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30 décembre 2009

“Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française"

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Suite à ma note sur les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy envers les SDF, Olympe m'interpelle sur Twitter quant à une autre promesse non tenue du Président de la République, dont on ne parle pas. Olympe en fait d'ailleurs une note sur son blog, le sujet le mérite.

Le 7 Avril 2007, Nicolas Sarkozy a prononcé lors d'un discours : “Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. Il faut mettre les droits de l’homme au service des droits de la femme dans le monde”.

Alors même que le Premier Ministre François Fillon a annoncé que la lutte contre les violences faites aux femmes vient d’être désignée “Grande Cause nationale 2010“, Jean-Marc Manach rapporte sur son blog un fait une aberration : "le fait d’être violée ne peut servir d’argument lors d’une demande d’asile, parce que “la persécution des femmes ne relève pas du champ du politique“, mais de “leur vie privée“".

On ne le répétera jamais assez : les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Les femmes violées à travers le monde attendront ...

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29 décembre 2009

Elections régionales : voter pour des fantômes ?

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C'est Le Parisien qui sort cette enquête sur l'absentéisme des conseillers régionaux d'Ile-de-France. Et ce n'est pas joli joli, surtout pour la droite francilienne. On nous dira ce que l'on veut sur la participation aux séances plénières versus l'efficacité d'un élu pour la région, la moindre des choses quand les citoyens ont choisi un homme ou une femme politique pour exercer un mandat, c'est de les représenter dans les instances de l'Etat.

Prenons simplement les têtes de liste UMP et PS : 100% d'assiduité pour Jean-Paul Huchon le Président socialiste de la région Ile-de-France, on ne peut mieux faire. En revanche, pas facile pour Valérie Pécresse de cumuler les fonctions de ministre, de conseillère régionale et de députée, sans compter les fonctions au sein de l'appareil UMP : 35% d'absentéisme, c'est-à-dire quand même absente à plus d'une séance sur trois ...

Ce chiffre est d'autant plus catastrophique pour la candidate UMP à la Présidence de la Région que le moins assidu des élus de gauche a été plus présent qu'elle. En l'occurrence il s'agit de Julien Dray avec 34% d'absences, comme quoi l'investiture au Parti Socialiste décidément se joue bien souvent sur le degré de victimisation dans les médias.

Mais il est intéressant de s'arrêter sur deux des pires élèves du conseil régional : Nathalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Lefebvre. On nous parle d'"un taux d’absentéisme de plus de 75%" pour la première, et de 60% pour le second. Calculons. L'enquête du Parisien porte entre mars 2004 et octobre 2009, soit 85 séances plénières. On peut donc estimer que NKM a participé à moins de 21 séances plénières, et son camarade Lefebvre à 34 séances. En 68 mois de mandature. 68 mois durant lesquels Monsieur Lefebvre et Madame
Kosciusko-Morizet auront chacun touché 170,000 euros d'indemnités pour l'exercice de leur (non-)mandat. On peut donc en conclure que la présence à une séance plénière du Conseil Régional de Monsieur Lefebvre revient à 5000 euros, et de celle de Madame Kosciusko-Morizet à plus de 8,000 euros !

Plutôt que de passer sa vie sur Facebook et Twitter, NKM ne ferait-elle mieux pas d'assumer son mandat de conseillère régionale ? Et l'omniprésent Lefebvre dans les médias, hurleur professionnel, ne devrait-il pas se consacrer plus à sa région qu'à la contemplation de ses inepties dans le poste ...

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28 décembre 2009

Opiniondujour.com, le sondage à tout prix

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A l'occasion du lancement du site Opiniondujour.com, le "1er site d'actualité participatif par le sondage" (sic), je recevais hier un mail m'informant de sa naissance. Étaient joints un communiqué de presse et le logo.

Leur communication fonctionne, quelques blogueurs ont repris l'information. Vincent Abry par exemple qui écrit : "Je crois à fond à ce concept et je suis sûr que le site est promu à un bel avenir". Je rejoins Vincent, ce genre de site risque fort de marcher, et même de bien marcher.

Les internautes (comme les Français) sont de jeunes bovins comme dirait l'Autre : propose-moi (facilement) un sondage, j'y répondrai parce que ça m'amuse et que je pense avoir un avis sur tout, parce que je pense que mon opinion compte et que désormais tout le monde fait l'opinion grâce au web. Alors on clique, on coche pour donner son avis.

