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31 octobre 2009

Le bon gros troll de l'identité nationale

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"Identité nationale" : il est fort Sarkozy. Un bon débat récurrent pour oublier le reste. Un bon sujet polémique, lancé de surcroît par un transfuge de la gauche, Eric Besson, pour ne parler que de ça, et pendant ce temps ne plus parler de Frédéric Mitterrand et de tourisme sexuel, de Jean Sarkozy et de l'EPAD, de Dominique de Villepin et du procès Clearstream, de Brice Hortefeux et de ses blagues foireuses, du chômage qui ne cesse d'augmenter.

Un bon gros troll. On lance l'expression "identité nationale" et tout le monde se rue, pour hurler contre, pour crier contre les contre. Finalement personne ne sera jamais d'accord. Finalement on oubliera de parler de l'identité européenne.

On oubliera de dire qu'il n'y a pas "une" identité mais autant "des" identités nationales. On parlera encore de la Marseillaise et du drapeau tricolore.

On parlera d'une "odeur nauséabonde qui rappelle les plus sombres heures de l'histoire de France" comme argument rabâché. Encore.

Et on passera à autre chose. On aura enterré notre indignation pour une nouvelle indignation.

Mais un risque cependant pour Nicolas Sarkozy. En relançant le débat de l'identité nationale, il est fort à parier que c'est pour souder l'électorat de droite, pour retrouver l'amitié de certains sympathisants de la droite dure effrayés par les récentes polémiques. Pour contrer la percée de Marine Le Pen, plus moderne et plus séductrice que son père, plus correcte et plus directe que son parti, qui effraye la droite gouvernementale. Un jeu dangereux pour Nicolas Sarkozy : ce ne sont pas forcément les citoyens qui changent de bord, mais plutôt les politiques qui s'extrêmisent quand ils récupèrent les voix du FN.

Un bon gros troll, cette identité nationale, qui replace dans l'agenda médiatique des problématiques chères à la droite et à l'extrême droite. La gauche s'engouffre et s'épuise. La gauche ne comprendra donc jamais les pièges de Sarkozy.

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27 octobre 2009

Israël au coeur du débat

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"Israël permettez-moi de le dire, est un membre de l'Union européenne sans être membre de ses institutions", le porte-parole de la diplomatie européenne ne peut être plus clair quand il s'exprime sur Israël et l'Europe. Comme l'écrit L'Hérétique, personne n'a réagi à cette déclaration pourtant ô combien importante sur l'élargissement européen. Et la camarade blogueur d'appuyer ces propos : "Javier Solana a raison : les liens entre l'Europe (tout du moins au niveau des programmes communs) sont si forts, que l'on peut dire qu'il n'y a guère de différences entre Israël et un autre état européen".

Parallèlement, une interview de Jacques Attali (un personnage que je n'affectionne guère même s'il mène parfois de beaux combats) pour le journal Ha'Aretz mérite l'attention. Dans cet entretien rapporté par Courrier International (*), Attali affronte au sens propre le journaliste en face de lui sur la problématique de l'antisémitisme en France. Quand le journaliste lui demande s'il y a des problèmes d'antisémitisme en France, Attali répond : "Non, il n'y a aucun problème. Affirmer le contraire est un mensonge, un pur mensonge. Il y a évidemment des antisémites, dont certains sont très connus, mais ce n'est pas un problème d'ampleur nationale", et face à l'insistance du journaliste, Attali s'énerve : "Ecoutez, je ne suis pas ici pour défendre la France, mais pour vous livrer mon opinion : tout ceci n'est que du vent. A ma grande déception, vous, en tant que journaliste israélien, ne m'interrogez pas sur les enjeux internationaux qui vous concernent, mais sur l'image caricaturale que vous vous faites de la France".

