise pas Facebook, j'aurais du le faire autrement" - ne m'ont pas véritablement convaincu. L'occasion également pour moi de revenir sur la polémique entre NKM et Martin Rogard.

Au cours de ce dîner, j'ai pu apprécier la répartie de Nathalie Kosciusko-Morizet, une femme finalement plutôt libre, intelligente et drôle (sa blague sur Benoît XVI ayant fait mouche, Koz n'a toujours pas du s'en remettre), ouverte et accessible.

Mais au final, je m'interroge toujours quelque peu sur la façon dont Nathalie Kosciusko-Morizet conçoit sa communication politique, et aussi sur l'intérêt de ce genre de rencontre. Pour moi personnellement, ce dîner entre parfaitement dans ma conception de réseau nécessaire à l'influence des blogs politiques. Mais plus qu'une opération de communication auprès de blogueurs, je ne peux qu'espérer que Nathalie Kosciusko-Morizet viendra ici poster un commentaire - comme a pu le faire François Bayrou sur ce blog - pour nous dire si elle souhaite réellement entamer un débat avec les blogueurs, et nous expliquer ses réelles ambitions quant à ce genre de rencontres.

Libellés : , , , ,

15 juin 2009

Lâche tes comm' à NKM

Partager
Je suis invité demain mardi à un dîner avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique (un des avantages et plaisirs du statut de blogueur, à défaut d'avoir une influence réelle).

Au menu de cette rencontre : "
Y a-t-il une conscience politique numérique ? Quel est le véritable impact d’Internet sur une élection, sur une décision politique ? Quelle est la frontière entre le journaliste et le blogueur ? Le citoyen de demain sera-t-il forcément connecté? A quoi ressemblera l'élu 2.0 ?"

SI vous avez des remarques, commentaires, questions, suggestions, n'hésitez pas, j'essaierai de faire remonter tout cela à
Nathalie Kosciusko-Morizet.

Libellés : , ,

14 juin 2009

Remaniement : nomination d'un ministre des gens qui pleurent ?

Partager
Connaissez-vous Pierre-Jean Vandoorne ? Sur proposition du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, Pierre-Jean Vandoorne a été nommé, par le Premier Ministre François Fillon, "ambassadeur chargé des relations avec les familles des passagers" du vol AF447, cet Airbus reliant Rio à Paris disparu dans l'Atlantique.

Cet inspecteur général adjoint des affaires étrangères sera chargé d'aider les familles des 228 passager de ce vol d'Air France et s'occupera de faciliter les relation entre Air France et les administrations d'une part, et les relations entre autorités françaises et étrangères d'autre part.

Un ambassadeur pour 228 victimes. Si les familles des disparus du vol AF447 doivent se réjouir de la création de ce poste (et je les comprends), il reste sain de s'interroger sur cette nomination. Autour de ce drame, une forte émotion s'est emparée naturellement du pays : le principe du
kilomètre-mort : plus les victimes sont proches de nous, moins leur nombre importe dans l'émotion. Un mort dans un voisinage proche importe autant que 200 morts au niveau national, que 2000 morts dans un pays du Tiers-Monde.

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy ont donc souhaité marquer le coup, et prouver qu'il prenait en main le sort des familles des victimes. Et sans être manichéen, on peut y voir un coup politique. Surfer sur la sur-médiatisation de cette catastrophe pour montrer le visage d'un gouvernement proche de la souffrance de ces concitoyens.

Mais les familles des disparus du vol AF447 ont-elles réellement d'un ambassadeur ? De quoi ces familles auront-elles réellement besoin ? D'un soutien psychologique, naturellement : Pierre-Jean Vandoorne a-t-il la formation nécessaire pour accompagner des familles dans leur deuil ? D'un soutien judiciaire, certainement : Pierre-Jean Vandoorne aidera-t-il les familles à trouver les meilleurs avocats pour connaître toute la vérité, même si cette vérité doit salir l'image d'Airbus et d'Air France, deux entreprises françaises ô combien puissantes ?