Et les médias sont de plus en plus fainéants : et que je te récupère un sondage, et que je balance dans ton écran des chiffres scientifiquement sans aucune valeur. Et peu importe le nombre : que l'on ait 50 ou 50000 répondants à un sondage non représentatif, il ne signifiera jamais rien. Absolument rien. Strictement aucune conclusion ne pourra en être tirée. Même pas en écrivant avec précaution "les internautes pensent que", que l'on oublie. Un sondage ne peut être qu'une photographie à un temps donné d'une perception sur un sujet, si et seulement si l'échantillon est suffisamment important et représentatif de la population que l'on souhaite interroger.

Du coup je m'interroge sur l'intérêt d'un site tel que Opiniondujour.com. Ils prennent certes des précautions en écrivant par exemple des expressions comme "la possibilité d'interroger la communauté". Sauf que nous ne savons de quelle communauté il s'agit. Et ce qu'elle représente dans l'opinion générale. Mais finies les précautions quand il s'agit d'évoquer les ambitions du site : "identifier les sujets d’actualité du moment".

Et Opiniondujour.com n'est pas seulement un site pour se marrer, publicité à l'appui. Et avec une communication autour de ce site, je m'inquiète de l'utilisation qui sera faite des résultats de ces sondages.
Opiniondujour.com ne se fait-il pas de l'argent en faisant (faussement) croire aux internautes que son opinion compte en écrivant que l'un des objectifs est de "valoriser l'actualité tout en permettant à l'internaute d'être partie prenante" ? Où est la véritable valorisation, sinon celle des créateurs dudit site ?

Je m'agace contre tous les sondages qui pleuvent, qui argumentent les discours politiques, qui appuient les papiers des journalistes. L'essor des sondages n'est que le révélateur de la déconnexion d'une certaine élite avec le peuple. Sondons, sondons pour ne pas avoir à se mouiller, à aller au contact des gens.

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27 décembre 2009

"Je veux que plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid"

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"Je veux, si je suis élu président de la république, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause" - Nicolas Sarkozy le 18 Décembre 2006.

Marseille le 23 Décembre 2009 : un SDF de 50 ans retrouvé mort de froid, nous informe le Nouvel Obs.

Trois ans après les beaux discours de Nicolas Sarkozy des gens meurent dans le froid, des gens sont obligés de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Peut-être le Président de la République, dans la chaleur hivernale de ses vacances au Maroc, n'est-il plus choqué quand quelqu'un n'a pas de toit. Les promesses, décidément, n'engagent que ceux qui les croient.


(Merci à Philippe Chabaud d'avoir retrouvé ce texte)

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22 décembre 2009

La stratégie de Shéhérazade

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Karl Rove, le spin doctor de George W. Bush, a défini un jour un grand principe de la communication politique, l'un des axes clé - voire la base même - du storytelling, qu'il appellera lui-même la stratégie de Shéhérazade : "quand la politique vous condamne à mort, commencez à raconter des histoires - des histoires si fabuleuses, si captivantes, si envoûtantes que le roi (ou, dans ce cas, les citoyens américains, qui, en théorie, gouvernent notre pays) oubliera sa condamnation capitale".

Dans cette stratégie de Shéhérazade se trouve tout l'art de raconter des histoires que les gens auront envie d’entendre, au moment où ils ont envie de l'entendre, et à laquelle ils ont envie de croire.

Pourquoi Shéhérazade ? On trouve l'explication sur le blog Culture de l’image : "il faut se transposer au VIIIe siècle, dans le royaume du sultan perse Shâriar, qui, pour se venger de sa femme qui l'avait quitté, avait pris la mauvaise habitude d’assassiner tous les matins la vierge qu’il avait épousée la veille. Pour faire cesser ce massacre, Shéhérazade, fille du vizir, épousa le sultan et le soir venu, lui raconta une histoire sans la terminer. Son époux qui voulait connaître la suite la laissa en vie un jour de plus. Le stratagème dura mille et une nuit au terme desquelles, Shâriar, apaisé, renonça définitivement à tuer sa femme".

De Shâria à George Bush, finalement le monde a peu changé, et les princes se succèdent, que les histoires soient racontées par une Shéhérazade ou un Karl Rove.


