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17 février 2010

Réseaux sociaux politiques : le retour du local de campagne ?

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C'est à la suite d'un statut posté par le journaliste David Abiker sur son profil Facebook que je poursuis mon interrogation sur la nécessité d'un réseau social pour les partis politiques. David Abiker s'interroge en effet : "Le sujet des réseaux sociaux politiques semble emmerder tout le monde, un signe ?".

Je lui ai répondu ceci en commentaire : "
Personne ne s'est posé la question de savoir si c'était aux politiques de créer un réseau social pour que les gens viennent à eux, ou au contraire et inversement aux politiques d'aller vers les réseaux sociaux où sont présents les gens ? C'est le retour du local de campagne où l'on attend les passants versus les politiques sur les marchés".

Depuis le succès de my.barackobama.com, le réseau social lancé par celui qui deviendra le Président des Etats-Unis, les "spécialistes" de la communication politique ont tous proposé aux dirigeants des partis politiques d'avoir leur propre réseau social. Il y a quelques années, il fallait qu'un élu possède absolument son propre blog, qu'il abandonne très rapidement, au mieux dont il confie les clés à ses assistants désintéressés qui n'y publient que les rendez-vous médias de leur maître.

Comme l'explique très bien Stanislas Magniant, "
il serait suicidaire de prendre les outils de 2008 pour une campagne en 2012". Peu importe, certains ont facturé des fortunes pour des outils qui ne serviront probablement à rien. Toujours d'accord avec Stanislas Magniant (je vous invite au passage à lire le blog de NetPolitique) quand il dit que "les outils et les usages seront radicalement différents d’ici 2012" et aussi qu'il "ne faut pas confondre outils et stratégie".

Certes les réseaux sociaux propres aux partis politiques peuvent avoir une grande utilité, mais principalement pour mobiliser les militants en interne, pour discuter entre militants voire sympathisants. Mais nul besoin d'en faire des tonnes. Surtout, la finalité - gagner des élections - ne passe que très peu par un réseau social politique.

Nicolas Sarkozy, et la droite française actuelle plus globalement, gagne une élection grâce aux voix des plus vieux, ceux qui majoritairement n'utilisent pas les réseaux sociaux. Et pour séduire les plus jeunes, il faudrait d'abord que le Chef de l'Etat songe à modifier le
contenu avant de s'attaquer au contenant.

Pour la gauche, le seul intérêt des réseaux sociaux seraient de mobiliser encore plus la génération Y, tout en ne se coupant pas de la génération M, les néo-votants qui eux se retrouveront plus via leur mobile. Mais pour convaincre "les jeunes" d'aller voter plutôt que de s'abstenir, il faudrait déjà songer à l'image que la gauche renvoie d'elle-même auprès de ces écosystèmes.

Surtout, les internautes n'ont aucun intérêt à aller sur les réseaux sociaux politique, Coopol pour le PS et Créateurs de Possible pour l'UMP, ils sont (encore pour le moment) sur Facebook, sur MySpace ou sur Skyrock. Il existe des lieux digitaux de discussion, de rassemblement, de débats parfois préexistants sur internet. Et l'on voudrait les emmener ailleurs. Ce serait comme convoquer sans invitation les passants de la rue dans un local de campagne, au lieu d'aller aux pieds des immeubles.

Alors oui, un réseau social politique peut s'avérer être un bon outil (peut-être totalement dépassé dans un an ou deux) de ce que l'on appellerait dans le privé la communication interne, mais ô combien jamais un véritable élément pour toucher le consommateur final des politiciens, l'électeur citoyen.

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11 Commentaires:

Blogger Adrien S dit ...

Il y a un vrai angle mort mental ou quoi ? Pourquoi on oublie aussi souvent Europe Écologie quand on parle de la politique et internet ?
On a pourtant fait la preuve qu'on pouvait à la fois avori un réseau social, savoir créer le buzz et parler de fond, non ?

17 février, 2010 11:50  
Blogger Luc Mandret dit ...

Adrien, euh ... le buzz d'EE ?

17 février, 2010 11:58  
Blogger gregfromparis dit ...

Je trouve que la démarche initiale de l'UMP de prendre de la hauteur et d'essayer de rendre services aux citoyens n'est pas idiote loin de là, elle me fait penser à des démarches très efficaces dans le domaine privé.
Je crois que comme toujours, il ne faut pas réfléchir en stratégie de moyen mais de véritable stratégie.
Effectivement le contenu, avant le contenant, évidemment, savoir à qui on s'adresse ou et pourquoi ?
Quels sont les outils prioritaires ? Comment je préempte les espaces déjà existants (pêcher là où sont les poissons) ...

17 février, 2010 12:52  
Blogger Priscilla dit ...

Moué.
Ce post est branché "politique à papa".
En dehors de l'Ump et du PS, même sur les réseaux sociaux, les autres n'existent pas?

Oeillères subjectives et ancestrales?

