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31 juillet 2009

Actions Communes : l'information pour les décideurs locaux

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Les décideurs locaux, quels qu'ils soient, ont besoin d'informations. Plus de cinquante sources provenant de régions, d’élus locaux, d’experts des finances locales, d’associations sont désormais regroupées sur le Netvibes Actions Communes. Existent aussi le Twitter Actions Communes et la chaîne YouTube Actions Communes pour varier les plaisirs et la consommation d'informations.

Mais le plus intéressant reste ce sur Netvibes Actions Communes. Un lieu pour l'ensemble des décideurs locaux, bien évidemment les élus et leurs collaborateurs, mais l'on observe tout de suite un intérêt également pour les citoyens et les lobbying locaux. Car la force de cet outil - outre son aspect local et régional bien souvent négligé sur le web pour les décideurs - réside dans l'aspect collectif participatif de ce Netvibes Actions Communes (il est en effet possible de proposer des ajouts de flux pour tout un chacun).

Allez voir et écouter l'interview de Freddy Mini (le patron de Netvibes) pour avoir plus d'informations.

Si a priori cet outil semble simple (par son approche) mais passionnant par son ambition (toucher les décideurs locaux), tout son intérêt résidera bien entendu dans son utilisation au quotidien. Si Ogilvy qui lance cet outil pour le compte du Groupe Caisse d’Epargne réussit à faire adopter cet plateforme par les élus, les patrons, les associations, les groupements locaux, il est fort à parier qu'il peut devenir the place to be pour qui veut faire entendre sa voix. Une réponse (parmi d'autres) en quelque sorte à une interrogation que je me faisais il y a quelques temps sur l'avenir du blogging politique en France.

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29 juillet 2009

"Les créateurs du possible" ou la régression de Sarkozy

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"Les créateurs du possible", vous connaissez ? Avant que Nicolas Voisin n'en parle sur Friendfeed, et n'ayant pas encore lu Le Canard Enchaîné, je n'y croyais pas. Nicolas résume donc très bien ce que seraient "Les créateurs du possible" : "Nicolas Sarkozy confie à Christophe Lambert la création de son site de campagne pour 2012: ouverture en octobre ! "Les créateurs du possible" (c'est son nom !) sera à mi chemin entre Metic (sic) et Facebook".

Il est vrai que l'équipe de communication et l'équipe internet de l'UMP travaillent sur une véritable stratégie sur internet, qui aille au-delà de la page Facebook de Nicolas Sarkozy. On parle d'une présence du Président de la République sur Twitter notamment. Tout cela devrait être annoncé à la rentrée. Mais ça fuite. Et probablement que "Les créateurs du possible" ne sont qu'une pierre parmi l'édifice de communication online de Sarkozy.

Sur le nom seulement de ce projet (site ?), "Les créateurs du possible", deux remarques me viennent à l'esprit.

Le retour du possible. Tout d'abord bien évidemment la proximité avec le slogan de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, le désormais fameux "Ensemble tout devient possible". Sauf que du "tout devient possible" aux "créateurs du possible", l'on observe une régression. En 2007 la promesse est claire, le changement est annoncé, tout sera possible. En 2009 Nicolas Sarkozy baisse d'un cran ses ambitions et n'est que l'organisateur de la création de ce possible. Autrement dit, il y aurait eu tromperie sur la marchandise. Et encore faut-il que ce qui soit créé sera réellement repris par l'UMP, et ne parlons pas de son application.

Le participatif de droite. "Les créateurs du possible", ça induit forcément la participation des internautes, des citoyens, des experts probablement. Le pluriel induit que la réflexion top-bottom deviendra probablement soit horizontale soit officiellement bottom-top. Un joli recyclage de la démocratie participative à la sauce Royal. Pas très novateur. Mais toujours efficace.

Pour le moment, personne ne semble véritablement avoir rebondi sur cette information, les créateurs du possible n'intéressent pas encore grand monde à en croire Google. En revanche, certains se sont précipités pour réserver les noms de domaine. createursdupossible.com, createursdupossible.fr, lescreateursdupossible.com, lescreateursdupossible.fr, tous ont été réservés aujourd'hui. L'équipe de Nicolas Sarkozy sait à quoi s'attendre ...

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27 juillet 2009

De la lipothymie au storytelling du malaise de Sarkozy

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Nicolas Sarkozy a fait un malaise, difficile de passer à côté de cette actualité, personne n'aura pu y échapper. Comme le note joliment Juan sur son blog, pour les addicts à Twitter en ce dimanche ensoleillé, les réactions spontanées ont fusé sur le site de micro-blogging. Intéressant de constater l'absence totale de politiquement correct, et la fin des pincettes prises pour s'exprimer (pourtant publiquement) sur un sujet qui mériterait tout de même un peu de précaution. Vive Twitter, le second degré et l'humour noir reviennent enfin en force dans la parole publique !

Les déclarations solennelles ont fusé de toute part, de gauche à droite, tout le paysage politique français a souhaité un prompt rétablissement au Président de la République. François Fillon quant à lui répond tout sourire aux journalistes sur la santé de Nicolas Sarkozy. Il récite parfaitement les messages clés et ressasse les Q&A élaborés par l'équipe de communication de l'Élysée. Car d'autres ont fait des boulettes, de Patrick Balkany qui s'est répandu dans les médias (pour une fois qu'il trouve une occasion de s'exprimer) en affirmant que son ami Sarkozy "
suit un régime parce qu'il ne veut pas de surcharge pondérale", au porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre qui a parlé de son côté d'un accident cardiaque du Président de la République.