Chapeau bas, Attali. Pour terminer cet entretien, Jacques Attali s'interroge sur la survie d'Israël, qui passe selon lui par une "communauté juive nombreuse et enracinée dans le monde entier". Et il conclut par ce souhait, que : "quiconque a un parent juif, a été élevé dans une famille juive ou veut vivre en tant que juif doit pouvoir être accepté et reconnu comme juif, sinon la communauté juive disparaîtra".

Au-delà des propos de Solana et de Attali, et que ce soit sur l'Europe comme sur Israël, il est intéressant de constater (enfin) que ces deux sujets terriblement sensibles à aborder commencent à être discutés sans polémique.


* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International

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26 octobre 2009

Tourisme sexuel : nécessité ou facilité ?

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Au Cambodge aussi, "l’affaire Mitterrand" fait parler. Et si en France le débat est aussitôt devenu politique - notamment du fait que cette histoire est ressortie par le biais de Marine Le Pen - le débat au Cambodge tourne autour de la légitimité de la prostitution en général et du tourisme sexuel en particulier.

Frédéric Amat dans Cambodge Soir est allé exploré les avis des internautes sur le sujet. On y lit ce que personne n'ose écrire en France. Bienvenue au cœur de ce que le politiquement correct et l'ordre moral français interdisent d'écrire, voire même de penser. Deux passages m'ont particulièrement accrochés.

"La prostitution dans le milieu de la jet-set est une pratique courante. Elle prend souvent des formes moins visibles, mais s’étale en double page dans les magazines people. Le déballage de ces stars quinquagénaires au bras de somptueuses jeunes filles tout juste majeures ne choque pas. Il fait rêver. De plus, il concerne, par définition, un nombre restreint de personnes. À l’inverse, le tourisme sexuel est un phénomène de masse. L’idée de savoir que des types moches et pauvres veulent également se trouver au bras de jeunes filles superbes est insupportable"

(...)

"Car personne ne s’émeut que les vêtements, notamment les marques, que nous achetons une fortune en Occident, sont produits à bas coût en Orient par des jeunes filles, souvent des enfants, exploitées et maltraitées. Acheter une paire de chaussures de marque "made in Cambodia" à 100 euros la paire fabriquée par une jeune fille dont le salaire mensuel est de 25 euros, est moralement supportable dans nos sociétés d’hypocrites"

Je n'ai pas forcément d'avis sur ces deux sujets. Mais Cambodge Soir a le mérite de les aborder, de mettre les pieds dans le plat, et d'offrir un regard bien différent de celui de nous autres occidentaux, engoncés dans les méandres de nos tabous bienpensants.

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25 octobre 2009

Jean-Michel Aphatie ou l'arroseur arrosé

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Le 21 Octobre, Elisabeth Lévy s'en est prise à Jean-Michel Aphatie dans une note à la plume acide dont elle a le secret. Aphatie répond sur son propre blog car il n'apprécie pas que Lévy parle de lui comme d'un "éditorialiste-cassoulet". J'avoue que cette expression me fait rire.

Et Jean-Michel Aphatie ajoute dans cette même note : "
Passons sur le fait d’une orthographe fausse de mon patronyme, répétée d’ailleurs tout au long du papier. Pas grave, mais dévalorisante pour un journaliste dont on attend l’exactitude sur ce genre de détails". (Elisabeth Lévy aurait-elle changé de sexe ?)

Aphatie qui donne des leçons d'orthographe. Ahahahah. Il y a plus de deux ans déjà je pointais le français bien approximatif de Jean-Michel Aphatie. Pas moins de 16 fautes dans une même note. Mais Aphatie s'est amélioré. Ou pas. Nul besoin d'aller piocher dans les archives. Lisons juste la note où il reproche à Elisabeth Lévy de ne pas savoir orthographier son nom. Voici ce que l'on peut trouver :

1- "Un différent nous oppose sur le journalisme"
2- "Venant en plus d’une journaliste qui se dit en lutte contre la pensée unique et les discours formatée"
3- "Il est peu probable qu’un élu de gauche bénéificie du fauteuil"
4- "une campagne de presse a été organisé"
5- "Quand à la présidence de l’Epad,aujourd’hui assumée par Patrick Devedjian"
6- "Des insultes ont été proférées publiquement, qui n’aurait pas plus d’excuses qu’elles n’avaient de justification"

Joli. Bravo Jean-Michel Aphatie. Pas grave Jean-Mich', mais dévalorisant pour un journaliste dont on attend l’exactitude sur ce genre de détails.

