Le bon gros troll de l'identité nationale
PartagerUn bon gros troll. On lance l'expression "identité nationale" et tout le monde se rue, pour hurler contre, pour crier contre les contre. Finalement personne ne sera jamais d'accord. Finalement on oubliera de parler de l'identité européenne.
On oubliera de dire qu'il n'y a pas "une" identité mais autant "des" identités nationales. On parlera encore de la Marseillaise et du drapeau tricolore.
On parlera d'une "odeur nauséabonde qui rappelle les plus sombres heures de l'histoire de France" comme argument rabâché. Encore.
Et on passera à autre chose. On aura enterré notre indignation pour une nouvelle indignation.
Mais un risque cependant pour Nicolas Sarkozy. En relançant le débat de l'identité nationale, il est fort à parier que c'est pour souder l'électorat de droite, pour retrouver l'amitié de certains sympathisants de la droite dure effrayés par les récentes polémiques. Pour contrer la percée de Marine Le Pen, plus moderne et plus séductrice que son père, plus correcte et plus directe que son parti, qui effraye la droite gouvernementale. Un jeu dangereux pour Nicolas Sarkozy : ce ne sont pas forcément les citoyens qui changent de bord, mais plutôt les politiques qui s'extrêmisent quand ils récupèrent les voix du FN.
Un bon gros troll, cette identité nationale, qui replace dans l'agenda médiatique des problématiques chères à la droite et à l'extrême droite. La gauche s'engouffre et s'épuise. La gauche ne comprendra donc jamais les pièges de Sarkozy.
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