Car la communication autour de ce pépin de santé a vite été verrouillée, les interrogations subsistent, même RTL se pose des questions : "l'Élysée essaie de verrouiller la communication autour du malaise de Nicolas Sarkozy Chaque mot est pesé, chaque image calibrée".

Il ne serait d'ailleurs guère étonnant que les communicants de Nicolas Sarkozy s'empare de cet accident de santé du Président pour écrire des histoires. L'opération de storytelling semble déjà avoir commencée, à en lire les communiqués publiés sur le site de l'Élysée. Dans l'un d'entre eux publié hier à 19h37, l'on peut notamment y lire : "Ce malaise, qui est survenu après 45 minutes d’exercice physique intense, ne s’est pas accompagné d’une perte de connaissance". Tout est fait pour rassurer les braves citoyens, tout en faisant passer une fois de plus l'image d'un Président qui fait des efforts, qui se bouge, qui pratique le sport jusqu'à l'épuisement. L'image du surhomme, certes touché mais jamais coulé, mais avant tout l'image du surhomme en message subliminal.

Dans un second communiqué publié ce matin à 11h04, sous le prétexte de parler d'un "déplacement programmé demain au Mont Saint-Michel reporté à une date ultérieure", l'on nous parle du diagnostic effectué quant au malaise de Nicolas Sarkozy : "le diagnostic est donc celui d’un malaise lipothymique d’effort soutenu par grande chaleur et sans perte de connaissance, dans un contexte de fatigue liée à une charge de travail importante". L'on pourrait gloser sur la bêtise de faire un footing en pleine chaleur, juste après le déjeuner, à l'heure où il ne faut pas faire d'effort physique, mais le plus intéressant est ailleurs : "un contexte de fatigue liée à une charge de travail importante". Autrement dit : si Nicolas Sarkozy s'est fait bobo, c'est parce qu'il bosse trop. Toujours le surhomme, le Président de la République acharné de travail.

Un storytelling en construction. Profiter d'un événement ultra-médiatique et ultra-médiatisable pour transmettre des messages. Construire une histoire autour d'un malaise que tout un chacun pourrait faire. L'on risque d'en entendre parler : le malaise de Sarkozy dû à sa forte implication dans son job, la lipothymie expliquée car le Président de la République prend tellement toutes les préoccupations des Français à bras le corps qu'il en est surmené et stressé. Il ne reste plus qu'à trouver les bons points de contact pour véhiculer ces messages clés, et l'histoire entrera dans tous les cerveaux disponibles.

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26 juillet 2009

Ségolène® la femme marque

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François Belley est un publicitaire passionné de communication politique. Par l'intermédiaire d'une connaissance commune (le petit monde des blogueurs), il m'a fait parvenir son livre, "Ségolène® la femme marque". Un grand merci à lui.

En apercevant le nom de l'auteur de la préface, j'ai eu peur : Jacques Séguéla. Séguéla ne fait pas vraiment partie des communicants que je porte dans mon cœur. Mais dans cette préface, il rapporte une confidence de François Mitterrand : "Est élu l'homme qui raconte à son peuple l'histoire qu'il a envie d'entendre à ce moment donné de son Histoire. A l'expresse condition d'en être le héros crédible". Tout est dit dans ces deux phrases, nous trouvons ici résumé les fondamentaux de la communication politique et du storytelling.

Ayant traîné pour écrire mes impressions concernant le livre de François Belley, d'autres blogueurs ont déjà résumé quelques unes de mes impressions. Charles explique sur le blog Vicastel que "internet est LE média qui permet au consom’acteur – pardon, au citoyen-expert – de s’exprimer et de s’épanouir" et ainsi "l’ouvrage raconte comment la candidate a construit son programme présidentiel sur la synthèse (supposée) des participations des internautes sur desirsdavenir.org. Exactement à la manière du web 2.0, le programme Royal aurait été le premier programme User Generated Content".

Sur compolitique, vous y trouverez une interview de François Belley. L'auteur du livre rappelle notamment l'une des principales forces de Ségolène quant à sa communication politique : "L’une des spécificités de Ségolène Royal réside en effet dans cette capacité à constamment créer l’événement : c’est ce qui la rend sensiblement différente sur le « marché » politique et intéressante en termes de communication. A l’instar de Nicolas Sarkozy, la présidente de région a bien compris le fonctionnement des médias, l’impact des images fortes et l’importance des « petites » phrases pour faire l’actualité".

Grégory Bozonnet quant à lui a rédigé une longue note pour résumer et donner son avis à la fois sur le livre "Ségolène® la femme marque" mais aussi sur la communication de Ségolène Royal. Comme Grégory le note, le profil de publicitaire de François Belley apporte une véritable force aux démonstrations données dans cet ouvrage, car il y emploie le langage employé par les professionnels de la communication : "l’omniprésence de termes utilisés en marketing et en communication nous rappelle toutefois la nature de cet ouvrage. Ainsi on peut trouver des mots comme covering, C to P (consumer to politics), insights, big idea, team, feedback, brand linking, ou encore des termes qui nous plongent directement dans l’univers de la publicité comme aspirationnel ou désirabilité".