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24 octobre 2009

Gérer le désir en communication politique

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François Bazin, journaliste politique au Nouvel Observateur, s'empare de Jacques Pilhan pour en faire un ouvrage (que je n'ai pas encore lu) intitulé "Le sorcier de l’Elysée". Jacques Pilhan est l'un des Français les plus reconnus quand on parle de communication politique. L'un des mentors de Claude Chirac, il a été l'un des conseillers en communication de Jacques Chirac, apprenant les bases du métier à la fille de l'ancien Président de la République. Mais aussi bras droit de Jacques Séguéla au début des années 80, il sera le conseiller en communication de François Mitterrand durant son second mandat.

Matthieu Chaigne a interrogé pour Délits d'opinion Laurent Bazin. Un passage de cette interview est consacrée à la comparaison entre communication politique d'aujourd'hui et communication politique d'hier.

Bazin explique notamment : "On ne trouve plus de type aussi inventif et génial que Pilhan. C’est peut-être un problème culturel. Pilhan s’entourait de gens férus d’anthropologie, de psychanalyse, de peinture, d’art. Pilhan avait un fond de culture baroque, de transgression. Aujourd’hui tout le monde sort du modèle Sofres ou Sciences Po". Rien à ajouter que la tristesse de voir la communication politique n'être confiée qu'à des clones aveugles drogués aux sondages approximatifs, imbus de leurs théories non digérées des grandes écoles.

Bazin : "Seconde différence, aujourd’hui, les hommes politiques sont plus séduits par la méthode de Blair – faire la météo au quotidien- que par la méthode de Pilhan – c’est à dire gérer le désir. L’homme politique actuel préfère faire l’actualité tous les jours. C’est plus valorisant. A l’inverse, laméthode Pilhan – se cacher, réapparaitre – est probablement trop subtile pour la classe politique actuelle". A l'exception de Ségolène Royal peut-être, l'ensemble des hommes politiques actuels sont en effet soumis à cette obsession de "créer l'agenda". Nicolas Sarkozy excelle en ce domaine. Malheureusement, il semble complexe de revenir en arrière, bien que le désir semble plus intriguant, plus mystérieux et donc plus intéressant. Mais "créer" le désir, si cela paraît difficile à appliquer pour des femmes et hommes politique à la conquête du pouvoir, devrait être une stratégie, une posture à appliquer au Chef de l'Etat, qui lui n'a plus rien à conquérir. Et la grandeur d'un Président passe à mes yeux par la qualité à savoir ne prendre la parole, à n'exister médiatiquement que pour porter haut et fort la voix de la France.

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21 octobre 2009

Jean Sarkozy, un fils à papa ...

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Jean Sarkozy est un fils à papa, ce n'est pas moi qui le dit c'est Google ! Suite à ma dernière note, ce sont des dizaines de blogs, forums, tumblr et autres lieux (*) sur Internet qui ont participé au Google Bombing contre Jean Sarkozy. Une belle chaine, plusieurs dizaines et dizaines de twitts et de retwitts. Une belle chaîne de cyber-militantisme.

Et le résultat est joli à voir. www.jeansarkozy.org sort en première position dans Google pour la requête "fils à papa" avec des guillemets, et en seconde position sans les guillemets. Jeannot sera intronisé ce vendredi à la tête de l'EPAD, il reste donc quelques heures pour accorder à Jean Sarkozy la place qui lui mérite, être le Prince des fils à papa. Encore un peu de motivation, encore des liens (ça se passe ici pour savoir comment participer).