La politique de l'émotion (tout comme la politique sécuritaire) renvoie une image de proximité, agit sur les stimuli des individus pour véhiculer un regroupement autour d'une même souffrance (ou d'un même combat). Cette politique s'apparente à une forme de populisme démagogique, du "toujours plus d'émotions" pour aseptiser des citoyens tous touchés d'une façon ou d'une autre par des drames.

Libellés : , , ,

13 juin 2009

Alastair Campbell conseille les politiques français

Partager
Alastair Campbell fait partie des maîtres de la communication politique. Au service de Tony Blair dix années durant, il s'est aujourd'hui retiré de son rôle de spindoctor pour se consacrer à l'écriture.

Dans une interview que vous pouvez lire sur le site de Courrier International(*), il explique pourquoi il a décidé de cesser de faire du conseil en communication politique : "avec Tony Blair, je savais que je le comprenais mieux que les autres. Aujourd'hui, je m'adapte, je tiens un blog, j'utilise Twitter, mais je ne suis pas sûr de comprendre complètement tout dans ce qui a changé. Lorsque j'étais à Downing Street, je n'ai jamais envoyé un courriel moi-même. Il faut saisir le monde tel qu'il est, on ne peut plus contrôler le message comme avant" pour en tirer une conclusion que devraient lire les femmes et hommes politiques français : "Regardez Obama : il a été très fort pour mener une campagne traditionnelle, mais il a aussi été très fort pour mener une campagne moderne. Je veux laisser la place à des plus jeunes que moi, qui comprennent mieux les arcanes de la communication".

En effet, Alastair Campbell est présent sur Twitter, et sur Facebook, mais également sur d'autres sites comme YouTube et Flickr. Certes son blog n'est pas vraiment ergonomique et pratique, mais son site est plutôt bien construit et designé.

Mais pour revenir aux propos d'Alastair Campbell dans cette interview, je trouve dommage de se retirer totalement sous prétexte que de jeunes communicants comprendraient mieux que lui la nouvelle communication, cette communication politique digitale. Déjà car il existe des aînés qui comprennent aussi bien le communication online que de jeunes communicants. Ensuite car l'ancienne génération a forcément une expérience à communiquer à leurs successeurs. Mais à lire un Alastair Campbell, qui à seulement 52 ans fait preuve d'une telle sagesse en se mettant en recul, je me mets à rêver de binômes fracassants et pense que cette direction bicéphale devrait être la tête de toute équipe de communication politique qui souhaite se donner les chances de gagner une élection : un senior apportant son savoir-faire de spindoctor et de diplomatie, un junior développant ce savoir-faire dans une communication digitale.

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International.

Libellés : , ,

12 juin 2009

De l'influence des blogs politiques ...

Partager
Si les blogueurs et blogueuses politiques se voient moins sollicités par les femmes et hommes politiques, à comparer avec la période des élections présidentielles où les invitations ne cessaient de pleuvoir, il est amusant de constater l'impact nul de ces médias aux lendemains du scrutin des élections présidentielles.

En effet, si l'on peut dire que les blogs politiques ont été plus bavards sur l'Europe que les médias traditionnels, leur poids dans le choix de nos eurodéputés s'avère inexistants. A regarder les blogs les plus "influents" du classement wikio, la grande majorité peut être qualifiée "de gauche" : Nicolas, Juan, Ronald, Marc et Marie-Laure pour en citer que les cinq premiers se positionnent clairement à la gauche de l'échiquier politique. On pourrait même gentiment les qualifier - même s'ils ne se résument pas à cela - d'anti-sarkozystes.

Les élections européennes ont vu clairement l'UMP arriver grande gagnante. Mais du côté des blogs politiques, toujours selon wikio le premier blog "de droite" arrive seulement en neuvième position, celui de Samuel, et encore ce dernier ne fait guère partie des fanatiques de Nicolas Sarkozy.