A lire ou à relire : l'interview d'Alastair Campbell, spindoctor de Tony Blair : première partie & seconde partie.

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19 décembre 2009

L'UMP buzz en string !

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Les 14 et 21 Mars 2010 se tiendront les élections régionales. A cette occasion, je vais laisser de temps en temps ce blog à un rédacteur invité : Riddick. Sous le pseudo de Riddick se cache une personne bien informée sur les coulisses de ces élections régionales. Voici sa première chronique.

L'UMP-MPF buzz en string !
Voila presque deux mois qu'il était en campagne pour la conquête des Pays de la Loire au nom de l'attelage UMP-MPF, et Christophe Béchu était bien discret : pas de propositions ni d'ébauche de projet. On pouvait se demander quand il commencerait (enfin) à faire campagne.
C'est chose faite avec le lancement du site jaimemaregion.fr !


Un cache-sexe qui ne cache pas grand chose...
D'apparence plutôt professionnelle et sous couvert d'une démarche citoyenne de participation au débat, le site fait référence à des publications de l'UMP (comme le Livre noir des Régions) et montre des photos de Christophe Béchu et de ses premiers meetings internes. Rien de bien grave, dirions-nous, si la droite avait au moins l'honnêteté de s'afficher.

Mais là où ça devient embêtant, c'est que pour faire du buzz, les créateurs du site n'ont rien trouvé de plus malin que de diffuser la vidéo d'une jeune fille dévêtue, avec en surimpression : "Jusqu'où irons-nous pour que vous l'aimiez ? Participez au projet «J'aime ma Région»".


Tollé à droite comme à gauche...
L'entourage de Jacques Auxiette, actuel président de la Région Pays de la Loire, se déclare tout simplement "affligé" par ce clip et par l'absence de projet de la droite. On ne se gêne pas non plus pour faire remarquer que "des images captées sur d'autres sites sont utilisées sans autorisation", ce qui n'est pas très légal....

Face aux réactions négatives, l'UMP essaye tant bien que mal de nier les faits. François Pinte, porte-parole de Christophe Béchu, déclare : "Notre site officiel, lui, ne sera ouvert que début janvier". De là à confirmer qu'il s'agit bien d'un site officieux...

La vidéo a été retirée fissa de Dailymotion, mais nous l'avons retrouvée pour vous !


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18 décembre 2009

Palmarès des Nicolas d'or 2009

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35 blogueurs d'opinions diverses ont participé à l'élaboration et à la remise de sept prix. Ils décernent des comportements d'hommes ou de femmes politiques plus ou moins vertueux, mais marquants. Puisque les Bourbons avaient leurs Louis d’or, la famille de Nagy-Bocsa méritait bien qu’on lui rende hommage avec l’attribution des Nicolas d’or. Voici donc le Palmarès des Nicolas d'or 2009.

Le "Nicolas" d'or de la phrase de l'année

Jacques Séguéla pour "Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie"

Le "Nicolas" d'or du fantôme politique de l'année
Fadela Amara

Le "Nicolas" d'or du coup d'éclat politique de l'année
Le retour de Daniel Cohn Bendit et le score d'Europe Ecologie aux Européennes

Le "Nicolas"d'or de l'arnaque économique de l'année
La moralisation du capitalisme

Le "Nicolas" d'or du bide politique de l'année
Jean Sarkozy et l'EPAD

Le "Nicolas" d'or du Coup de pelle de l'année
Nicolas Sarkozy pour "Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore les bandits eux ont une morale"

Le site Internet de l'année
Jean-Luc Mélenchon http://www.jean-luc-melenchon.fr/

Voici les participants à l'attribution des Nicolas d'or 2009 :
Laure Leforestier, Olympe, Le Monolecte, Mrs Clooney, Caréagit, Yann Savidan, H16, Ruminances, Le Privilegie, Luc Mandret, Frednetick, Antidote, Abadinte, Jean-Paul Oury, Falcon Hill, Intox2007, Crise dans les médias, Les bonnes nouvelles de Slovar, Seb Musset, De tout et de rien, Horizons, Le Pavé, Eric Mulhouse, Pensez Bibi, Disparitus, Dedalus, Coucou, Sarkofrance, Rébus, Partageons Mon Avis, Peuples, Le volontaire, Marc Vasseur, Reversus, Piratage(s)

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17 décembre 2009

Dites-vous que cet homme est un chien

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"Si ça peut vous aider à donner, dites-vous que cet homme est un chien". C'est ce slogan choc que vous trouverez lundi prochain dans Le Monde : l'Observatoire International des Prisons lance avec cette campagne un appel aux dons dans les médias. L'OIP est une association qui lutte chaque jour pour le respect de la dignité des personnes détenues.