Une réflexion quant à cette opération. Si elle se veut ludique sur la forme - mais cependant très militante sur le fond du message - la forme du Google Bombing commence véritablement à murir dans ma tête, et avoir une plateforme de cyber-militants ultra-actifs pour véhiculer des messages quant à des protestations ciblées me semble être très intéressante. Le référencement, la futur arme à communication massive en politique ?


(*) je n'ai malheureusement pas le temps de recenser l'ensemble des lieux ayant relayé cette action. Si une personne en ressent la motivation ...

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18 octobre 2009

Google Bombing : Jean Sarkozy, fils à papa

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Jean Sarkozy, un fils à papa : alors comme pour son papa - souvenez-vous du trou du cul du web - , j'ai eu l'envie de lancer un Google Bombing contre le fiston. J'ai lancé l'idée sur Twitter, et beaucoup de personnes enthousiastes m'ont répondu. Alors tentons l'expérience.

L'objectif est simple, amusant et double : que les internautes arrivent sur le site de Jean Sarkozy en tapant "fils à papa" dans Google ; et que les internautes arrivent sur la définition de fils à papa dans le wiktionnaire lorsqu'ils tapent "Jean Sarkozy" dans Google.

Le principe est simple (pour plus d'explications, la page wikipedia consacrée au Google Bombing).

Pour y participer donc : il faut multiplier les points de contact sur le web (forum, blogs, etc). Et écrire "fils à papa" qui pointe vers http://www.jeansarkozy.org/. Et écrire "Jean Sarkozy" qui pointe vers http://fr.wiktionary.org/wiki/fils_à_papa.

Qui est partant ? Plus on est de fous, plus on se marre, plus cette opération cyber-militante a de chances de réussir.

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14 octobre 2009

Pour Sarkozy, Guy Roux est plus important que Patrick Devedjian

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Souvenez-vous (ou pas, personne ne vous en voudrait) il y a plus de deux ans, Guy Roux était défendu par Nicolas Sarkozy. L'entraîneur de Lens avait vu son contrat avec le club de football de Lens ne pas être homologué pour cause de limite d'âge. Nicolas Sarkozy avait déclaré : "si l'on veut éviter que les gens restent trop longtemps dans la même place, il faut limiter le nombre de mandats successifs, mais pas l'âge".

Agé de 68 ans, Guy Roux était trop vieux pour la Ligue de Football Professionnel (LFP) qui se reportait à l'article 653 de la Charte du football professionnel soulignant que "
l'âge limite pour l'exercice de la profession d'éducateur de football est fixé à 65 ans". Nicolas Sarkozy avait alors fait dire par la voix de son porte-parole David Martinon au sujet de cette retraite : "il l'a déploré ce matin".

En revanche, lorsque Patrick Devedjian (âgé de 65 ans) atteinte la limite d'âge pour poursuivre son mande de président de l'Epad, aucune réaction du Chef de l'Etat. Nada. Nicolas Sarkozy n'a rien "déploré" à ce sujet. Et là, toute la droite française s'enthousiasme de la fraîcheur de Jean Sarkozy, appelle au sang frais. Jean Sarkozy, le voila, le sauveur de l'Epad !

C'est étonnant comme l'indignation est sélective. Pour défendre Guy Roux, Nicolas Sarkozy avait également dit : "je l'aime beaucoup". Doit-on comprendre que Nicolas Sarkozy n'aime pas beaucoup Patrick Devedjian ? Une république irréprochable, qu'il affirmait, le candidat Sarkozy. Guy Roux - Patrick Devedjian, un double discours. Rien n'arrêtera ni le populisme des discours, ni la dérive népotique de Papa Sarkozy pour défendre son Jeannot. Et ne parlons pas de l'hypocrisie de toute la classe politique de droite. A l'UMP, il doit être parfois bien difficile de se regarder dans un miroir en rentrant chez soi le soir.