Regardez les blogs "écolos" : pas un ne vient chatouiller le haut du classement (il en existe de très bons pourtant). Regardez les blogs soutenant ouvertement la politique du gouvernement de François Fillon : pas un seul n'apparaît (il est vrai qu'il en existe que très peu).

Un constat donc : le blog politique n'influencerait nullement l'issue des scrutins. De quoi dégonfler les égos de nombre de blogueurs politiques. Si bloguer garder un intérêt pour informer, pour s'exprimer, pour discuter, pour partager, le blog ne semble pas réussir à percer au-delà d'un écosystème bien fermé.

Une raison pour n'en citer qu'une : l'électorat "de droite" est vieux. Vieux et fidèle, les vieux votent, s'abstiennent moins, et votent majoritairement à droite. Et ceux-là sont moins enclins à se rendre sur internet et les blogs pour lire les avis postés sur les blogs politiques, et donc encore moins à être influencés, ne parlons donc pas de changer leur bulletin.

Alors peine perdue ? Si les blogs politiques veulent compter lors des prochains scrutins, il leur faudra avoir un accès aux médias dits traditionnels. Et pas seulement à la version online des quotidiens nationaux ni aux nouveaux sites d'information, mais bel et bien aux grosses machines, aux journaux télévisés, aux radios et aux magazines papier. Ceux-là qui ont parlé notamment du clash entre Bayrou et Cohn-Bendit (l'un des facteurs du résultat des européennes). Une fois que les blogueurs politiques arriveront à faire remonter leurs informations, leurs opinions à ces médias, alors peut-être pourront-ils avoir un tel pouvoir qu'ils pourront se passer des médias classiques.

Pour percer, pour compter dans l'opinion publique, nulle autre solution que de se regrouper, que de faire du
bombing d'une même information, à grande échelle. Plusieurs centaines de blogs qui décident de voler des premières places dans Google sur des mots-clés stratégiques. Il faudra faire du réseau, aussi. Être identifié par les journalistes qui comptent, tout simplement faire du réseau.

Libellés : , , ,

10 juin 2009

Sur la défaite du MoDem aux élections européennes ...

Partager
S'il ne fallait lire qu'une seule analyse, ce serait sans hésiter celle de Quindi. Il n'y a pas à dire, Arnaud (l'auteur de ce blog) représente à mes yeux le must de ce qui s'écrit sur le web. Non pas qu'il me cite entre Christophe Ginisty et Jean-François Khan, mais en posant pierre après pierre une vraie cathédrale constructive et riche en enseignements, Arnaud apporte ici un éclairage argumenté et construit sur les origines du mauvais score du Mouvement Démocrate aux élections européennes.

Si François Bayrou devait s'entourer de vrais conseillers utiles, si François Bayrou veut véritablement gagner les présidentielles de 2012, il faut qu'il lise cette note, et qu'il embauche de suite Arnaud comme homme de l'ombre.

A lire donc : La Campagne électorale permanente et la maîtrise des cycles électoraux.

Libellés : , , , , ,

07 juin 2009

élections européennes 2009 : l'abstention de la télévision française

Partager
On pourra toujours regretter l'abstention, hurler au désintérêt des Françaises et des Français pour ce scrutin des élections européennes, critiquer ces mauvais citoyens qui manquent à leurs devoirs, rappeler que ne pas voter favorise le parti majoritaire ou que certains se sont battus pour le droit de vote, blablabla ...

Mais que nous propose-t-on ce soir à la télévision française ? Sur TF1, des épisodes de séries policières américaines. Pour les européennes, seulement un "flash élections européennes 2009" présenté par Claire Chazal et François Bachy entre 22h35 et 22h45. 10 minutes d'Europe puis les cerveaux disponibles retrouvent Les Experts.