Henry Moreigne conclut parfaitement le ressenti que l'on peut avoir à la fin de la lecture du livre de François Belley : "Devenue mature, la marque Royal évolue, tente de se bonifier, de gagner en épaisseur dans les propos. Mais surtout, Ségolène Royal n’est plus dans la mêlée mais déjà au-dessus. Les intonations évangéliques en attestent. Si la marque Ségolène a connu une érosion de ses parts de marché à l’issue des présidentielles de 2007, elle se prépare activement à être la marque leader en 2012". Comme pourrait le dire Charles Pasqua dans d'autres circonstances : "ce serait con de tout gâcher".

Vous comprendrez qu'il est difficile d'arriver après toutes ces critiques. Si Ségolène Royal attire et est au cœur de l'ouvrage, François Belley parle également (mais pas assez longuement à mon grand regret) de celles et ceux qui l'ont aidé dans cette campagne des élections présidentielles de 2007. Il parle de Natalie Rastoin (directrice générale de l'agence Ogilvy), de Benoît Devarrieux (directeur de création de l'agence H), de Paul Boury (directeur de l'agence Altedia). Avec les sondeurs, les communicants font désormais partie intégrante des campagnes de communication politique. Ils sont les femmes et hommes de l'ombre qui sentent l'opinion publique et savent surfer sur les désirs des Français, qui savent trouver les mots qui parlent aux électeurs.

Dans le livre de François Belley, tout est montré, analysé, expliqué, commenté. Tout sur la stratégie de construction de la marque Ségolène®. Toutes les étapes pour créer une certaine forme d'addiction au produit. C'est donc très intéressant, et pour tous les passionnés de communication politique un ouvrage indispensable. Pour les "braves militants" en revanche, je crains qu'il ne faille pas trop leur conseiller cette lecture, au risque de perdre leur naïveté sur la réalité des coulisses de la construction des hommes politiques.

Pour conclure, je vous encourage à lire le blog personnel de François Belley, et de consulter le site dédié à son livre.

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25 juillet 2009

Burqa Babes

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Peut-on rire de tout ? "Oui, mais pas avec tout le monde" répondait Pierre Desproges. Et l'on sait que la religion fait partie de ces sujets sur lesquels il est compliqué de rire, et ne parlons pas de se moquer, la tache devient encore plus ardue.

La publication des dessins de Peter De Wit sur le site de Courrier International (*) amènent à réflexions.

Publiées en 2008, ces dessins prennent une signification en France actuellement, alors que le débat sur les burqa s'est emparé des médias et des politiques dans notre pays. Il est toujours intéressant de voir que les engouements médiatiques sur des situations finalement relativement anecdotiques dans nos pays occidentaux viennent et repartent. Des actualités chaudes qui se refroidissent aussi rapidement que leur utilité politicienne est épuisée.

Je fais un parallèle entre la liberté d'expression pour pouvoir rire de la burqa, avec la liberté d'expression dans le cas de l'affaire Orelsan. Toujours - et je considère cela comme un dangereux populisme - les politiques tentent de convaincre l'opinion publique du bien fondé de leur réflexion ou de leur proposition en s'emparant de faits divers ou de faits de société. Sans jamais réfléchir aux dangers que cela entraine pour la liberté d'expression.

Evelyn Beatrice Hall écrivait : "
I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it


* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International
".

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24 juillet 2009

L'été meurtrier de l'UMP

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Il y a quelques jours j'affirmais que les socialistes en était arrivés à un tel stade de violence entre eux que l'on pouvait parler de "l'été meurtrier du Parti Socialiste". Mais à bien y regarder, ce n'est guère mieux à l'UMP. Deux exemples : les cas Boutin et Jégo.

L'ex-ministre du Logement Christine Boutin, évincée lors du récent remaniement, balance ce qu'elle a sur le coeur. Malheureusement pour elle, son flair en politique se rapprochant tellement de la qualité de ses résultats comme Ministre, elle ne comprend pas qu'elle vient de se griller en l'espace de quelques jours. Dans Le Point, elle vide son sac : sur François Fillon elle lâche un "Fillon n'est pas un courageux, il avale tout, il a tout renié". On se demande pourquoi Madame Boutin souhaitait donc continuer à faire partie de l'équipe du Premier Ministre. Sur Sarkozy et le logement (le ministère dont elle était en charge, elle tape fort : "le logement n'intéresse ni Fillon ni Sarkozy. Le mot logement n'a été prononcé dans aucune conférence de presse du président. Et je ne parle pas des sans-abri. Parce que là, c'est encore pis ! Jamais il n'en a parlé, sauf lorsqu'il y a eu les morts de Vincennes". Autrement dit, Christine Boutin ne servait à rien. Olivier Bonnet a raison de s'interroger sur son blog : "elle peut bien aujourd’hui faire l’aveu que ce problème n’intéresse ni Fillon, ni le président, mais pourquoi donc a-t-elle accepté ce portefeuille quand on ne lui donnait pas les moyens d’agir de façon satisfaisante ?". Hein, Christine, pourquoi ?

Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer malheureux durant la crise des Antilles, s'il se paye ouvertement la tête de François Fillon, garde au moins l'intelligence de préserver Nicolas Sarkozy, sait-on jamais. Sur son blog même, il retranscrit une interview donnée au Figaro, dans laquelle on peut notamment lire sa considération envers François Fillon : "avec François Fillon, en revanche, je n’ai eu aucun contact ni lors du remaniement, ni depuis, ce qui confirme sans doute que c’est lui qui ne voulait plus de moi dans son équipe". Une belle pique pour nuire à celui que les Français (selon les sondages) préfèrent au Président de la République. L'image du mec sympa, un peu bonhomme, bosseur mais humain de François Fillon pourrait en prendre un coup. Et pire encore, il flingue le professionnalisme de François Fillon, qu'il décrit comme un Premier Ministre aux abonnés absents, cette fois dans une interview au Parisien : "depuis que je suis rentré des Antilles en février, je n’ai eu aucun contact avec le Premier ministre". Ambiance, ambiance. A se demander si Yves Jégo assistait aux conseils des ministres du mercredi ...