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12 octobre 2009

Norodom Sihanouk vous écrit

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Il y a déjà presque un an maintenant, je prenais pour exemple de communication politique une lettre de Norodom Sihanouk ; une lettre dans laquelle le roi du Cambodge y annonçait sa mort prochaine.

Norodom Sihanouk récidive, le Roi-Père fait publier sur son site internet une lettre intitulée "Une trop longue longévité". Même au crépuscule de sa vie, Norodom Sihanouk garde un humour finalement très brittish. Un Français parfait, une clairvoyance quant à sa situation, une intelligence remarquable.

Reste une question désormais : que fera Norodom Sihamoni (le fils de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge depuis le retrait de son père) après le décès de Norodom Sihanouk ? Un père si populaire dans son pays tellement aimé et respecté, un fils si discret voire inconnu par une partie de son peuple. Une hypothèse : le choix de ce fils justement que rien ne destinait à devenir roi, en accord avec le Premier Ministre Hun Sen, peut-être pour ne pas faire d'ombre à ce dernier.

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11 octobre 2009

Pénélope Fillon voyage en soucoupe volante

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Pénélope Fillon, la femme du Premier Ministre, voyage en soucoupe volante. Elle écrit même : "pendant mon sommeil, mon esprit a été transporté sur Vénus à bord d’un ovni de forme triangulaire" et Pénélope enchaîne "c’était un endroit très beau, très vert".

Et ce n'est pas tout : “J’ai aussi mangé du soleil”, qu'elle a dit, Pénélope Fillon. “Comme ça. Hummm ! Ça me donne une immense énergie. Mon mari s’y est mis, lui aussi”, explique-t-elle pour se justifier.

Vous n'y croyez pas. Et pourtant, allez lire cet article de Courrier International * : "la femme du Premier ministre voyage en soucoupe volante".

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International

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07 octobre 2009

Marine Le Pen fait l'agenda politique

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Présente sur le plateau de "Mots Croisés", l'émission d'Yves Calvi sur France 2, Marine Le Pen est partie en croisade contre Frédéric Mitterand. L'origine de l'envolée lyrique de Marine Le Pen prend naissance dans "La Mauvaise Vie", l'ouvrage que Frédéric Mitterrand a sorti en 2005. Ci-dessous la vidéo de la prise de parole de la fille du président du Front National.



Le débat autour de la récidive, ajouté à la polémique de l'affaire Polanski donne un contexte à une sortie au final peu originale pour une représentante du parti d'extrême droite.

Un joli coup en terme de communication politique de la part de la vice-présidente du FN. Tout d'abord car cette déclaration est reprise partout sur internet, dans les médias traditionnels. De l'émission d'Yves Calvi à l'audience très ciblée, l'extrait s'est retrouvé être présenté au grand public, par exemple dans le JT de France 2. Pour Marine Le Pen, c'est une sortie qui lui permet un retour sur le devant de la scène en grande pompe.

Mais au-delà de créer l'agenda médiatique, Marine Le Pen crée également l'agenda politique. Et le Parti Socialiste se retrouve "obligé" de commenter les déclarations de Marine Le Pen, et les écrits de Frédéric Mitterrand. Difficile exercice pour les socialistes, anti-FN par idéologie et anti-Mitterrand par principe anti-sarkozyste. De Pierre Moscovici qui parle des "
écrits du passé" du Ministre de la Culture à Martine Aubry qui déclare : "je n'imagine pas un seul instant, je ne peux pas imaginer que Frédéric Mitterrand ait pu faire l'apologie du tourisme sexuel, je vais regarder ce qu'il en est" en passant par Benoît Hamon qui s'emporte contre le "ministre consommateur" en disant : "je trouve choquant qu'un homme puisse justifier, à l'abri d'un récit littéraire, le tourisme sexuel". Le PS est tombé dans un piège que personne ne lui a tendu, se retrouvant à commenter une actualité crée par Marine Le Pen, sur lequel les socialistes n'ont rien à gagner.