Depuis le temps que les pouvoirs publics condamnent l'état des prisons, et les conditions des prisonniers en France, il faut espérer que cette campagne fera des petits.

Une belle campagne donc, ni vulgaire ni pathétique, pas populiste ni trash. Un parfait exemple de communication pour une campagne d'opinion : il est possible d'interpeller intelligemment les citoyens avec une phrase choc : "Si ça peut vous aider à donner, dites-vous que cet homme est un chien" et une affiche percutante. Un seul regret : que le graphisme ne soit pas à la hauteur.

Merci à Mickaël pour l'information.

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15 décembre 2009

Le nombril politique français

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La politique française actuellement ne m'intéresse pas. Je consulte les dépêches, je feuillette les journaux, j'écoute les informations à la radio et regarde les journaux télévisés à la télévision. Je lis des blogs aussi.

Partout on parle de la France. De la politique française. Du énième sujet qui disparaîtra de l'actualité aussi rapidement qu'il sera apparu. De polémique et de petites phrases. On parle des jeunes UMP qui piratent la musique de leur lipdub tourné avec des ministres. On parle de Rachida Dati qui commet une nouvelle bourde au parlement européen en justifiant sa présence par la présence de la presse. On parle de Nadine Morano qui dérape (ou pas) en faisant l'amalgame entre musulmans, jeunes à casquette et verlan.

En France, on se regarde le nombril. Bientôt seuls les "buzz" auront droit de cité, la politique sera polluée par polémiques et petites phrases. Et pourtant, en lisant un peu Courrier International (*), il se passe plein de choses dans le monde. En Iran, des hommes cyber-manifestent en postant sur Facebook leur propre photo d'"hommes voilés" pour soutenir un étudiant iranien arrêté par la police alors qu'il tentait de s'échapper en se déguisant en femme. En Israël, la Jérusalem arabe se vide de sa population car les autorités israéliennes accélèrent la politique d’expulsion des Palestiniens. En Inde, le pays traverse une nouvelle crise politique, alors que le congrès s'est prononcé en faveur de la création d'un nouvel état, le Telangana, au nord-ouest de l’Andhra Pradesh.

Et de tout cela, notamment, on ne parle (quasiment) pas.

* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International

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10 décembre 2009

La mauvaise communication corporate du gouvernement

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En transposant la communication du gouvernement à celle d'une entreprise, il est certain que celle-ci amuserait beaucoup de communicants quant à son aspect corporate. Le seul exemple de la suppression de l'enseignement de l'histoire et de la géographie en classe de terminale scientifique le démontre (une mesure qui agace tout le paysage politique, jusqu'aux chiraquiens et aux réactionnaires).

Elmone relève parfaitement le paradoxe : "notre Identité Nationale ne peut se comprendre qu'à l'aune de l'Histoire de notre Pays et sa place par rapport aux autres nation". De même pour la géographie : alors même que se tient à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat, et que Nicolas Sarkozy nous a montré son tour du monde (en avion !) pour défendre l'environnement, il y a dans l'essence même de l'enseignement de la géographie la notion de l'impact des hommes sur les ressources et sur l'environnement.

Un gouvernement qui se trouve moteur de débats de fond, et qui propose des mesures en contradiction philosophique totale avec ces débats, ce serait comme une entreprise qui communiquerait sur son engagement pour l'environnement mais achèterait des 4x4 pour ses dirigeants.

Ces erreurs du gouvernement rapportées au monde de l'entreprise, ce gap entre les messages et les actions démontrerait l'herméticité totale entre le service de la communication et celui du marketing, sans oublier la direction générale. Pour le gouvernement, ce qui en ressort est l'inefficacité voire l'inexistence d'une véritable stratégie de communication politique, chacun agissant de son côté, sans concertation globale avec les messages que souhaite véhiculer le Président de la République.