Etrangement, si les heurts du Parti Socialiste trouve un écho tonitruant dans les médias français, ceux de la droite française semble les intéresser un peu moins. Il ne faudrait pas en tirer des conclusions hâtives sur une certaine presse leader d'opinion aux mains du pouvoir, car l'on pourrait également trouver une explication dans le fait que l'UMP se porte dans l'ensemble plutôt bien. Contrairement au PS qui ne fait parler de lui que pour ses camaraderies incendiaires, le parti de Nicolas Sarkozy peut compter sur une armée dans l'ensemble plutôt soudée (et effrayée) autour du Président de la République.

D'ailleurs, si Christine Boutin tacle Nicolas Sarkozy, la grande partie de ses attaques, et la totalité de celles d'Yves Jégo, ciblent François Fillon. Un Premier Ministre plus populaire que son Président, qui pourrait à terme devenir dangereux pour Nicolas Sarkozy en vue de 2012. Un homme à abattre pour la sarkozie. Et un changement de Premier Ministre annoncé pour 2010 après les régionales. Evacuer un Premier Ministre trop populaire serait forcément mal perçue par l'opinion publique. Comme le raconte l'ancien ministre et actuellement sénateur Alain Lambert sur son blog, les évictions de ministres ont des raisons que la raison ignore : "comme il n’y a aucune solide raison qui justifie votre nomination, il n’en existe pas davantage pour votre éviction. Elle se produit comme l’épluchure d’un fruit qui se gâte progressivement.". Bienvenue dans le merveilleux monde de la politique française.

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23 juillet 2009

trou du cul du web : Nicolas Sarkozy

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Faites un test : tapez trou du cul du web dans Google. Etonnant, non ? Le premier site qui ressort : http://www.sarkozy.fr, le site officiel de Nicolas Sarkozy à l'époque où il était encore candidat à la Présidence de la République pour les élections de 2007.

Dans le jargon, cette pratique s'appelle du Google bombing, une technique de référencement visant à influencer le classement d'une page dans les résultats du moteur de recherche Google. Une pratique de militantisme web qui existe depuis que les moteurs de recherche ont été créés.

Certes les dégâts sont limités pour Nicolas Sarkozy, l'on peut espérer (quoique) que cette occurrence ne doit pas être énormément recherchée dans Google. Mais cette histoire a pris toute son ampleur à partir du moment où Google a décidé de diffuser un communiqué de presse sur cette histoire. Si Google déplore cette démarche, il n'est pas question pour eux de réagir et de modifier cet état.

Mais tout l'amusement trouve son intérêt dans le fait que Google donne dans ce communiqué de presse les explications pour un bon Google Bombing : "un grand nombre de webmestres ont utilisé l'expression en question pour pointer vers le site www.sarkozy.fr, faisant ainsi remonter ce site parmi les résultats de recherches liés à cette requête".

Si pour le moment le risque reste fort limité pour Nicolas Sarkozy, la réaction de Google donne de l'ampleur à cette attaque virtuelle, et risque de faire émerger quelques idées aux webmaster en herbe. Merci Google donc pour le petit manuel du bon cybermilitant. Cette affaire risque fort de devenir un véritable enjeu de communication politique digitale pour le Président de la République.

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22 juillet 2009

communication politique : les meilleurs communicants parmi les hommes politiques

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Non, vous ne lirez pas ici un énième classement sur les meilleurs femmes et hommes politiques en matière de communication politique, même s'il n'en existe pas quasiment pas. Bien qu'un baromètre de la communication politique serait fort intéressant, je préfère vous offrir la parole. (Mais aussi car je n'ai actuellement que très peu de temps, et peu de motivations le soir pour écrire sur ce blog une fois mes neurones déconnectés quand j'arrive chez moi).

Alors quels sont pour vous les meilleurs communicants en politique ? Et pourquoi ? Quels sont les coups médiatiques qui vous ont marqué (récemment ou pas) dans le domaine de la communication politique ?

Le récent soutien de Ségolène Royal à Martine Aubry ? Le positionnement de Nicolas Sarkozy face à la crise économique ? Le discours de Barack Obama en Afrique ? Le conflit entre François Bayrou et les médias durant la campagne des présidentielles de 2007 ? La campagne européenne victorieuse des écologistes ? Ce ne sont que de simples exemples.

A vous la parole ...

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19 juillet 2009

L'été meurtrier du Parti Socialiste

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Les militants socialistes en viendront à regretter François Hollande. Le mandat de Martine Aubry à la tête du PS continue de montrer un parti en pleine dégringolade. Outre l'échec cuisant des élections européennes, outre le refus des partis traditionnellement amis du Parti Socialiste de faire une alliance en vue des élections régionales de 2010, la Première Secrétaire du PS voit les guerres internes déraper au grand jour.

Si les échanges de mots doux par lettre ouverte publique réciproque entre Manuel Valls et Martine Aubry nuisent forcément à l'image du Parti Socialiste, la diatribe de Julien Dray sur son blog accentue encore plus gravement cette image devenue catastrophique.