Et avec ce coup médiatique réussi, Marine Le Pen effectue également un joli coup politique. Car Frédéric Mitterrand a été choisi par Nicolas Sarkozy, le même qui a volé des voix au FN lors des précédentes présidentielles. Le Sarkozy candidat sécuritaire qui a séduit une partie de l'électorat de la droite la plus dure. En revenant sur le devant de la scène, Marine Le Pen affaiblit le gouvernement et retrouve la sympathie de son électorat de base.

Double jackpot donc pour Marine Le Pen : elle flatte ses militants, et ses propos rencontrent une forte médiatisation. Créer l'agenda politique et médiatique est suffisamment rare en soit, encore plus quand cela provient du Front National.

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06 octobre 2009

Stratégies numériques du Mouvement démocrate : le blog

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Brève.

J'ai rejoint le groupe de travail sur les stratégies numériques du Mouvement Démocrate, ça vous le savez. Afin de rendre compte en toute simplicité et en toute transparence de l'avancée de ce groupe, et de partager les actions menées, nous avons ouvert un blog "Stratégie Numérique". Les commentaires, remarques et réflexions constructives sont les bienvenues.

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05 octobre 2009

Cambodge : la francophonie à sens unique

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Comme annoncé la semaine dernière, chaque lundi sera désormais consacré à une note sur le Cambodge. Cette idée m'est venue à Phnom Penh en lisant l'excellent hebdomadaire Cambodge Soir, la référence pour se tenir au courant des actualités du Cambodge en langue française. Un vrai magazine avec des dossiers dignes d'intérêt, fouillé et construit, du vrai boulot de bons journalistes. Fin de la parenthèse.

"Depuis son ouverture en 1990, l’Alliance Française, devenue Centre de Coopération Culturelle et Linguistique puis Centre Culturel Français du Cambodge en 1992, est un pôle incontournable en matière de coopération artistique et linguistique", voici l'auto-description du CCF du Cambodge. Le CCF de Phnom Penh est un bel endroit : un bâtiment magnifique, une librairie, une bibliothèque, une salle de spectacle et de projection, un accueil chaleureux. Mais en un seul et simple exemple, il est facile de prouver une coopération à sens unique.

Avant de rendre visite au filleul que je parraine, j'ai voulu acheter un dictionnaire khmer-français afin de le lui offrir. Instinctivement, le CCF du Cambodge me semblait le lieu adéquat pour trouver cet objet. A la librairie du CCF du Cambodge, point de dictionnaire cambodgien-khmer. Deux dictionnaires du français au khmer existent bien (quoique très volumineux et un peu datés), mais dans l'autre sens on m'indique que c'est impossible à trouver. Déception.

Le soir même, je me retrouve à dîner dans un petit restaurant. Hasard ou signe du destin, la propriétaire de ce restaurant (khmer, je le précise) parle parfaitement français. Je lui demande si par hasard elle ne connaît pas un endroit où je pourrais acheter ce dictionnaire khmer-français. Elle m'oriente très facilement vers le PBC (Peace Book Center), une chaîne de fournitures de bureau. L'une des enseignes (photo ci-contre) se trouve d'ailleurs en plein cœur de la capitale en face de l'Assemblée Nationale, difficile de louper le magasin. A l'intérieur du magasin, des dizaines et des dizaines de dictionnaires, dont plusieurs éditions du cambodgien au français. L'embarras du choix, à des prix modiques (2,10 dollars).