En tout cas, c'est du déjà lu, archi déjà lu.
Ma grand-mêre est plus au courant.

17 février, 2010 16:24  
Blogger Luc Mandret dit ...

Greg, on est bien d'accord, j'ai beaucoup la comparaison avec la p(r)êche ;)

Priscilla, mes amitiés à votre grand-mère.

17 février, 2010 18:06  
Blogger PARGATRUK dit ...

Billet intéressant, merci bcp.
un des questions à traiter est celle de savoir ce que les hommes politiques font sur les réseaux sociaux tel que Facebook ou Twitter.
j'ai réalisé une petite étude publiée sur mon blog www.pargatruk.fr qui montre que les candidats (PS & UMP) aux régionales sont désormais présent en masse sur les deux principales plateformes. ok mais pour y faire quoi ?!
malheureusement, pas encore pas grand chose. Ils font même plutot du vieux avec du neuf (ou l'inverse, je ne sais plus !)
Ils se contentent de publier des liens pointant sur leur site de campagne
Ils passent complètement à côté de la logique conversationnelle propre à ces médias sociaux ...
Bref, le web 2.0 pour les politiques, c'est pas encore çà ....

Pargatruk

18 février, 2010 08:56  
Anonymous Vanessabre dit ...

Il y a des élus, quoique peu connus, qui ont des blogs riches et animés. En témoigne par exemple Christophe Clergeau, conseiller régional.Son blog existe depuis presque 3 ans et propose plusieurs notes par semaines sur des sujets variés, allant de l'éducation aux OGM en passant par l'économie et le développement durable.

Il y avait aussi le blog de Juppé, intéressant quand il était exilé. Depuis son retour, c'est sûr que ça a bien changé.

18 février, 2010 15:48  
Anonymous priscilla's grandma dit ...

Merci pour vos amitiés, Luc. Je sens que vous êtes fait pour vous entendre avec ma petite-fille. Elle aime le franc-parler et carbure au loup H24.
Et c'est vrai que j'aurais bien aimé que vous parliez d'autres réseaux sociaux. D'ailleurs, rien que pour vos beaux yeux et votre beau marcel, je me suis créé un compte sur europe-ecologie.net où je vous propose de poursuivre cette discussion.

18 février, 2010 21:50  
Anonymous T.The Green dit ...

Ce post aborde la thématique des réseaux sociaux en 2012 mais il nous ressort le vieil adage de la génération Y.

Presque un français majeur sur 4 (15 millions de comptes en France) est inscrit sur Facebook et s'est connecté une fois dans les 30 derniers jours.

Il faut accepter l'idée que ce n'est plus une histoire de génération Y. C'est justement cette perception qui est 'has been'.

Les réseaux sociaux politiques semblent inévitables pour compléter les vieilles techniques éclusées du tract du samedi matin.

Techniquement, les réseaux sociaux dédiés (comme les réseaux sociaux politiques) s'interconnectent très facilement avec Facebook ou Twitter.

Oui, je pense qu'ils peuvent être perçus comme le local politique de demain, ou le débat au pied de l'immeuble, ce qui est déjà en soit une belle avancée.

Un e-militant connecté à un réseau social politique qui re-post/tweet une information touche autant de followers ou d'amis que ses identités numériques en comportent. C'est peut être le e-militantisme politique 1.0 mais c'est déjà beaucoup. Il suffit de compter combien de re-tweets sont envoyés sur Twitter avec un des tags des régionales 2010 pour s'en convaincre.

En 2012 les partis qui auront capitalisés sur un e-local politique (réseau social dédié)
de qualité (contenu + techno) seront en avance. En 2010 aussi.

En 2010 je milite pour les régionales et ma contribution se fait exclusivement par internet et les réseaux sociaux. Mon humble audience y est largement plus importante qu'en allant tracter le samedi matin sur les marchés.

Les réseaux sociaux politiques sont en effet les QGs des nouveaux militants et ils semblent donc, au moins à ce titre, une nécessité.

A vous,

Un e-green-militant ;-)

19 février, 2010 00:25  
Blogger Romain P. dit ...

"Personne ne s'est posé la question de savoir si c'était aux politiques de créer un réseau social pour que les gens viennent à eux, ou au contraire et inversement aux politiques d'aller vers les réseaux sociaux où sont présents les gens ?"
Eh bien si : http://www.variae.com/les-reseaux-sociaux-de-parti-politique-servent-ils-a-quelque-chose%C2%A0/

Romain

03 mars, 2010 17:51  
Anonymous Anonyme dit ...

Le militantisme? C'est formidable! Toutefois, la grande idée, serait de lutter avec force et d'une seule voix, contre les rackets journaliers, dont sont victime, le peuple! Ce militantisme, devrait faire vaincre la justice au sens propre du mot! L'échange d'avis, très intellectuels, alors que se trame une guerre civile? Cela ne conduit à rien!

01 août, 2010 12:41  

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