Avec Valls, le problème se trouve principalement dans le fait que le PS lave son linge sale en public, et je rejoins Christophe quand il écrit : "
lorsqu'il y' a des problèmes, je reste intimement persuadé que l'on en parle de pair à pair dans un bureau fermé sans micros et sans communiqués de presse à la sortie". Mais au-delà rien de dramatique : Manuel Valls est isolé au Parti Socialiste, les militants et les cadres du parti ne l'aiment guère. Il est un trublion qui trouve son existence dans l'opposition systématique au sein de son propre parti, d'où un accès aux médias facilité par cette position. A s'en demander parfois s'il n'est pas la petite souris envoyée par la droite afin de chatouiller les éléphants socialistes dans leur magasin de porcelaines.

Julien Dray est un cas bien plus complexe pour Martine Aubry : il n'a plus rien à perdre. En difficulté avec la justice, en perdition auprès de l'opinion publique qui déteste la gauche bling-bling, esseulé au PS depuis l'abandon de Ségolène Royal, Julien Dray pourrait se révéler être bien dangereux. Tout d'abord car il est un "tueur" en politique : il connaît les coups fourrés, il connaît les histoires sales du PS, et garde un réseau puissant. Alors quand Juju dégaine, ça fait très mal, et il peut de sa plume toucher à bout portant la cuirasse de Martine Aubry. Dans une note intitulée "à en pleurer" sur son blog, il écrit par exemple : "
Martine Aubry a résumé et confirmé les grandes caractéristiques de son début de mandat de première secrétaire du parti socialiste : l'impuissance, l'amateurisme, et surtout une étonnante incapacité à entendre ce qui se passe et dans son parti, et dans la société". Martine Aubry est à terre, mais Juju continue : "Martine Aubry se concentre désormais sur la dénonciation publique de camarades, alors que les sujets d'actualité sur lesquels elle pourrait prendre la parole et positionner le PS ne manquent pas. Drôle de pratique, vraiment, alors que l'on nous avait pourtant expliqué en long, en large et en travers, lors du congrès, que le linge sale se lave en famille".

Pendant que certains socialistes se crachent publiquement à la figure, d'autres travaillent à 2012, en silence : François Hollande, Ségolène Royal, Pierre Moscovici et d'autres encore. Quand on est un éléphant au PS, on passe 90% de son temps le nez dans le PS. Triste. Et les guerres respectives entre Valls et Aubry d'une part, Dray et Aubry d'autre part ne vont faire qu'inciter les autres requins en soif de médiatisation à s'engouffrer dans cette brèche : taper publiquement sur ses camarades pour exister, avec un fort risque d'embrasement. Taper toujours plus fort, là où ça fait le plus mal, pour être entendu.

Une dernière impasse enfin pour Martine Aubry : elle ne peut désormais plus virer Manuel Valls du PS. Elle devrait sinon également renvoyer Julien Dray. Un ça va, deux ce serait la cata.

Ah si, une bonne nouvelle cependant. Et c'est Gilles Klein qui l'a trouvée : la prise de parole de Julien Dray prouve que "pour un politique, le blog a encore son utilité pour se faire entendre". Les socialistes se consoleront comme ils le peuvent.

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14 juillet 2009

Un nouveau procès pour l'affaire Ilan Halimi : justice ou vengeance ?

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Pas facile d'écrire sur le sujet. Sujet délicat, je le sais. Mais je n'arrive pas à me taire. Car suite à la décision de la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie de demander un nouveau procès pour les complices de Youssouf Fofana dans l'affaire Ilan Halimi, deux réflexions ont mûri.

La fin de la séparation du politique et du judiciaire.
Je ne suis pas juriste, et je risque probablement de faire hurler les blogueurs Jules ou Eolas, mais j'avoue ne pas comprendre la décision de la Garde des Sceaux. Et je rejoins pleinement le président de l'USM - un syndicat de magistrats marqué à gauche - Christophe Régnard lorsqu'il dit : "
Quel sens cela va t'il avoir de faire un procès dans ces conditions là, sans Fofana ni un certain nombre d'autres ?". Car il s'agit bel et bien de cela : rejuger uniquement les personnes du "gang des barbares" dont les peines prononcées sont inférieures aux peines qui avaient été requises. Dangereux et malsain. Le sentiment non plus d'une justice, mais la soif d'une vengeance : si les peines ne vous conviennent pas, le pouvoir politique interjettera en appel afin que les criminels puissent être condamnés plus lourdement. L'on pourrait à juste titre se demander si l'on parle encore de justice. Et l'intervention du politique dans une affaire judiciaire a de quoi effrayer les plus fervents défenseur de la séparation des pouvoirs.

Une aubaine pour le communautarisme.
En revenant sur le "ressenti" exprimé précédemment, il est fort à craindre que cette décision politique renforce les communautarismes. Des deux côtés : d'une part les "organisations juives" (CRIF et UEJF principalement) qui pourraient ainsi avoir l'impression que leurs demandes seront forcément entendues et appliquées par les pouvoirs politiques. Mais aussi et surtout pour les vrais antisémites, ceux qui hurlent au "lobby juif" : cette décision est pour eux du bain béni afin de renforcer les convictions de leurs sympathisants, voire même de recruter de nouveaux adeptes.