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06 décembre 2009

La circulation de l'information dans les médias traditionnels

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Il y a peu, je m'agaçais contre un article d'Hervé Gattegno dans Le Point, dans lequel il relatait une entrevue supposée entre DSK et Sarkozy aux toilettes du G20. Sans chercher à qui profite la divulgation de cette information, sans évoquer ses sources. Une information balancée, sans analyse, sans profondeur, sans réflexion.

Depuis, l'information a circulé, de média en média, des plus futiles au plus sérieux. Avec quelques différences, minimes cependant. L'article du Point a été publié le 3 Décembre à 13h02.

L'Express est le premier à reprendre l'information du Point, à 15h02 le même jour. Le site de l'hebdomadaire ne s'embarrasse pas de précaution en titrant "
DSK avertit Sarkozy... aux toilettes". Les journalistes font confiance aux journalistes, à quoi bon employer le conditionnel ?

Arrive ensuite le site "politique" de Morandini, Les Indiscrets, probablement vers 17h au regard de l'heure des premiers commentaires. Un titre à la Morandini : "
INDISCRET: DSK met en garde Sarkozy". Et toujours l'indicatif, mais vu le média, rien de bien étonnant.

17h17, @rrêt sur images, qui se veut pourtant un magazine de "réflexion critique sur les médias" est bien léger dans la reprise de l'information en écrivant "
Le Point de cette semaine raconte une scène croquignolette, se déroulant au sommet du G 20 de Pittsburgh". Seule la première phrase de la brève pousse un peu plus loin la réflexion que les précédents confrères : "Qui a intérêt à laisser circuler le bruit que des photos et des dossiers compromettants pour Dominique Strauss-Kahn circulent dans les arrière-cuisines politiques ?".

On poursuit avec 20minutes.fr
à 18h18 qui titre "DSK et Sarkozy règlent leurs comptes aux toilettes" et dans le chapeau non plus, aucune précaution n'est prise : "Ils se sont expliqués lors d'une entrevue au dernier G20...".

Idem pour Le Nouvel Obs à 18h55 : "Vie privée : quand DSK met en garde Sarkozy" et un article de Caroline Vigoureux pour le JDD : "DSK met en garde Sarkozy" pour finir la journée du 3 Décembre.

Le 4 Décembre, la nuit n'aura pas porté conseil à nos journalistes français. RTL : "Nicolas Sarkozy et DSK règlent leurs comptes dans les toilettes", ozap : "Vie privée : Strauss-Kahn se plaint à Nicolas Sarkozy" et même Le Monde : "Quand Strauss-Kahn menace Sarkozy" reprennent tous l'information.

En l'espace de 24h, un grand nombre de médias, dont certains parmi les plus lus et les plus respectés, ne se basent que sur l'article d'un journaliste du Point pour tous réciter la même histoire. Un article non sourcé, une information non vérifiée, qui fait le tour des médias, par enchantement, par facilité. Pour remplir des pages de sites internet. Pour ne pas passer à côté d'une source de fort trafic potentiel. Un système en vase clos, des titres tous semblables les uns des autres. Des contenus copier-coller. Même pas un "nous avons tenté de joindre les collaborateurs de Sarkozy/DSK". Rien, le néant.

La presse qui se meurt, c'est avant toute la faute de la presse. Que certains journalistes cessent de cracher sur "le web" quant on voit que le métier de nombre d'entre eux se résume à faire de la périphrase de dépêches ou diffusion d'informations de confrère non vérifiées.

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05 décembre 2009

Ségolène Royal et Sarah Palin, même combat ?

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Comparer Ségolène Royal à Sarah Palin, voilà qui est improbable et plutôt osé. Mais Eric Pape, un journaliste du site américain The Daily Beast, trouve quelques similitudes dans les forces et les faiblesses des deux femmes politiques.

Dans un article traduit et rapporté par Courrier International, Ségolène Royal le "pitbull" des socialistes, celle qui se fait remarquer par "son esprit franc-tireur, son écoute des gens simples, son charisme "chaleureux" et son étonnante capacité à occuper le devant de la scène" peut définir ségolène Royal ou Sarah Palin.