Loin de moi de vouloir jeter la pierre aux personnes œuvrant au CCF du Cambodge, mais le fait est qu'en quelques heures j'ai réussi à me procurer un dictionnaire soit-disant introuvable. Simplement en discutant avec des "locaux". Triste constat, mais le vase clos des expatriés n'est pas un mythe. Un manque de curiosité sidérant. Mais surtout une conclusion bien dramatique : que les Français expatriés au Cambodge apprennent le cambodgien (et c'est une excellente chose) semblent être une priorité au fait que les cambodgiens apprennent le Français. La francophonie à sens unique.

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04 octobre 2009

Besancenot, la fin du buzz

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Il y a plus d'un an déjà, je voyais en Olivier Besancenot un conseiller occulte de Nicolas Sarkozy. J'ai toujours pensé que la popularité du leader du NPA desservait avant tout l'opposition gouvernementale : un Besancenot populaire obligeant la gauche à se prononcer sur son positionnement vis-à-vis du NPA, le pouvoir de Besancenot s'accélérait au fur et à mesure que la gauche se divisait à son sujet, tout cela pour le bonheur de Nicolas Sarkozy et de la droite. Sarkozy n'a fait que plagier Mitterrand, il suffit d'intervertir Besancenot et Le Pen.


Fin du buzz Besancenot, le graphique ci-dessus le prouve. Depuis les européennes et le piètre score du NPA (moins de 5% des suffrages exprimés, et à peine 850 000 scrutins), Besancenot est inaudible et absent. A peine le cite-t-on au détour d'une brève sur la "votation citoyenne" (cette escroquerie démocratique comme le dit si bien Authueil) concernant l'avenir de La Poste. Out Besancenot, il ne sert plus à rien au pouvoir en place. La sur-médiatisation du pouvoir de Besancenot sur l'échiquier politique n'aura eu d'espérance que celle d'un mouchoir usé en pleine pandémie de grippe A.

Besancenot usé vieilli fatigué avant l'heure, Nicolas Sarkozy se doit de trouver un nouveau meilleur ennemi. Daniel Cohn-Bendit fera parfaitement l'affaire. Bis repetita placent.

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01 octobre 2009

Bling-bling Sans Frontière

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L'on se moquait et détestait la bling-bling attitude de Nicolas Sarkozy. Mais à l'étranger - à l'exception peut-être d'un Silvio Berlusconi en Italie - finalement peu de dirigeants politiques avaient été attaqués pour leur propension à admirer le luxe vulgaire, à vivre dans le culte du bling-bling.

Et pourtant, à la lecture de Courrier International, un article intitulé "La chasse au bling-bling a commencé" * relate les déboires du vice-ministre indien Shashi Tharoor et de Somanahalli Mallaiah Krishna (aka S.M. Krishna), le ministre des Affaires étrangères de l'Inde. Tous deux logés dans des hôtels 5 étoiles, il faut dire qu'ils cumulent les boulettes en terme de communication politique quant à leur niveau de vie. Notamment lorsque Monsieur Tharoor demande "que l'on construise un gymnase privé et un jacuzzi dans les nouveaux bungalows des deux ministres". Et lorsque le ministre des Finances du gouvernement indien impose à l'ensemble des ministres de "n'emprunter désormais que la classe économique lors de leurs déplacements", le même Tharoor réplique sur son compte Twitter "que la classe économique était la classe du bétail".

Voilà de l'inspiration pour Nicolas Sarkozy. Non pas sur la vulgarité des deux bling-bling ministres indiens, mais sur l'utilisation de Twitter, bien évidemment. Plus de 250 000 followers en effet pour Shashi Tharoor sur Twitter. Nicolas Sarkozy, dont la présence sur Twitter était annoncé avant l'été, semble avoir lu la presse indienne qui attaque également le vice-ministre sur ce nouvel hobby : "d'abord, il a été forcé de quitter le confort du Taj, un excellent hôtel cinq étoiles. Et maintenant il est l'objet de moqueries qui le décrivent comme amoureux du luxe et scotché à son Twitter", raconte un journaliste indien. Twitter, un gadget dans la panoplie du parfait bling-bling ?

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International

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