Si cette décision de Michèle Alliot-Marie soulage la famille de la victime Ilan Halimi, je peux naturellement le comprendre. Mais la sagesse d'un politique est de voir au-delà, de peser les conséquences, d'un point de vue politique et en l'occurence sur le danger de la fin de la séparation des pouvoirs, d'un point de vue sociétal d'autre part avec la montée des communautarismes et l'impression d'une justice dédiée à venger le meurtre d'un innocent. Et je crains que l'éloge du calme lancé par l'avocat général à la cour d'assises de Paris Philippe Bilger, ne soit pas suivi.

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12 juillet 2009

Le retour de Ségolène Royal ou la Francofolie d'Orelsan

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Orelsan, vous connaissez ? Petit rappel : Orelsan est un rappeur "controversé" suite principalement à un clip d'une vieille chanson intitulée «Sale pute». Des paroles virulentes en effet, et des propos pour le moins choquants. Et j'entends bien les contestations des féministes, notamment celle de la camarade blogueuse Olympe. Je ne répéterai cependant jamais assez que je suis un fervent défenseur de la liberté d'expression. Je suis contre toute forme de censure, et si jamais l'on jugeait que Orelsan est allé trop loin, je pense que c'est devant les tribunaux que cela devrait être réglé. Pas pour des raisons du politiquement incorrect bafoué ou d'affront à la bienpensance de notre société.

Mais le plus intéressant reste le flou artistique autour de l'annulation de la présence d'Orelsan aux Francofolies de La Rochelle. Et Ségolène Royal qui survient dans le débat. De façon bien brouillonne, comme le rappelle Slate.fr : "
l'entourage de Ségolène Royal avait dans un premier temps démenti mais la présidente de la Région Poitou-Charentes l'a confirmé samedi 4 juillet à Sud-Ouest: oui, elle a bien demandé l'annulation du concert du rappeur Orelsan aux Francofolies de La Rochelle le 14 juillet. Ce que dément l'organisateur du festival". Bon courage pour suivre. On imagine le bordel dans l'équipe de Ségolène Royal, et le manque de coordination et de concertation. Mais passons, l'amateurisme des politiciens français ne nous étonne plus.

Aux dernières nouvelles donc, Ségolène Royal est bien intervenue pour demander l'annulation du concert d'Orelsan. Autrement dit : une censure de la part d'une élue politique - Ségolène Royal est présidente de la Région Poitou Charente où se déroulent les Francofolies - pour des raisons de convictions personnelles, comme elle le dit elle-même : "
en tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n'ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes". Ou de la censure d'un artiste pour des raisons de désaccords moraux.

Mais Ségolène Royal, plutôt silencieuse depuis la défaite des socialistes aux élections européennes (alors même qu'elle aurait eu un boulevard politique devant elle pour reprendre le leadership), trouve dans cette polémique un moyen de revenir sur le devant de la scène, consciemment ou pas. Être au centre de la polémique se révèle toujours porteur pour elle. Surfer sur les divisions des Français permet de faire parler d'elle et de ne pas se faire oublier. Ségolène Royal sait aussi qu'elle trouvera aussi le soutien "des femmes", un discours de femme à femme facile à
marketer pour mieux se vendre auprès de cette cible électoralement puissante.

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11 juillet 2009

Tibéhirine - Karachi : le retour de la guerre Chirac - Sarkozy ?

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Il y a un peu moins d'un mois, je m'interrogeais sur les dessous des nouvelles révélations concernant l'attentat de Karachi. Avec les derniers rebondissement, j'évoquais la piste d'un "complot anti-Sarkozy" en écrivant : "Jacques Chirac, qui depuis maintenant plusieurs longues années voue une haine indestructible à Nicolas Sarkozy, pourrait avoir décidé de passer à l'offensive. Jacques Chirac, maître ès barbouzeries, pourrait ainsi trouver sa vengeance contre son successeur. A moins qu'il n'envoie un signal au pouvoir actuellement en place : il vaut mieux laisser El Chi finir tranquillement sa retraite, et laisser ses proches (je pense notamment au procès Clearstream de Dominique de Villepin qui se tiendra après l'été) en paix, au risque de lancer des œufs pourris et de commencer le grand déballage de la droite française.

Sur le site de Courrier International, un article du quotidien algérien Liberté titré "Et si c'était Chirac qui était visé ?" (*) me fait rebondir sur ces présomptions. Résumant l'affaire : "
un général français, en poste à Alger à l’époque des faits, témoignant que les moines de Tibéhirine auraient été tués par des tirs de militaires algériens, puis Nicolas Sarkozy demandant la levée du secret-défense, cela signifie tout simplement qu’Alger ou Paris, peut-être même Alger et Paris d’un commun accord, auraient alors étouffé l’affaire", le journaliste Saïd Chekri affirme ensuite : "il est vrai que pour Morin lui-même comme pour l’actuel patron de l’Elysée, il n’y a pas de quoi perdre le sommeil. Cela n’est pas le cas pour les responsables français qui ont eu, sous Chirac, à officier dans le domaine de la diplomatie et de la sécurité. Nombre de ceux-là, Chirac en premier, seraient plus ou moins éclaboussés si la levée du secret-défense confirmait le témoignage du général français".

Au premier abord, deux affaires totalement distinctes et indépendantes. A l'exception que deux noms reviennent dans cette histoire : Chirac et Sarkozy. L'ancien Président de la République et l'actuel Président de la République, ces deux qui se vouent une haine immortelle. Alors non, je ne peux en tirer aucune conclusion, aucune certitude ne peut ressortir de ces observations. Cependant, avouez que la proximité entre les révélations se retrouvent étonnamment rapprochées dans le temps. La première affaire d'Etats concernant l'attentat de Karachi aurait tout pour éclabousser Nicolas Sarkozy. La seconde affaire d'Etats concernant la mort des moines de Tibéhirine aurait tout pour éclabousser Jacques Chirac.

