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08 juin 2010

Comment récupérer Lady Gaga en communication politique

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Depuis Avril 2008 et la sortie du single Just Dance, la carrière de Lady Gaga ne cesse de croître de semaines en semaines. Âgée de 24 ans seulement, la chanteuse est devenue l'une des personnalités les plus connues de la planète, consacrée artiste la plus influente par le magazine Time.

En à peine deux ans, sa vision de la communication et du marketing surpasse déjà celle d'un Steve Jobs construite en plus de 25 ans. Comme l'explique le camarade Laurent, Lady Gaga est "la première à utiliser de manière aussi forte le marketing affinitaire et à utiliser tous les leviers digitaux de notre temps". De quoi faire rêver plus d'un vieux loup des métiers de la communication ou du marketing, des heures pour tenter de théoriser et analyser les coulisses de ce succès.

En Octobre 2010, Lady Gaga reviendra à Paris pour offrir deux concerts à son public. Une occasion unique pour se donner le temps de préparer une approche, pour un homme ou une femme politique de surfer sur cette vague médiatique aspirationnelle. Pour exister en politique (et être élu) il faut créer du bruit médiatique autour de sa personne, de ses idées et de son programme. Alors quand il est possible de surfer sur un tsunami médiatique, il est bon de réfléchir à la bonne stratégie pour ne serait-ce que récupérer une vaguelette, toujours mieux qu'un calme plat.

Évidemment le jeu est dangereux, beaucoup on des plumes à y perdre. Surfer sur le succès de la chanteuse à la mode, un Jean-Pierre Raffarin s'y est risqué avec Lorie, et l'on connaît tous le grotesque qui s'en est suivi, ce dont JPR se serait bien passé au regard de sa déjà bien maigre crédibilité. Alors quel personnage politique français pourrait se risquer à une communication autour de Lady Gaga ?

Bien évidemment impensable : Nicolas Sarkozy, au-delà de provoquer la fureur de Carla Bruni en se rendant au concert d'une chanteuse (forcément) plus populaire que son épouse, le Président de la République serait assurément sifflé et hué par les spectateurs. Et le caractère bouillonnant d'une Lady Gaga rebelle n'hésiterait probablement pas à prendre le Chef de l'Etat directement à partie. Suicidaire.

Il y a ceux qui en ont déjà trop fait avec le jeunisme, avec le "je suis proche de vous, je parle comme vous", tels un Jean-François Copé ou un Xavier Bertrand. Ceux-là ont surtout besoin de se positionner sur le fond plus que sur la forme, de présenter une alternative crédible, sérieuse et anti-sarkozyste à leurs images.

Avec un discours profondément gayfriendly, avec une image subversive et décalée, on peut aisément imaginer le public (plutôt jeune) de Lady Gaga avec une sensibilité plutôt marquée à gauche. Difficile donc pour un élu de droite de surfer sur la vague Gaga. Même une Nadine Morano pourtant grande gueule ne devrait s'y risquer, même sous prétexte d'accompagner ses enfants, assurée de se mettre à dos un bon nombre d'associations avec lesquelles elle se doit de discuter en tant que Secrétaire d'État chargée de la Famille.

A droite seule une Rachida Dati serait capable d'assumer une communication en se rendant au concert de Lady Gaga. On l'imagine déjà, accompagnée d'un "ami" photographe et d'une "amie" journaliste d'un hebdo féminin. On l'imagine avec son discours de solidarité féminine, de proximité populaire. Malheureusement, elle n'aurait rien à y gagner, elle a trop monopolisé les pages glacées des magazines people.

A gauche, la problématique est différente. Il ne s'agit pas de se positionner pour exister face à la sur-puissance (politique et médiatique) de Nicolas Sarkozy. Le principal enjeu de la gauche en terme d'image politique est d'arriver à proposer un projet alternatif, compréhensible et crédible. Ils doivent montrer le visage de politiciens qui bossent, qui réfléchissent, qui veulent et peuvent agir.

Finalement, une seule pourrait s'emparer de Lady Gaga. Car elle est devenue plus une people qui navigue dans le milieu politique, qu'une femme politique à proprement parler. Ségolène Royal, elle qui fait son beurre en créant la polémique, elle qui se moque des avis négatifs, elle qui surfe sur le paradoxe. Une égérie politique à la rencontre de la pasionaria artistique. De belles images à exploiter, un vrai discours à construire. De vraies méchancetés assassines pour continuer la communication, et se positionner en sainte martyr.

On s'ennuie dans les coulisses de la politique française actuellement. Et notamment car Ségolène Royal a pris du recul. Je rêve de son retour en force, de son arrivée à Bercy au concert de Lady Gaga, elle seule pourrait lui piquer la vedette dans les tabloïds français. Ségolène Royal a besoin d'un nouveau départ, pour détruire une nouvelle fois les éléphants socialistes et remporter la primaire présidentielle. Elle seule est capable de tout. Bien enrobée, bien préparée, une sortie de la rockstar poitevine pourrait marquer le départ de la tournée Royal.

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4 Commentaires:

Blogger Laurent François dit ...

c'est vrai qu'on s'ennuie, rendez-nous Ségo !

sinon Tapie fait du e-commerce, il aura peut être du biz pour 2012 :D

08 juin, 2010 14:46  
Anonymous Royal dit ...

Peut-être que je serai là ou pas lààààà

08 juin, 2010 17:35  
Anonymous International dit ...

On sera tous là !

08 juin, 2010 17:37  
Anonymous Anonyme dit ...

Il y des moments où on est rassuré que tu ne travailles pas vraiment en cabinet politique avec des idées comme ça ;-)

1) aller à un concert de lady gaga, ce n'est pas de la communication. C'est à la rigueur la chantilly qui va avec. 2) Si c'est pour nous ramener S. Royal, non merci. Beurk, beurk.

Ton blog devient aussi démago et ennuyeux que la politique que tu décris. C'est dommage :-(

10 juin, 2010 20:58  

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