De même Palin et Royal font cause commune quant à leurs échecs, et leurs avenirs : "son plus beau coup, incontestablement, a été d'entraîner son parti dans la défaite lors d'une élection présidentielle à sa portée. Avec un peu de chance, elle pourrait tenter le doublé". Je suis, je suis ?

Il est toujours intéressant de se déconnecter de la vision française de nos hommes politiques. Allez lire le portrait de Ségolène Royal par The Daily Breast, et sa comparaison avec Sarah Palin valent le détour.


* Note rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Courrier International

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04 décembre 2009

7 more years

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Il y a 7 ans, j'étais un banlieusard, encore provincial dans le comportement. Un petit cadre de l'industrie pharmaceutique, par facilité. Un simple militant politique, naïf. Un timide renfermé et arrogant, un ami par facilité et convention. Un mélancolique qui l'ignore.

Sept ans. Moins d'un quart de ma vie. Un septennat.

Aujourd'hui, 7 ans plus tard, je suis un pur jacobin parisianiste, rive droite, Goutte d'Or. Un cadre du "milieu de la comm", parfois caricature de lui-même : "saluuut, c'est Luuuc". Un observateur de la vie politique, passionné par la communication politique, par les rouages et les coulisses, blasé et curieux. Un sociable par intérêt sociologique, un ermite paradoxal. Un mélancolique qui s'assume. Un voyageur drogué, un curieux par principe, un exigeant critique parfois agaçant, un regard ambitieux vers mon azur destin.

Et dans sept ans ?

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03 décembre 2009

Le Point aux toilettes avec Sarkozy et DSK

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Un article publié sur LePoint.fr par le journaliste Hervé Gattegno rapporte l'avertissement de DSK à Sarkozy : "L'aparté a été discret, mais vif, dans la coulisse du sommet du G20 à Pittsburgh, le 25 septembre - et personne, jusqu'ici, n'en avait rien su. Durant une suspension de séance, Dominique Strauss-Kahn a profité d'une rencontre impromptue - aux toilettes ! - avec Nicolas Sarkozy pour lui lancer cet avertissement : "J'en ai plus qu'assez des ragots répétés sur ma vie privée et sur les prétendus dossiers et photos qui pourraient sortir contre moi. Je sais que tout ça part de l'Élysée. Alors, dis à tes gars d'arrêter ou sinon je saisirai la justice." "

Une discussion entre Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn aux toilettes. Oui, c'est possible, on imagine la scène, le détail fait que l'on croit en cette histoire. Et pourtant. Et pourtant ? Comment Hervé Gattegno a-t-il eu accès à cette information ? Le journaliste politique du Point était-il dans les toilettes avec DSK et Sarkozy ? Improbable. Alors, si cette histoire est vraie, qui a lâché le morceau ? Dans son article, rien, pas une information sur l'origine de cette information, même pas un blabla classique "selon des sources proches de ...". On est obligé de croire Le Point.

A l'heure où "le web" et "la blogosphère" ne cessent d'être critiqués par certains médias et certains politiques, il faudrait s'interroger également sur la crédibilité de quelques journalistes ... On en arrive à croire que les blogs seraient le lieu où tout ce qui s'écrit bénéficie a priori de l'étiquette diffamatoire ou intox. Tandis que les journalistes pourraient s'enorgueillir a priori du sceau de la vérité et de l'information. Il suffit de voir l'article du Point être repris sans hésitation aucune par celui du Nouvel Obs.

L'investigation à son degré zéro. Car si Hervé Gattegno publie cette affaire, c'est qu'une personne l'en a informée. On imagine que le journaliste du Point a vérifié son information, n'est-ce pas ? Imaginez la discussion entre le journaliste et Franck Louvrier, le monsieur communication de Sarkozy : "Salut Franck" - "Salut Hervé" - "Dis-moi, coco, tu me confirmes que ton patron et Dodo se sont pris la tête dans les toilettes du G20 ?". Improbable. 

Et si un informateur anonyme a balancé l'information à Hervé Gattegno, c'est que cela sert politiquement une personnalité ou un courant. Et la trace que l'article laisse, c'est que DSK aurait des casseroles sur sa vie privée. Peu importe la tournure de l'article, il ne fait que relayer une information gênante pour le patron du FMI. Alors pour trouver l'origine de l'info, pas très compliqué : soit le camp Sarkozy, soit les gentils camarades socialistes de DSK.

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