La politique est faite de coups bas, visant à déstabiliser les camps inverses (et ils sont d'autant plus violents quand les camps adverses se situent dans le même camp politique), visant à envoyer des signaux pour montrer que chacun à des dossiers sur les autres. Dans ces histoires, l'opinion publique assiste spectatrice à des règlements de compte qu'elle n'imagine même pas. Les médias relayent alternativement les versions on de ces sombres affaires, le off étant trop brûlant pour qu'ils risquent de s'y attarder.


* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International

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09 juillet 2009

Rencontre avec Martin Hirsch

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Hier soir se tenait une rencontre avec Martin Hirsch, l'ancien président d'Emmaüs à la double casquette actuelle : Haut commissaire à la Jeunesse et le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. L'objectif de ce rendez-vous était de parler du RSA, et de faire un point sur ce revenu alors que les premiers versements ont été effectués le 6 juillet.

A mon grand dam, j'ai été retenu par une réunion professionnelle et je suis arrivé à la fin de la rencontre. Je serais donc bien mal placé pour écrire un compte-rendu objectif des propos de Martin Hirsch. Je pourrais écrire que Tintin (son ptit nom pour les intimes) est sympathique et qu'il ne cesse de mâcher des Nicorette, mais je doute que cela soit bien passionnant.

En revanche, je ne peux que vous inviter à lire les écrits des autres participants : Richard Trois, Koz, Sophie et Pili du site Actu Chômage, Fabrice Mazoir de Mode(s) d'emploi, Penda K. Traoré de France5 Emploi et François Fillon-Nallet de Femmes-Emploi.

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05 juillet 2009

François Bayrou : 3 ans pour gagner !

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Le Mouvement Démocrate tenait hier son Conseil National au cours duquel 9 décisions ont été adoptées. Ainsi soit-il.

Depuis la défaite des élections européennes, je ne m'étais pas exprimé sur le parti dont je suis encore militant. J'avais exprimé mon désarroi - auquel François Bayrou avait répondu directement en commentaire sur ce blog - face à la stratégie de communication politique menée sur internet par le MoDem. Je m'étais mis en retrait lors de la campagne des européennes, n'appréciant pas la tournure de cette campagne, m'incitant même à ne pas aller voter le jour du scrutin, alors que je n'avais cessé d'écrire sur ce thème. Une grosse déception, sans aucun doute. J'ai même enlevé mon bracelet orange qui ornait mon poignet depuis maintenant plus de 2 ans.

J'ai un énorme défaut (en politique) : j'oublie vite. Alors je passe. A autre chose. Aux présidentielles de 2012. Il faut gagner, il ne faut pas que Nicolas Sarkozy et son clan renouvellent leur mandat de 5 ans. Sur le fond, je ne pourrais jamais être meilleur que Juan pour exprimer tout mon dégoût de la politique sarkozyste.

Malgré toutes mes critiques, je continue à croire en ce parti qu'est le MoDem. Il est jeune, il lui reste tant à apprendre, à construire. Il présente quand même de multiples avantages à ne pas négliger, au-delà des idées bien entendu. Tout d'abord la force d'avoir un leader incontesté dans l'opinion publique, contrairement aux autres partis d'opposition, le Mouvement Démocrate sait pour qui il devra se battre. Mais aussi la chance de ne pas avoir de courants, chapelles ou groupuscules se tirant dans les pattes pour des luttes de pouvoirs et d'égos. Le parti de François Bayrou a tout d'une machine de guerre.

Il reste désormais deux choses à construire au Mouvement Démocrate pour avoir toutes les chances de gagner : communiquer et communiquer. Avoir du fond à communiquer, une élection se gagner sur un message, sur une idée forte, il faudra la trouver, et axer toutes les prises de paroles, tout le projet autour de cette vision globale. Apprendre à communiquer sur la forme : pour emporter les élections, les électeurs doivent être touchés, ciblés, contactés, convaincus. Le web est un medium, il n'est pas le seul. Une bonne communication politique impliquera une véritable professionnalisation du pôle communication du Mouvement Démocrate, une équipe dévouée ne suffit pas, des regards extérieurs et avisés seront indispensables pour structurer le tout.

Dans 3 ans, un nouveau Président de la République aura été élu. Ou Nicolas Sarkozy aura été réélu si les choses continuent telles quelles. Aujourd'hui, je pense que des primaires sur le candidat alternatif à Sarkozy s'impose. Il faudra résoudre rapidement les problèmes de financement des partis politiques si l'idée des primaires devaient être retenues. Mais des primaires élargies, de la gauche de gouvernement au centre droit anti-sarkozyste, seraient la meilleure solution pour afficher un front commun contre le Président actuel. Dans ces primaires, je ne peux qu'y voir des partis et personnalités de gouvernement, prêts à assumer la victoire et à travailler ensemble. Pas des opposants systémiques qui hurlent dans l'opposition mais refusent les responsabilités.

Je crois que François Bayrou serait le plus à même pour être le vainqueur de telles primaires. Le pari serait osé, courageux et un signal fort pour cette France qui refuse la France de Sarkozy. Je pense que François Bayrou (le candidat Condorcet) pourrait permettre de tourner la page du sarkozysme. Mais si une Ségolène Royal ou un Dominique de Villepin venait à emporter de telles primaires, ils auront mon soutien.