Sur le service public guère mieux (mais un peu quand même) : on débute par Cold Case sur France 2 et par Troie sur France 3. A 21h45 seulement, Elise Lucet et David Pujadas proposeront une émission spéciale sur France 2. Mais n'abusons pas, à 23h15 on reprend les programmes normaux avec Stade 2. Et France 3 reprend le flambeau à 23h15.

Les trois autres grandes chaînes du PAF, à savoir Canal+, Arte et M6 n'ont strictement rien programmé sur leur antenne sur soir pour assurer une couverture des élections européennes. Et ne comptons pas non plus sur les chaînes de la TNT : outre les chaînes d'information, aucune n'a décidé de bouleverser leurs programmation.

Le serpent qui se mord la queue : si les femmes et hommes politiques ne donnent pas envie de se rendre dans les isoloirs pour voter aux scrutins européens, les médias n'ont pas envie de perdre leur audience en couvrant cet événement. Et si les médias n'en parlent pas, les citoyens ne risquent pas non plus de s'y intéresser ...

Bien heureusement, vous pouvez suivre cette soirée électorale sur internet, Palpitt vous indique comment suivre les résultats des élections européennes sur la Toile.

Libellés : , , , , , ,

élections européennes 2009 : sondage sortie des urnes

Partager
Une simple note appelant à commentaires (si vous le voulez bien). Une curiosité également : pour qui votent mes lecteurs. Alors, en attendant les résultats officiels du scrutin des élections européennes à 22h et les premiers sondages de sortie des urnes vers 20h, postez un simple commentaire : pour qui avez-vous voté ? Si vous voulez développer les choix de votre vote, n'hésitez pas.

Une façon en quelque sorte de faire un sondage à la sortie des isoloirs des lecteurs de ce blog, absolument pas représentatif.

Me concernant, aucune surprise, comme prévu je n'ai pas voté.

Libellés : , , ,

06 juin 2009

Rachida Dati et Nadine Morano privées de blog

Partager
De la difficulté de la communication politique sur Internet. La ministre de la justice Rachida Dati devrait s'entourer d'un autre spindoctor en plus d'Anne Méaux. Si la présidente de la société de conseil en communication Image 7 se révèle une excellente communicante pour faire du storytelling dans les médias traditionnels, Anne Méaux se révèle être bien médiocre pour la communication politique de Rachida Dati sur le web.

Souvenez-vous : il y a un peu moins d'un an, la Garde des Sceaux lançait son blog. En allant faire un petit tour sur ce blog, force est de constater que le blog de Rachida Dati a été déserté. Aucune publication depuis le 8 Décembre, et pourtant le blog existe encore. Et pourtant ce blog figure encore dans les liens sur le site officiel du Ministère de la Justice. Un joujou jetable dont la future ex ministre de la justice se sera probablement lassée.

Nadine Morano, qui fait en ce moment bien parler d'elle après la convocation par la police d'une internaute pour un “hou la menteuse” qui lui était adressé, apprend à ses dépends la force d'internet et des blogs. Mais saviez-vous que Nadine Morano possédait elle aussi un blog ? Ah non, en fait, tout porte à croire que Nadine Morano voit son identité être
cybersquatté. Allez sur www.nadinemorano.fr, et vous pourrez y lire seulement : "Not Found. Sorry, but you are looking for something that isn't here". Au premier abord, l'on pourrait penser que Nadine Morano, tout comme Rachida Dati, a abandonné son blog. [Mais en regardant les liens, il semblerait que ce blog soit la propriété de Tristan Mendès-France. Figurent en effet des liens vers le profil Facebook, le compte Twitter ainsi que les flux RSS de son propre blog.**]

Mais en continuant en peu les recherches, on peut constater que Nadine Morano est bien en possession d'un blog : www.nadinemorano.com. Et ici aussi un joli "Not Found" accueille les internautes. En fouillant dans le whois de ce blog, on peut apprendre que ce nom de domaine a été déposé par "MORANO Nadine - 1 RUE SAINT-VAAST- TOUL, 54200" le 8 Mars 2007. Probablement un outil de communication au moment de sa campagne des élections législatives de Juin 2007, abandonné.

A travers ces deux exemples de Nadine Morano et de Rachida Dati, ces exemples de cybersquatting et d'abandon de blog, les politiques prouvent leur désintérêt total pour la communication internet. Un beau jouet qu'il faut arborer au moment des campagnes électorales. Et puis après, on le met de côté, on l'abandonne, on se moque finalement de savoir ce qui se véhicule autour de leur identité politique numérique. Les femmes et hommes politiques ne se préoccupent du web que lors d'attaques perçant dans les médias traditionnels. Seuls les buzz les intéressent et les effrayent. Ils commandes des outils, ils poursuivent leurs détracteurs, sans jamais se pencher sur une construction à long terme de leur communication digitale.

[**Après contact avec Tristan Mendès-France, il m'indique ne pas être le créateur de ce blog, et que le code de son propre blog a été copié-collé sans modification des liens]

Libellés : , , ,

05 juin 2009

Nadine Morano : "Hou la menteuse !"

Partager
Hou la menteuse ! (elle est amoureuse ?)
Please, retweet, reblog ...

Libellés :

03 juin 2009

Blogueur : du média à l'identité numérique

Partager
J'écrivais il y a quelques jours pourquoi je n'avais pas envie d'appeler les gens à aller voter, et pourquoi je ne voterai probablement pas lors du scrutin des élections européennes de dimanche prochain. Si cette note a provoqué 12 réactions directes, je m'intéresse à l'effet boule de neige, au delà des personnes que j'appelais à répondre à la question de ce qui était à la base une chaîne lancée par Grégory Bozonnet. Deux blogueurs, Jérémy Collado, Cédric Puisney et Olivier Montbazet (je vous incite d'ailleurs à les lire) ont poursuivi cette chaîne.

La porosité de cette note s'est également poursuivie sur LePost.fr où je publie quelques unes de mes notes, avec plus de 3000 lectures 30 commentaires pour la même note. Bénéficier d'un média en ligne s'avère souvent un excellent porte-voix. Preuve en est déjà de la disparition du caractère hermétique du simple blog.

Toujours sur LePost, Christophe Ginisty publie une note "L'abstention est vraiment un truc que je ne comprends pas" dont le titre résume à elle-seule le propos tenu. En bon politicien candidat du Mouvement Démocrate aux élections européennes, Christophe explique "
si je ne comprends pas l'absention, c'est que je ne comprends pas comment les gens peuvent être en accord avec leurs idées s'ils ne vont pas voter. Il y a un temps pour commenter la vie politique, se plaindre ou s'extasier et puis il y un temps pour voter. Le vote n'est que le prolongement dans l'action de la pensée citoyenne" (je ne sais pas pourquoi, je me sens un peu visé par cette phrase ...). Là encore plus de 3000 lectures de cette note, contre moins de 170 pour (peu ou prou) la même publiée un peu plus tard sur son propre blog.

Si les débats que peuvent provoquer une note sur un blog, et l'audience plus importante d'un média comme LePost (qui bénéficie de la force de frappe du Monde Interactif), ne sont pas une nouveauté, il devient intéressant d'observer l'importance du même débat au travers du prisme de l'identité numérique du blogueur. La même note sur mon (non) choix de vote fait l'objet d'une reprise par Libération dans une revue de blogs. Et pourtant sur un très gros support tel que Libération, seulement 6 réactions, réactions de plus totalement hors-sujet.