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04 juillet 2009

L'appel du 3 Juillet de Dany Boon en exil à Los Angeles

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Qui le plus ridicule de la famille Le Pen, ou de Dany Boon ? Qui est le plus drôle de Jean-Marie Le Pen ou de Dany Boon ? Qui est le plus démagogue de Marine Le Pen ou de Dany Boon ?

Sur les idées, no comment, bien entendu je combats celles du Front National. En revanche, ce que vient faire Dany Boon dans la campagne des élections municipales, je ne comprends pas, et le communiqué du comique réalisateur frise le grotesque. Je rejoins Authueil lors qu'il écrit que la classe politique fait "tout pour que le FN gagne Hénin-Beaumont", je le rejoins lorsqu'il affirme que "
Dany Boon ferait mieux de la fermer. Il n'habite pas Hénin-Beaumont, il ne connait rien des motivations du vote des habitants, et pourtant, il vient en donneur de leçons. Pour braquer des électeurs, il n'y a pas mieux !".

Admirons le pathétique de la démarche de Dany Boon : un communiqué de presse envoyé via via "son bureau de presse" (sic). Dans le genre déconnecté de la réalité, la forme égale le fond : "le Front national véhicule des idées à l'opposé de notre identité régionale. Le Nord–Pas-de-Calais a toujours été une terre d'accueil, de tolérance, de respect de l'autre et de ses différences". Il est mignon, Dany Boon. Et c'est du bain béni pour la candidate FN aux élections municipales d'Hénin Beaumont, Marine Le Pen, qui réplique aussitôt en rappelant que Dany Boon ne connaît pas la situation des habitants de la commune car il est millionnaire et habite à Los Angeles.

Mais peut-être la sortie de Dany Boon trouve-t-elle ses origines ailleurs. Souvenons-nous de la déclaration en Avril dernier de Jean-Marie Le Pen pour expliquer le succès de Bienvenue chez les Ch'tis : "comment imaginer qu'une telle foucade médiocre ait pu rassembler 20 millions de téléspectateurs? Je crains que ce ne soit un signe de la décadence de l'esprit français". Ambiance, l'on se demande qui est le comique des deux.

Si demain le Front National échoue à la Mairie d'Hénin Beaumont, il est fort peu probable que ce soit grâce à l'appel de Dany Boon. Depuis bien longtemps les people n'amènent personne aux urnes, et encore moins pour des élections locales.

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03 juillet 2009

marketing politique versus communication politique

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Depuis le 1er Juillet de cette année s'applique une TVA à 5,5% dans les restaurants de France et de Navarre. Une mesure à plus de 2 milliards d'euros par an. Dans une France en déficit, le fond de cette mesure nécessiterait que l'on se pose des questions. Si cette mesure profite sans conteste aux restaurateurs, à l'autre bout de la chaîne le bénéfice de cette mesure semble plus pernicieux : qui va au restaurant sinon les plus favorisés (et les touristes) ? En résumé, une mesure destinée à une corporation et aux plus aisés des Français. Était-ce la priorité ?

Mais conjointement à cette baisse de la TVA, l'UMP en a profiter pour envoyer un tract aux restaurateurs. Dans une lettre que vous pouvez lire sur le site de France Info, l'UMP s'auto-congratule auprès des restaurateurs, et envoie aux 120000 concernés un bulletin d'adhésion à l'UMP. Mauvaise communication politique doublée d'un mauvais marketing politique.

Une mauvaise communication politique en double temps : il est fort à craindre que les restaurateurs n'apprécient guère cette démarche, avec l'impression de se faire acheter au travers d'un deal presque transparent de Xavier Bertrand, le président de l'UMP qui se traduit par un : "
je baisse ta TVA, soutiens Nicolas". On trouve plus subtile. D'autre part, une communication politique catastrophique dans le fondement de cette démarche, l'UMP prouvant que le gouvernement ne s'adresse pas à l'ensemble des Français, mais seulement à certaines castes qu'elles veut draguer pour mieux obtenir leurs bulletins.

Un mauvais marketing, il suffit de regarder les chiffres. A peine deux ou trois centaines de retours (officiels) avec bulletins d'adhésion à l'UMP retournés pour plus de 120 000 lettres envoyées. Soit moins de 0,5% de taux de retour, une catastrophe dans une démarche de marketing. Sans connaître le prix de ce coup politique (l'envoi du courrier coûte cher), il semble assez évident que cette opération ne sera pas rentable d'un point de vue uniquement pécunier et militant.

Certes on aura parlé de cette mesure, on retient la TVA à 5,5%, le message sera finalement passé. Et Nicolas Sarkozy fait sienne cet adage : "que l'on parle de moi en mal ou en bien, peu important tant qu'on parle de moi". Mais des points de vue marketing et communication politiques, en résumé, l'on assiste à une démarche purement clientéliste et électoraliste. 2 milliards d'euros pour 500 nouveaux militants UMP, Nicolas Sarkozy achète ses militants aux tarifs d'escorts de luxe. Voici venus les militants bling-bling. On pourrait comprendre une mauvaise communication politique pour faire du marketing politique efficace, et inversement. Mais se louper sur les deux niveaux, l'UMP nous avait habitué à plus de professionalisme ...

NB : pour poursuivre et élargir la discussion, je vous invite et incite à lire la note de l'ami Citizen L.

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