Suite à cette reprise de mon blog dans Libération, j'ai posté le lien sur mon compte Twitter et mon profil Facebook. Et sur le fil de la publication Facebook - pourtant ô combien succincte (mon blog cité par Libération :) http://bit.ly/J0c7e) - 27 commentaires sont postés. Apparaissent alors des remarques écrites comme en réaction à chaud que l'on ne voit que rarement sur les blogs ou médias en ligne, mais aussi de vrais débats de fond. Facebook devient alors un véritable lieu de dialogue, sur lequel on échange quelques instants, puis qu'on zappe. Les pratiques du blog en vitesse accélérée.

Mais en prêtant attention au fond des commentaires postés via Facebook, il est intéressant de noter qu'ils touchent plus à l'identité numérique du rédacteur qu'à la réalité de la publication. On se retrouve avec des personnes qui s'adressent aux autres commentateurs, en parlant du rédacteur à la troisième personne du singulier (ex : "il ne préconise rien, c'est justement ce qu'il précise. Que les gens aillent voter ou non, il s'en fout" . On se retrouve avec des commentaires s'attaquant directement au rédacteur (ex : "Luc comme Quitterie sont de gentils blogueurs narcissiques, ils aiment la politique si elle les met en valeur") en oubliant qu'ils s'adressent non pas à la personne elle-même mais à la personne qui donne à voir et à lire sur internet ce qu'il désire, c'est-à-dire une autocensure d'une identité réelle : l'identité numérique.

A l'origine de l'ensemble de ces discussions, il y a une personne physique, ayant choisi un "statut de blogueur" en s'exprimant via le média qui est le blog. Et à partir de ce point de contact, le blogueur se crée une véritable identité numérique, qui au final provoque plus de débat que la personne réelle (et c'est tant mieux) et bientôt très certainement que ses propres publications.

Libellés : , , , ,

01 juin 2009

Ma vie en Narcisse, pire blog politique français

Partager
Quel point commun entre mon blog, le BondyBlog et le blog DéputésGodillots ? Nous sommes les trois blogs sélectionnés par Challenges dans la catégorie meilleur blog politique. Et sincèrement, ça fait toujours plaisir !

Seconde édition donc pour Challenges qui lance un référendum sur les meilleurs blogs. Un jury, présidé par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, a sélectionné trois blogs dans sept catégories. Vous avez jusqu'au 9 juin pour voter pour le meilleur blog de chacune de ces catégories. Voici les nominés.

Médias : Emmanuel Berretta du Point, Renaud Revel de L'Express et Benoît Raphael du Post.fr (j'ai voté pour ce dernier)
Tendances : BienBienBien, Vinzblog et BuzzBlog (j'ai voté pour le premier)
Économie : Démystifier la finance, Gilles Raveaud et Etienne Wasmer (j'ai voté pour ce dernier)
Blogs économiques anglo-saxons : Paul Krugman, Gary Becker et Greg Mankiw (j'ai voté pour le dernier)
High-tech : Presse-Citron, AccessoWeb et Readwriteweb (j'ai voté pour le dernier)
Bourse : Pierre Gonzva, Entrepreneur boursier et Get On The Swing (j'ai voté pour le premier)

Ce concours a également été l'occasion de découvrir le blog politique hébergé sur la plateforme de Challenges, blog tenu par ...Jean-Marie Colombani. Toujours assez amusant de tomber par hasard sur un blog semble-t-il très peu fréquenté (aucun commentaire sur les dernières notes), d'autant plus surprenant au regard de la notoriété de son auteur. Alors que les notes se révèlent intéressantes à la lecture, et bien écrites.

Si les classements de blogs sont assez nombreux, et presque tous réalisés par des médias, il serait amusant d'inverser la chose, et de monter une opération où un jury de blogueurs sélectionnent des journalistes (ou des médias) et invitent au vote des meilleurs journalistes de diverses catégories. Chiche ?

Je ne peux que conclure cette note en vous incitant à voter, et à voter tant qu'à faire pour le blog de votre humble serviteur, en bon Narcisse que je suis ...

Libellés : , ,